Mohamed Harmel (), né le à Tunis et mort le à Tunis, est un homme politique tunisien.
Premier secrétaire du Parti communiste tunisien de 1981 à 1993, Harmel devient président d'honneur du mouvement Ettajdid en 2007. Il est membre de la Chambre des conseillers de à sa dissolution.
Biographie Débuts de l'engagement Né le ., issu d'une famille d'artisans chaouchis de Tunis, cité par ., Harmel effectue ses études au Collège Sadiki de Tunis.. Durant cette période, il s'engage politiquement au sein du Parti communiste tunisien (PCT) et entre dans la lutte pour l'indépendance de la Tunisie par la distribution de tracts à Tunis.. Plus tard, il raconte : Je n'ai jamais été destourien, j'ai commencé à militer dans le mouvement national sans jamais adhérer à aucun parti, puis j'ai entendu parler du Parti communiste, j'ai lu Marx et j'ai adhéré, en 1948, corps et âme, au Parti communiste qui a participé au mouvement national..
Arrêté en après une manifestation organisée par le Comité tunisien pour la liberté et la paix, il est détenu pendant quelques mois à la prison civile de Tunis. En , lors du quatrième congrès du PCT, il est élu membre du comité central du parti.
Après un stage à l'école des instituteurs, il enseigne à partir de 1951 à Djebel Abiod et dans d'autres villes jusqu'en 1956. Mais, arrêté en à Béja lors d'une manifestation contre la déportation des dirigeants nationalistes et communistes, il est envoyé au camp de Téboursouk. Libéré en 1953, il dirige l'année suivante le journal Sawt el Oumma (La Voix de la nation) et retrouve la prison après avoir incité des dockers à boycotter un navire français transportant de l'équipement militaire. Il ne sort de prison qu'au moment de la venue en Tunisie de Pierre Mendès France le .. Revenant sur cet épisode de sa vie, Harmel explique qu'il est et qu'il était . Il raconte ainsi l'accès à l'indépendance de la Tunisie en 1956 : Tout en étant heureux de l'indépendance, je me suis retrouvé d'emblée dans l'opposition parce que n'appartenant pas au Néo-Destour. Il s'est tout de suite posé un problème de cohabitation avec le Néo-Destour, qui prenait le pouvoir après avoir dirigé la lutte, et était de plus en plus hégémonique et intolérant.
Il explique également que .
En , lors du cinquième congrès du PCT, il est élu membre du bureau politique et du secrétariat. En 1957, il est tête de liste à Tunis pour les élections municipales. Avec l'interdiction du PCT en , il est arrêté le même mois, avec Abdelhamid Ben Mustapha et Hédi Jrad, et libéré après quelques mois. Harmel explique plus tard : . Il part alors à l'étranger, notamment en France, à Prague et Moscou, pour des raisons de santé et selon ses propres dires. Après un exil de huit ans, il rentre en Tunisie en 1971.
Premier secrétaire du Parti communiste tunisien
Il est élu en premier secrétaire du Parti communiste tunisien lors du huitième congrès du parti, tenu dans la clandestinité, le parti étant encore interdit.
Le de la même année, Harmel raconte s'être rendu chez le président Habib Bourguiba à Skanès (Monastir) afin de le remercier d'avoir levé l'interdiction qui pesait depuis 18 ans sur les publications communistes.. Bourguiba lui aurait alors demandé : . Harmel aurait alors répondu : . Et Bourguiba de répondre, après quelques secondes de réflexion : .
Le PCT est ainsi autorisé le jour même et, le , Harmel fonde Attariq Al Jadid, organe du PCT dont il devient le directeur responsable.. Harmel est réélu en au poste de premier secrétaire du PCT lors du neuvième congrès tenu à Tunis.
Leader d'Ettajdid Le PCT est renommé mouvement Ettajdid en 1993.. Élu député en 1994 et 1999., Harmel devient un temps président de la commission de l'immunité parlementaire et, par la même, le premier député de l'opposition à présider une commission..
Dépassant la limite d'âge fixée à 70 ans pour se présenter à l'élection présidentielle de 1999, il affirme qu'il ne se serait de toute façon pas présenté, quand bien même il aurait été autorisé à le faire.. Apportant donc son soutien à la candidature du président Zine el-Abidine Ben Ali., il s'exprime ainsi à ce sujet dans le quotidien Al Chourouk le : J'ai participé au renforcement du consensus national autour du président Ben Ali ; comment pourrais-je alors me présenter comme son concurrent, comment pourrais-je soutenir ou voter pour une personne qui ferait concurrence à un homme que je considère sincèrement et avec conviction le mieux à même de conduire les affaires du pays ?
Son leitmotiv politique est la . ; dans le manifeste électoral d'Ettajdid pour les élections législatives de 1999 est rappelée l'importance des ., le président Zine el-Abidine Ben Ali étant arrivé au pouvoir à cette date en 1987. Pour l'élection présidentielle de 2004, Harmel, âgé de 75 ans, se trouve à nouveau exclu car dépassant la limite d'âge. Il n'est pas réélu député lors des élections législatives alors qu'il est tête de liste pour la circonscription de Tunis I.. Le conseil national d'Ettajdid produit alors un communiqué le pour dénoncer . Selon Larbi Chouikha, ce communiqué .
Alternance et membre de la Chambre des conseillers Harmel quitte son poste de premier secrétaire du parti lors du congrès du , lorsque lui succède Ahmed Brahim« Un parti d'opposition change de chef, veut une coalition laïque », Agence France-Presse, 6 août 2007.. Considéré comme l'un des chefs historiques du parti., il est proclamé — élu à l'unanimité par le congrès — président à titre honorifique, un poste exceptionnellement créé pour lui. Selon Brahim, ., Harmel ayant en effet affirmé qu'il ne se présenterait pas au poste de secrétaire général.. Pourtant, avant le congrès de 2007, il tient dans Attariq Al Jadid une rubrique intitulée « En toute franchise » dans la partie arabe et une autre intitulée « Point d'interrogation » dans la partie francophone. En , dans une lettre ouverte adressée aux lecteurs du journal, il explique pourquoi il n'a plus écrit dans le journal depuis cette date : Cette sorte de mise à l'écart a commencé par la non publication de mon allocution d'ouverture des travaux du congrès dans le numéro spécial d'Ettarik El Jedid [Attariq Al Jadid], consacré au congrès, et quand la nouvelle série du journal est parue après le congrès mes deux rubriques ont été supprimées. Aujourd'hui, désirant renouveler ma contribution dans le journal, j'ai proposé d'assurer la rédaction d'une rubrique hebdomadaire une fois en arabe et une fois en français. Mais la direction du journal a posé des conditions quant à ma contribution.
En 2011, il précise dans une interview qu'il a relevé de sa et il explique aussi que .
En , il est nommé par le président Ben Ali comme membre de la Chambre des conseillers parmi les ., remplaçant ainsi l'avocat Habib Achour..
Il meurt le . Ahmed Brahim lui rend alors hommage en déclarant que ..
Il a un fils médecin, Ali., et un petit-fils, Mouha..
Références
Catégorie:Personnalité du Mouvement Ettajdid Catégorie:Communiste tunisien Catégorie:Député tunisien Catégorie:Élève du Collège Sadiki Catégorie:Naissance en février 1929 Catégorie:Naissance à Tunis Catégorie:Naissance dans le protectorat français de Tunisie Catégorie:Décès en septembre 2011 Catégorie:Décès à Tunis Catégorie:Décès à 82 ans