, né en 1131 et mort le à Beyrouth, fils de et de Mélisende de Jérusalem, est roi de Jérusalem de 1143 à 1162.
Proclamé roi à l’âge de treize ans sous la régence de sa mère, Mélisende, il assiste à la perte d'Édesse en 1144, puis à l'échec de la deuxième croisade en 1148. Il parvient néanmoins à résister à la poussée zengide, obligeant son principal adversaire, Nur ad-Din, à la défensive. Il conclut une alliance avec l'Empire byzantin, donnant aux établissements croisés en Orient les moyens de résister à la contre-offensive islamique.
Biographie
Minorité vignette|Les États latins d'Orient en 1135. Son père meurt d’une chute de cheval le et Baudouin, son fils aîné, est proclamé roi à l’âge de treize ans sous la régence de sa mère. Dès son avènement, il accompagne l’ost royal dans une expédition contre les Bédouins qui ont pris le château de Val-Moyse et massacré sa garnison. Mais la mort de son père suivi d’une régence affaiblit le royaume et Zengi, atabeg de Mossoul et d’Alep profite de cet état de fait, de l’esprit brouillon de , comte d’Édesse, et de l’inimitié de ce dernier avec Raymond de Poitiers, prince d’Antioche pour lui prendre Édesse, le ..
La régente continue la politique de Foulque qui consiste à rester allié avec Damas contre Zengi et son fils Nur ad-Din. De son côté, le ministre Mu’in ad-Din Unur, régent de l’émirat de Damas, a la même intention politique. Mais Altûtâsh, émir de Hauran, se brouille avec Mu’in ad-Din Unur et demande la protection des Francs, ce qui rompt l’harmonie franco damascène en . Les négociations avec Damas échouent et les Francs envoient une expédition à laquelle participe le roi . Mais l’armée est battue par les armées de Nur ad-Din et d’Unur. La vaillance de Baudouin, qui n’a que seize ans, redonne du courage aux soldats et permet à l’armée de rentrer sans trop de pertes..
Deuxième croisade vignette|gauche| accueille et à Saint-Jean-d'Acre. La prise d’Édesse a entraîné de nouvelles prédications en Europe et barons français et germaniques se lancent dans une deuxième croisade. L’armée allemande est défaite par les Seldjoukides en Anatolie, mais les forces françaises arrivent à Antioche, mais le roi se brouille avec Raymond de Poitiers, prince d’Antioche, et refuse de s’attaquer à Nur ad-Din, bien que l’objectif de la croisade soit la reprise d’Édesse. Il se rend à Jérusalem et les croisés et les barons décident d’assiéger Damas en . L'expédition est un échec et les croisés repartent en Europe..
vignette|Le siège de Damas, en 1148, d'après une miniature du . Peu après le départ des croisés, Nur ad-Din lance une offensive contre la principauté d’Antioche, bat son armée à la bataille d'Inab, le , au cours de laquelle est tué le prince d'Antioche, Raymond de Poitiers. Le patriarche latin de la ville, Aimery de Limoges, assure la défense de la ville et donne ainsi à le temps suffisant pour arriver de Jérusalem avec son armée et obliger l’atabeg d’Alep à lever le siège et quitter la principauté.. Puis Nur ad-Din se retourne contre les restes du comté d'Édesse et notamment Turbessel qu’il assiège, et une fois encore la venue de Baudouin l’oblige à lever le siège (). Mais après son départ, le comte est capturé et sa femme, ne pouvant assurer seule la défense de Turbessel, cède la place forte aux Byzantins qui se révèlent incapable de la défendre contre les Turcs qui s’en emparent en 1150. L’intervention de a toutefois empêché la principauté d’Antioche de tomber entièrement aux mains de Nur ad-Dîn..
La prise de pouvoir
vignette|gauche| et sa mère Mélisende. La majorité de approche en 1152, mais la régente Mélisende ne semble pas encline à céder son pouvoir. Le couronnement est prévu le , et Mélisende compte être couronnée aux côtés de son fils, mais Baudouin se présente seul à la cérémonie et le clergé, pourtant favorable à Mélisende, ne peut refuser le couronnement. a pour lui le soutien des barons francs, ainsi que la légitimité que lui assurent les lois du royaume. Soutenu par qu’il nomme connétable et par d’autres barons, Baudouin réclame à sa mère les villes de Jérusalem et de Samarie comme indispensables à la défense du royaume. Mélisende refuse de céder, et Baudouin marche immédiatement sur Mirabel, possession de Manassès de Hierges, le principal soutien de la reine mère, qu’il soumet. Puis il se rend à Jérusalem et doit prendre d’assaut la Tour de David, dont le châtelain, Rohard, est un fidèle soutien de Mélisende et dans laquelle elle s’est retranchée. Mélisende, vaincue, se retire dans son fief de Samarie..
Règne effectif vignette|Couronnement de . Il commence par intervenir à Tripoli où il tente de réconcilier le comte avec son épouse Hodierne de Jérusalem, sur le point de se séparer et menaçant le comté de Tripoli de guerre civile. Une réconciliation s’ébauche, quand le comte est assassiné par deux Nizarites, en 1152, laissant le comté à son fils âgé de douze ans, sous la régence de . Il tente également de régler la succession de la principauté d’Antioche, sans prince depuis la mort de Raymond de Poitiers, mais ne parvient pas à contraindre la princesse Constance d’Antioche à se remarier, et celle-ci finit par s’éprendre de Renaud de Châtillon. Mais ce dernier se révèle très rapidement être un aventurier, entre en conflit avec Aimery de Limoges, patriarche d’Antioche, et oblige Baudouin à intervenir pour ramener la paix dans la principauté..
vignette|gauche|Entrée de dans Ascalon en . Au sud, Baudouin fait reconstruire Gaza et renégocie une alliance avec Damas. Une expédition ortoqide contre Jérusalem est repoussée en . Pendant ce temps, la situation politique intérieure de l’Égypte fatimide se dégrade. Baudouin se décide à entrer en campagne et met le siège devant Ascalon le . Malgré les tentatives fatimides et zengides pour défendre la ville, celle-ci est prise le . De son côté, Mujir ad-Din Abaq, atabeg de Damas, avait réussi à contrer l’armée envoyée au secours de la ville. Mais l’alliance entre les Francs et Damas tourne au protectorat des premiers sur les seconds et Nur ad-Din profite du mécontentement du peuple damascène pour susciter des mouvements séditieux et finit par s’emparer de Damas le : toute la Syrie musulmane se trouve alors unifiée sous le contrôle d'un homme fort, qui pouvait alors se consacrer à la reconquête de la Syrie franque..
vignette|Le siège de Shaizar, en 1157, d'après une miniature du . En , une razzia des Francs à l’encontre de bergers turcomans incite Nur ad-Din à attaquer et à prendre la ville de Panéas le , sans réussir à s’emparer de la citadelle défendue par Onfroy de Toron. arrive ensuite avec l’ost et oblige Nur ad-Din à se retirer. Nur ad-Din retente la prise de la ville en juin, mais est de nouveau mis en échec. En octobre Nur ad-Din tombe gravement malade, et en profite pour prendre Shaizar, mais la mésentente entre Renaud de Châtillon et Thierry d’Alsace, comte de Flandre et venu en croisade, empêche la création d’un nouvel état latin outre Oronte, et oblige à évacuer la région de Shaizar, faute de disposer d’une armée suffisante pour la défendre, mais Harrim est prise en . Il bat également l’armée de Nur ad-Din le à Puthaha..
vignette|Mort de , enluminure du . Comprenant que les Francs et l’arrivée des croisés ne peuvent suffire à défendre le royaume de Jérusalem, envoie des ambassades à Byzance, entame des négociations et épouse en Théodora Comnène, nièce de ..
Manuel Comnène entreprend ensuite une campagne en Cilicie en où il défait le prince et soumet les Arméniens, puis se retourne contre la principauté d'Antioche et Renaud de Châtillon, coupable de piraterie et du pillage de l'île de Chypre. Renaud de Châtillon est obligé de s’humilier devant le byzantin et de reconnaître sa suzeraineté et Manuel fait une entrée triomphale à Antioche le . en profite pour rendre visite à Manuel qui l’accueille amicalement.. Une campagne commune est menée contre Alep, mais la mésentente s’installe entre les deux armées et Manuel conclut une paix séparée avec Nur ad-Din à la fin du mois de , se retourne contre les Seldjoukides de Rum dont il obtient l’allégeance..
De son côté, Baudouin lance plusieurs incursions dans le Hauran. Renaud de Châtillon est capturé le Elisséef 1967, . et, bien que la princesse Constance fait appel aux Byzantins, intervient et devient régent de la principauté au nom du prince ..
meurt à Beyrouth le , probablement empoisonné par le médecin tripolitain Barak. Comme il n’a pas d’enfants, son frère lui succède.. Sa veuve Théodora reçoit Saint-Jean-d’Acre en douaire..
Ascendance
Notes et références
Annexes
Bibliographie .
Elisséef Nikita, Nûr ad Dîn, un grand prince musulman de Syrie au temps des Croisades (511-569 ah/1118-1174), . Damas : Institut Français de Damas, 1967.
Articles connexes Recueil des historiens des croisades Royaume de Jérusalem Deuxième croisade
Mélisende de Jérusalem
Liens externes
Baudouin III de Jérusalem Catégorie:Ingelgeriens Baudouin 3 Catégorie:Personnalité de la deuxième croisade Baudouin III de Jérusalem