Alfred de Foville, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un économiste et statisticien français, qui par ses travaux, a su être aussi bien un géographe des transports et de l'habitat qu'un spécialiste des échanges monétaires ou du monde rural. Il a fondé l'Institut français de statistique.

Biographie

Jeunesse et formation Alfred de Foville est issu d'une famille de médecins. Son père, le docteur Achille de Foville (1799 - 1878), avait quitté Rouen pour s'installer à Paris. Alfred vit ses premières années dans l'appartement de ses parents rue de Lille. Il est le quatrième enfant. Sa sœur aînée avait 17 ans de plus que lui.

Il effectue ses études secondaires dans une maison d'éducation de Versailles dirigée par le mari de sa sœur aînée. Il y côtoie Albert de Mun. Il est plus remarqué pour ses capacités en lettres qu'en sciences. Il obtient le baccalauréat en 1859.

Foville est admis à École polytechnique en 1861 et en sort . Il est nommé élève-ingénieur télégraphiste à Rouen. Cet emploi ne lui plaît pas, et il le quitte. Il retourne à Paris et s'inscrit en faculté de droit le . Il obtient avec d'excellents résultats sa licence de droit en . Il s'inscrit aussi à l’école des Chartes à titre d'auditeur, et suit des cours à l’École des beaux-arts dans la section architecture.

Parcours professionnel Il se présente au concours du Conseil d'État, et il est reçu , en tant qu'auditeur.

Lors de la guerre de 1870, de Foville s'engage dans l'armée comme adjudant dans l'artillerie de la garde mobile du département. Il entre en relation avec Augustin Pouyer-Quertier, préfet de Seine-Maritime. Une fois la guerre finie, lorsque ce dernier devient ministre des Finances, il recrute de Foville comme membre de son cabinet. Lorsque Pouyer-Quertier démissionne, de Foville devient sous-chef de bureau à la direction du personnel du ministère des Finances.

Léon Say arrive au poste de ministre des Finances en 1876, et appelle de Foville à son cabinet. L'année suivante, le ministre décide de créer un Bureau de statistique et de législation comparée, chargé de traiter une masse d'informations sur la France, et d'établir des statistiques étrangères afin de pouvoir faire des comparaisons sur une échelle internationale. De Foville devient chef du service en 1873.

Entre 1885 et 1887, profitant d'une enquête menée par le ministère des Finances qui cherche à avoir une meilleure description des propriétés bâties dans les cadastres, de Foville, qui initie donc cette première enquête, éprouve la nécessité de réaliser également une typologie des maisons françaises, plus spécifiquement au sein de l'habitat rural afin de dégager des maisons-types pouvant illustrer les conditions d'habitation en France à l'époque.

Il devient ensuite directeur des Monnaies et Médailles de 1893 à 1900. Durant cette période, il s'efforce entre autres de rassembler un fonds de paléomonnaies originaires de l'Afrique subsaharienne, d'Asie et des AmériquesClaire Bosc-Tiessé, L’Afrique en musée – La Monnaie de Paris, in: Carnets d'Afrique, revue d'histoire, 19 juin 2021.. Il quitte le poste contre son gré pour une raison inconnue, et est nommé le conseiller maître à la Cour des comptes.

Il est cofondateur de l'Institut international de statistique en 1885. En 1896, il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques, dont il est président en 1907 et secrétaire perpétuel en 1909.

À sa mort, Paul Vidal de La Blache dira de lui : « Son œuvre principale en ce qui touche nos études est l’enquête sur les conditions de l’habitation en France, les monographies dont elle se compose constituent un répertoire des plus utiles où se reflètent dans un de ses traits caractéristiques la variété de physionomies de la France ». Charles Gide, lui, porte un regard plus critique, en disant qu'.

Parcours professoral Il est professeur à École libre des sciences politiques, où il succède en 1880 à Paul Leroy-Beaulieu à la chaire des finances publiques, ainsi qu'au Conservatoire national des arts et métiers. Il prend la relève du cours d'économie dispensé jusqu'alors par Émile Cheysson. Impliqué dans la vie de l'ELSP, il est membre du comité de rédaction des Annales de l'École libre des sciences politiques, aux côtés d'Émile Boutmy, Léon Say, René Stourm et Alexandre Ribot. Il prononce l'éloge funèbre lors de l'inhumation de Boutmy.

Distinctions

Ouvrages La Transformation des moyens de transport et ses conséquences économiques et sociales, 1880 L'Administration de l'agriculture au contrôle général des finances (1785-1787), avec Henri Pigeonneau, 1882 Texte en ligne Le Morcellement. Études économiques et statistiques sur la propriété foncière, 1885 Texte en ligne La Richesse en France et à l'étranger, 1893 Texte en ligne Les Maisons-Types. Enquête sur les conditions de l'habitation en France, avec Jacques Flach, 2 vol., 1894-1899 Texte en ligne 1 2 La Monnaie. Économie sociale, Paris, V. Lecoffre G. Gabalda et Cie, 1907.

Bibliographie René Stourm, Notice historique sur la vie et les œuvres de M. Alfred de Foville, Institut de France, Académie des sciences morales et politiques, Paris, Firmin-Didot, Paul Vidal de La Blache, Eugène d'Eichthal et al., À la mémoire de Alfred de Foville, 1842-1913, Paris, Plon-Nourrit, 1914 Notice sur la vie et les œuvres de M. Alfred de Foville : lue dans la séance du 22 janvier 1916 par Raphaël-Georges Lévy, Institut de France : Académie des sciences morales et politiques, Paris : Typographie de Firmin-Didot & Cie, 1916 — ( Lire sur Gallica)

Liens externes

Article encyclopédique sur la contribution d'Alfred de Foville à l'étude du cycle des affaires

Notes et références

Catégorie:Économiste français du XXe siècle Catégorie:Économiste français du XIXe siècle Catégorie:Statisticien français Catégorie:Membre de l'Académie des sciences morales et politiques Catégorie:Élève de l'École polytechnique Catégorie:Étudiant de la faculté de droit de Paris Catégorie:Naissance en décembre 1842 Catégorie:Naissance dans l'ancien 10e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en mai 1913 Catégorie:Décès dans le 7e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 70 ans Catégorie:Enseignant à l'Institut d'études politiques de Paris Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1909