thumb|right|Cachanga do Malandro|alt=Cachanga do Malandro
La est une danse de couple, née à Rio de Janeiro, et classée dans les danses de salon brésiliennes. Elle est principalement dansée sur des musiques de samba, bossa nova et MPB (Música Popular Brasileira), et comme telle fondée sur une mesure à deux temps. Elle a emprunté son nom aux , des lieux de danse où les couches populaires brésiliennes pratiquaient les danses de couples ou danses de salon, au début du .
Histoire
Les origines du mot « Samba » semblent ne pas être encore clairement établies. Une étude visant à établir les origines de la Samba a été demandée en 2007 par le ministre de la culture Brésilienne Gilberto Gil.
A Rio de Janeiro, la Samba trouve ses racines dans le Batuque d'origine africaine d'Angola et du Kongo. Le batuque était associé à différentes danses appelées Xiba à Rio de Janeiro, Cateretê dans le Minas Gerais et Fandango dans le Sud. Après l'abolition de l'esclavage, à la fin du , la samba a pris une nouvelle forme dans le nouveau quartier Praça Onze de Rio de Janeiro. Avec la présence des Pixinguinha et Donga et de la très forte influence du Maxixe, est apparue une Samba dansée non plus seul, mais à deux, qui mélangeait le Maxixe et d'autres danses Européennes, la .
Depuis le début du , le terme désigne les salons de bal des quartiers populaires de Rio de Janeiro. vient du mot français gaffe, en rapport aux gaffes que certains voyaient dans la façon de danser. Au fil du temps, la musique jouée dans ces salons a subi une large variété d'influences musicales, incluant les rythmes de la Samba afro-brésilienne, le Choro, le tango argentin et les big bands des USA. À cette époque, la structure sociale de Rio de Janeiro était basée principalement sur des critères économiques et raciaux. Dans les , à partir des années 1930, commençaient à s'effectuer un brassage où la musique effaçait ces différences. Les imposaient des règlements avec des codes vestimentaires et de comportements. À cette époque, les orchestres des qui étaient composés à l'origine de guitare, cavaquinho, flûte et pandeiro, intégrèrent de nouveaux instruments : trombone, trompette, basse, cymbales et piano. Un véritable style musical s'est alors formé dans ces qui est désigné maintenant par ce terme. Quant à la danse appelée (à tort selon Marco Antonio Perna) également , elle est un mélange de tango argentin, habanera, lundu, polka, xótis, maxixe et batuque. Il est aussi appelé en dehors du Brésil tango brésilien pour ses ressemblances parfois évidentes avec ce genre. Le maxixe et le lundu qui ont inspiré la façon contemporaine de danser sont à l’origine des mouvements de rotations entrainés par la hanche de l’homme collée contre celle de la femme. Ces mouvements qualifiés à l'époque de scandaleux, correspondent à la façon africaine d’inviter d’autres personnes dans la ronde () appelée l' (du mot portugais signifiant « nombril »), une invitation à la danse qui consistait à se frotter nombril contre nombril.
La samba de gafieira aujourd'hui La samba de gafieira est principalement présente à Rio de Janeiro, très riche en bals, professeurs, académies et compagnies de danse et danseurs époustouflants. Elle continue d'évoluer dans les bals et aussi dans les Académies de danse, accompagnées par de merveilleuses musiques jouées par des DJs (souvent professeurs) ou des Orchestres live. On la trouve aussi en Amérique du Nord, en Europe, au Japon et en Australie.
En France, la samba de gafieira et sa musique sont encore peu connues et peu diffusées. Les opportunités de danser la samba de gafieira sont limitées mais se développent, contrairement aux autres danses latines (Salsa, Tango Argentin, Forró, …).
Plusieurs écoles et associations se sont ouvertes à Paris et à Lyon et des soirées sont régulièrement organisées.
Caractéristiques La samba de gafieira est dansée sur des musiques binaires ou quaternaires, de samba, bossa nova et MPB d'environ 60 à 120bpm (battements par minute). On peut entendre une caractéristique rythmique de ces musiques qui est la division du en 2 ½ temps, du fait que le temps, temps faible, est ici marqué (tchik-tchik boum, le boum étant sur le second temps). Une des difficultés de la samba de gafieira est que ces ½ temps et second temps (on parle alors de contretemps) sont marqués ou pas en fonction des pas et/ou de l'interprétation musicale. La samba de gafieira est dansée en couple, de manière fermée, c'est-à-dire que les bustes de partenaires sont généralement tenus proches par le bras droit du cavalier. Le cavalier a la responsabilité du guidage et de l'interprétation musicale, sa partenaire a assez peu de liberté dans le choix des pas. C'est une danse technique, codifiée mais non chorégraphiée, dynamique, élégante et harmonieuse où l'interprétation musicale a une place importante. Elle nécessite un apprentissage. La posture des danseurs est précise afin de faciliter les guidage, positionnement et équilibre, et de contribuer à l'esthétique du couple. Une autre caractéristique importante est à l'instar du tango argentin, la dissociation très présente du buste et du bassin dans de nombreux mouvements.
On compte une centaine de pas appartenant à différentes catégories : marche (caminhada), rotations (assalto), tours (giro), portés (cadeirinha), cambrés, marqués sur place (trança), etc.
La samba de gafieira intègre aussi ce que les Brésiliens appellent la Malandragem, et qui désigne les attitudes théâtrales dans lesquelles l'homme s'affiche à la fois séducteur et madré. On peut citer en exemple les révérences du "Malandro" destinées à sa partenaire. En samba de gafieira, l'homme doit permettre à la femme de briller par sa danse tout en lui offrant une danse sécurisante et confortable.
Personnalités de la samba de gafieira Elles sont toutes brésiliennes et en général de Rio de Janeiro, voici une liste non exhaustive des plus connues :
Jaime Aroxa, a formé un grand nombre de professeurs de danse, est à la tête de plusieurs académies de danse majeures au Brésil Maria Antonieta, grande dame de la danse à Rio et plus ancien professeur Carlinhos de Jesus, fondateur d'une académie de danse majeur à Rio, copropriétaire de la gafieira Lapa 40° Graus João Carlos Ramos, chorégraphe de la Cia Aerea de Dança, Rio de Janeiro, créateur du concept "Samba-Dança" Jimmy de Oliveira, fondateur d'une académie de danse, créateur du style éponyme, a formé un grand nombre de personnalités de la samba de gafieira Marcello Chocolate et Sheila Aquino, fondateurs de leur académie de danse Carlos Bolacha, DJ et propriétaire de la gafieira "Cachanga do Malandro" à Rio de Janeiro Wellington Lopes "Jack", danseur atypique époustouflant, spécialiste des acrobaties ("Pegadas") et de "strip show"
Et aussi… Anderson Mendes et Vanessa Jardim (São Paulo) Marcello Amorim et Anna Elisa (Brasilia) Patrick Carvalho et Kelly Reis Fabiano Vivas et Juliana Espíndola Léo Fortes et Robertinha Suelen Violante Deividi Bosco Paulinha Leal Kadu Pires et Larissa Thayane (Australie) Alexandre Silva Iara Cassano, auteur du mémoire "Passos e Passado no samba de gafieira" (Pas et Passé dans la samba de gafieira) Vinicius Villiger et Flavia Teixera (Rio de Janeiro) Josenyr Silveira
Les styles La samba de gafieira est une danse vivante, elle connait ses modes, évolutions et styles. Les Cariocas affirment qu’on ne la danse pas de la même manière dans les zones sud et nord de Rio de Janeiro.
On distingue principalement la samba de gafieira traditionnelle et moderne. Jimmy de Oliveira est à l'origine de la samba de gafieira moderne, plutôt dansée sur des musiques contenant de nombreux "break" (coupures) comme du samba-funk et aujourd'hui du R&B. Ce style, désigné par "Samba Funkeado", très énergique, qui exige une excellente maîtrise de la samba de gafieira traditionnelle, est parfois critiqué parce que la femme peut sembler être malmenée et perdre son rôle central et par son éloignement de plus en plus prononcé de la culture des gafieiras et du samba de gafieira traditionnel Cariocas vers la culture R&B des USA (attitudes, musique, gestuelle).
David Bosco, disciple de Jimmy de Oliveira, surfeur et danseur inspiré, a créé en 2008 la Samsurf (Samba-Surf), un nouveau style qui introduit une nouvelle dimension dans la samba de gafieira moderne de Jimmy de Oliveira. Ce style intègre beaucoup d'expression corporelle avec des mouvements inspirés du Surf. David Bosco a également intégré l'utilisation de basquettes à roulettes dans sa danse. Ce style est bien adapté à la Soul Music et au R&B. Il est installé à Barcelone (Espagne) depuis 2011.
Apprentissage L'apprentissage de la samba de gafieira est relativement difficile à cause de sa complexité et de sa faible diffusion en dehors du Brésil. Plusieurs dizaines d'heures de cours associés à des pratiques régulières seront nécessaires à un débutant pour achever son processus d'acquisition de cette danse. L'apprentissage sera moins complexe et plus rapide pour les femmes. Cependant, les danseurs débutants trouveront rapidement du plaisir en dansant la samba de gafieira.
Technique de la danse Généralités En samba de gafieira, plusieurs tâches incombent au cavalier: guidage, interprétation musicale/choix des pas, gestion de l'espace et des autres danseurs. La principale tâche de la femme est d'aider son cavalier. La femme doit être attentive à son cavalier, reconnaître et exécuter les pas qu'il propose. Elle peut parfois prendre part dans l'interprétation musicale. Elle participe aussi à la gestion de l'espace en prévenant son cavalier des risques de collisions avec les autres danseurs.
Dans le cadre de sa mesure à deux temps, le pas est dansé sur les temps et demi-temps, marqués selon un mode vite-vite-lent : et demi-temps du premier temps marqués chacun 1 fois, marqué 1 fois et ainsi de suite (ou lent-lent: 1er temps et second temps marqués simplement). Tout le charme et l'originalité de la danse vient de ce second temps marqué, second temps qui dans toute mesure à deux temps, constitue un temps faible: on se pose donc souvent sur le contretemps, ce qui apporte à la fois sophistication et décontraction à la danse. On ne retrouve pas ce caractère dans les autres danses latines pratiquées en particulier (Tango, différentes Salsa (sur le 1 et new york style on2), et Forró) et dans les danses de salon en général (sauf peut-être bien-sûr dans la samba de salon européenne, mais dans un esprit tout à fait différent), ce qui contribue à la grande singularité de cette danse.
Chaque personne s'approprie la danse de façon unique en fonction de ses sensibilités, aptitudes, morphologie, expériences et goûts, mais on peut esquisser des traits généraux, qui ne tiennent pas compte de la liberté d'expression et d'interprétation :
Posture L'homme se place en face et proche de sa partenaire. Il place son avant-bras droit au niveau des omoplates de sa partenaire pour obtenir une bonne surface de contact par laquelle sera transmise la conduite du bras droit. La femme pose sa main droite sur la main gauche qui lui est présentée à hauteur intermédiaire entre les épaules de l'homme et de la femme puis ces mains se serrent suffisamment pour transmettre et sentir des diverses forces. Les avant-bras ainsi reliés forment un triangle. Le bras gauche de l'homme sera le plus stable possible. Les bras ne sont pas allongés ni complètement pliés. . La femme pose sa main gauche sur l'omoplate de son cavalier et la fera circuler sur les épaules du danseur en fonction de l'éloignement demandé. Les bustes sont face à face, les épaules forment un rectangle, les nombrils sont "reliés" par une droite imaginaire perpendiculaire aux bassins. Les bustes resteront ainsi "connectés". Un bon gainage permettra à la femme d'avoir la tonicité suffisante pour répondre au guidage les plus dynamiques et conserver sa posture.