Indigènes de la République (IR) est le nom générique d'un appel, d'une association puis d'un mouvement politique d'extrême gauche apparus en 2005 en France, devenu parti politique, se définissant comme antiraciste et . Il considère que les discriminations raciales en France sont omniprésentes et structurelles car liées à son passé colonial.
Le PIR et sa porte-parole sont régulièrement critiqués et soumis à controverses. Ils sont qualifié par une partie des sources de antisémite, homophobe, identitaire, racialiste, raciste. Elles sont cependant défendus par des universitaires et des militants qui réfutent ces accusations dans plusieurs tribunes et articles.
Appel des « Indigènes de la République » Le mouvement se fait connaître en par le lancement de l', le texte se conclut par l'invitation à participer à une , le . L'association est créée officiellement en 2006Annonce 1662 du Journal officiel du 28 janvier 2006..
Selon Jérémy Robine, qui a mené, en 2005, de longs entretiens avec les initiateurs de l'appel ; Pour l'auteur, le apparaît central dans l'analyse des causes de la discrimination contre laquelle les « indigènes » militent.
Le Parti communiste français note qu'une polémique se répand, et suscite des parmi les antiracistes. Sur le thème de la mémoire de la colonisation, la sociologue Nadia Améri critique une « logique d'enfermement identitaire » : Tariq Ramadan signe l'appel un mois après sa publication, ce qui provoque une . Clémentine Autain retire alors sa signature, en expliquant :
L'essayiste Caroline Fourest considère qu'il ; elle affirme que La Tentation obscurantiste, Caroline Fourest, éditions Grasset, 2 novembre 2005. Chapitre : « Les Indigènes de la république »..
Selon le politologue Romain Bertrand , le collectif des Indigènes est créé .. Pour L'Obs, en 2007, l'appel a été
Manifeste à la suite du rapport dit favorable à la colonisation française Contexte de l’appel Le texte est rédigé en réaction contre le mouvement de revalorisation de la colonisation française, que les auteurs de l'appel perçoivent à travers, par exemple, la création d'un musée du colonialisme présentant le colonialisme d'une façon favorable, et le vote par le Parlement français de la loi du 23 février 2005 prévoyant que
Nicolas Bancel et Pascal Blanchard considèrent que, malgré ses défauts, le texte des Indigènes . Pour eux, il est nécessaire, sans en appeler à la repentance, de retourner sur un passé colonial mal assumé et d'emprunter un ..
Contenu de l’appel L'appel dénonce les discriminations dont sont en France et le traitement de l'histoire coloniale française, affirmant que :
Cet appel dénonce également la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises de 2004, qui pour les auteurs .
Romain Bertrand note que le texte demande clairement à l'État : de reconnaître que vouloir commémorer est le résultat d'une amnésie volontaire fautive ; et de traiter (ici et maintenant) le problème des Le chercheur remarque .
Dans la revue Confluences Méditerranée, Judith Ezekiel note :
Elle estime que la publication du manifeste , et elle note que ..
Les sociologues Annick Madec et Numa Murard, qui ressentent , estiment que l'appel , ajoutant
Histoire et définition du mouvement Le « Mouvement des indigènes de la République » Le mouvement s'est donné pour but de lutter contre toutes les discriminations de race, de sexe, de religion ou d’origine. Il estime qu’en France les discriminations raciales sont omniprésentes et structurelles car liées à son passé colonial.
Selon sa porte-parole, Houria Bouteldja : Il faut sur le passé colonial de la France et d’autres pays, et ses conséquences aujourd’huiÉmission Ce soir (ou jamais !), France 3, 21 juin 2007..
Le mouvement souhaite l’histoire de France afin de la réinsérer dans l’histoire du monde, et redonner leur place aux histoires multiples de tous ceux qui vivent en France aujourd’hui« Dénationaliser l’histoire de France », Suzanne Citron, Libération, 30 décembre 2004..
Selon Jérémy Robine, le mouvement des indigènes participe à la rivalité pour le sur les territoires des enfants de l’immigration.
En 2016, Caroline Fourest le décrit comme un mouvement soutenant le Hamas et des terroristes, qui fut signalé pour apologie du terrorisme en 2016Génie de la laïcité, Caroline Fourest, éditions Grasset, 2016..
Anti-racisme politique et « décolonial » Les Indigènes de la République affirment combattre le racisme institutionnel qui selon eux constituent les sociétés postcoloniales, non seulement présent dans l'extrême droite affirmant l'existence de races biologiques ou culturelles, mais aussi d'une partie de la gauche qui le nierait et permettrait ainsi de perpétuer la division raciale du monde..
Vues sur la politique intérieure et extérieure française Politique française Le Mouvement des indigènes de la République (MIR) se positionne contre la loi de interdisant le port des signes religieux ostensibles à l’école, considérant qu’il s’agit d’une pratique « néo-coloniale »« De la cérémonie du dévoilement à Alger (1958) à Ni Putes Ni Soumises : l’instrumentalisation coloniale et néo-coloniale de la cause des femmes », 2004..
En 2016, Alexandre Devecchio décrit l'insistance de Claude Bartolone en Île-de-France pour recruter sur ses listes aux élections régionales Alexandre Devecchio, Les Nouveaux Enfants du siècle : djihadistes, identitaires, réacs. Enquête sur une génération fracturée, éditions du Cerf, Paris, 28 octobre 2016, 336 p..
Lors des élections municipales de 2020, le PIR soutient plusieurs candidats, parmi lesquels Hadama Traoré à Aulnay-sous-Bois ou Samy Debah à Garges-lès-GonesseJudith Waintraub, « Clientélisme à la sauce islamique », Le Figaro Magazine, semaine du 20 mars 2020, ..
Politique internationale Le MIR se réclame du décolonialisme et de l'anti-impérialisme.. Ils écrivent : ..
Aussi, pour les Indigènes de la République, l'histoire coloniale de la France explique les discriminations dans la France contemporaine :
Antisionisme et soutien au Hamas Le mouvement dénonce « le caractère colonial » de l'État d'Israël. Appelant aux manifestations organisées en France en faveur des Palestiniens à la suite du déclenchement de la guerre de Gaza de 2008-2009, le mouvement a proclamé son soutien du peuple palestinien..
Interrogé par Le Monde en , le politologue Marc Hecker explique :
En , après l’attaque du Hamas contre Israël, le Parti des Indigènes publie sur Twitter : Le message est accompagné d’un dessin de combattants du Hamas s’introduisant sur le territoire israélien en ULM.. La prise de position suscite de nombreuses réactions indignées, notamment celle de Simone Rodan-Benzaquen, directrice de l’American Jewish Committee en France et en Europe. Cette dernière interpelle publiquement le gouvernement au sujet de ces propos en rappelant la peine encourue en France pour « apologie du terrorisme ».
Transformation en parti politique L'association annonce en 2008 viser à se transformer en parti politique., sous le nom Parti des Indigènes de la République (PIR). Houria Bouteldja affirme qu'il s'agira d'un parti France plurielle. Le défi de l'égalité réelle. Laetitia Van Eeckhout, Éditions Gallimard, Paris, 2013. À cette époque, il est, selon Christophe Cornevin du Figaro, pour son et son « Les Indigènes de la République inquiètent la police », Le Figaro, 13 mai 2008..
Le congrès fondateur du parti a lieu à la fin du mois de .. En 2015, les évaluations extérieures approximatives et non confirmées par le P.I.R. parlent d'une fourchette entre quelques dizaines et une centaine de membres..
Selon Christophe Bourseiller, ce parti est alors structuré par des militants trotskistes du NPA et par des islamistes évoluant autour des Frères musulmans comme le Parti du respect anglaisPour une brève histoire de l’islamo-gauchisme, Revue des Deux Mondes].
En , la porte-parole des Indigènes de la République Houria Bouteldja est aspergée de peinture à Paris par la Ligue de défense juive« Houria Bouteldja agressée par la LDJ : quand la violence est suivie d'un grand silence », Le Nouvel Observateur, 29 octobre 2012..
À l'occasion du dixième anniversaire de l'organisation , en présence d'Angela Davis, Houria Bouteldja centre l'action du P.I.R autour de la . Expliquant que ., elle déclare .. Elle dénonce également le qui est, selon elle, , et qui se matérialiserait par un Le contraire du "philosémitisme", huffingtonpost.fr, 7 mai 2015.
Pour l'historien Gérard Noiriel,
Le sociologue libertaire Philippe Corcuff, signataire de l'appel de , a émis une série de critiques en sur les évolutions des Indigènes de la République, notamment la présence de préjugés coloniaux implicites et une vision traditionnelle du rapport entre les mouvements sociaux émancipateurs inspirée d'un marxisme traditionnel (une architecture hiérarchique autour d'un axe principal : dans leur cas le mouvement post-colonial, et non pas comme chez les marxistes le mouvement ouvrier).
Pour le militant laïc et féministe Naëm Bestandji,
Les journalistes de L'Obs Carole Barjon et Sara Daniel notent pour leur part que le parti , malgré le fait qu'il et qu'Houria Bouteldja affirme se situer en dehors du cadre républicain .
À l'inverse, dans une tribune publiée par Le Monde en 2017, plusieurs universitaires et militants (dont Ludivine Bantigny, Christine Delphy ou Judith Bernard) qualifient l'ouvrage de Houria Bouteldja, porte-parole du PIR, d'appel à produire ., affirmant :
Positions et controverses Violences policières vignette|Cortège de la Marche de la dignité et contre le racisme à Paris le 31 octobre 2015. D'après Mathieu Rigouste, Les Indigènes de la République militent contre la violence policière..
Le collectif s'associe à la Marche de la dignité d'. ; officiellement organisée contre les violences policières, elle servit en réalité en grande part à la dénonciation de l'islamophobie et au soutien de la cause palestinienne...
En 2017, le PIR participe à la Marche pour la justice et la dignité, un rassemblement qui appelle à . , tempête Samir Baaloudj, ex-militant du Mouvement de l'immigration et des banlieues (MIB). ..
Rapport au féminisme Marie-Carmen Garcia étudie le positionnement du Collectif féministe du Mouvement des Indigènes de la République, par rapport à celui de Ni putes ni soumises, organisation fondée par Fadela AmaraMarie-Carmen Garcia, «Des féminismes aux prises avec l’« intersectionnalité » : le mouvement Ni Putes Ni Soumises et le Collectif féministe du Mouvement des indigènes de la République», Recherches féministes , Volume 25, Numéro 1, 2012, , lire en ligne. Selon cette sociologue, les femmes du Collectif féministe du MIR « mènent leur combat féministe « à l’intérieur » de leur « communauté », mais elles font front avec « leurs hommes » en dehors de celle-ci ». « Cette attention accordée à la condition des hommes de leur groupe, estime Marie-Carmen Garcia, est significative d’. Au contraire, Ni Putes Ni Soumises demande l'intervention de l'État français contre les comportements sexistes dans les cités.
Selon Bernard Maro, le PIR soutient le machisme et le sexisme religieux, citant Houria Bouteldja :
Racisme