Les uniformes et armes des armées chinoises sont les tenues militaires et les armements des combattants et soldats chinois depuis l'époque de la première guerre de l'opium (1832) jusqu'à l'avènement de la république populaire de Chine (1949). vignette|Des officiers de l'armée de l'Empire Qing étudiant une mitrailleuse Montigny durant la période du mouvement d'auto-renforcement.
Première période : de la première guerre de l'opium à l'avènement de la République (1832-1911)
Armée impériale vignette|Drapeau de la dynastie Qing 1889. 200px|vignette|Li Hongzhang (1823-1901) général de l'armée impériale. vignette|Décapitation en Chine au . Plus encore que l'établissement et le développement des premiers liens commerciaux avec l'Europe, la première guerre de l'opium Le commerce de l'opium en Chine constitua un véritable « choc des civilisations » entre l'Empire Céleste et l'Europe alors en pleine expansion technologique, industrielle et coloniale, opposant une force expéditionnaire franco-britannique « moderne » professionnalisée à une armée chinoise encore fortement médiévale dans son armement et son organisation.
Il fallut encore trois autres lourdes défaites militaires face aux puissances étrangères (deuxième guerre de l'opium, guerre franco-chinoise et première guerre sino-japonaise) avant que la Chine n'entreprenne une timide modernisation de son armée à la fin du Source historique générale pour cette section : Les guerres de l'opium.
La comparaison entre l'évolution des sociétés chinoise et japonaise en cette seconde moitié du est symptomatique de l'évolution technologique totalement divergente des armées de ces deux pays Modern Era et Modern Era: II : Émergence de la Chine moderne.
La société japonaise que découvre Perry le est une société militarisée de clans familiaux féodaux. Guerriers professionnels, grands connaisseurs d'armes, les samouraïs s'intéressent d'emblée à l'armement des Européens pour en faire l'instrument du maintien de leur pouvoir sur la société civile tout en leur permettant de vider victorieusement leurs rivalités inter-claniques. L'Empereur Mutsohito imposa d'autorité la modernisation de son pays (Restauration Impériale et Ère Meiji) en créant notamment une armée nationale dès 1873. En 1877, après l'écrasement d'une dernière révolte samouraï conservatrice, celle-ci, aguerrie au combat, devint l'unique force armée du Japon et se lança résolument dans un vaste programme de modernisation et de conquêteVoir notamment l'article de Jacques Mutel Le Japon, nation guerrière in L'Histoire (, novembre 1980) et Le Japon à la conquête du monde - collectif - dossier dirigé par Bernard Michal - idem.
La Chine Histoire de la Chine moderne était quant à elle gouvernée par une bureaucratie décadente, sclérosée et corrompue au service d'une Dynastie QingLa dynastie mandchoue des Qing régna sur la Chine de 1644 à 1911. Elle fut est la dernière dynastie impériale à avoir régné en Chine. Cette dynastie vit le jour sous celle des Ming lorsque le général Wu Sangui, qui souhaitait destituer l’Empereur Li Zicheng, sollicita l’aide des tribus mandchoues. À la mort du général, les mandchous prirent le pouvoir et fondèrent l’Empire du grand Qing. Durant tout son règne, cette dynastie fit beaucoup d’effort pour s'imprégner de la culture chinoise et se faire accepter par les Hans, mais elle resta pourtant toujours considérée comme illégitime par ceux-ci. La dynastie régna dès lors grâce à son fort pouvoir militaire et administratif mais elle fut finalement renversée lors de la révolution Xinhai (1912). somme toute assez mal supportée par les Hans qui la considéraient comme l'héritage d'une humiliante invasion « barbare » (voir Huit Bannières et Histoire de l'administration impériale chinoise). Il n'y avait pas non plus en Chine de sentiment d'identité nationale unificatrice. À l'inverse de ce qui se produisit au Japon, les mandarins chinois et les eunuques de Cour, détenteurs du vrai pouvoir politique, ne s'intéressèrent guère aux armes des « barbares Longs-Nez » mais bien plus aux produits de consommation et de luxe que ceux-ci offraient en échange des denrées chinoises. La Chine sortit affaiblie du choc des civilisations et se retrouva plongée dans plus d'un siècle de troubles et de guerre civile (1832-1949) tandis que le Japon devint rapidement la super-puissance locale, défiant ses anciens mentors occidentaux. Lors de la révolte des Boxers (1899-1901), les Chinois utilisaient encore des hallebardes et des canons en bronze - y compris certaines unités de l'armée impériale - tandis que les fantassins japonais défendant leur ambassade utilisaient le fusil à répétition national Arisaka qui, modernisé, restera en service jusqu'en 1945... et même jusqu'en 1949 aux mains mêmes des factions impliquées dans la guerre civile chinoise.
Après la révolte des Boxers, le gouvernement impérial prit enfin la décision de moderniser l'armée de l'Empire, l'initiative étant laissée aux grands dignitaires militaires. À partir de 1910 apparut un uniforme standard, en version été (kaki) et hiver (bleu de Prusse), tous deux en coton. Une Garde impériale fut également levée en 1908, exclusivement constituée de mandchous dans un premier temps (jusqu'en 1910), se distinguant de l'armée régulière par son uniforme gris. Un corps de gendarmerie fut aussi créé en 1910 revêtue d'un uniforme gris-bleu. Mais parallèlement subsistent encore des troupes de milices provinciales, toujours équipées à l'ancienne. En 1911, lors qu'éclate la rébellion Wuchang, l'armée impériale compte quelque dans ses unités modernisées appelées Lu-chun. Mais malheureusement pour le régime impérial, celles-ci passent en masse à l'opposition, seules les troupes provinciales pauvrement équipées restant fidèles au régime.
Iconographie L'armée impériale de 1832 à 1900.
Les différentes gravures reprises dans cette section reflètent parfaitement l'image donnée par l'armée impériale chinoise du , les armes blanches et armes d'hast côtoyant arcs à la mongoleVoir L'arc de guerre chinois P. Lorain in La Gazette des Armes article fondé sur l'étude du père jésuite Étienne Zi (Changhai, 1896), arbalètes, mousquets et arquebuses (Photos 1&3). L'artillerie chinoise était essentiellement constituée de canons et bombardes de bronze, de fusées explosives et d'arbalètes lourdes (parfois à tir multiple) similaires au scorpion de la Rome antique. La photo représente de l'artillerie légère type mousquet de rempart. Le bleu était la couleur dominante des uniformes de l'armée de ligne, le jaune (couleur de l'Empereur) étant la distinctive de la garde impériale, corps d'élite chargé de la protection de la personne et des palais de l'Empereur, qui ne prit aucune part directe aux différents conflits à l'inverse des gardes monarchiques européennes.
Le début du vit enfin une timide ébauche de modernisation de l'armée impériale à l'initiative de quelques dignitaires progressistes, le modèle prussien et l'équipement germano-autrichienL'Allemagne restera un des principaux fournisseurs d'armes à la Chine jusque dans les années 1930, voir Coopération sino-germanique (1911-1941) étant alors à la mode depuis la victoire de 1871, comme l'illustrent les photos 6 (Fusil autrichien Mannlicher Mod.1890 en service dans l'armée impériale et qui sera encore en service dans les années de guerre civile postérieures à la chute de l'Empire) et 7.
La guerre franco-chinoise de 1884-85. Cinquante ans après la première guerre de l'opium et après avoir pourtant dû faire appel aux armées françaises et britanniques pour venir à bout de Taiping (cf. infra), l'armée impériale présente toujours le même aspect qu'au début du siècle : tenues vestimentaires surannées, équipement et armement disparate techniquement dépassé, organisation bureaucratique inefficace du commandement. Les photos 1&2 donnent certes une image d'Épinal d'un lointain conflit «exotique» mais les uniformes chinois anachroniques ainsi représentés sont parfaitement conformes à la réalité, comme en témoigne la photo suivante.
Première guerre sino-japonaise 1894-95. Dix ans plus tard, la Chine impériale se retrouve de nouveau entraînée dans une guerre perdue d'avance face à un adversaire techniquement supérieur : le Japon. Celui-ci n'a cependant entrepris sa modernisation militaire qu'une vingtaine d'années plus tôt, époque où ses armées féodales ressemblaient techniquement, par bien des aspects, à celle du Céleste Empire.
Irréguliers et Boxers vignette|Détail de la Suppression de la rébellion Taiping, Encre et couleurs sur soie, vers 1860. vignette|Pavillon Noir chinois en Indochine - 1885. Révolte Taiping (1851–66) Books ressources Le mouvement insurrectionnel Taiping The Taiping rebellion in Chinese Cultural Studies débuta avec la création de la Société des Dévots - Pai Shang-ti Hui - dans la province du Kwangsi en 1846. Malade et mentalement instable, son fondateur Hung Hsiu-ch'uan - membre d'une secte protestante - « découvrit » dans ses visions qu'il était le jeune frère du Christ appelé par Dieu à devenir le nouveau souverain de droit divin de l'Empire. Il échafauda alors un curieux syncrétisme du christianisme et de la doctrine traditionnelle de Confucius, promettant à ses disciples l'avènement d'un «Royaume céleste de la Grande Paix» destiné à durer mille ans. Sa secte - désormais plus connue sous le nom de T'ai P'ing (ou Taiping), secte de la Grande pureté - gagna dès lors de plus en plus de fidèles, déterminés à installer à la tête du pays une dynastie chinoise au lieu des empereurs Qing originaires de Mandchourie, une région à moitié barbare aux yeux des Hans (Chinois de souche ou Vrais Chinois). Par la même occasion, ils sont décidés à instaurer en Chine une société socialement plus juste et plus égalitaire, fondée sur un partage des terres, l'émancipation des femmes et à chasser également les exploiteurs occidentauxLes écrits de Karl Marx sur le sujet. Le , une troupe de «rebelles aux cheveux longs» - surnom que leur vaut le fait qu'ils rejettent le port humiliant de la natte imposé par les empereurs de la dynastie Qing - s'empare de Nankin, la prestigieuse capitale de la Chine du sud, sur le fleuve Yangzi Jiang. La situation de guerre civile qui résultat de ce soulèvement populaire dura une quinzaine d'années, impliquant près de 10 millions de combattants et plus de 600 cités, villes, bourgs et places fortes qui changèrent maintes fois de mains - un conflit qui causa entre de morts Site illustré sur le sujet. Ce seront finalement les Français et les Anglais sous le commandement du général Gordon qui vont sauver les Mandchous, mais au prix d'une nouvelle humiliation, la « Seconde guerre de l'opium », conclue par la convention de Pékin le . Ne disposant que d'un armement traditionnel, conduits par des chefs incompétents qui n'hésitent pas à s'entretuer sous l'autorité d'un illuminé mentalement instable, les Taipings sont méthodiquement refoulés. Le , la prise de la citadelle de Changchow par le général Gordon marque la fin du soulèvement. Le , Nankin est reprise par l'armée impériale. rebelles sont passés au fil de l'épée tandis que leur chef se suicide en avalant de l'or. Finalement vaincue, une partie de l'armée Taiping passa au Tonkin où elle sévit sous le nom de Pavillons noirs avant d'être définitivement éradiquée par les troupes françaises d'Indochine Origines, déroulement et conséquences de la rébellion Taiping.
Révolte des Boxers (1899-1901)