Le Léman Express, abrégé en LEX., ou le Réseau express régional (RER) franco-valdo-genevois est un réseau au gabarit ferroviaire de transport en commun qui dessert Genève et son agglomération transfrontalière. Constitué de sept lignes, il dessert pour de voies. Du fait de sa situation transfrontalière, à cheval sur la Suisse et la France, ce réseau est coordonné par Lémanis, une filiale commune aux deux exploitants, les CFF et la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), qui est aussi chargée de sa promotion. Depuis le la ligne 4 du réseau circule désormais 24/24 et 7/7 entre Coppet et Annemasse.

La partie centrale du réseau est constituée par le CEVA (« Cornavin - Eaux-Vives - Annemasse »), la ligne de reliant Genève à Annemasse en grande partie souterraine et dont la construction a débuté en pour une inauguration prévue en même temps que la totalité du réseau, soit le , bien que les premiers aménagements de l'offre soient mis en place dès le sur les lignes existantes et que la mise en service commerciale partielle du réseau ait lieu dès le . La mise en service complète du Léman Express est tributaire des retards pris sur la construction de la ligne. Le réseau s'étend sur un périmètre international recouvrant les cantons suisses de Genève et de Vaud, ainsi que les départements français de l'Ain et de la Haute-Savoie.

Histoire Contexte vignette|gauche|Bouchon à la douane de Bardonnex (ici en direction de Genève), principal point de passage routier entre la Haute-Savoie et la Suisse.

Le Léman Express naît d'une problématique majeure du Grand Genève : les déplacements transfrontaliers. En 2015, seuls 16 % des transfrontaliers quotidiens s'effectuent en transports en commun, faute d'une offre efficace et cohérente des deux côtés de la frontière. L’emploi de la voiture par une grande majorité de frontaliers provoque une saturation du réseau routier aux heures de pointe..

Rhône Express Régional vignette|gauche|Bem 550 à la gare de Genève-Cornavin en 2006.

Lancée en 1994, le Rhône Express Régional, classée comme un train Regio (R), relie la gare de Genève-Cornavin à celles de La Plaine et de Bellegarde via la Ligne de Châtelaine (bif) à la frontière vers Bellegarde à l'aide d'automotrices bi-modes CFF Bem 550 construites par les Ateliers de constructions mécaniques de Vevey en 1994 (et similaires aux rames de la ligne M1 du métro de Lausanne) Jean-Philippe Coppex, Die Geschichte des Rhône Express Régional RER, zweisprachig deutsch/französisch, in: Tram Nr. 94, 2008, . Elles arborent une livrée spécifique avec un sigle RER stylisé et remplacent les BDe 4/4 II en service depuis l'électrification de la ligne dans les années 1950..

Initialement en terminus à La Plaine, la ligne RER est prolongée en France jusqu'à Bellegarde-sur-Valserine le Schweizer Eisenbahn-Revue 11/2001: Im "Tram" über die französische Grenze.. En 2007, les Bem 550 doivent subir une révision mi-vie et sont partiellement remplacées par des Rames inox omnibus (RIO) tractées par des BB 25500, louées à la SNCF.. En 2009, les RIO sont remplacées par trois RABe 524 renommées temporairement « FLIRT Genève »Feuille d'Avis officielle de Genève, le 23 septembre 2009 pour éviter la confusion avec la série initiale RABe 524 de TiLo et modifiées de façon à être aptes à rouler sous 1500 V par l'adjonction du système RSO Christophe Keseljevic, Der Abschied vom 1500-V-Gleichstromsystem in Genf, in "Schweizer Eisenbahn-Revue" n. 12 (2013), p. 652 Mathias Rellstab, Tessiner Flirt-Züge auf Genfer Gleichstromstrecke, in "Schweizer Eisenbahn-Revue" n. 10 (2009), p. 536. Ces trois rames sont restées en service jusqu'en 2014, en assurant la desserte jusqu'à La Plaine, les cinq rames Bem 550 assuraient la desserte jusqu'à Bellegarde.

Lors de la modernisation de la ligne en 2014, l'électrification en est abandonnée au profit du - , et les CFF Bem 550, incompatibles avec la nouvelle tension, et les 3 FLIRT Genève sont remplacés par des Stadler FLIRT de type RABe 522 et — pour certaines relations — des RBDe 562 « Colibri » ; les RABe 524 ont été modifiés pour retrouver leurs spécifications originelles et sont retournés sur leurs lignes tessinoises, tandis que les Bem 550 ont été radiées et déconstruites par la suite car elles étaient devenues inutiles et ne trouvaient pas d'acheteurs.

L'appellation Rhône Express Régional semble alors avoir été abandonnée au profit de la seule appellation Regio (R). Seuls les Transports publics genevois semblent continuer à l'utiliser sur certains documentsExemple d'usage, sur cette page (fiche horaire).

Elle constitue en quelque sorte les prémices du RER genevois et est intégrée à l'offre du Léman Express (lignes L5 et L6), tout comme le Regio reliant la gare de Coppet à la gare de Lancy-Pont-Rouge (lignes L1 à L4).

Genèse du projet vignette|upright=2|gauche|Plan schématique du réseau régional genevois en 2011.

Du fait de sa nature transfrontalière (2 pays, 2 cantons et 2 départements), ce projet regroupe un nombre important d'acteurs, mais est piloté conjointement par la région Auvergne-Rhône-Alpes et le canton de Genève : L'Office fédéral des transports (Confédération suisse) Le canton de Genève Le canton de Vaud La région Auvergne-Rhône-Alpes (Rhône-Alpes avant 2015) Les CFF (Chemins de fer fédéraux suisses) La SNCF (Société nationale des chemins de fer français) avec ses branches mobilité et réseau La société Transferis, société d'études et marketing et spécialement créée par la SNCF et les CFF pour le projet, liquidée début 2017 La société Lémanis, créée par les CFF et la SNCF en , en remplacement de Transferis. Elle permet la contractualisation la coordination et la promotion de l'offre du Léman Express.

L'ensemble des parties s'est engagé, par un protocole d'accord signé le . à travailler en commun sur l'organisation du futur réseau et toutes ses thématiques : offre, exploitation, matériel roulant, communication-marketing, tarification-billettique, services, commercialisation…

Le , la Région Rhône-Alpes, à l'occasion d'une réunion de concertation regroupant notamment les collectivités et les associations d'usagers de Haute-Savoie, a présenté les premiers aboutissements de ce travail commun.

Le , les Cantons de Genève et Vaud ont présenté à leur tour ce projet lors d'une conférence de presse.. À cette occasion, la mise en service du réseau a été annoncée à l'horizon 2016 (l'année 2013 était évoquée jusqu'à présent). Le dossier de presse était constitué des éléments suivants : plan du réseau projeté à l'horizon 2016 ; schéma d'offre à l'horizon 2016 ; grille horaire synthétique de l'ensemble des lignes du réseau ; grille horaire détaillée pour la liaison RER Coppet - Genève-Cornavin - Annemasse - Évian-les-Bains / Annecy / Saint-Gervais-les-Bains-Le Fayet.

Le travail de partenariat entre les différentes instances des deux pays a déjà été récompensé par la remise le du prix européen Intermodes 2010 qui récompense ainsi l'intermodalité et la complexité transfrontalière du RER franco-valdo-genevois et de son infrastructure principale, le CEVA... Le projet Léman Express est en effet lié aux travaux de cette ligne, tout retard pris sur la construction de cette dernière entraîne un retard sur la mise en service du réseau : prévue initialement en 2017, l'ouverture coordonnée est reportée en 2019..

Entre le et le , une consultation sur internet est lancée afin de choisir un nom au Réseau express régional franco-valdo-genevois, parmi quatre propositions : CEVA Express, Léman Express, Lémanis et Réflex. Sur les près de votes enregistrés, le nom Léman Express a été choisi avec près de 41 % des voix..

Début 2017, la société Transferis créée en 2008 laisse place à Lémanis, un nouvel organisme qui a pour but de coordonner le réseau entre ses deux exploitants (CFF et SNCF) et d'en promouvoir l'offre.

Le réseau est mis en service le ., en même temps que la ligne 17 du tramway de Genève.

Travaux d'aménagements

vignette|Construction de la nouvelle gare de Lancy-Pont-Rouge.

Outre la réalisation du CEVA qui, avec son tunnel, concentre les chantiers les plus importants, d'autres travaux sont nécessaires sur les lignes existantes qui sont parcourues par le Léman Express.

Début , les CFF ont lancé les travaux d'aménagements de la ligne Lausanne – Genève entre Coppet et Lancy afin de pouvoir instaurer un cadencement au quart d'heure sur ce tronçon, via la création d'une voie et de nouveaux quais centraux d'environ de long aux gares de Chambésy et de Mies. Ces derniers sont achevés respectivement en mai et .. Ces travaux permettent fin 2017, concomitamment à l'ouverture de la gare de Lancy-Pont-Rouge, d'instaurer ce nouveau cadencement aux heures de pointe, étendu à toute la journée en 2018 une fois la voie terminée. D' à fin 2019, c'est au tour de la ligne Genève-La Plaine de voir des aménagements être réalisés avec les gares de La Plaine, Russin, Satigny et de la Zimeysa qui sont rénovées (mise aux normes d'accessibilité, rehaussement des quais et d'autres travaux selon les gares) ; les gares de Meyrin et de Vernier suivront à l'horizon 2022... Ces travaux sont aussi en lien avec le projet Léman 2030.

Côté français, on peut citer le réaménagement des gares d'Annemasse et de Thonon-les-Bains, la mise aux normes d'accessibilité (rehaussement des quais, bandes pododactiles) pour des gares de Valleiry, Saint-Julien-en-Genevois, Machilly, Bons-en-Chablais, Perrignier, Évian-les-Bains et Reignier ainsi que la suppression de passages à niveau à Étrembières et Reignier-Ésery.... En 2019, les gares de Sallanches - Combloux - Megève, Saint-Gervais-les-Bains-Le Fayet, Saint-Pierre-en-Faucigny, Bonneville, Marignier, Magland, La Roche-sur-Foron, Pringy et de Groisy - Thorens - la-Caille sont aussi mises en accessibilité.. Les travaux s'accompagnent d'un rallongement des quais et d'un éclairage amélioré des gares.

Premiers aménagements de l'offre vignette|Écran embarqué à bord d'une rame Régiolis annonçant un retard.

Dès l'année 2018, en avril, la ligne « Regio » ou « RER » Genève-La Plaine est équipée en intégralité des RABe 522, en remplacement des RBDe 560 « NTN » ou « Colibri » ; le , cette ligne est officiellement intégrée au réseau et la cadence au quart d'heure est mise en place sur la ligne « Regio » Lancy-Coppet aux heures de pointe du lundi au vendredi (de 6 à 9 h et de 17 à 19 h), marquant officiellement la mise en service partielle du Léman Express... Toutefois, les trains restent désignés sur les grilles horaires comme des trains « Regio » R..

Enfin, le , lors de l'application du nouvel horaire CFF, la cadence au quart d'heure sur la ligne Lancy-Coppet est mise en place de 6 à 20 h, toujours en semaine. La numérotation définitive des six nouvelles lignes devait être connue à cette date, mais a été dévoilée dès par une mise à jour du site officiel du projet. La numérotation définitive est mise en place dès le , bien que pour l'axe Lancy-Coppet on se retrouve avec quatre indices (L1 à L4) pour une même ligne durant cette période transitoire jusqu'à la mise en service du CEVARecherche horaire sur le site officiel des CFF à une date postérieure au 9 décembre 2018.

Bien qu'officiellement les lignes soient présentées comme indicées L1 à L6, les trains et les différents systèmes d'information affichent les indices S L1 à S L6, dues à une limitation technique des systèmes informatiques des CFF qui considèrent que le S (pour S-Bahn en allemand, équivalent de RER en français) est d'usage systématique en Suisse, comme sur le RER Vaud.

Un lancement difficile, entre grève et pandémie Le réseau est mis en service dans sa totalité le . Cette mise en service est toutefois perturbée côté français par le mouvement de grève national lancé dix jours avant et qui supprime la quasi-totalité des services en Haute-Savoie..