L'élection présidentielle française de septembre 1920 s'est déroulée le à la suite de la démission du président Paul Deschanel et s'est soldée par l'élection du président du Conseil Alexandre Millerand.
Contexte Élu le , le président Paul Deschanel souffre d'une maladie nerveuse qui l'empêche d'exercer ses fonctions. Le , il charge le président du Conseil, Alexandre Millerand, d'annoncer sa démission au Conseil des ministres, qui décide alors de convoquer les deux chambres du Parlement en Assemblée nationaleLe Gaulois, 18 septembre 1920, ..
Candidatures
Parti républicain démocratique et social (PRDS) La candidature d'Alexandre Millerand s'impose naturellement à la majorité issue des élections législatives de 1919, remportée par la coalition du Bloc national, qui va de la droite aux radicaux dissidents. Ancien socialiste indépendant, Millerand en fait figure de chef après le retrait de la vie politique de Georges Clemenceau, défait par Paul Deschanel lors de la réunion préparatoire en vue de l’élection présidentielle de janvier 1920.
Mais Millerand refuse dans un premier temps de se présenter et apporte son soutien au sénateur Charles Jonnart. Après le refus de ce dernier, il l'apporte au président de la Chambre des députés, Raoul Péret. Mais tous deux déclinent l’offre et encouragent la candidature du président du ConseilLe Gaulois, 19 septembre 1920, .. Pressé par les groupes centristes et de droite, le chef du gouvernement accepte finalement de se présenter au soir du Le Gaulois, 21 septembre 1920, ..
Radicaux de gauche Soutenu par les radicaux mais n’ayant pas les faveurs de Millerand, le président du Sénat, Léon Bourgeois, renonce une nouvelle fois à la présidence..
Les déclarations de Millerand en faveur d'une révision constitutionnelle élargissant les pouvoirs du chef de l'État (notamment lors de la négociation des traités) inquiètent des parlementairesJean-Marie Mayeur, La Vie politique sous la Troisième République 1870-1940, Paris, Seuil, 1984, .. Ainsi, si sa candidature reçoit l’appui unanime de l’ et de l’ARS, plusieurs groupes émettent des réserves, voire des critiques, particulièrement les sénateurs radicaux et maintiennent la tenue de la traditionnelle réunion préparatoire des groupes républicains. Millerand tente de rassurer le Parlement en faisant savoir qu’une éventuelle révision constitutionnelle ne pourra intervenir qu’une fois le redressement de l’économie française achevé.
Outre Doumergue, d'autres candidats sont cités mais tous renoncent dont Jules Pams, Anatole de Monzie et Aristide Briand. Ayant manifesté leur opposition à Millerand en portant leurs suffrages sur les deux autres noms, les socialistes décident de présenter contre celui-ci la candidature du député du Nord Gustave Delory. Mais ils ne sont que 68 à la Chambre des députés.
Scrutin préparatoire vignette|redresse|gauche|Réunion préparatoire du 22 septembre : Steeg, ministre de l'Intérieur, dépose son bulletin dans l'urne. La réunion plénière visant à désigner le candidat unique des républicains est organisée le au palais du Luxembourg. Des bulletins de vote sont préparés au nom d'Alexandre Millerand, Léon Bourgeois et Raoul Péret. Ces derniers déclinent néanmoins à nouveau toute candidature : Bourgeois prétexte l’incompatibilité de la présidence de la République avec celle de l'assemblée générale de la Société des Nations tandis que Péret refuse de façon moins nette..
Millerand sort vainqueur avec 528 suffragesLe Gaulois, 23 septembre 1920, ... Des noms circulent, notamment celui du radical Gaston Doumergue ainsi que le président du Sénat, Léon Bourgeois, et le président de la Chambre, Raoul Péret.
+Résultats. CandidatPartisPremier tour Voix %Alexandre MillerandDVD528 65,67Raoul PéretPRDS156 19,40Gustave DelorySFIO68 8,45 Autres candidats516,34 Votes valides804 99,01 Votes blancs et nuls8 0,99 Total812 100
Assemblée nationale vignette|Alexandre Millerand arrivant à Versailles. Dans ces conditions, Alexandre Millerand est élu dès le premier tour de scrutin, à Versailles. Une centaine de parlementaires, principalement issue des rangs radicaux, vote blanc ou nulL'Humanité, 24 septembre 1920, . tandis que 22 voix se portent sur divers noms du camp radical dont Doumergue (Charles Jonnart, Jules Pams, Ferdinand Foch, Anatole de Monzie, Léon Bourgeois, Gaston Doumergue et Péret)La Croix, 24 septembre 1920, ..
+Résultats. CandidatPartisPremier tour Voix %Alexandre MillerandDVD695 88,42Gustave DelorySFIO69 8,78 Autres candidats22 2,80 Votes valides786 88,12 Votes blancs et nuls106 11,88 Total892 100 Abstention363,88 Inscrits / participation92896,12
Alexandre Millerand est élu avec le plus fort pourcentage jamais recueilli lors d'une élection présidentielle depuis 1873, étant parvenu à rallier beaucoup de voix radicales s’étant portées sur Doumergue lors de la réunion préparatoire. Cependant, en raison d'un nombre de bulletins blancs et nuls plus importants, il obtient un nombre de voix plus faible que Paul Deschanel lors de l'élection présidentielle du mois de janvier précédentLa Lanterne, 23 septembre 1920, ..
Suites Le candidat victorieux est investi président de la République le jour même.. Pour lui succéder à la présidence du Conseil, il nomme Georges Leygues. En 1924, en conflit avec le cartel des gauches, Millerand sera contraint à la démission.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Élection présidentielle en France Liste des élections présidentielles françaises sous la Troisième République
1920, 09 Présidentielle Catégorie:Politique en septembre 1920 Catégorie:Septembre 1920 en France Catégorie:Alexandre Millerand Catégorie:Présidence d'Alexandre Millerand