Le Léopoldville est un paquebot de la Compagnie maritime belge construit en 1928. Servant de transport de troupes alliées lors de la Seconde Guerre mondiale, il est coulé en décembre 1944 par un U-Boot allemand au large de Cherbourg provoquant la mort de plus de dont plus de américains.

Description à porter le nom de la capitale du Congo belgeLa compagnie maritime belge aura plusieurs navires au nom colonial de villes du Congo belge, elles-mêmes nommées d'après des noms de rois ou reines de Belgique., le Léopoldville mesure de long, pour une largeur de . Il a une profondeur de et un tirant d'eau de . Ses tonnages sont de de jauge brute (TJB) jusqu'en 1936., où ils ont été révisés à 11 509 TJB..

Il dispose de d'espace de chargement réfrigéré..

Le navire est construit avec deux moteurs à vapeur de (cheval-vapeur nominal) à 4 cylindres à quadruple expansion qui ont des diamètres de cylindre de , , et par de course. Les moteurs entraînent des hélices à double vis.

En 1936, deux turbines d'échappement basse pression Bauer-Wach sont ajoutées, chacune entraînant l'un des arbres par l'intermédiaire d'un engrenage à double réduction et d'un accouplement hydraulique Föttinger. Chaque turbine fonctionne avec la vapeur d'échappement du moteur à piston situé sur le même arbre. Les turbines ont porté la puissance totale du Léopoldville à

Histoire thumb|left|Le Léopoldville après 1937. Le navire est lancé en . aux chantiers navals Cockerill de Hoboken, un district de la ville d'Anvers.

thumb|left|Affiche publicitaire pour les croisières à bord du SS Léopoldville 5. Il assure la liaison entre la Belgique et le Congo belge, mais il est aussi utilisé par la Compagnie pour organiser des croisières en Atlantique (Tenerife — Madère — Portugal — Maroc) et en Scandinavie (Norvège — Suède — Spitzberg — Islande — Danemark — Finlande).

Quand la Belgique entre dans le Seconde Guerre mondiale le lorsqu'elle est envahie par les troupes allemandes, le Léopoldville est sur le chemin entre Matadi, ville portuaire située sur le fleuve Congo, et Anvers. Le navire est alors dérouté sur le port de la Pallice qu'il quitte le quand les troupes allemandes s'approchent du port français. Il repart alors vers Matadi où il arrive le . Le , il part pour New York, y arrive le et dès le mois suivant repart pour Liverpool où il est transformé en transport de troupes. Il conserve son équipage belge, dont plus de 90 Africains du Congo belge, recevant ses ordres en flamand.

Le , le navire effectue son premier transport de troupes avec trois voyages vers Saint-Jean de Terre-Neuve avec un millier de recrues de la Royal Air Force partant recevoir un entrainement au Canada. Le bateau n'était pas conçu pour les conditions météorologiques de l'Atlantique Nord et souffrait de dommages à chaque traversée. Il est alors réaffecté en Atlantique Sud, servant pour le transfert de troupes entre les ports africains sous contrôle britannique de Freetown, Cape Town, Durban, Mombasa et Suez. À chaque voyage, il embarque en moyenne 2000 soldats. Le capitaine Charles Limbor, un Belge flamand, prend le commandement du navire en 1942Charles Limbor est né en 1898 à Ostende. Après avoir fait une école de navigation et deux ans d'embarquement, il est engagé comme cadet en décembre 1922 par la Compagnie Belge maritime du Congo. Il navigue sur différents navires, principalement à destination de l'Afrique. Il passe successivement troisième officier en 1923, deuxième officier en 1926, premier officier en juillet 1928 et capitaine en janvier 1930. À partir de 1928 il sert sur les « navires villes » de la compagnie qui assurent les liaisons passagers et fret vers le Congo belge : Élisabethville, Albertville, Léopoldville puis comme capitaine en janvier 1939 du Baudouinville, navire fanion et dernier né de la compagnie. Ce navire, pour lui éviter les risques du conflit alors que la Belgique est encore neutre au début de la guerre, est désarmé et Limbor prend alors le commandement du Mafuta sur des liaisons entre l'Amérique et l'Afrique puis entre juin et septembre 1942 du cargo-mixte Copocabana. Il est alors nommé commandant et prend en charge le Léopoldville, alors plus gros navire naviguant de la compagnie..

Entre novembre 1942 et janvier 1943, le Léopoldville opère entre Glasgow et Alger, convoyant des troupes pour la campagne d'Afrique du Nord. À partir du , il est de retour sur les routes entre Suez et les ports d'Afrique. En juillet 1943, il participe à l'invasion alliée de la Sicile. Jusqu'à , le Léopoldville reste en Méditerranée transférant des troupes entre Gibraltar, Alger, Bône, Augusta, Port-Said et Suez. Fin avril, le navire est de retour à Glasgow pour une refonte en préparation du débarquement de Normandie. Le jour J, le , il quitte, en convoi, Southend-on-Sea dans le sud-est de l'Angleterre pour Portsmouth et le , il débarque des troupes sur les plages de Normandie. Entre le et le , le Léopoldville fait 24 voyages entre le Solent dans le sud de l'Angleterre et la Normandie, y transférant soldats. Durant ses traversées, un détachement de 24 hommes du (DEMS) assure la manœuvre des canons de défense montés à bord.

Durant la guerre, le navire aura transporté un total de soldats.

Naufrage Le Léopoldville fut chargé à la hâte pour la bataille des Ardennes avec renforts des et régiments de la division d'infanterie de l'armée américaine. La structure de commandement régimentaire des soldats fut fragmentée en chargeant les troupes au fur et à mesure de leur arrivée plutôt qu'en fonction de leurs unités. Le nombre de gilets de sauvetage était insuffisant et peu de troupes participèrent à l'exercice de sauvetage mal supervisé alors que le Léopoldville quittait Southampton à 9h00 du matin le au sein convoi WEP-3 à travers la Manche vers Cherbourg. Le navire était en formation en losange avec quatre escortes : les destroyers et , la frégate , la frégate française Croix de Lorraine (K258) et un autre navire de troupes, le Cheshire..

Le Léopoldville se trouvait à moins de cinq milles nautiques (9 km) de la côte de Cherbourg à 17h54 lorsque l'une des deux torpilles lancées par le sous-marin allemand U-486 toucha l'arrière du navire, côté tribord et explosa dans la cale numéro 4, tuant environ trois cents hommes lorsque les compartiments E-4, F-4 et G-4 furent inondés. Peu de soldats américains comprirent les instructions d'abandon du navire données en flamand par l'équipage et le capitaine, Charles Limbord ne parle pas anglaisAmbrose, Stephen E (1997). Citizen Soldiers. New York: Simon & Schuster. ..

Alors que certains soldats rejoignaient l'équipage dans les canots de sauvetage, beaucoup ne réalisèrent pas que le navire coulait lentement et restèrent à bord, pensant que le navire serait remorqué à terre par un remorqueur. Alors que les autres escortes recherchaient le U-boot, le HMS Brilliant s'approcha du Léopoldville. Les soldats sautèrent sur le Brilliant, plus petit. Le destroyer ne pouvait embarquer que cinq cents hommes et se dirigea ensuite vers le rivage en laissant quelque mille deux cents soldats à bord.

Jack Dixon était un marin de 21 ans à bord du HMS Brilliant. Avec d'autres membres de l'équipage, il lutta contre les conditions pour tenter de sauver le plus grand nombre de soldats possible. Extrait de son témoignage sur son site Internet :

Clive Cussler a dédié son livre de 1986, Cyclope, à la catastrophe. La dédicace se lit comme suit :

Un monument pour les victimes du naufrage du Léopoldville et tous les hommes de la 66th Infantry Division de l'armée américaine a été inauguré le mardi à Cherbourg-en-CotentinUn monument en l’honneur des victimes de la tragédie du Léopoldville sur le site Mémoire & Database..

Documentaires En 1998, la chaîne History Channel diffusa le film documentaire Cover Up: The Sinking of the SS Léopoldville avec des entretiens avec de nombreux survivants de la division d'infanterie et de marins de l'US Navy ayant participé au sauvetage.

En 2009, la National Geographic Channel diffusa une émission spéciale qui recréait les événements qui ont conduit au naufrage et dans laquelle des plongeurs examinaient l'épave..

En 2021, la chaine RMC Découverte a diffusé un film documentaire produit par l'INA Le mystère du Léopoldville, épisode de la série Vestiges de guerreLe mystère du Léopoldville sur le site de l'INA..

Dans la bande dessinée Le Léopoldville est le navire que dessina Hergé sur la première planche de son Tintin au Congo à l'époque où le navire assurait des liaisons maritimes avec le Congo belge..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

Patrick David, Serge David, Yves Marchaland, Le Léopoldville 1929-1944 : un steamer belge devant Cherbourg, Amfreville, Éditions du Bout du Monde, 2013, 48 p.- (Navires & Aventures)

Liens externes

The Sinking of SS Léopoldville Congoposte : bateaux de la Compagnie maritime belge

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