Le Premier Maître (en , Pervyy uchitel) est un film soviétique réalisé par Andreï Kontchalovski en 1965, d'après la nouvelle éponyme de Tchinguiz Aïtmatov, parue deux ans plus tôt.

Synopsis 1923. L'arrivée de Diouchen, jeune soldat de l'Armée rouge, envoyé par le Komsomol à l'aoul de Koksaï en Kirghizie, provoque un attroupement. Le jeune homme se présente et explique sa mission : éduquer et apprendre à lire. La masse ignorante toise cet être étrange, puis, stupéfaite par ses propos, exprime son étonnement, se moque de lui et le plante, sur place, seul avec sa mission.

Enfin, on lui laisse une écurie désaffectée ; un vieux qui vit avec sa vieille, lui offre l'hébergement et Altynaï, une orpheline de 16 ans, manifeste son intérêt.

Le lendemain, quelques enfants viennent, dont Altynaï, et les premières journées de classe sont difficiles : le jeune maître, imbu de sa vocation messianique mais inexpérimenté, commet des maladresses aggravées par des conditions matérielles désastreuses. Comme le font remarquer des cavaliers, du haut de leurs montures : "C'est comme une seconde femme qui s'occuperait des enfants et qui serait rétribuée en argent soviétique."

Malgré les épreuves, des enfants continuent à venir car, ainsi, on s'occupe d'eux. Parmi eux, Souvan, un garçon éveillé, et Altynaï, qui l'aide à l'occasion. Il a aussi gagné la sympathie de quelques villageois plus sensibles aux idées nouvelles. Ainsi, lorsque Diouchen quitte provisoirement l'aoul, on essaye de démolir l'école : les enfants et quelques adultes s'interposent.

Quelques jours plus tard, l'instituteur revient et rameute, en pleine nuit, les villageois afin qu'ils partagent sa détresse : Lénine est mort.

À la fête, au village, le Baï, seigneur local, découvre la beauté d'Altynaï, mais constate aussi que son autorité est remise en cause : son frère a été agressé et contré par l'instituteur. Il provoque ce dernier en un combat singulier. Diouchen n'ayant pas la carrure, un "ami" lui impose de combattre à sa place. Le seigneur l'emporte et, par la même occasion, veut aussi enlever Altynaï. Plus tard, des bandits à sa solde ravissent la jeune fille et, après avoir sauvagement rossé Diouchen qui s'y opposait, violent l'adolescente.

L'instituteur, tenace, revient avec deux policiers qui arrêtent le Baï. Mais, lorsque Diouchen ramène la jeune fille au village, celle-ci, déshonorée, est rejetée par les gens du village. Elle part donc pour Tachkent, en compagnie de l'instituteur amoureux, afin d'y poursuivre ses études. Un jour, pourtant, Diouchen retourne au village et retrouve son école incendiée. Il décide, cette fois-ci, d'en construire une nouvelle avec l'aide des villageois.

Fiche technique Titre original: Titre français : Le Premier Maître Réalisation : Andreï Kontchalovski Scénario : Andreï Kontchalovski, Boris Dobrodeev et Tchinguiz Aïtmatov d'après la nouvelle homonyme de ce dernierEditions Les Bons Caractères/Le Temps des Cerises, Paris, 2017 Musique : Viatcheslav Ovtchinnikov Décors : Costumes : , M. Abdieva Photographie : , Vladimir Ocherov Électricien : Vladimir Ocherov Son : Evgueni Kachkevitch, Sofia Kantsenelenbogen Montage : Eva Ladyjenskaïa Sociétés de production : Kirghizfilm, Mosfilm Pays de production : URSS et Kirghizie Langue originale : russe Format : noir et blanc - 35mm - 1,37:1 - mono Genre : drame Durée : 102 minutes Dates de sortie : Kirghizie : à Bichkek France :

Distribution Bolot Beïchenaliev : Diouchen Natalia Arinbassarova : Altynaï Sovetbek Djoumadylov : Kaïmbaï : Koltonaï Idris Nogaïbaev : le Baï Nadbeck : Tchernoukha Klara Youssoupjanova : Burma Rosa Tabaldyeva : jeune cavalière Nasredine Doubachev

Distinctions 1966 : Biennale de Venise coupe Volpi pour la meilleure actrice Natalia Arinbassarova. nomination pour le Lion d'or à Andreï Kontchalovski. 1973 : Jussi (oscar finlandais) du meilleur réalisateur étranger.

Autour du film Andreï Tarkovski a révisé le scénario mais son nom n'apparaît pas au générique.

Natalia Arinbassarova était l'épouse du réalisateur à l'époque du tournage.

Le tournage a été réalisé sur les lieux où se déroulait l'action.

Commentaire Avec peu de moyens, en dirigeant des acteurs non professionnels et sa propre épouse dans le rôle d'Altynaï, Andreï Kontchalovski a tourné en Kirghizie l'adaptation d'une nouvelle de Tchinguiz Aïtmatov, Dictionnaire des films, Georges Sadoul, Microcosme/Seuil.

Certes, le thème central demeure inchangé : G. Sadoul : op. cité.

Mais, Sylvie Pierre : Cahiers du cinéma, décembre 1967.

En outre, Michel Sineux, Positif, cité dans Le cinéma russe et soviétique, p. 254, cinéma/pluriel, Éditions du Centre Georges-Pompidou, 1981.

, écrit plus haut Michel Sineuxop. cité.. Le Premier Maître, c'est également , ajoute encore Michel Sineux.

Évidemment, au-delà des beautés inhérentes au film, le message s'affirme clairement :

Notes et références

Liens externes

La liberté s'efforçant de guider le peuple : Le Premier Maître

Catégorie:Film soviétique sorti en 1965 Catégorie:Film dramatique soviétique Catégorie:Film réalisé par Andreï Kontchalovski Catégorie:Film avec une musique composée par Viatcheslav Ovtchinnikov Catégorie:Film soviétique en noir et blanc Catégorie:Film de Mosfilm Catégorie:Film de Kirghizfilm Catégorie:Adaptation d'une nouvelle russe au cinéma Catégorie:Premier long métrage sorti en 1965