Le marais de Mousterlin est un site naturel protégé situé sur la commune de Fouesnant dans le département du Finistère, propriété du conservatoire du littoral, situé entre la pointe de Mousterlin et la pointe de Beg Meil ; c'est aussi le nom d'une pointe, la pointe de Mousterlin, située juste à l'ouest du marais précité, également sur le territoire de la commune de Fouesnant ; c'est également le nom du cordon littoral des dunes domaniales de Mousterlin, à l'ouest de la pointe de Mousterlin, qui sépare la mer Blanche de l'océan Atlantique ; c'est enfin le nom d'un hameau, Mousterlin, qui fait aussi partie de commune de Fouesnant.
Le marais de Mousterlin
Statut Sur les 479 hectares protégés, 120 hectares du marais de Mousterlin appartiennent au Conservatoire du littoral..
Le site est considéré comme Site d'Importance Communautaire (SIC/pSIC) au niveau du réseau Natura 2000 sous la référence FR5300048.. Description Le site est composé d'un étang de 6 hectares, de prairies naturelles en polder, d'un cordon dunaire, d'un ensemble de marais et tourbières.
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La zone protégée s'étend de part et d'autre de la pointe de Mousterlin. À l'ouest de la pointe de Mousterlin les prairies salées de la mer Blanche sont séparées de l'océan par le cordon dunaire de la plage de Kerler, formant une flèche littorale.
Poldérisé entre 1926 et 1946, l'utilisation agricole de l'ancien marais cesse en 1960 et 80 ha sont acquis en 1982 par le Conservatoire du littoral, une autre partie ensuite, le marais étant réhabilité progressivement à partir de 2002., d'importants travaux hydrauliques de restauration ont été effectués pendant l'hiver 2012-2013 par la commune de Fouesnant, opérateur du site pour le compte du Conservatoire du littoral dans le but d'une gestion plus écologique entraînant une resalinisation de l'eau pour en refaire une lagune dans le but d'en faire un site privilégié d'observation des espèces et d'éducation à l'environnement..
La partie nord du marais sert à nouveau de prairies pour des bovins et des poneys des Stetland ; la partie centrale est un marais d'eau saumâtre dont le gradient de salinité va décroissant de l'est vers l'ouest ; la partie orientale est un marais continental (marais d'eau douce) car elle ne reçoit pratiquement pas d'eau de mer (iris d'eau et épilobe hirsute s'y développent), la partie occidentale est un marais maritime (scirpe maritime, phragmite des joncs et roselières s'y développent et rats musqués, martins-pêcheurs, bouscarles de Cetti, traquets tarier, zigènes de la filipendule, etc.. y vivent) ; les parties moins marécageuses voient prospérer saules cendrés, chênes pédonculés, peupliers blancs, chanvres aquatiques, salicaires, ajoncs, gents et fougères et même des orchidées dénommées localement "fleurs de coucou". Parmi les plantes rares présentes sur le site, l'osmonde royale est une espèce naturelle protégée. Dans la partie centrale du polder, la pinède existante correspond à l'ancienne île de Pal Meur..
Histoire Les menaces de la mer
En , Mousterlin fut entièrement envahi par la mer. Les dunes de Mousterlin sont depuis longtemps menacées par l'érosion : le Conseil municipal de Fouesnant, dans sa délibération du « attire l'attention de M. le Préfet sur la nécessité de la réparation des dunes dites de Mousterlin, etc., ces dunes dans lesquelles la grande marée du dernier a pratiqué de larges ouvertures livrant aujourd'hui un passage facile à l'invasion des eaux de la mer qui menacent plus directement et sans obstacle les propriétés riveraines ». Plusieurs autres délibérations du même Conseil municipal des années 1878 à 1881, et à nouveau lors d'une délibération du , réitèrent la demande pour la défense de la dune de Mousterlin et le barrage du marais de Toul-ar-Ster. La digue de ce marais existait déjà en 1779 : un parchemin daté du décrit « un étang [du Vorlen] anciennement baigné par la mer à toutes les marées, et ayant été séparé de la grève par une digue ou chaussée en pierre de taille liées à chaux et à sable, ayant de long environ 30 pieds, de large 12 pieds et demi, de hauteur 15 pieds, contenant ledit étang sous fonds environ 6 journaux d'étendue de terre ». Cette digue fut à maintes reprises détériorée par la mer, en particulier le , en , en 1896, etc..
Le , un rapport de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées indique que « les dunes situées entre la Pointe de Mousterlin à l'ouest et celle de Kerlosquen à l'est sont dans un état de dégradation avancée. Leur configuration s'est modifiée depuis 1840. Toute la partie ouest semble menacée de destruction sur environ 1 500 mètres de longueur, tandis que la partie est s'est accrue considérablement »..
Les dunes de Mousterlin sont fragiles : la mer les érode en hiver et le piétinement intensif de l'été les empêchait de se reformer, la végétation se dégradant et disparaissant peu à peu. Pour protéger la dune, des travaux furent entrepris dès 1946 avec la pose de traverses de chemin de fer, la construction d'épis longitudinaux et transversaux et des remblais de terre.
En 1985, le projet de mise en place d'un cordon d'enrochement entre la pointe de Mousterlin et Cleut Rouz provoque une crise municipale et la démission du maire de Fouesnant, Louis Le Calvez, mais le cordon d'enrochement est finalement mis en place en 1987. Ce cordon d'enrochement reste très contesté, son efficacité face aux menaces de la mer discutée ; certains comme Gérard Mével, conseiller régional délégué au développement durable., l'accusent d'aggraver l'érosion de la plage et des dunes littorales à l'est de Cleut Rouz, dans la partie non protégée par le cordon d'enrochement.. Pendant l'hiver 2013-2014, cette partie du littoral a été gravement endommagée par les tempêtes successives., un nouveau dispositif formé de pieux enfoncés dans le sable est expérimenté à Cleut Rouz., mais lui aussi est critiqué.. Des ganivelles retiennent le sable et protègent la dune du piétinement.
La poldérisation des marais Jusqu'en 1926, le marais de Mousterlin était un marais littoral d'arrière-dune. Une brèche, dénommée Toull-Steir et située initialement du côté proche de Beg-Meil (cette brèche se déplaça progressivement, se situant vers Cleut-Rouz en 1903 et se rapprochant de la ferme de Mousterlin vers 1913), dans le cordon dunaire qui le reliait à l'océan, le soumettait au rythme des marées (un peu comme c'est encore le cas côté mer Blanche), permettant à l'eau de mer d'envahir le marais à chaque marée montante et à l'eau des cinq ruisseaux qui y débouchaient d'être évacuée à marée descendante. Ce marais faisait alors partie du domaine public maritime et était un lieu de pêche de poissons et coquillages fréquenté par les familles du voisinage. Les prés salés servaient par intermittence de pâturage aux vaches et aux chevaux ; c'était aussi un port d'échouage pour les pêcheurs en mer et pour les paysans allant récolter le goémon. Le , André BénacAndré Bénac, qui résidait à Ker Aël, gros propriétaire terrien, directeur général du ministère des finances, conseiller général du canton de Fouesnant depuis décembre 1919, obtient la concession des marais de Mousterlin et décide de transformer cette lagune en y créant un polder de 120 ha avec l'intention de créer des terres agricoles, ce qui soulève des protestations de la part des paysans et des pêcheurs locaux car jusque-là les paluds de Mousterlin appartenaient au domaine public maritime et les riverains y faisaient pâturer leurs bêtes, le lieu servant aussi d'abri aux embarcations des pêcheurs. « Une émotion considérable règne, tant à Beg-Meil que dans le coquet bourg de Fouesnant. On avait appris, non sans stupeur, (..;) qu'une enquête était ouverte concernant la cession éventuelle [par l'État] à Monsieur Bénac de toute l'étendue des dunes situées entre Beg-Meil et Mousterlin, soit trois kilomètres de côtes. Beau tollé ! »Journal Ouest-Éclair du 28 janvier 1928. Les travaux d'endigage se poursuivirent jusqu'en 1942. Obtenant peu de rendement, ces terres poldérisées ne furent rapidement utilisées que comme pâturages, louées à des agriculteurs de la région. L'atterrissement progressif des lieux et la déprise agricole conduisent rapidement dans les décennies d'après-guerre à leur abandon et deviennent des friches. En 1982 la famille Bénac, qui conserve aujourd'hui 11 ha, a revendu 86 hectares au Conservatoire du littoral, lequel a aussitôt entrepris un grand travail de débroussaillage, d'entretien des digues et des vanneshttp://www.cc-paysfouesnantais.fr/var/cc_paysfouesnantais/storage/original/application/phpGIw1KF.pdf.
Quatre digues ont été construites sur le marais, permettant sa conquête par l'agriculture au fur et à mesure de leur construction. Depuis sa gestion par le Conservatoire du littoral, la dernière digue, juste en arrière de la plage de Cleut-Rouz, qui clôt le Toull-Steir, est dotée de vannes à crémaillère protégées par des grilles qui évitent que des résidus de végétaux n'encombrent le passage, ce qui entraînerait l'inondation du polder. Une surveillance constante du niveau de l'eau permet le réglage des vannes, protégeant les campings et habitations situés à proximité La conduite en béton visible sur la plage de Cleut Rouz est l'exutoire du polder de Mousterlin.
L'érosion du cordon dunaire en 2021 vignette| Plage du Cleut Rouz, extrémité de l’enrochement, 3 février 2021. vignette|Chemin barré, passerelle impraticable, 3 février 2021. La tempête "Justine" des et , associée à de forts coëfficients de marée, a fortement érodé la dune de Mousterlin-Est, sur plusieurs centaines de mètres entre Cleut Rouz et Beg Meil ; même l'extrémité de l'enrochement a été grignotée ; la mer a submergé le mamelon de sable, l'eau ruisselant dans la pinède bordant le marais. Au moins trois campings sont désormais directement menacésJournal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest, n° du 2 février 2021..
« On ne lutte pas contre l'océan, mais contre le changement climatique. L'enrochement est un échec, une gagebie financière » a déclaré Claire Desmares-Poirier, candidate EELV aux élections régionalesJournal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest, n° du 1er février 2021..
Face à l'inefficacité des systèmes de protection dunaire, Roger Le Goff, le président de la communauté de communes, envisage un "désenrochement" partiel sur environ 200 ou 300 mètres pour déplacer l'"effet de bout" plus à l'ouest et freiner le risque de création d'une brècheLa fin de l'enrochement des dunes à Cleut Rouz ?, journal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest, n° du 16 février 2021 et https://www.letelegramme.fr/finistere/fouesnant/la-communaute-de-communes-du-pays-fouesnantais-envisage-le-desenrochement-des-dunes-a-cleut-rouz-15-02-2021-12704919.php.
Espèces protégées rencontrées vignette|Tournepierres à collier sur le goémon à la Pointe de Mousterlin. Oseille des Rochers: Rumex rupestris .
La pointe de Mousterlin thumb|La plate-forme littorale rocheuse en avant de la pointe de Mousterlin à marée basse (marée de coëfficient 119 du ). La pointe rocheuse de Mousterlin forme une barre d'avant-côte émergée (en anglais off-shore bar), constitué d'un platier rocheux étendu découvrant à marée basse, qui est unique en France par son étendue. Cette pointe se prolonge à l'est comme à l'ouest par deux cordons dunaires qui isolent de l'océan Atlantique à l'ouest la mer Blanche, à l'est le polder de Mousterlin.
Le un brick de Morlaix jaugeant 180 tonneaux fit naufrage à deux lieues au large de Mousterlin, faisant un mort et sept rescapés qui parvinrent à rejoindre Mousterlin à bord d'un canot de survieArnaud Penn, "Fouesnant entre terre et mer, deux cents ans d'Histoires de la Révolution à nos jours, 1789-2000", Arnaud Penn, [].