Madame Beccari, Beccary ou Becary, parfois même Madame de B*** G*** ou Adams, est une femme (?) de lettres du siècle des Lumières, peut-être d'origine italienne et d'expression française, de nom et de prénom inconnusRoland Mortier et Hervé Hasquin (dir.), Portraits de femmes, Université libre de Bruxelles, Groupe d'étude du , 2000, p. 15.. Dans la première édition de Milord d'Ambi, à la page de titre, le lecteur apprend néanmoins que l'Auteur résiderait à la "rue Royale, place de Louis XV, maison de M. Leucotte"Blanche Nègre, Valérie, Jacques Raymond Lucotte : architecte, serrurier ou mécanicien ? » dans Chalgrin (1739-1811), architectes et architectures de l’Ancien régime à l’Empire, Paris, Annales du Centre Ledoux, tome IX, 2016, p. 125- 139., ingénieur, professeur, graveur, éditeur, entre autres, qui a collaboré à la rédaction de l'Encyclopédie.
Le pseudonyme Beccari pourrait également provenir du nom de famille italien Beccaria illustré par Cesare Beccaria dont le fameux Traité des délits et des peines a été traduit en français en 1765 et publié à Yverdon. Sa femme, qu'il épousa en 1761 contre la volonté de son père, se nommait Teresa di Blasco Beccaria (1745-1774). Dès 1766, le couple résidait à Paris.
Il se peut enfin que ce nom de famille soit un jeu de mots : "Bec (Becque) a ri". À l'heure actuelle, il est impossible de savoir qui se cache derrière ce pseudonyme.
Biographie Selon FréronElie-Catherine Fréron, L'Année littéraire, ou Suite des lettres sur quelques écrits de ce temps, Chez Mérigot, le jeune, Paris, 1781, p. 51., Madame Beccari est l'auteur de plusieurs romans épistolaires à la manière de Samuel Richardson, prétendument traduits de l'anglaisAu sujet des Lettres de milady Bedford, traduites de l'anglais, le catalogue de la British Library ajoute : « ou plus exactement, écrites par elle » (« or rather, written by her »).. D'Aquin de Château-Lyon, dans L'Almanach littéraire de 1782, résume ainsi l'intrigue des Mémoires de Fanny Spingler, son roman le plus connu :
Ce roman fut largement diffusé, commenté et traduit. Antoine Rivarol le trouvait « plein d'une morale vraie, usuelle, & sans exagérationAntoine Rivarol, Le Petit Almanach de nos grandes femmes, accompagné de quelques prédictions pour l'année 1789, Londres, 1789, p. 25. ». Et un critique littéraire suisse du écrivait : « Ce n'est pas un des chefs-d'œuvre du génie. Je ne le placerai pas dans ma bibliothèque à côté de Grandison, de Clarice, de Julie & de Werther. Mais c'est un bon romanJournal helvétique, ou Annales littéraires et politiques de l'Europe et principalement de la Suisse, Neuchâtel, mai 1781, p. 22.. »
D'après Emily A. CrosbyEmily A. Crosby, Une romancière oubliée, Mme Riccoboni : sa vie, ses œuvres, sa place dans la littérature anglaise et française du XVIIIe siècle, F. Rieder, Paris, 1924, p. 159 ; Genève, Slatkine Reprints, 1970., Beccary se réclamait de Jean-Jacques Rousseau et sut tirer profit des romans de de Riccoboni pour écrire les siens. Enfin, selon Eva Martin Sartori, les romans de Beccary sont des contes moraux au plus haut degré. Elle "exulte dans la sentimentalité résolument vertueuse de ses héroïnes sans questionner ni décrier le double standard sexuel de son temps, au contraire de Mme Riccoboni par exemple. La plupart des protagonistes féminins de Mme Beccary triomphent à la fin, comme dans les Lettres de Milady Bedford (1769), les Mémoires de Lucie d’Olbery (1770) et Milord d’Ambi (1778), même si dans son dernier ouvrage, les Mémoires de Fanny Spingler (1781), Beccary demontre que la vertu n'est pas toujours récompensée"Eva Martin Sartori, The Feminist Encyclopedia of French Literature, 1999, p. 44..
Œuvres Lettres de Milady Bedfort, traduites de l'anglois, par Madame de B... G..., Chez de Hansy le jeune, Paris, 1769. Mémoires de Lucie d'Olbery, traduits de l'anglois, par Madame de B*** G***, Chez de Hansy le jeune, Paris, 1770, 2 vol. Texte en ligne 1 Milord d'Ambi, Histoire angloise, par Madame Beccary, Auteur des Lettres de Lucie d'Olbery, Chez Gauguery, Paris, 1778, 2 vol. in-12 (rééd. Bastien, Paris, 1781, 2 vol. in-12). Mémoires de Fanny Spingler, Histoire Angloise, par Madame Beccary'', de la Société typographique, Neuchâtel, 1780, 2 vol. in-12 (rééd. chez Knapen, en bas du pont Saint-Michel, Paris, 1781, 2 vol. in-12, 3 livres). Texte en ligne 1 2
Notes et références
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