thumb|right|250px|Toronto, Ontario (Canada) durant la panne de courant nord-américaine de 2003.
Depuis 1965, de nombreuses pannes de courant (ou « black-out électrique »), notion qui comprend aussi des arrêts de production de courant induits par des grèves d'électriciens (comme celle qui fut à l'origine du black-out de 1907 ; 8 mars 1907 : la grève des électriciens parisiens plonge la capitale parisienne dans le noir. à Paris) ont marqué le monde. Le black-out est souvent présenté (dont dans des films ou romans) comme pouvant être une cause de paralysie économique et d'arrêt de d'activités sociales et sanitaires vitales, avec en perspective - s'il se prolongeait - l’effondrement de la civilisation industrielle et urbaine. Pour cette raison, c'est aussi . Pour l'éviter ou améliorer la résilience face à ce risque, l'interconnexion des réseaux électriques a souvent été présenté comme une solution incontournable (solidarité électrique européenne dans l'Europe de l'Ouest, accélérée dans les années 1950 puis élargie à certains pays de l'ex-Empire soviétique (Europe de l'Est)., non sans difficulté car construire de nouvelles lignes à haute-tension dans des paysages de plus en plus habités soulève de nombreuses oppositions. Quand le réseau ne répond plus, une communication de crise est mise en œuvre, par EDF notamment en FranceArthur Gautreau (2007), Communication de crise et paralysie du réseau d’alimentation d’EDF des années 1970 à 2000, mémoire de Master 2 dirigé par Ch. Bouneau, Université Bordeaux 3, 2007, 132 p. (ainsi à la suite de la tempête de décembre 1999 qui a durant plusieurs semaines privé un grand nombre de personnes d'électricité, François Roussely parle aux français en direct du siège d’EDF via un studio de télévision provisoire installé sur place).
Le présent article recense les plus importantes d'entre elles en termes de bilan humain et économique. Le nombre de personnes affectées varie de quelques centaines de milliers de personnes à 670 millions, avec plusieurs épisodes ayant touché plus d'un million de personnes. La panne la plus importante de l'histoire au nombre d'individus concernés est celle qui frappa l'Inde en 2012.
En France un Mémento de la sûreté du système électrique, publié par RTE sur son site officiel, présente les modes de dégradation de la sûreté du système électrique conduisant aux , ainsi qu'un panorama des grands incidents survenus dans le monde. Le Bilan sûreté annuel de la sûreté du système électrique français, également disponible sur le site de RTE pour chaque année depuis 2001, comporte un chapitre présentant les grandes pannes survenues dans le monde pendant l'année.
1965–1999 1965, États-Unis
La cause initiatrice de ce grand incident est la disjonction intempestive d'une ligne acheminant l'électricité de la centrale de Niagara Falls vers l'Ontario à la suite du mauvais réglage d'une protection de distance. À la suite du report de charge, il s'ensuit la mise hors tension par cascade de nombreuses autres lignes ainsi que la disjonction de groupes de production. Le réseau se sépare en plusieurs sous-réseaux, mais aucun n'est viable. La presque totalité du nord-est des États-Unis et le Sud de l'Ontario sont hors tension, plongeant dans l’obscurité de personnes. Il faudra plus de treize heures pour reprendre la totalité du service.
1977, États-Unis
New York a été touchée par une panne d’électricité qui a déclenché des pillages et des émeutes entraînant l’arrestation de . Ce grand incident est dû à un orage, dont les chocs de foudre successifs sur des lignes de transport provoquent la perte de ces lignes et de groupes de production. Faute de délestage effectué suffisamment rapidement, de nouvelles disjonctions surviennent en cascade. L'ensemble de New York est coupé, soit environ . Il faudra une quinzaine d'heures pour réalimenter totalement New-York.
1978, France
Panne générale, le , due à une cascade de disjonctions de lignes à très haute tension par reports de charge, à la suite de l'entrée en surcharge initiale d'une ligne dans l'Est de la France, lors d'une situation de fortes importations d'électricité de l'Allemagne vers la France. Les trois quarts du pays sont privés de courant pendant quelques heures .
La turbine à gaz () de la centrale thermique de Bouchain, dans le Nord aurait peut-être pu secourir une partie du réseau, mais une maintenance sur la machine était en cours à cette période.
1987, France et Japon Par une journée particulièrement froide, trois groupes de production de la centrale thermique de Cordemais disjonctent en moins d'une heure pour des raisons indépendantes. Le dernier groupe de la centrale finit par décrocher également. Il s'ensuit une brusque dégradation du plan de tension régional, qui par répercussion provoque de nouveaux décrochages dans plusieurs centrales de l'ouest de la France. Grâce à l'envoi d'ordres de délestage, la tension se stabilise dans l'ouest de la France, mais à un niveau très bas proche de , avant que l'action des répartisseurs conduise au rétablissement de la situation.
Le , un effondrement de tension au Japon est survenu. Ce grand incident survient lors de températures inhabituellement fortes en début d'après-midi, qui provoquent un usage massif de la climatisation par les Japonais, alors que la demande d'électricité battait déjà les records dans la matinée. Il s'ensuit une baisse de tension, puis une instabilité de tension, qui conduit à la disjonction des trois centrales électriques alimentant la région de Tokyo. Trois millions de clients sont coupés.
1989, Canada
Le , un fort vent solaire vient perturber brusquement le champ magnétique terrestre. Hydro-Québec avait tenté de régler le problème dès la veille en voyant les variations. La panne survient malgré tout vers 2h46 (heure locale)C'est arrivé le... - 13 mars 1989 sur Radio-Canada. Le Québec est donc privé d'électricité pendant plus de 9 heures. Les lignes électriques enregistrent une variation de 700 à . 6 millions d'usagers sont touchés et on estime les coûts de réparation à Effets géomagnétiques sur les réseaux électriques sur Météo spatiale Canada. D'autres réseaux ont eu le même phénomène, mais ayant des lignes électriques généralement plus courtes, l'effet était moindre..
1998, États-Unis et Canada thumb|upright=0.7|Effet de pluie verglaçante sur la distribution de l'électricité.
La crise du verglas de 1998 est une tempête de pluie verglaçante qui a eu lieu en janvier 1998 dans l'est du Canada, la Nouvelle-Angleterre et le nord de l'État de New York. La région la plus affectée, « Le triangle noir », se situait au Québec au sud-est de Montréal.
Elle a causé d'énormes dommages au réseau électrique dans toute cette région, en plus d'endommager les arbres, ce qui a donné des pannes de courant prolongées. Un très grand nombre de pylônes électriques, de fils et de poteaux électriques sont tombés sous le poids du verglas. La reconstruction permanente de certaines portions du réseau a pris deux ans, forçant Hydro-Québec à trouver des solutions temporaires pour réalimenter ses clients. Certains de ceux-ci ont été sans électricité durant un mois et demi.
1999, France
Fin , deux tempêtes exceptionnelles par leurs intensités frappent de plein fouet l'Europe, en particulier la France, où pas moins de de personnes se retrouvent sans courant. Paris échappe de peu au black-out, grâce aux équipes d'EDF qui limitent les dégâts sur le réseau électrique français. Cependant, la violence des tempêtes met à terre pas moins de électriques et pylônes à haute tension, et provoque l'arrêt de 3 centrales nucléaires, dont celle de Braud-et-Saint-Louis, près de Blaye, en Gironde qui est partiellement inondée.. À certains endroits, il faut pour rétablir le réseau. Au vu de l'étendue des dégâts et des dommages causés, c'est la pire destruction qu'ait subi le réseau électrique français depuis sa création.
2000-2009 2003, Amérique du Nord, Europe, Afrique du Nord : une panne dans le poste de gaz naturel de la centrale électrique du Hamma à Alger provoque des déclenchements en chaîne privant (départements administratifs) de courant électrique et plongeant dans le noir durant , pratiquement tout le nord du pays. : Une immense panne d'électricité toucha gravement les états et provinces du nord-est de l'Amérique du NordA. Merlin, « Les grandes pannes des réseaux électriques (Europe, USA) sont-elles dues à l'ouverture du marché de l'électricité? », Revue de l'Électricité et de l'Électronique (REE), n°3, mars 2004.. : panne à Helsinki : touchées ; : panne à Londres : touchées ; : panne au Danemark et dans le sud de la Suède : de personnes touchées ; : panne dans la totalité de l'Italie (à l'exception de la Sardaigne énergétiquement autonome) et brièvement dans le sud de la Suisse. Avant cet incident, dû à la suite de la formation d'un arc électrique entre un câble porteur et un arbre, les lignes de transit nord-sud à travers la Suisse et l'Italie étaient très chargées.. À , une importante ligne de transit entre le nord et le sud de l’Europe, la ligne du Lukmanier, disjoncte. Une charge d’environ 110 % est reportée sur la ligne de transit du San Bernardino. GRTN, l’exploitant du réseau aurait dû stopper des pompes, mais il ne le fit pas. Par conséquent, de personnes ont été touchées. Il a été jugé que les liaisons avec la France et la Suisse étaient insuffisantes, .
2004, Luxembourg Le , une panne géante touche le Luxembourg et ses banques. La cause en est une coupure de la ligne d'importation depuis l'Allemagne. Le Luxembourg ne produit que 40 % de ses besoins et n'est alimenté que par la Belgique et l'Allemagne.
2005, Suisse Le , tout le réseau ferroviaire suisse est bloqué pendant plusieurs heures, de au lendemain à . ont été bloquées dans les trains, certaines pendant une heure. Un court-circuit s'est produit à sur une ligne de transport des CFF entre Amsteg et Rotkreuz, ce qui a conduit au décrochement de plusieurs centrales électriques et a provoqué une réaction en chaîne, ont annoncé jeudi les CFF. L'alimentation en courant électrique du réseau a été partagé en deux secteurs, le sud étant suralimenté tandis que le nord manquait d'énergie. À , l'ensemble de l'alimentation électrique était passé hors tension et étaient en panne sur le réseau.
2006, Europe
Le , vers , une panne de grande importance a touché le réseau de l'UCTE, privant d'électricité environ de clients européenshttp://www.ucte.org/_library/otherreports/Final-Report-20070130.pdf. L'origine serait la mise hors-service programmée puis différée de deux lignes , pour laisser le passage à un navire sur le fleuve Ems, en Allemagne. Ces coupures des deux lignes reliant Conneforde à Diele sont intervenues à et . À , RWE TSO informa E.ON Netz de la valeur limite de sur la ligne Landesbergen-Wehrendorf (reliant E.ON Netz et RWE TSO), mais le réseau continuait à fonctionner conformément aux recommandations. Les deux entreprises ont été en communication téléphonique à , et , et purent s'échanger des informations sur les valeurs limites de cette ligne qui n'étaient pas les mêmes pour les deux entrepriseshttp://www.ucte.org/_library/otherreports/Final-Report-20070130.pdf page 19/84.. Entre et , la charge de la ligne de Landesbergen-Wehrendorf augmenta de dépassant la valeur limite de fixée par RWE TSO. RWE TSO appela E.ON Netz à pour demander une intervention urgente. Après des estimations empiriques, E.ON Netz décida d'intervenir à Landesbergen. L'intervention se produit à . Le résultat fut contraire à celui attendu: au lieu de baisser de , le courant augmenta de . La ligne fut déconnectée par les automatismes de sécurité à la sous-station de Wehrendorf (RWE TSO) pour surcharge.