La laurionite est une espèce minérale composée d'hydroxychlorure de plomb de formule PbCl(OH).
Historique de la description et appellations Inventeur et étymologie Ce minéral fut décrit par le minéralogiste autrichien Koechlin en 1887 Koechlin, dans Annalen des kaiserlich-königlichen naturhistorischen Hofmuseums Wien, vol. 2, 1887, p. 188. Son nom est tiré de sa localité-typeMINER Database von Jacques Lapaire - Minéraux et étymologie.
Topotype Le topotype se trouve dans les anciennes scories de plomb argentifère du Laurion, Attique, Grèce.
Caractéristiques physico-chimiques Critères de détermination La laurionite forme des cristaux transparents incolores ou blanchâtres, biréfringents, d'éclat amadantin et nacré. Elle laisse un trait blanc.
Son habitus est lamellaire, tabulaire sur {010} et allongé dans la direction . Elle est peu dure (de 3 à 3,5 sur l'échelle de Mohs). Elle possède un clivage distinct sur {010}. Sa cassure est irrégulière.
Elle est légèrement soluble dans l'eau froide, plus soluble dans l'eau tiède et soluble dans l'acide nitrique.
Cristallochimie La laurionite est un dimorphe de la paralaurionite. Elle fait partie du groupe de la matlockite.
Cristallographie La laurionite cristallise dans le système cristallin orthorhombique, de groupe d'espace Pcmn (Z = 4 unités formulaires par maille conventionnelle)ICSD No. ; . Paramètres de maille : = , = , = (volume de la maille V = ) Masse volumique calculée = Les cations Pb sont en coordination antiprismatique tétragonale déformée (5+3) de chlore et de groupes hydroxyles : groupes .
Gîtes et gisements Gîtologie et minéraux associés La laurionite est un minéral secondaire provenant de l’activité d’anciennes fonderies, dans ce cas précis il s’agit de l’action de l’eau de mer sur des scories de plomb.
Elle peut être trouvée associée à plusieurs autres minéraux : anglésite ; cérusite ; fiedlérite ; héliophyllite ; ludlockite ; paralaurionite ; penfieldite ; phosgénite.
Gisements producteurs de spécimens remarquables Il existe de nombreuses occurrences de ce minéral dans le monde.
Canada Mine Jeffrey, Asbestos, région de l'Estrie, QuébecF. Spertini, « La mine Jeffrey, Asbestos, Québec, Canada », dans Le Règne Minéral, vol. 37, 2001, p. 10-34 France Haldes de Menez-Plom, Carnoët, Callac, Côtes-d'Armor. Ancienne mine de plomb et d'argent La Fonderie, Poullaouen, FinistèreC. Germain, J-C. Leydet et Ph. Saget, « Les minéraux de néoformation de Huelgoat (Finistère) », dans Le Cahier des Micromonteurs, 3, 1990, p. 3-16 Mine Le Crozet, La Pacaudière, Loire, Rhône-AlpesR. Vernay, « Le Crozet (Rhône, France) », dans Le Cahier des Micromonteurs, 1, 1997, p. 9-22 Grèce Le district minier antique du Laurion (topotype) compte près de dix occurrences : Agios Nikolaos, le port, Oxygon, Panormos, Passa Limani, Sounion, la baie de Thorikos, Tourkolimanon et Vrissaki Piet Gelaude, Piet van Kalmthout et Christian Rewitzer, Laurion: The Minerals in the Ancient Slags. Royaume-Uni Eaglebrook Mine, Nant-y-Moch Reservoir area, Talybont, Ceulanymaesmawr, Ceredigion, Pays de Galles
Utilisation Les textes de médecins grecs (comme Dioscoride) et romains (Pline l’AncienPline l’Ancien, Histoire Naturelle, XXXIII, 35) mentionnent que les premiers « chimistes » de l'Égypte antique savaient déjà synthétiser en brassant dans de l'eau tiède de la litharge et du chlorure de sodium). En soutirant l'eau et donc la soude, ils pratiquaient un déplacement d'équilibre favorisant la laurionite qui précipitait au fond du bassin de brassage.
Synthèse de la laurionite : PbO + NaCl + H2O → Pb(OH)Cl + NaOH litharge sel eau laurionite soude
La laurionite était utilisée comme fard à paupière, servant notamment de collyre.
Notes et références
Catégorie:Chlorure (minéral) Catégorie:Plomb (minéral) Catégorie:Hydroxyde (minéral) Catégorie:Minéral orthorhombique Catégorie:Minéral nommé d'après un lieu