Amqui () est une ville canadienne au Québec, chef-lieu de la MRC de La Matapédia, dans la région administrative du Bas-Saint-Laurent et dans la région touristique de la Gaspésie.
Toponymie
Le mot micmac amqui, qui peut aussi être orthographié sous les formes humqui, unkoui et ankwi, a pour signification : « là où l'on s'amuse » ou « lieu d'amusement et de plaisir ».. Une hypothèse pour expliquer ce toponyme est le « jeu de l'eau » qui tourbillonne à la rencontre des rivières Humqui et Matapédia. Cependant, l'hypothèse la plus plausible semble moins métaphorique. En effet, Amqui était jadis un endroit où les Premières Nations se rassemblaient pour faire le pow wow, un rassemblement festif traditionnel et religieuxLa Matapédia. Lieu où l'eau s'amuse était la vraie signification Micmac. Puisque les rivières s'y croisent. Et cette symbolique servait aux peuples amérindiens, pour y faire leurs rencontres.
Histoire Chronologie Date Événement 1874 Construction de la première chapelle 1884 Érection de la mission catholique Saint-Benoît-Joseph-Labre 1885 Constitution de la municipalité scolaire d'Amqui Ouverture des registres paroissiaux Érection canonique de la paroisse Saint-Benoît-Joseph-Labre Constitution de la municipalité de paroisse d'Amqui 1904 Détachement de la municipalité de paroisse de Saint-Léon Scission de la municipalité de village d'Amqui de la municipalité de paroisse de Saint-Benoît-Joseph-Labre 1961 Changement de statut de la municipalité de village d'Amqui pour celui de ville Fusion de la ville d'Amqui et de la municipalité de paroisse de Saint-Benoît-Joseph-Labre pour former la ville d'Amqui
Développement de la région
vignette|gauche|Camp micmac, photographie de Paul-Émile Miot datant de 1857. vignette|Croix de chemin érigée en 1875 par Marcelline Brochu, épouse de Pierre Brochu, à Sayabec. La région est fréquentée avant le , puisque la nation amérindienne des Micmacs habitait déjà la vallée de la Matapédia à l'arrivée des premiers colons de descendance européenne. Des membres des Premières Nations sont demeurés présents autour d'Amqui jusqu'au . En 1694, la seigneurie du lac Madapequia fut concédée à Charles-Nicolas-Joseph D'Amours par le gouverneur de la Nouvelle-France, le comte de Frontenac.. Cependant, malgré les lois de l'époque, ce propriétaire ne vient ni habiter ni exploiter le territoire et ne cède pas officiellement la seigneurie.
C'est la construction du chemin Kempt, de 1830 à 1832, et du chemin Matapédia, de 1847 à 1862, qui permet la colonisation de la vallée de la Matapédia. Ensuite, le chemin de fer de l'Intercolonial, construit de 1870 à 1872, est un catalyseur important favorisant l'établissement de l'industrie forestière dans la vallée, . Le premier habitant de la vallée de la Matapédia, Pierre Brochu, s'installe à l'embouchure de la rivière Saint-Pierre à la pointe du lac Matapédia, où se situe, de nos jours, Sayabec, en 1833. Il occupait le poste le long du chemin Kempt pour dispenser des secours en cas de besoin et assurer l'hébergement des voyageurs et des postillons.. Jusqu'à ce qu'un autre gardien soit ajouté aux Fourches de Causapscal en 1839, il est le seul colon de la vallée de la Matapédia..
Développement de la ville Dès 1839, un Autochtone nommé Para avait construit une cabane où se situe, de nos jours, Amqui. Il s'y avait défriché une terre et est ainsi, sans doute, le premier défricheur d'Amqui. En 1847 ou 1848, un Écossais nommé Lowe ou Loof est nommé gardien du chemin Kempt à la décharge du lac Matapédia, c'est-à-dire à Amqui. Cependant, il n'y resta pas longtemps puisque, en 1848, le fils de Pierre Brochu, Marcel Brochu est nommé pour le remplacer.. Ainsi, Marcel Brochu, devient le premier habitant canadien-français du territoire d'Amqui lorsqu'il s'y défriche une terre située à environ de l'église actuelle.. Le , il se marie à Séraphine Saint-Laurent qui devient donc la première habitante d'Amqui. Ensemble, ils ont ..
Jusqu'à l'établissement du second colon en 1864, la famille de Marcel Brochu est la seule habitant la région d'Amqui. Le deuxième colon fut Thomas Fréchette qui avait travaillé à l'installation de la ligne télégraphique reliant la vallée de la Matapédia au reste du pays. Il s'installe à Amqui avec sa famille en 1864 pour servir de relais télégraphique et il se défriche une terre. Peu après, d'autres familles viennent s'y installer. Le chemin de fer dans la vallée de la Matapédia est construit de 1872 à 1875 et le premier train passe par Amqui le . En 1876, la population d'Amqui est estimée à . Le premier recensement est le rapport effectué par le missionnaire local pour l'évêque de Rimouski datant de 1884 qui indique une population de répartis en . Sur ces familles, 65 sont canadiennes-françaises, une est écossaise et deux sont anglaises. La grande majorité est catholique et une trentaine de personnes sont protestantes. À cette époque, plus de 90 % des familles sont des cultivateurs. En 1885, la municipalité scolaire d'Amqui fut érigée. Deux ans plus tard, la première école, connue sous le nom de « Petite école », fut construite.. Le rapport du curé de 1887 a dénombré une population de . De plus, le rapport citait qu'il y avait et que toutes les familles étaient d'expression française, à l'exception de trois qui étaient anglaises. Le , l'évêque de Rimouski, Jean Langevin, cède un terrain appartenant à l'évêché adjacent à l'église pour la construction d'une école. Lors de l'érection canonique de la paroisse en 1889, Amqui avait une population de ..
Le , la municipalité de paroisse d'Amqui est officiellement créée en suivant les mêmes délimitations de la paroisse catholique érigée l'année précédente couvrant une superficie de . Ce territoire est en partie situé dans la seigneurie du lac Matapédia et en partie dans les cantons de Lepage, d'Humqui et de Nemtayé. Au cours de la décennie suivante, la population d'Amqui triple, passant de en 1890 à en 1900. Cette croissance démographique s'explique à la fois par le haut taux de natalité et par l'arrivée de nouvelles familles. Une arrivée de familles importante se déroule en 1896 et 1897 avec familles en deux dont acadiennes.. En 1900, environ 68 % des familles sont des cultivateurs..
En 1904, le bâtiment de la gare d'Amqui actuel fut construit par le chemin de fer Intercolonial.. La même année, la paroisse de Saint-Léon fut créée par détachement de celle d'Amqui, faisant ainsi baisser la population de plus de .. De plus, au début des années 1900, des départs massifs vers les États-Unis firent également baisser la population d'Amqui. Le , la municipalité de village d'Amqui se détacha de la municipalité de paroisse de Saint-Benoît-Joseph-Labre. À ce moment, la population d'Amqui est de , soit de moins que quatre ans plus tôt. vignette|gauche|Amqui en 1943. Le , la Compagnie électrique d'Amqui est fondée surtout grâce aux efforts de Jules-André Brillant qui fut son premier secrétaire-gérant et qui devient son directeur deux ans plus tard.. Un des effets le plus bénéfiques de la création de cette compagnie, c'est qu'elle permet d'établir un moulin à farine. En effet, jusque-là, les cultivateurs d'Amqui devaient se rendre soit à Saint-Luce à l'ouest soit à Petit-Rocher à l'est s'ils voulaient faire moudre leurs grains. Ainsi, même les cultivateurs de blé achetaient leur farine au lieu de la produire.. En 1911, la population d'Amqui était de répartis en . La population était surtout agricole puisque vivaient sur des terres. En 1917, deux municipalités scolaires furent établies. En 1918, la population atteignit répartis en dont 260 cultivaient la terre. En 1921, plus de du territoire d'Amqui servaient pour les cultures, majoritairement pour le foin et pour l'avoine, mais aussi pour le blé, les pommes de terre et l'orge. Cette année-là, la première école de garçons, appelée l'« Académie », fut construite.
En 1923, la population était de . Cette année-là marqua le sommet du nombre de familles cultivatrices avec . Néanmoins, l'agriculture étaient considérée comme une nécessité servant à nourrir l'exploitant ; pour faire de l'argent, on exploitait plutôt le bois. En 1924, la paroisse de Saint-Tharcisius se détache d'Amqui, amenant, par le fait même, la population de la ville à .
En 1948, l'École Normale fut construite, puis, en 1956, le Collège Saint-Benoît. En 1961, Amqui obtint le statut de ville. La même année, les deux municipalités scolaires furent fusionnées. L'année suivante, l'école secondaire Sainte-Ursule fut établie. En 1969, l'école polyvalente Armand St-Onge fut construite.
En , la ville d'Amqui actuelle fut créée par la fusion de l'ancienne ville d'Amqui et la municipalité de la paroisse de Saint-Benoît-Joseph-Labre.
Histoire de la paroisse
vignette|droite|Église Saint-Benoît-Joseph-Labre d'Amqui. À partir du milieu du , les curés des paroisses de Saint-Luce, de Sainte-Flavie, de Saint-Octave et de Saint-Moïse servaient de missionnaires pour desservir les habitants de la vallée de la Matapédia. Avant 1874, le territoire d'Amqui et de Saint-Edmond (Lac-au-Saumon) ne formaient qu'une seule mission appelée Saint-Edmond. La première chapelle a été construite en 1874 à la suite d'un décret l'autorisant promulgué par l'évêque le .. Elle était située à de l'église actuelle en direction de Matapédia. Avant cela, les sépultures avaient lieu à Saint-Moïse qui est la première paroisse de la vallée..
L'accroissement de la population a rendu la chapelle trop petite. Au lieu de l’agrandir, les résidents ont plutôt envoyé une requête à l'évêché pour la construction d'une nouvelle chapelle à Amqui même qui fut acceptée le par Jean Langevin, le premier évêque du diocèse de Rimouski. Par la même occasion, ce dernier nomma cette nouvelle mission Saint-Benoît-Joseph-Labre, en l'honneur de Benoît-Joseph-Labre qui venait d'être récemment canonisé par le pape Pie IX. Celle-ci fut construite en 1884 et la première messe y fut célébré le de cette année-là par le curé de Saint-Moïse, Pierre Brillant, qui était également le missionnaire de Saint-Benoît-Joseph-Labre. D'octobre à , la mission fut confiée à Cajétan Bérubé. Il fut remplacé par Philémon Côté qui fut nommé curé résident à la mission d'Amqui, mais également chargé des missions de Saint-Edmond de Lac-au-Saumon, de Saint-Jacques Causapscal, d'Asstmeuquaghan, de Saint-Ambroise de Millstream (Québec) et de Saint-Laurent de Matapédia. Les registres paroissiaux sont ouverts depuis le ..
Le , la mission a été érigée canoniquement en paroisse par un décret de Jean Langevin. Philémon Côté devint ainsi le premier curé de la paroisse tout en continuant d'être chargé des autres missions de la région.. Le , la paroisse est érigée civilement. La même année, un presbytère fut construit et Léon D'Auteuil prit la relève en tant que curé de la paroisse d'Amqui et occupa cette fonction pendant . Le , une cloche fut bénite par André-Albert Blais pour l'église. En 1897, l'église et la sacristie attenante ont été agrandies. En 1908, Nazaire Caron succéda à Léon D'Auteuil en tant curé et occupa cette fonction pendant . De 1917 à 1922, une nouvelle église et un nouveau presbytère ont été construits. La nouvelle église fut bénie solennellement le .
En 1946, les Ursulines s'établirent à Amqui. De 1951 à 1952, un nouveau presbytère fut construit. En 1962, Amqui est l'hôte du Congrès eucharistique diocésain qui a réuni des milliers de personnes provenant de différentes. En 1972, un nouveau cimetière fut érigé à l'extérieur des limites de la ville. Le , l'église est détruite par le feu et fut reconstruite la même année.
+ Liste des prêtres de Saint-Joseph-Labre Nom DatesCajétan Bérubé1886Philémon Côté1887-1890Léon d'Auteuil1890-1908Nazaire Caron1908-1949Émile Côté1949-1955Fortunat Gagnon1955-1966Georges Côté1966-1970François Gagnon1970-1980Gérald Roy1980-1987Paul-Émile Labrie1987-1996Hermel Lahaie1996-1997Benoît Caron1997-1999Norman Lamarre1999-2002
Attaque à la voiture-bélier du 13 mars 2023