Sfax ( ), deuxième ville et centre économique de Tunisie, est une ville portuaire de l'est du pays située à environ de Tunis. Riche de ses industries et de son port, la ville joue un rôle économique de premier plan avec l'exportation de l'huile d'olive et du poisson frais ou congelé. Sfax est une cité d'affaires et compte certains sites à vocation touristique, tels que la médina, Thyna et ses salines, malgré la longue présence des usines de traitement du phosphate.
Sfax compte en 2019 — pour son agglomération, le Grand Sfax, d'environ — et se présente comme une agglomération très étendue (sur , soit autant que l'agglomération du Grand Tunis, qui compte près de deux fois plus d'habitants), plate et comprise dans un tissu urbain structuré par des axes de communication en toile d'araignée. Elle est bordée à l'est par la mer Méditerranée et l'amorce du golfe de Gabès.
Étymologie
Les histoires diffèrent sur la dénomination de la ville de Sfax. Il existe de nombreuses théories qui abordent la question de l'origine du nom.
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Les traditions locales voudraient que la dénomination de Sfax vient du nom du gouverneur de la ville, Sfâ. Selon la théorie, ce dernier est allé voir le sultan de Mahrès afin de solliciter son aide pour bâtir les remparts et protéger la ville des invasions, en lui exposant le plan sur une peau de bœuf séchant au soleil. En réponse à sa demande, le sultan a tendu une paire de ciseaux au gouverneur en lui disant : Sfâ qoçç soit ..
L'origine amazigh du mot est avancée par le comte français Antoine-Auguste du Paty de Clam (1856-1929), officier, administrateur des colonies, archéologue et membre de la Société de géographie., dans son livre Fastes chronologiques de la ville de Sfaks. Selon lui, Sfaks peut se décomposer en s fa ekez, signifiant en amazigh et dont la traduction grecque équivaut à la Taphrouria (poste de surveillance) transcrite en Taphrura, mentionnée par plusieurs auteurs antiques comme Ptolémée, Pline l'Ancien et représentée sur la table de Peutinger (Taparura)..
S'appuyant sur le voyageur et écrivain anglais Thomas Shaw, qui fit un voyage dans la régence de Tunis en 1732, le géographe français Élisée Reclus évoque l'hypothèse du mot fakous, concombre en dialecte tunisien : Un des légumes que l'on cultive le plus dans les jardins de Sfakès est le concombre ou fakous, mot d'où l'on a voulu dériver le nom de la ville : d'après Shaw [Thomas Shaw ], Sfakès serait la cité des concombres...
Géographie Situation La ville de Sfax est située au Centre-Est de la Tunisie, sur le rivage de la mer Méditerranée.
Son territoire est délimité par Agareb à l'Ouest, Menzel Chaker au Nord, Sakiet Ezzit et Sakiet Eddaïer à l'Est..
Climat
Le climat semi-aride, l'importante circulation automobile. et le contexte du relief et des vents aggrave de manière différenciée la pollution de l'air dans l'agglomération..
Histoire Dynasties musulmanes Sfax, ancienne Taparura romaine, est rebâtie par les Aghlabides au à partir des matériaux de la ville romaine située à environ trois kilomètres. Ils construisent les remparts qui donnent à la médina sa configuration actuelle.
La cité doit résister aux Hilaliens venus d'Égypte en 1057 et, de 1095 à 1099, elle constitue un petit émirat indépendant.. Elle passe, comme la plupart des villes côtières, sous la domination du roi normand Roger II de Sicile en 1148., avant d'être réintégrée à la sphère musulmane par les Almohades d'Abd al-Mumin en 1159 ; ceci fait suite à trois ans d'une révolte amorcée par Omar, avec notamment le massacre des chrétiens de la cité le ..
Protectorat français
vignette|Représentation de la prise de Sfax en 1881.
Sfax connaît l'insurrection menée par Ali Ben Ghedhahem en 1864 et celle de 1881 pour refuser le protectorat français. Les troupes françaises la bombardent alors pour en venir à bout.. Les habitants de Sfax résistent face à l'invasion militaire de l'armée française. Celle-ci mobilise plus de 24 navires pour réussir à prendre la ville le . Une rue à Paris rappelle la victoire de l'armée française..
Sfax est la ville où s'illustrent deux grands militants de l'indépendance nationale assassinés par l'organisation terroriste coloniale de la Main rouge : le syndicaliste Farhat Hached (natif de l'archipel des Kerkennah) qui est abattu le . et le responsable destourien Hédi Chaker qui est tué le ..
Durant la Seconde Guerre mondiale, elle est également bombardée par les Alliés pendant la campagne de Tunisie alors qu'elle est occupée par les troupes de l'Axe en 1942-1943.
Démographie En 2024, la population totale de la ville de Sfax atteint , soit 8,7 % de la population totale de la Tunisie. 50,8 % d'entre eux sont des femmes et 49,2 % sont des hommes. L'âge médian est estimé à 35 ans et l'âge moyen à 35,61 ans, le taux de dépendance à 28,8 % ; l'indice de vieillesse atteint 75,3 %..
Architecture et urbanisme Centre
gauche|vignette|Enceinte de la médina. vignette|Rue Hédi-Chaker dans le centre de Sfax.
Le noyau central de l'agglomération est formé d'une médina cernée de remparts (sour ou assour, au pluriel aswar) et d'une ville moderne, née sous le protectorat français de Tunisie, et incluant l'hôtel de ville et la gare. Les quartiers de bureaux sont prolongés par un vaste ensemble portuaire actif depuis 1897 (port de commerce, de pêche et de passagers). En 1984 est entreprise une vaste opération de rénovation d'une partie de la ville moderne avec l'aménagement du quartier de Sfax El Jadida (nouvelle Sfax). Il s'agit auparavant d'un espace en friche de cimetières désaffectés. Par ailleurs, la médina est devenue un espace où l'on habite de moins en moins et qui se spécialise dans la production économique (on parle alors de « soukalisation »). Les habitants l'ont quittée à la recherche de logements plus grands. Ainsi, cet espace ne compte plus que en 1998 contre en 1956.
Le gouvernement tunisien la propose le pour un classement sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.. Jusqu'aux années 1970, l'agglomération dépasse à peine la ville de Sfax avec les noyaux urbains de Sakiet Ezzit et de Sakiet Eddaïer qui sont alors de petites villes constituées autour d'activités de transformation agricole (trituration des olives et huileries). Le quartier de Picville doit lui son nom à Paul Pic, habitant de Sfax depuis 1868, qui plante un vignoble d'une superficie de en 1892 dans la zone du contrôle civil de Sfax. Il est par ailleurs président de la Chambre mixte de commerce et d'agriculture du sud de la Tunisie en 1897. Ce quartier est situé à l'ouest de la médina et s'étend jusqu'à un jardin public. Dès le début de son urbanisation, on y construit de petits immeubles d'un ou deux étages avec terrasses, souvent attenants les uns aux autres, le long des voies de circulation qui quadrillent le quartier.
La médersa Al Husseiniya, du début du , est l'une des plus anciennes de Tunisie.
Arrondissements La municipalité de Sfax est composée de sept arrondissements. : Arrondissement de la Médina ; Arrondissement El Bostene ; Arrondissement Sfax Nord ; Arrondissement Sidi Mansour ; Arrondissement Rbath ; Arrondissement Markez Chaker ; Arrondissement Cité El Habib.
Agglomération
Sfax est une agglomération très étalée de (espace urbain sur un total de qui tient compte d'espaces agricoles interstitiels) comprenant dont 55 % pour la municipalité-centre et 45 % pour les municipalités de banlieue. Son organisation est radio-concentrique avec une municipalité-centre en demi-cercle sur la mer et une distribution des six municipalités de banlieue selon des axes radiaux (treize) avec, du nord au sud, Sakiet Eddaïer, Sakiet Ezzit, Chihia, Gremda, El Aïn et Thyna.
gauche|vignette|Image satellite prise par la NASA en juin 2015.
Ces banlieues ont prospéré le long des axes routiers, dépassant facilement une première couronne située à quatre kilomètres du centre (une route tangentielle sert de limite à cette première couronne : la rocade du ) mitant un espace agricole et d'agrément constitué de vergers (jnen). Cette urbanisation s'est faite avec une prédominance d'« habitat spontané » devant l'insuffisance des aménagements de l'État principalement en lotissements résidentiels destinés aux classes populaires. La forte croissance urbaine a reposé sur les banlieues qui ont surtout développé la fonction résidentielle, que ce soient les zones d'« habitat spontané » qui ont pris une ampleur à la mesure du sous-investissement public ou les lotissements des classes moyennes et supérieures au sud (Gremda, Chihia et Thyna). La décision de la délimitation d'un périmètre d'intervention foncière de l'État il y a quelques années sur la commune de Sakiet Ezzit, une première, témoigne du décalage entre la demande foncière de la population et la réponse étatique tardive sinon insuffisante. Il en résulte un grand étalement qui accroît le problème des déplacements dans une agglomération où les transports publics sont limités (une seule ligne ferroviaire de banlieue entre Sakiet Ezzit et Sfax) et les distances grandes entre les lieux de résidence périphériques et l'emploi central (40 % de l'emploi pour 4,4 % des logements).
Le projet de Taparura représente le plus grand projet urbain de la ville.
Culture Musées
vignette|Cour du Dar Jellouli.
Le musée archéologique de Sfax comprend une collection de pièces archéologiques antiques découvertes dans la ville et sur des sites proches, notamment la cité antique de Thanae ; ses collections comprennent des pièces datant des périodes préhistoriques, romaines et islamiques. Il est situé au rez-de-chaussée du bâtiment de la municipalité. et fermé pour travaux de rénovation en 2017. Quant au musée Dar Jellouli, localisé dans un palais de style andalou qui constituait avant l'indépendance une demeure du caïd local, il abrite le musée régional des arts et traditions populaires.
Théâtre
vignette|Théâtre de Sfax.
La ville possédait un théâtre municipal entre 1903 et 1942, bâtisse édifiée par l'architecte Raphaël Guy selon une architecture néo-mauresqueConnaissance des arts, , Paris, Société française de promotion artistique, 2003, ., en cohérence avec le siège de la municipalité et le palais Ramdane, et détruite lors des bombardements que Sfax connaît lors de la campagne de Tunisie qui visent pourtant le port de commerce bien plus au sud de la ville et durant lesquels le quartier franc est totalement rasé.
Capitale de la culture arabe La ville est désignée capitale arabe de la culture 2016.. Un évènement qui démarre le 23 juillet de la même année et qui se poursuit pendant huit mois..
Éducation Enseignement supérieur Sfax concentre les principales institutions éducatives du sud du Sahel : l'université de Sfax est ainsi l'un des principaux centres d'enseignement universitaire du pays avec ses facultés de médecine, de gestion et de sciences, avec notamment l'Institut supérieur d'informatique et de multimédia et l'École nationale d'électronique et des télécommunications.
L'université nord-américaine privée fondée en 2012 se compose de deux instituts : l'Institut international technologique (école d'ingénieurs et d'architecture) et l'International School of Business..
Lycées et collèges
vignette|droite|Lycée technique de Sfax.
Parmi les lycées les plus connus de la cité figure le lycée pilote de Sfax, le lycée Hédi-Chaker (anciennement lycée de garçons), le lycée 15-Novembre 1955 (aussi appelé El Hay), le lycée 20- ou encore le lycée Habib Maazoun. En 2007, le collège pilote de Sfax a ouvert ses portes. On compte aussi une bibliothèque au centre-ville ainsi qu'un espace culturel français situé près de la gare.
Base aérienne Par ailleurs, aux alentours de la ville, une base aérienne fondée dans les années 1980 abrite depuis 1993 l'École des spécialités aériennes, d'une capacité d'accueil de 600 étudiants, et un laboratoire d'étalonnage, le premier du pays..
Gastronomie