Khata ( ་; transcription du ou népalais : (khada), du , parfois traduit en khadaqueDictionnaire mongol-russe-français de Kovalevski, p. 780 : ) est un mot tibétain désignant une écharpe de prière traditionnellement en soie blanche, ou en coton, souvent offerte à un lama à l'issue d'un rituel. Elle est aussi offerte aux esprits chez les Mongols, Toungouses et Turcs (tengrisme), ainsi que chez les Tibétains (bön). Par syncrétisme, elle est utilisée par les Mongols et les Tibétains dans leur forme de bouddhisme vajrayana généralement appelée bouddhisme tibétain. Elle symbolise la pureté, la bienveillance, le bon présage et la compassion. Elle est d'ordinaire en soie et parfois en coton ou en nylon.

Origine du nom

La définition du Dictionnaire étymologie des termes étrangers du mongol, d'O. Sukhbaatar, donne le terme tibétain signifiant « couleur » comme langue source de ce terme en mongol : D'après la liste des abréviations du dictionnaire (Сухбаатар, 1997, p.7) : тө = төв(ө)д) (tibétain) мо.б. = монгол бичиг (mongol bichig, écriture mongole dite ouïghour, seule sa romanisation est donnée dans le dictionnaire).

signifie « couleur » en mongol.. La traduction de cette définition est : .

Symbolisme des couleurs Les khatas tibétaines sont généralement blanches, symbolisant le cœur pur du donateur Khata/Tibet "roof of the world"\., mais l'on en trouve également de couleur jaune or. Elles peuvent alors comporter les huit symboles auspicieux.

Les khadags mongoles et toungouses sont d'ordinaire bleues, symbolisant le ciel (tengri), dieu du tengrisme, mais on peut également en trouver en blanc, rouge, vert ou jaune.. Elles comportent souvent le caractère chinois shou en version ronde signifiant longévité, les huit symboles auspicieux, en particulier le nœud sans fin ou quelques-uns de ces symboles.

Ces mêmes couleurs sont utilisées sur les drapeaux de prière tibétains, en particulier dans les régions de culture tibétaine de la Préfecture autonome tibétaine et qiang d'Aba, dans la province du Sichuan. Elle correspondent également au cinq couleurs du drapeau bouddhique.

Dans le chamanisme coréen, on retrouve ces couleurs, en particulier sur les vêtements des chamanes. Elles représentent les cinq éléments que l'on retrouve également dans le taoïsme. On les retrouve également dans les robes de mariages, ainsi que dans les patchworks d'étoffes fabriqués par les jeunes filles, et dans différents autres éléments de la culture coréenne.

Usages Une khata est une écharpe de prière traditionnellement en soie blanche, ou en coton, souvent offerte à un lama à l'issue d'un rituelEliot Pattison, Water Touching Stone, p. 548 : .

La khata, ou « écharpe de félicité » en françaisQuentin Ludwig, Le grand livre du bouddhisme, Eyrolles, 2012, 372 p., p. 259, rubrique « Écharpe de félicité » : ., se remet à diverses occasions.

Elle s'offre à un hôte à l'occasion d'une fête ; lors de mariages, funérailles, naissances, remises de diplômes ; à l'arrivée et au départ d'invités ; à des personnalités officielles. Les Tibétains accompagnent ce don ordinairement de la formule de salutation tibétaine, « tashi delek » (c'est-à-dire « bons auspices ».).

Chez les pratiquants du bouddhisme, la khata est offerte à un lama (qui la rend), aux représentations religieuses, notamment les statues du Bouddha. On passe aussi une khata autour du cou d'une personne récemment décédée.

En Mongolie, les khadags sont souvent nouées à des ovoos, des stupas ou des arbres et des rochers particuliers.

Annexes Notes et références

Bibliographie

Articles connexes Ovoo Tengrisme, Bön Hindouisme, Bouddhisme

Liens externes Les Katas (khatags) ou écharpes de soie, Me-Long, Newsletter of the Norbulingka, Actualités Tibétaines.

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