thumb|Un mermecolion. Illustration du . Le mermecolion, également appelé fourmi myrmidon, formicoleon ou myrmécoléo est une créature chimérique possédant la tête d’un lion et le corps d’une fourmi. Évoqué d'après une interprétation de la Septante, traduction grecque de la Bible, il a donné naissance à une série de descriptions dans les bestiaires médiévaux. Ces ouvrages expliquent que la partie lion de son corps mange de la viande que la fourmi ne peut digérer, et condamne cet étrange hybride à mourir de faim.
Description Le mot « mermecolion » et ses différentes variations viendraient d'une mauvaise traduction de la Septante : le mot signifiant lion en hébreu aurait été retranscrit en un autre mot suggérant une fourmi-lion.. Ce mot inhabituel et anormal forgea le mot , sans doute en s'appuyant sur les écrits d'Élien et Strabon, qui évoquent un lion arabique sous le nom de myrmex, signifiant en grec ancienCela dit, le nom grec de myrmex n'a pas toujours désigné un animal de petite taille. Hérodote l'utilise par exemple pour parler des fourmis chercheuses d'or, dans le livre de ses Histoires, chapitre CII. Cet animal indéterminé, dont la taille se situe entre celle d'un renard et d'un chien, n'est ni tout à fait fourmi, ni tout à fait un autre. Un peu comme le mermecolion..
D'autres traductions postérieures de la Bible traduisent ce passage par
Différentes versions de l'animal existent, en effet, l'interprétation du mot fourmi-lion peut laisser suggérer que le mermecolion est un hybride de lion et de fourmi ou un prédateur des fourmisLa fourmi-lion est par ailleurs un animal réel qui chasse les fourmis.. Le mermecolion est décrit dans les premières versions du Physiologus comme un être hybride possédant la tête d’un lion et le corps d’une fourmi, et serait issu d’un croisement entre ces deux animaux..
Gervais de Tilbury ajoute que le mermecolion naît sur une île de la mer Rouge. Ces fourmis myrmidons sont de la taille d’un petit chien, elles ont le corps et les dents noires, six pattes avec le milieu du corps comme celui d’une langouste. Chercheuses d’or, elles dévorent quiconque s’approche à leur portée et « sont si rapides qu’elles semblent voler » . Dans un livre du , Bestiario de Javier Tomeo, le narrateur converse avec une fourmi rousse et fait allusion au mermécolion décrit par Gervais de TilburyHistoires naturelles de Javier Tomeo (Bestiario 1988; Traduction Denise Laroutis, Collection Ibériques, José Corti, 1993 :
Présence dans la littérature
Hérodote, puis Pline l’ancien reprennent la description de cette créature.
Enfin, un manuscrit du , le récit des voyages de Gervais de Tilbury puis le Bestiaire divin de Guillaume le Clerc de Normandie viennent s’ajouter aux rares écrits décrivant le mermecolion.
Pline l'Ancien, dans son Histoire naturelle, relate ses observations : Le Physiologus, parmi d'autres ouvrages, se sert de cet animal comme allégorie des indécis et des hypocrites : Gustave Flaubert évoque cet animal dans septième partie de son poème La Tentation de saint AntoineLa Tentation de saint Antoine – Éd. L. Conard (1910)/La Tentation de saint Antoine/VII :
Notes et références Notes
Références
Annexes Articles connexes Myrmidons
Bibliographie
Liens externes Ant-Lion sur Medieval Bestiary The Antlion Pit: A Doodlebug Anthology
Catégorie:Chimère (créature imaginaire) Catégorie:Fourmi légendaire Catégorie:Créature fantastique des bestiaires médiévaux