Notre-Dame de Pellevoisin, communément appelée Notre-Dame de Miséricorde, est le vocable aujourd'hui utilisé couramment pour désigner la Vierge Marie telle qu'elle serait apparue à Estelle Faguette, jeune femme de 32 ans atteinte d’une maladie incurable, dans le village de Pellevoisin (Indre) à quinze reprises au cours de l'année 1876. À la troisième apparition, du , Marie s'était présentée à Estelle comme ; l’Église retiendra ultérieurement le vocable de "Notre Dame de Miséricorde" quand il s'agira de nommer "Notre Dame de Pellevoisin" : c'est celui retenu pour le scapulaire dont il sera question plus loin.
À partir de la neuvième apparition, celle du , les apparitions porteront essentiellement sur la prière et la dévotion au scapulaire du Sacré-Cœur. Dès la fin des apparitions, après la quinzième le jour de la fête de l'Immaculée Conception, à la suite des demandes de la comtesse Arthur de La Rochefoucauld-Montbel (née Marie-Luce de Montbel), de La Tour d’Auvergne, archevêque de Bourges autorise la transformation de la chambre où auraient eu lieu les apparitions en un petit oratoire privé et d'y placer une statue de la Vierge.
La dévotion du scapulaire du Sacré-Cœur, approuvée par le Vatican en 1900, la création en 1877 d'une , puis la mise au rang d'archiconfrérie de cette structure par le pape Léon XIII en 1894 ont rapidement étendu la dévotion à la Vierge sous cette appellation. Le , le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a donné son Nihil Obstat. à la dévotion mariale de Pellevoisin.
Historique de la dévotion Apparitions mariales
Ces apparitions mariales seraient survenues du au à Estelle Faguette, jeune femme de 32 ans, dans sa chambre, alors que, gravement malade, elle était à l'agonie. Après les cinq premières apparitions et sa guérison le , elle dit continuer de voir la Vierge Marie à dix reprises. La Vierge lui aurait alors confié la mission de diffuser la dévotion du Sacré-Cœur, par le scapulaire du Sacré-Cœur.. qu'elle lui aurait révélé à la neuvième apparition, le .
La dévotion à est autorisée et encouragée par le diocèse dès 1877, des pèlerinages sont régulièrement organisés avec la présence de religieux et d'évêques. Le sanctuaire reste un lieu de spiritualité mariale important dans le diocèse et toute la région, avec un rayonnement national et même à l'étranger.
En 1983, Monseigneur Paul Vignancour, archevêque de Bourges fait reconnaître comme la guérison de la voyante Estelle Faguette, en 1876. Si aucun procès en béatification de la voyante n'a été ouvert à ce jour.., Mgr Jérôme Beau, actuel archevêque est attentif à ce que représente Pellevoisin, aujourd'hui et demain : à sa proposition, les évêques de France réunis en assemblée ces 8 et se sont prononcés favorablement pour l’ouverture de la cause d'Estelle Faguette en vue d’une éventuelle béatification, avec deux autres Françaises, Anne Gabrielle Caron et Anne-Marie Antigo.
Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi ayant proposé récemment à Mgr Jérôme Beau de réactiver le "dossier" de la reconnaissance des apparitions, c'est actuellement cette question qui occupe le groupe de travail qui s'est constitué à la demande de l'archevêque de Bourges. Un livre biographique consacré à Estelle Faguette, aux apparitions et à leurs suites, est paru en . Son auteur, Sylvie Bernay, est membre de la Commission Théologique Pluridisciplinaire, chargée d'examiner le message et son rayonnement. À la suite de la remise du rapport de cette commission le , le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a rendu publique sa décision dans une lettre. adressée par le cardinal Fernandez à Mgr Beau le . Les apparitions de Pellevoisin obtiennent la plus haute forme de reconnaissance possible selon les nouvelles normes du .. Dans cette lettre, le cardinal affirme : .
Mise en place de la dévotion
Avant même la fin des apparitions, quelques personnes viennent se joindre à la voyante, après sa guérison, à ses temps de prière. Le , de La Tour d’Auvergne, archevêque de Bourges, autorise de placer une statue et de transformer la chambre d’Estelle en chapelle. Il autorise également à faire installer un ex-voto dans l'église du village, ainsi que de faire inscrire, au-dessus de la statue de Notre-Dame du Sacré-Cœur (déjà présente dans l'église de Pellevoisin), les paroles , transformant de facto la Vierge du Sacré-Cœur, en Vierge des apparitions. L'installation d'un couvent de dominicaines dans la , l'accueil de pèlerins et l'organisation de pèlerinages. contribuent à développer une dévotion à un niveau local. Le sanctuaire de Pellevoisin annonce que dès la première année des apparitions, un grand pèlerinage diocésain et même régional s'est rassemblé, presque chaque année, dans le sanctuaire..
La création en 1877 d'une , puis la mise au rang d'archiconfrérie de cette structure par le pape Léon XIII en 1894, ainsi que l'autorisation par le Vatican du scapulaire du Sacré-Cœur en 1900, vont étendre cette dévotion au pays et au reste du monde.
Description de la représentation vignette|Statue de la Vierge Marie, Notre Dame de Pellevoisin, portant le scapulaire. La représentation de la Vierge de Pellevoisin est proche de celle de la médaille miraculeuse, déjà connue depuis 30 ans à l'époque de l'apparition, et largement diffusée...
La voyante la décrit vêtu de blanc, les bras tendus (le long du corps vers le bas et légèrement écartés). Des mains tombent La voyante disait qu'elle voyait écrits dans les gouttes d'eau des mots tels que .... La Vierge est entourée d'une mandorle faite d'une guirlande de rosesJusqu'ici, cette représentation se rapproche beaucoup de celle de Notre-Dame de la Médaille-miraculeuse.. Elle porte le scapulaire du Sacré-Cœur sur la poitrine.. C'est cette représentation qui est reprise dans l'imagerie traditionnelle, avec autour de la tête de la Vierge, les mots , ou parfois, comme sur le scapulaire ..
Notoriété et influence religieuse
La statue de Notre-Dame de Pellevoisin présente dans le sanctuaire de Pellevoisin a été couronnée par l'évêque Jérôme Beau le à la suite de l'arrivée du ..
Le sanctuaire de Pellevoisin
Le sanctuaire de Pellevoisin est aménagé sur le site des apparitions dans la commune de Pellevoisin. Ce sanctuaire a été mis en place et s'est développé après les 15 apparitions mariales dont aurait été gratifiée Estelle Faguette en 1876. Dès cette année, après la , Monseigneur Charles-Amable de La Tour d'Auvergne-Lauraguais, archevêque de Bourges, autorise l'installation d'un oratoire dans la chambre dite des apparitions, pour une dévotion privée. La maison, située dans le village, appartient en effet au comte Arthur de La Rochefoucauld-Montbel, branche de la prestigieuse Maison de La Rochefoucauld. Madame la comtesse s'investira sans compter dans la création du sanctuaire et du développement des premiers pèlerinages ; on lui doit l'installation du couvent des sœurs contemplatives dominicaines dès 1893, qui resteront à Pellevoisin jusqu'à l’installation de sœurs de la Communauté Saint-Jean en par Mgr Pierre Plateau, archevêque de Bourges.
Plusieurs enquêtes canoniques sont lancées, mais les processus ne seront jamais menés à terme, ni conclus. Les apparitions ne sont donc pas reconnues officiellement (canoniquement) par l’Église catholique. Néanmoins, le lieu de culte se développe, avec l'autorisation et le soutien de divers évêques et grâce la communauté religieuse installée sur le lieu afin d'assurer l'accompagnement des pèlerins qui se rendent sur place. Des pèlerinages sont régulièrement organisés depuis les premières années suivant les apparitions, et encore aujourd'hui, avec un soutien du diocèse, et malgré une absence de reconnaissance ..
Un colloque s'est tenu à Pellevoisin en 2016, à l'occasion du anniversaire des "apparitions". Présidé par Jean-Louis Bruguès, dominicain, bibliothécaire et archiviste de la Bibliothèque apostolique vaticane, les actes en ont été publiés en 2017, qui permettent de remettre en perspective historique les "événements" de Pellevoisin et de les relire au regard du contexte social, politique et religieux, très tendu en cette fin du XIX siècle entre l'Église catholique et la Troisième République ; tensions qui aboutiront à la Loi de séparation des Églises et de l'État de 1905 . Entre 1876 et aujourd'hui, la position des archevêques de Bourges, successivement approbative, expectative, opposée ou prudente explique la non-reconnaissance autant que la non-clôture du dossier, dans un sens comme dans l'autre. Une nouvelle phase s'ouvre désormais pour le sanctuaire, Estelle Faguette et les apparitions depuis la décision romaine du . vignette|Chœur de la "nouvelle chapelle" du sanctuaire Notre-Dame de miséricorde de Pellevoisin. La "chambre des apparitions", ici à gauche, a été conservée "en l'état". Un plafond flottant a permis de supprimer les poteaux en fonte qui soutenait l'ancien. Le chœur, réorienté au Sud, a été gagné sur la galerie du cloître, avec l'intégration d'une de ses arcades, pourvue d'une vitrail d'une seule pièce. La chapelle, rénovée et agrandie "in situe" a été dédicacée le par le nouvel évêque de Bourges, Mgr Sylvain Bataille.
Scapulaire du Sacré-Cœur thumb|200px|Détail du scapulaire du Sacré-Cœur. Le scapulaire du Sacré-Cœur de Pellevoisin est celui à avoir été officiellement reconnu par Rome, et, qui plus est, rapidement : Estelle Faguette sera reçue deux fois en audience privée par Léon XIII, les et et le pape se montrera favorable : le scapulaire sera alors approuvé. Sa diffusion sera autorisée à Rome, à la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre et à Paray-le-Monial et, enfin, au sanctuaire de Pellevoisin, après de nombreuses péripéties.
Toutefois, là encore, le contexte politique et religieux de la France entre 1870 et 1914 ne se révélera pas favorable à Pellevoisin, "tenu" par une famille aristocratique catholique et monarchiste. La basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, édifiée à la suite du "vœu national" par les partis conservateurs au lendemain de la guerre franco-allemande de 1870 entraînera à l'intérieur même de l’Église tensions et rivalités, tant politiques que religieuses autour de l'autorisation d'apposition du scapulaire.
Sa diffusion échappera ainsi à Pellevoisin de 1900 à 1922, son apposition ne pouvant être faite qu'en trois endroits : Rome, la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre et la basilique du Sacré-Cœur de Paray-le-Monial, forte de l'antériorité de son histoire autour de la dévotion du Sacré-Cœur initiée par sainte Marguerite-Marie Alacoque au XVII siècle.
Estelle Faguette a été de nouveau reçue en audience privée par Pie X en . Pellevoisin a été autorisé à apposer le scapulaire de Notre Dame de Pellevoisin le ; sans pour autant que les apparitions soient reconnues. Si la dévotion au Sacré-Cœur remonte à Marguerite-Marie Alacoque, qui l'avait déjà promue au , la création du scapulaire, à la suite des apparitions de Pellevoisin, comme celle d'une confrérie a été vue comme étant et a pu être autorisée par l’Église catholique avant toute décision sur l'authenticité ou non des apparitions mariales. La mise en place de ce scapulaire . mais pas à Pellevoisin. Le scapulaire, approuvé officiellement par la Congrégation des Rites le , subit deux légères modifications demandées par la congrégation vaticane : sur le dessin de la Vierge, qui elle-même portait ce scapulaire, le scapulaire lui est retiré - le rappel historique sommaire permet d'en comprendre les raisons. le texte placé sur le scapulaire est remplacé par
Églises consacrées à Notre-Dame de Pellevoisin Plusieurs églises en France et dans le monde sont consacrées à Notre-Dame de Pellevoisin : l'église de Flines-lez-Raches dans le Nord. l'église Notre-Dame-de-Pellevoisin de Lille. une chapelle (entrée du côté de la place du Présidial) dans la basilique Saint-Michel-des-Lions de Limoges.
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie Récits et biographies