Bidzina Ivanichvili (en )La transcription en langue française des patronymes géorgiens a été stable jusqu’à la fin du : les règles constituées par l’intermédiation de la langue russe, confirmées par la Légation de la République démocratique de Géorgie en France (1921-1933) et proches de la prononciation en langue géorgienne, étaient utilisées sans exception ; elles le sont encore aujourd’hui par le ministère français des Affaires étrangères et par la plupart des universitaires français s’intéressant à la Géorgie. L’usage a progressivement changé avec l’intermédiation de la langue anglaise et la définition d’une translittération latine proche de la transcription anglaise (2002). Ainsi ბიძინა ივანიშვილი donne Bidzina Ivanichvili en transcription française et Bidzina Ivanishvili en transcription anglaise (et en translittération latine)., né le à Tchorvila, dans la région d'Iméréthie, est un milliardaire et un homme d'État géorgien. Il est Premier ministre de Géorgie entre 2012 et 2013. Depuis sa démission de la tête du gouvernement et du « Rêve géorgien » en 2013 (parti dont il a repris la tête de 2018 à 2021), il apparaît comme étant le dirigeant de facto du pays. Il est classé du pays en 2026.

Biographie Bidzina Ivanichvili est né le à Tchorvila, dans la région d'Iméréthie. Il est marié et père de . Il vit entre le village géorgien de Tchorvila où il est né et sa résidence sur les hauteurs de Tbilissi, conçue par l’architecte japonais Shin Takamatsu et estimée à de dollars. Il entame ses études à Tbilissi, où il apprend le russe, puis poursuit son parcours universitaire à l'Institut des chemins de fer de Moscou au cours des années 1980. Il s'installe en France en 2002. À la suite de l'obtention de la nationalité française en et conformément à la législation de la Géorgie sur la double nationalité, il est déchu de la nationalité géorgienne. Par ailleurs, il finit par renoncer à la nationalité russe. Fortune personnelle Il commence les affaires en se lançant avec trois associés dans le commerce d'ordinateurs et de téléphones, ce qui leur permet de créer la banque Rossiysky Kredit, qu'Ivanichvili vend en 2012 pour de dollars et qui joue un rôle important dans la constitution de sa fortune. Avec Vitali Malkine, un homme d’affaires par la suite engagé sur la scène politique russe, Bidzina Ivanichvili fait ensuite fortune après l'effondrement de l'Union soviétique en Russie et dans les anciens satellites de l'URSS dans l'industrie métallurgique. En 1999, sa fortune est estimée par le magazine Forbes à de dollars américains, ce qui le classe au des personnes les plus riches du monde, ex æquo avec 4 autres personnes. En 2006, Bidzina Ivanichvili défraie la chronique en acquérant un tableau de Picasso pour de dollars, alors que celui-ci n'était estimé qu'à de dollars. En 2011, il vend tous ses actifs présents en Russie, avant de se lancer dans la politique. En 2012, sa fortune est estimée par le magazine Forbes à de dollars américains, ce qui le classe au des personnes les plus riches du monde. Rapportée au PIB de la Géorgie ( de dollars), cela représente 46 % du PIB national, un cas unique au mondevoir le reportage "l'effet papillon" sur CANAL+ du 20 avril 2013.. Le , Bidzina Ivanichvili est cité par le journal suisse Le Temps comme ayant été la victime d'un gérant du Crédit Suisse qui lui aurait fait perdre plusieurs centaines de millions de dollars américains. En 2019, le magazine Forbes le crédite d'une fortune de de dollars américains, soit la mondiale. En 2024, sa fortune est évaluée à d'euros, ce qui est plus que le budget de l'État géorgien.

Sa fortune lui permet de financer de nombreuses activités de services publics dans sa commune natale, en lieu et place de l'État. Engagement politique Bidzina Ivanichvili commence à s'impliquer dans la politique en Russie, lorsqu'il soutient Alexandre Lebed lors de l'élection présidentielle de 1996.

Après la Révolution des roses en 2003, qui porte Mikheil Saakachvili au pouvoir, il soutient financièrement ce dernier. Ils se brouillent par la suite, Ivanichvili devenant la cible de ses critiques. En , il annonce sa volonté de former un parti politique dans le but de participer aux élections législatives prévues en 2012. En , il crée la coalition Rêve géorgien qui réunit différents partis de l’opposition, dont le Parti républicain, les Démocrates libres, le Forum national, le Parti conservateur ou encore le parti L'industrie sauvera la Géorgie qui reconnaît cependant avoir plusieurs divergences avec le leader de Rêve géorgien, notamment en ce qui concerne l’adhésion du pays à l’OTAN. Durant sa campagne, il s'appuie notamment sur son fils Bera, rappeur atteint albinisme, qui compose sa chanson de campagne et l'accompagne durant ses meetings.

En , une enquête est ouverte à l’encontre de la coalition Rêve géorgien pour des faits d’achat de voix, des militants étant soupçonnés d’avoir distribué des tracts promettant des cadeaux de valeur aux électeurs qui assisteraient à la manifestation du à Koutaïssi. Le , une amende de de dollars pour violation des règles de financement de parti politique est notifiée à Bidzina Ivanichvili, qui aurait largement dépassé le plafond de dépenses autorisé en déboursant 250 à de dollars pour sa campagne. Premier ministre vignette|Bidzina Ivanishvili en 2013. Courant , il retrouve sa nationalité géorgienne.. Il est nommé Premier ministre par le président Saakachvili le et investi par le Parlement le 25 du même mois, instaurant donc une cohabitation jusqu'à la présidentielle de 2013. Celle-ci se révèle être brutale à l'égard du clan Saakachvili, plusieurs hauts dignitaires étant poursuivis par la justice (comme l'ancien ministre de l'Intérieur Vano Merabichvili), ce qui est dénoncé comme une « chasse aux sorcières ». Saakachvili lui-même est invité par certains de ses proches à quitter la Géorgie et à s'expatrier aux États-Unis pour y échapper. Le nouveau gouvernement géorgien est composé entre autres d'Irakli Alassania, nommé ministre de la Défense, et de l'ancien footballeur Kakhaber Kaladze, nommé ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles. L'élection présidentielle de 2013 est remportée par Giorgi Margvelachvili, candidat du Rêve géorgien (parti d'Ivanichvili) avec 62 % des voix, contre David Bakradze, candidat du MNU (parti de Saakachvili) qui en obtient 22 %. Ivanichvili annonce alors sa prochaine démission du poste de Premier Ministre, et sa volonté de créer une ONG pour « enseigner la démocratie aux Géorgiens », même si les observateurs politiques considèrent qu'il continuera à diriger le pays en sous main. Parallèlement, plusieurs proches de Saakachvili, dont d'anciens ministres, sont arrêtés, alors que celui-ci est invité à quitter le pays pour les États-Unis, dans la crainte d'une vengeance judiciaire de la part d'IvanichviliArielle Thédrel, « Ivanichvili, l'homme qui va vraiment diriger la Géorgie », in Le Figaro, mardi 29 octobre 2013, page 8.. Le , il annonce qu'il a choisi son ministre de l'Intérieur Irakli Garibachvili pour lui succéder au poste de Premier ministre. Ce dernier reçoit l'investiture du Parlement le . Après la primature À la suite de la démission d'Irakli Garibachvili en , Bidzina Ivanichvili ne s'exprime pas publiquement sur le choix d'un nouveau Premier ministre, mais les observateurs de la vie politique géorgienne estiment qu'il a fortement contribué à la désignation de Guiorgui Kvirikachvili (ancien directeur général de sa banque personnelle, la Cartu Bank, de 2006 à 2011) « Giorgi Kvirikashvili Nominated as PM-Designate » Civil Georgia, 25 décembre 2015 (consulté le 3 mars 2016).. Il contribue ensuite à faire élire Salomé Zourabichvili à la présidence. Le quotidien français, Libération indique en 2018 qu'.. Fin , des manifestations réclament son départ définitif de la scène politique.

Il déclare en de nouveau se retirer de la vie politique. Cette annonce survient alors que le pays est plongé dans une crise politique depuis les élections législatives controversées d'octobre 2020 (tous les partis d’opposition ont dénoncé des fraudes électorales et boycottent le Parlement depuis), sur fond de multiplication des cas de Covid-19, de crise économique et d’accusations d’atteintes à la démocratie. Bien que n'occupant officiellement aucun poste au sein de l’État, il est toujours considéré comme le véritable homme fort du gouvernement depuis des années, malgré sa démission. Ayant institué une , il choisit les ministres et donne une orientation prorusse au pays, prenant des mesures hostiles à l'opposition pro-européenne sur le modèle russe (par le biais de lois liberticides et de procès douteux) et refuse de sanctionner la Russie pour son invasion de l'Ukraine.. En 2021, il est décoré de la Légion d'honneur pour être le fondateur d’une fondation caritative internationale et en tant qu'ancien Premier ministre de la République de Géorgie.

Il fait son retour officiel dans la vie politique géorgienne en 2024 à titre de président d’honneur de Rêve géorgien. Outre la « protection de l’identité nationale » et la défense de la « souveraineté de l’État », il soutient que « la principale tâche de la Géorgie en politique étrangère aujourd’hui est l’intégration dans l’Union européenne ». Selon Le Monde et Radio France, il est toujours le véritable dirigeant, bien que dans l'ombre et non officiellement, du pays. En , face à la contestation soulevée par la réintroduction du projet de loi sur les « agents de l’étranger », calqué sur une loi russe visant à briser la société civile et les médias indépendants, il prononce un discours où les Occidentaux, l’opposition et la société civile sont désignés comme des ennemis. Notes et références Notes

Références

Liens externes

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B Catégorie:Personnalité géorgienne du monde des affaires Catégorie:Premier ministre de Géorgie Catégorie:Naissance en février 1956 Catégorie:Naissance en RSS de Géorgie Catégorie:Personnalité géorgienne expatriée temporairement en France Catégorie:Personne citée dans le scandale des Panama Papers Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 2020 Catégorie:Milliardaire géorgien