La Rivière des Envies, cet affluent de la rivière Batiscan prend sa source dans le lac Traverse, coule sur 74 km, dans les Municipalités régionales de comté de Mékinac et Les Chenaux, jusqu'à son embouchure, à Saint-Stanislas, au Québec, Canada.

Toponymie La première mention connue du toponyme rivière des Envies figure dans un document du frère Jésuite Jean-Joseph Casot (1728-1800) écrit en 1757, avant même l'arrivée des premiers colons dans le secteur en amont sur la "rivière des Envies" à Saint-Stanislas. En 1760, onze familles de pionniers sont signalés dans l'arrière fief de la seigneurie de Batiscan, soit dans ce secteur de la rivière des Envies à Saint-Stanislas. En 1776, le Révérend Père Guay était en mission chez les colons de Saint-Stanislas-de-Koska-de-la-Rivière-des-Envies.

En 1781, les Jésuites commandent la construction d'un moulin à farine seigneurial à la Petite-Rivière-des-Envies. Bien que les registres d'état civil ont été ouverts en 1787, la paroisse a été érigée canoniquement en 1833 sous le vocable Saint-Stanislas-de-la-Rivière-des-Envies. La Corporation scolaire de Saint-Stanislas de la rivière-des-Envies a été constituée en vertu de la loi de 1845 (8, Victoria, C. 40-18).

Le toponyme rivière des Envies figurait régulièrement dans la correspondance et les actes légaux de la seigneurie de Batiscan dès l'implantation du régime anglais. L'appellation rivière des Envies est restée similaire au cours de toute son histoire. Plusieurs interprétations de l'origine du toponyme ont été énoncées, sans être appuyées par des preuves corroboratives. La désignation rivière des Envies a été officialisée par la Commission de toponymie du Québec le .

Géographie La rivière des Envies fait partie du Bassin hydrographique de la rivière Batiscan. Elle parcourt à partir de la décharge du Lac-de-la-Traverse situé au rang St-Joseph à Sainte-Thècle. Ce lac est approvisionné par la décharge du lac Aylwin, lequel est à son tour alimenté par la décharge du Lac du Jésuite (et les lacs des montagnes environnantes).

Le bassin versant de la rivière des Envies est de , soit le deuxième bassin le plus important de la Batiscanie. Ce bassin est partagé par la MRC de Mékinac (pour Sainte-Thècle, Saint-Tite, Hérouxville et Saint-Séverin), Shawinigan (pour le Lac-à-la-Tortue) et la MRC Les Chenaux (pour Saint-Stanislas). Bien que le territoire de la municipalité de Saint-Adelphe est situé au centre de l'arc formé par le parcours de la rivière des Envies, cette localité est exclue de ce bassin versant, sauf une petite zone au sud-ouest près de la limite de Saint-Stanislas.

Parcours La rivière des Envies draine les municipalités de Sainte-Thècle, Saint-Tite, la limite est Hérouxville (sur environ , soit entre la route Paquin et la route Lefebvre), Saint-Séverin et Saint-Stanislas pour se jeter dans la Batiscan à la limite sud du village de Saint-Stanislas. Le parcours de la rivière des Envies est surtout en milieu agricole. La rivière traverse un milieu forestier surtout entre Sainte-Thècle et Saint-Tite ; en aval du village de Saint-Tite, la rivière traverse quelques petites zones forestières. La rivière traverse aussi les villages de Saint-Tite, Saint-Séverin et Saint-Stanislas. La rivière des Envies contourne entièrement le territoire de Saint-Adelphe. Son bassin, par le biais de la rivière à la Tortue draine l'extrémité nord-ouest de Saint-Narcisse. Les crues printanières engendrent des inondations importantes en aval du pont du chemin de fer (situé au village de Saint-Tite). De l'intersection de la route Marchand du chemin Saint-Joseph, à Sainte-Thècle, jusqu'au village de Saint-Tite, en passant par la zone des grands marais, la rivière des Envies a un parcours très sinueux. Cette zone était propice pour les castors et les orignaux ; ce qui a sans doute attiré les autochtones dans la préhistoire.

Principaux affluents Les principaux tributaires de la rivière des Envies sont (en partant de la tête) :

Rive gauche : Décharge des lacs aux Chicots (Sainte-Thècle), laquelle reçoit les eaux de la rivière en Cœur. La tête de cette petite rivière est le lac en Cœur qui se déverse successivement dans le lac des Tounnes et le lac Croche. Décharge des lacs Perchaude et Trottier (Saint-Tite), Rivière Le Bourdais (Saint-Tite), Ruisseau des Prairies (Saint-Tite), Cours d'eau Allaire (Saint-Tite), Ruisseau des Fous (Saint-Tite), Ruisseau Dick Second (Saint-Tite), Ruisseau Trudel (Saint-Stanislas), Ruisseau Durocher (Saint-Séverin), Ruisseau Goulet (Saint-Stanislas), Ruisseau Bordeleau (Saint-Stanislas), Ruisseau Gérard-Mongrain (Saint-Stanislas),

Rive droite :

Ruisseau Archange (Sainte-Thècle), prenant sa source au lac Archange (situé principalement dans le rang 1 de Grandes-Piles et l'autre partie à Sainte-Thècle). Ce ruisseau recueille aussi les eaux des lacs Veillette ; Ruisseau Éric (Saint-Tite), prenant sa source au lac Éric, qui se déverse dans la rivière des Envies un peu en amont de l'embouchure de la rivière Mékinac du Nord, Rivière Mékinac du Nord, qui prend sa source au premier lac Roberge, (Grandes-Piles) ; Cours d'eau Francoeur (Saint-Sévérin); Ruisseau Dessureault (Saint-Stanislas); Rivière à la Tortue (Saint-Stanislas), prenant sa source au lac à la Tortue situé dans le secteur Lac-à-la-Tortue (Shawinigan) et dans Hérouxville; Ruisseau des Pins.

Principaux lacs Les principaux lacs se déversant dans des affluents de la rivière des envies (ou directement) sont regroupés par municipalité :

Sainte-Thècle : lac du Jésuite, lac Aylwin, lac de la Traverse, lac Croche, lac des Chicots, lac des Tounes, lac Archange (chevauchant la frontière de Grandes-Piles et Sainte-Thècle) ;

Saint-Tite : lac à la Perchaude, lac Trottier, lac Éric ;

Shawinigan (secteur du Lac-à-la-Tortue) : Lac à la Tortue ;

Grandes-Piles : premier lac Roberge (et autres lacs en amont).

Aux limites sud-ouest du village de Saint-Tite, un renflement de la rivière des Envies créait le lac Kapibouska. Vraisemblablement causé par une série de digues de castors, le lac Kapibouska est aujourd'hui disparu. Le bassin hydrographique de la rivière des Envies inclut aussi environ la moitié de l'espace couverte par une importante zone humide située au sud-est du Lac-à-la-Tortue.

Histoire Grandes crues À chaque printemps, la fonte des neiges du bassin versant provoque des crues abondantes, qui ont davantage d'impact dans le secteur méandré en aval du pont du chemin de fer au village de Saint-Tite. De grandes crues peuvent aussi être provoquées par les pluies diluviennes prolongées. Les principales crues sont survenues : à partir du , où il y eut des pluies diluviennes pendant une semaine. Beaucoup de ponts de la rivière des Envies ont été emportés, de Sainte-Thècle à Saint-Stanislas. Le village de Saint-Tite et le secteur méandré, en aval, ont subi une inondationEntrevue de l'historien Gaétan Veillette, avec Armand St-Amand et Oscar St-Amand, paru dans l'ouvrage "Vos ancêtres St-Amand vous parlent - tome 2, 1986, décrivant les ponts et cette grosse crue d'eau, . Le journal Le Bien Public du 2 oct. 1924 signale : "Le service d'autobus de Ste-Thècle à Trois-Rivières, via St-Tite a été interrompu durant une couple de jours, et le service de trains sur le Canadien National a dû subir de grands retards"Article « L'inondation cause des dégâts à Grand'Mère », journal Le Bien Public, 2 octobre 1924, p. 2. ; en 1936 où le barrage du lac Roberge a cédé. Plusieurs ponts ont été emportés par le courant dont les quatre ponts situés à Saint-Séverin et plusieurs quais de pont, remplis de pierres. Une certaine partie de la ville de Saint-Tite a alors été inondéeGaétan Veillette, article « Gardiens d’un lot ancestral occupé par six générations de Veillet/te à Saint-Séverin (Qué.)», bulletin Le Pathiskan, avril 1992, Association des familles Veillet/te inc., ..

Principales catastrophes reliées à la rivière 1933 - Un autobus de la compagnie Carrier & Frères capote le dans une courbe près du moulin Goulet à quelques centaines de pieds en amont de la chute à Saint-Stanislas. Les 28 occupants sont blessés. L'autobus ramenait une excursion spéciale de jeunes gens partis l'avant-midi de Saint-Tite pour Saint-Casimir où deux équipes de balle-au-champ se rencontraient. L'accident survient lorsqu'un pneu de l'autobus éclata au sommet de la côte de cette route qui longe de près cette rivière. L'autobus glissa dans l'eau avec une quinzaine de personnes restées emprisonnées ; les autres ayant pu s'échapper. Un enfant qui fut emporté par le courant vers la chute a été sauvéArticle "Un autobus capote à St-Stanislas et les 28 occupants sont blessés", Journal Le Soleil, 28 août 1933, p. 1 et 8..

Principaux ponts Note : Ponts listés en ordre, à partir de l'embouchure.

Saint-Stanislas

Pont de la route 352 (situé à la limite sud du village de Saint-Stanislas), à l’embouchure de la rivière. Moulin des Jésuites, situé à proximité en aval du pont actuel de la route 352. Pont de la route Marchand, qui relie la rive sud à la route 159 (située du côté nord). Pont de la route 159, situé à environ par l’eau de l’embouchure. Ex-pont de chemin de fer, situé en amont tout près du pont de la route 159.

Saint-Séverin Pont de la route à Trefflé Veillette, reliant le chemin du rang de la rivière des Envies (sud-est), avec le chemin de la Rivière-des-Envies (nord-est). Ce pont est situé à environ par l’eau en avant du pont de la route 159. Marcel Veillette (Saint-Séverin) disait en 1994 : « Les ponts de bois qui enjambaient la Rivière-des-Envies sur le lot des Veillet/te furent construits par les Veillet/te. Par trois fois, les eaux torrentielles les emportèrent (dont en 1936). Le premier pont de l’histoire du secteur était bâti un peu plus en amont, sur le lot voisin appartenant (à l’époque) à Majoric Brière. Aujourd’hui, ce lot appartient à mes frères Denis et Marius Veillette. » Gaétan Veillette, article Gardiens d’un lot ancestral occupé par six générations de Veillet/te à Proulxville, bulletin Le Pathiskan, avril 1992, Association des familles Veillet/te inc., . Le pont de ciment a été construit en 1943. Les trois ponts précédents étaient en bois. Pont du moulin, situé au village de Saint-Séverin, sur la chute, en aval du pont actuel du boul. Saint-Louis. Pont du village de Saint-Séverin (route 159), boul. Saint-Louis. Ce pont est situé à environ par l’eau en amont du pont Veillette. Pont reliant le chemin du moulin (rive nord) au chemin de la rivière-des-Envies (Sud-Ouest). Ce pont est situé à environ par l’eau, en amont du pont du village de Saint-SéverinPierre Lebrun, Histoire de Saint-Tite – 1833 à 1984 », Comité historique, Éditions Souvenance inc., 1984, , chapitre sur la vie économique.. Selon le recensement de 1861, le moulin à scie de Nicolas Vandal (originaire de l'Ancienne Lorette) était déjà en exploitation à cet endroit. Situé dans le secteur des chutes, ce moulin a été démoli en 1970 et son dernier propriétaire a été Albani Vandal. Le moulin à farine de M. Lafrance a été construit à côté.

Saint-Tite Pont Bordeleau (pont couvert, construit en bois) sur la route Dessureault, à limite de Saint-Tite et Saint-Séverin. Ce chemin relie le rang Sud au Grand Rang (à la hauteur de Cossetteville). Ce pont couvert est situé à environ par l’eau en amont du pont du chemin du moulin de Saint-Séverin. Pont du chemin de fer du Canadien National, à la limite sud de la ville de Saint-Tite. Ce pont est situé à environ par l’eau en amont du pont Bordeleau (ou environ en ligne directe). Le chemin de fer arriva à Saint-Tite en 1884. Pont de la rue du Moulin à Saint-Tite. Ce pont est situé à environ par l’eau du pont de chemin de fer, à cause de la sinuosité de la rivière (ou en ligne directe). Un pont de fer y avait été construit en 1923 et remplacé en 1984 par le pont actuel.