La propriété, c'est plus le vol (titre original : ) est un film italo-français réalisé par Elio Petri, sorti en 1973.

Synopsis Total (Flavio Bucci) est un modeste employé de banque. Son problème : l'argent le dégoûte, et son contact provoque chez lui des démangeaisons. Il se convertit à ce qu'il appelle le « marxisme-mandrakisme », qui fait référence au marxisme ainsi qu'au personnage de bande dessinée Mandrake le Magicien. Il quitte son emploi et décide de prendre pour cible, celui qui pour lui représente le symbole du capitalisme : un boucher romain paresseux (Ugo Tognazzi) qui a une belle maîtresse et beaucoup d'argent et qui se trouve être client de sa banque. L'objectif de Total est de le dépouiller, petit à petit, de tout, même de sa femme, qu'il tente de convoiter, du couteau avec lequel il tranche la viande, des bijoux et de l'argent. Il demande l'aide d'un cambrioleur romantique et acteur appelé Albertone, qui lui apprend le métier. Il réussit initialement à cambrioler le boucher, mais ce dernier tire encore profit de ce vol puisqu'il était assuré. Cela rend fou Total qui redouble d'ardeur pour nuire au boucher, tant et si bien que ses activités deviennent suspectes et qu'il est arrêté par la police. C'est alors que le boucher le sauve de la prison, lui offre la richesse et une vie malhonnête et sûre. Total refuse catégoriquement. Mais le boucher finit par avoir raison de lui et étrangle son persécuteur dans un ascenseur.

Fiche technique Titre original : Titre français : La propriété, c'est plus le vol Réalisation : Elio Petri Scénario : Elio Petri et Ugo Pirro Photographie : Luigi Kuveiller Montage : Ruggero Mastroianni Musique : Ennio Morricone Décors : Massimo Tavazzi Costumes : Gianni Polidori Producteur : Claudio Mancini Sociétés de production : Quasars Film Company, Labrador Films Pays de production : | Langue originale : italien Format : couleur — 35 mm — 1,85:1 — Son : Mono Genre : comédie dramatique Durée : Dates de sortie : Italie : France :

Distribution Flavio Bucci : Total Ugo Tognazzi : le boucher Salvo Randone : le père de Total Mario Scaccia : Albertone Daria Nicolodi : Anita Ettore Garofolo : Bocio Julien Guiomar : le directeur de banque Jacques Herlin : l'employé de banque Gigi Proietti : Paco l'Argentin : Zagané Orazio Orlando Pirelli : Mafalda, la receleuse Elena Fabrizi : la cliente du boucher : l'un des voleurs : le vendeur d'alarmes contre le vol

Production La propriété, c'est plus le vol s'inscrit dans le cycle de portraits de la société italienne que Petri a entrepris, il y raconte le rôle de l'argent tout comme il avait raconté la police et le pouvoir politique dans Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon et la condition ouvrière dans La classe ouvrière va au paradis. Ces trois films constitue la Trilogie des névroses.

Le titre du film est une référence à Qu'est-ce que la propriété ? ou Recherche sur le principe du Droit et du Gouvernement (1840), l'essai de Pierre-Joseph Proudhon.

Exploitation Entré en compétition à la Berlinale 1973 et présenté aux Giornate del cinema di Venezia la même année, le film n'a pas été bien accueilli. Bien qu'il ait été saisi dans un premier temps par les autorités italiennes pour obscénité et atteinte à la pudeurExtrait d'un article (titre : Sequestrato a Genova la 'proprietà' di Petri) publié dans La Stampa, , année 107, ., il a finalement connu un bon succès auprès du public, grâce au coup de force du distributeur Goffredo Lombardo qui l'a distribué comme un film du genre comédie à l'italienne, aidé pour cela par la présence de la vedette de la comédie Ugo Tognazzi au générique.

Le film est sorti en Italie le . Il connaît un succès relatif avec pour un total de , se plaçant à la place du box-office Italie 1973-1974.

Le film a été restauré en 2011. Il a été présenté à la Mostra de Venise en 2013, où il a obtenu le prix de la meilleure restauration. Il est ressorti sur les écrans en France le .

Accueil critique Dans le volume des Segnalazioni cinematografiche de 1974, il est écrit : « Le film part du principe que dans notre société incurablement égoïste, on ne vit pas pour "être" mais pour "avoir" et que dans la course à la propriété, le plus fort gagne, c'est-à-dire celui qui sait le mieux voler. La conclusion est que ce type de société doit être changé. Développé sur les modes du "grotesque", le récit comporte des séquences stimulantes et techniquement valables, mais dans l'ensemble, il peine - en raison d'une surabondance d'arguments - à trouver un point focal, capable de donner une unité à l'entassement de situations et de motifs qui ne sont souvent que subsidiaires ou superflus ».

D'après Antoine Royer dans DVDclassik, « Le grand reproche qui sera fait par la critique italienne (majoritairement de gauche, voire marxiste) à Elio Petri à la sortie du film vient d’ailleurs de ce qui nous semble être la grande force de ce cinéma libre et dissident, difficilement réductible à une idéologie préétablie : ce mélange des genres, qui va chercher les contradictions, l’ambigüité ou le désordre moral de la société qu’il d’écrit. Chez Petri, [...] personne n’est fondamentalement mauvais [...] , mais tout le monde est atteint de la même maladie, du même virus, du même vice. Sachant cela, on peut tout à fait trouver la démonstration un peu confuse, désordonnée, souvent contradictoire, mais, refusant toute concession à une réflexion prémâchée, force est de constater que, pour quiconque sera prêt à concéder l’effort, Petri et Pirro donnent ainsi, à foison, du grain neuronal à moudre… ».

Notes et références

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