Clémentine-Hélène Dufau, née à Quinsac le et morte à Paris le , est une artiste peintre, affichiste et illustratrice française.

Biographie vignette|redresse|Clémentine-Hélène Dufau, Portrait de l'auteur (1911), Paris, musée d'Orsay.

Origines familiales Clémentine-Hélène Dufau naît d'une famille girondine par sa mère, basque par son père. Ce dernier, après un séjour à Cuba, en revient avec une fortune suffisante pour épouser la fille de Guillaume Dumézil, propriétaire aisé d'un domaine viticole de QuinsacLe château de Clauzel produit toujours du vin de nos jours (cf. )..

Clémentine-HélèneElle est déclarée « Catherine-Hélène » à l'état-civil, mais baptisée « Clémentine-Hélène » (). est leur quatrième enfant vivant . De santé fragile, elle doit rester souvent allongée et, très jeune, manifeste un don pour le dessin. Après que ses sœurs se sont mariées, elle souhaite aller à Paris faire des études artistiques. Ses parents décident alors de vendre le domaine de Quinsac et s'installent en 1888 au 12, rue Pergolèse dans le de Paris pour l'accompagner.

Débuts artistiques Clémentine-Hélène s'inscrit au cours de l'Académie Julian dans l'atelier de William Bouguereau. Elle y est également élève de Tony Robert-Fleury. Elle est admise au Salon des artistes français en 1889 et y obtient en 1895 le prix Marie Bashkirtseff pour son tableau L'Amour de l'Art, ce qui lui permet d'avoir ses premières commandes pour des affiches publicitaires. Son affiche pour le Bal des increvables (1896) du Casino de Paris est remarquée, ainsi que celle qu'elle réalise pour le lancement du journal La Fronde, fondé en 1897 par Marguerite Durand. En 1898, sociétaire des artistes français, elle obtient une bourse pour un voyage d'étude d'un an en Espagne. De retour à Paris, elle expose les œuvres réalisées et obtient un très bon accueil critique. Elle signe ses travaux « C.H. Dufau ». Certaines de ses œuvres évoluent vers le mysticisme.

Artiste décoratrice reconnue De 1903 à 1910 elle expose au Salon d'Automne. À partir de 1905, devenue une artiste reconnue, elle est reçue dans les milieux intellectuels parisiens. Elle travaille et sympathise avec l'auteur de théâtre Edmond Rostand dont elle décore la villa Arnaga à Cambo-les-Bains. C'est alors que, déstabilisée par la mort de sa mère, touchée pour la première fois par une certaine solitude, elle se prend d'une passion amoureuse, qu'elle qualifie elle-même de « folle », pour Maurice Rostand, le fils encore adolescent de l'écrivain, qui ne cache pourtant pas ses penchants homosexuels. Cette relation tourmentée et à sens unique dure plusieurs années.

Nommée chevalier de la Légion d'honneur en 1909René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, ., sa carrière artistique s'étoffe encore avec une commande de l'État pour la décoration de la nouvelle Sorbonne (panneaux Astronomie et Mathématiques et Radioactivité et Magnétisme) et des portraits de nombreuses personnalités. Elle voyage à l'étranger et expose ses œuvres. En 1911, elle fait construire une villa au Pays basque qu'elle doit vendre en 1926 car peu à peu sa situation financière se dégrade. Elle expose au Salon jusqu'en 1914 au moins. vignette|Carte postale de Clémentine-Hélène Dufau, Alliance du ciel et de la terre (Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, NuBIS). vignette|Carte postale de Clémentine-Hélène Dufau, La danse mathématique (Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, NuBIS). Elle s'installe à Antibes où elle aménage un atelier face à la merLe peintre Nicolas de Staël y a séjourné sept mois avant de mettre fin à ses jours en 1955 ; ensuite, c'est le sculpteur Abel Chrétien qui l'occupera jusqu'en 1972..

Une vision ésotérique de l'art gauche|vignette|Carte postale de Clémentine-Hélène Dufau, Géologie (i.e.) Zoologie (Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, NuBIS). Adepte de René Guénon, passionnée par Krishnamurti, elle est proche des collaborateurs des Cahiers de l'Étoile. En 1932, elle écrit son livre-testament, Les Trois Couleurs de la lumière, où elle expose sa vision ésotérique de l'art : avec une mise en page originale, elle s'inspire du mathématicien Charles Henry, de son cercle chromatique et de sa théorie du « psychone », tout en citant René Guénon, l'abbé Paul Lacuria, Joséphin Peladan, Louis de BroglieJ.P. Laurant, René Guénon, lectures et enjeux, Politica Hermetica, L'Âge d'homme, .. Pour une pensée « féminine » et « unificatrice », elle tente une synthèse entre les écrits . Elle dénonce les violences faites aux femmes et lance un appel à l’égalité des sexesFranny Tachon ..

Elle doit finalement quitter Antibes et louer son atelier pour s'assurer un petit revenu. Elle expose encore au Salon de la Société des femmes artistes modernes.

Atteinte d'un cancer de l'estomac, elle meurt à Paris le . Elle est inhumée dans le carré des indigents du cimetière parisien de Thiais. gauche|vignette|Carte postale de Clémentine-Hélène Dufau, Radioactivité (i.e.) Géologie (Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, NuBIS).

Œuvres Œuvres dans les collections publiques

vignette|redresse|Anonyme, Hélène Dufau, portrait de la Collection Félix Potin. Argentine Buenos Aires, musée national des Beaux-Arts : Le Bain, huile sur toile, .

France Bordeaux, musée des Beaux-Arts : Baigneuse, huile sur toile. Cambo-les-Bains, villa Arnaga : Portrait de Maurice Rostand, 1909, huile sur toile. Cambrai, musée de Cambrai : Portrait d'Anna de Noailles, 1914, huile sur toile, ; Heure exquise, huile sur toile. Cognac, musée d'Art et d'Histoire : Enfants de mariniers, 1898, huile sur toile, . Dijon, musée Magnin : Printemps, huile sur toile. Gray, musée Baron-Martin : Académie de Danseuse nue, fusain, . Lectoure, musée de peinture : Portrait de femme, huile sur toile. Marseille, musée Cantini : Nu au bord de la Méditerranée, huile sur toile. Morlaix, musée des Beaux-Arts : Portrait d'homme, 1889, huile sur toile. Nantes, musée des Beaux-Arts : Au jardin d'Andalousie, huile sur toile ; Portrait de Georges Barbier, huile sur toile. Paris : musée des Arts décoratifs : Portrait de Jeanne Lanvin, 1925, huile sur toile. musée d'Orsay : Portrait de l'auteur, 1911, huile sur toile.. Petit Palais : La Balançoire, huile sur toileNotice sur art.rmngp.fr.. Sorbonne, salle des Autorités : Astronomie et Mathématiques, dit aussi La Danse mathématique, avant 1910, panneau mural« La Danse mathématique », notice sur nubis.univ-paris1.fr. ; Radioactivité et Magnétisme, avant 1910, panneau mural ; La Géologie, avant 1910, panneau mural ; La Zoologie, avant 1910, panneau mural. Reims, musée des Beaux-Arts : Les Baigneuses, huile sur toile Paysage, 1904, huile sur toile. Madame Pol Neveux, 1910, huile sur toile Rouen, musée des Beaux-Arts : Printemps nocturne, huile sur toile.

Pologne Poznań, musée national : Vision intime, vers 1913, huile sur toile. Un autre exemplaire similaire a été vendu lors de l'émission Affaire Conclue diffusée sur France-2 le .

Affiches Bal des increvables au Casino de Paris, 1896. Société des miniaturistes et enlumineurs de France, galerie Georges Petit, 1896, imprimerie Verneau. La Fronde, 1898Exemplaires conservés à Paris au musée Carnavalet et à la bibliothèque Marguerite-Durand.. L'Enfant à travers les âges, 1901, affiche pour l'exposition de l'enfance au Petit PalaisVoir sur parismuseescollections.paris.fr.. Exposition de Hanoï, gouvernement général de l'Indo-Chine, 1902. Pelote Basque, 1903.

Illustrations Pierre Valdagne, L'Amour par principes, Paris, Paul Ollendorff éditeur, 1898. Paul Adam, Basile et Sophia, gravures de Georges Lemoine, Paris, Société d'éditions littéraires et artistiques Ollendorff, 1900. Enacryos, Les femmes de Setnê, gravures de Georges Lemoine, Paris, Société d'éditions littéraires et artistiques Ollendorff, 1903.

Exposition Elle fait partie des artistes présentées dans le cadre de l'exposition « Artistes voyageuses, l'appel des lointains – 1880-1944 » au palais Lumière d'Évian puis au musée de Pont-Aven en 2023..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

. Art et Décoration, tome 2, 1897, (en ligne sur Gallica). René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, .

Liens externes

Base Arcade : Archives nationales. « Encore une femme peintre méconnue : Clémentine Hélène Dufau », sur lepetitrenaudon.blogspot.fr.

Catégorie:Peintre française du XIXe siècle Catégorie:Peintre française du XXe siècle Catégorie:Illustratrice française du XIXe siècle Catégorie:Illustratrice française du XXe siècle Catégorie:Affichiste français du XIXe siècle Catégorie:Affichiste français du XXe siècle Catégorie:Dessinatrice française du XIXe siècle Catégorie:Dessinatrice française du XXe siècle Catégorie:Élève de l'Académie Julian Catégorie:Naissance en août 1869 Catégorie:Naissance à Quinsac (Gironde) Catégorie:Décès en mars 1937 Catégorie:Décès dans le 15e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 67 ans