Léon Lefébure, né le dans le Haut-Rhin et mort à Orbey (Haut-Rhin) le , est un écrivain, journaliste et homme politique français.

Il fut député du Haut-Rhin de 1869 à 1870, député de la Seine de 1871 à 1876, puis sous-secrétaire d'État aux Finances du au dans le deuxième gouvernement de Broglie et du au dans le gouvernement Courtot de Cissey.

Il collabore au Correspondant, à la Revue de Paris et à la Revue des Deux Mondes. Il est le fondateur de la Société générale des prisons en 1877 et de l'Office central des œuvres de bienfaisance en 1890. Il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1903.

Biographie Naissance et formation Léon Albert Lefébure naît le à Logelbach, dans la commune de Wintzenheim. Sa mère, Adèle Herzog, est fille d’Antoine Herzog, un capitaine de l’industrie textile alsacienne, dont la famille possède des usines à Logelbach et à Orbey, mais aussi ses propres plantations de coton dans les colonies françaises. Son père est Eugène Jean-Baptiste Charles Lefébure, ancien médecin militaire originaire du Havre, qui s’est associé après son mariage à sa belle-famille dans la gestion de ses usines. Eugène Lefébure s’est également engagé en politique, ayant effectué trois mandats au Corps législatif, ainsi que des mandats locaux comme conseiller général du Haut-Rhin et maire d’Orbey. Proche à l’origine du parti de la majorité dynastique, qui soutient le gouvernement de Napoléon III, il s’en détache progressivement et est à la fin de sa carrière proche des idées du Tiers parti, fondé peu après.

Léon Lefébure suit d’abord les cours du collège des Jésuites de Fribourg, avant de sortir du système scolaire classique pour suivre les enseignements de précepteurs privés plus conformes aux vues de son père, fervant défenseur de l’enseignement assuré par les religieux. Parmi ses professeurs figure notamment Joseph Guthlin, promoteur du catholicisme libéral, dont les idées vont marquer durablement Léon Lefébure. Ainsi, lorsqu’il part étudier le droit à Paris, il rejoint à son arrivée le groupe de Charles de Montalembert, Augustin Cochin et Armand de Melun.

Carrière politique En 1862, Léon Lefébure part en Algérie française pour aider son oncle dans la gestion des plantations de coton que possède la famille près d’Oran. Celles-ci sont toutefois progressivement abandonnées à partir du milieu des années 1860, du fait qu’elles sont en contradiction avec la politique menée par Napoléon III. Dans l’intervalle, Léon Lefébure s’est fait élire conseiller général d’Oran en 1863, mandat qu’il conserve jusqu’en 1867. Il est toutefois dès avant cette date souvent en France, du fait de ses fonctions d’auditeur auprès du conseil d’État et de secrétaire de la commission de l’Enquête agricole pour l’Est.

En 1867, il se fait élire conseiller général du Haut-Rhin pour le canton de Lapoutroie, où il succède à son père. Il prépare ensuite sa campagne pour tenter de reprendre également son siège au Corps législatif. Son principal opposant est Frédéric Hartmann, un autre industriel du textile. Les deux candidats disposent chacun de fonds et de soutiens considérables : Hartmann peut compter sur le soutien des protestants et du Journal de Colmar, dont il est propriétaire, tandis que Lefébure est soutenu par les catholiques et le journal L’Alsace, dont Joseph Guthlin est le principal rédacteur. Léon Lefébure remporte finalement la victoire et siège au centre-gauche.

Au début de la guerre franco-allemande de 1870, Léon Lefébure commande une compagnie de la garde nationale mobile du Haut-Rhin. Celle-ci est rapidement dissoute, à l’instar des autres compagnies alsaciennes, après leur refus de sortir d’Alsace pour aller protéger Besançon. Après la défaite, il quitte l’Alsace et se fait élire le député de la Seine, puis est nommé sous-secrétaire aux finances dans les gouvernements de Broglie I et II, ainsi que dans celui de Courtot de Cissey.

Une fin de vie consacrée l’économie sociale Le il épouse à Paris Henriette Froment-Meurice, avec laquelle il a un fils, Eugène. Celle-ci décède toutefois dès 1876 et Léon Lefébure, très affecté par sa mort, décide de mettre fin à sa carrière politique. Il travaille alors dans les conseils d’administrations de grandes entreprises, comme les assurances le Soleil, les Compagnie des chemins de fer de l'Est ou encore la Compagnie minière de la Vieille-Montagne. Il se consacre également à l’économie sociale, fondant en 1889 l’Office central des œuvres de bienfaisance et en faisant des enquêtes sur l’assistance sociale aux États-Unis et au Royaume-Uni. Ces activités lui permettent d’être élu en 1903 à l’Académie des sciences morales et politiques.

Pendant cette période, il séjourne alternativement à Paris, en Normandie, sur la Côte d’Azur et à Orbey, où il meurt le .

Positions Positions politiques Au début de son mandat au Corps législatif, Léon Lefébure siège au centre-gauche. Il y adopte plus ou moins les mêmes positions que son père et porte les idées du catholicisme libéral. Il s’oppose par conséquent à l’Empire autoritaire au profit de l’Empire libéral et est ainsi signataire de la motion des Cent-Seize, qui entraîne la chute du gouvernement de Rouher en , tout en votant oui au plébiscite du 8 mai 1870. Ayant des intérêts en Algérie française, il y soutien le renforcement de la colonisation et la mutabilité du melk. Il fait partie des rares opposants à la guerre de 1870 au sein du Corps législatif, où il vote d’abord en faveur de la motion demandant la communication des dépêches, puis contre les crédits de guerre.

Au cours de son mandat comme député de la Seine, il fait partie des conservateurs et libéraux regroupés autour de Albert de Broglie et Louis Buffet. Dans les votes les plus notables, il se prononce pour le renvoi d’Adolphe Thiers, contre l’amendement Wallon et pour les lois constitutionnelles de 1875.

Ouvrages Étude sur l'économie rurale de l'Alsace, 1869 Étude sur l'Allemagne nouvelle, 1872 Les Questions vitales, 1876 La Science pénitentiaire au Congrès de Stockholm, 1880 - Prix Marcelin Guérin de l'Académie française en 1881 La Renaissance religieuse en France, vues sur l'action catholique depuis cinquante ans, 1886 Le Devoir social, 1890 Texte en ligne - Prix Montyon de l'Académie française en 1891 L'Organisation de la charité privée en France, histoire d'une œuvre, 1900 Texte en ligne Portraits de croyants au : Montalembert, Auguste Cochin, François Rio, A. Guthlin, 1905

Notes et références

Annexes Bibliographie . . Alphonse Kannengieser, Un Alsacien : Léon Lefébure, membre de l'Institut, fondateur de l'Office central des œuvres de bienfaisance, P. Lethielleux, Paris, 1912 René Stourm, Notice historique sur la vie et les travaux de M. Léon Lefébure, Académie des sciences morales et politiques, Firmin-Didot, Paris, 1915 Arthur Chuquet, Discours de M. Arthur Chuquet, à l'occasion de la mort de M. Léon Lefébure, membre libre de l'Académie, Académie des sciences morales et politiques, Firmin-Didot, Paris, 1911

Liens externes

Catégorie:Journaliste français du XIXe siècle Catégorie:Député de la Seine (Troisième République) Catégorie:Essayiste politique du XIXe siècle Catégorie:Député du Haut-Rhin Catégorie:Membre de l'Académie des sciences morales et politiques Catégorie:Ministre de la Troisième République Catégorie:Naissance en mars 1838 Catégorie:Naissance à Wintzenheim Catégorie:Décès en avril 1911 Catégorie:Décès en Alsace-Lorraine Catégorie:Député du Second Empire Catégorie:Député à l'Assemblée nationale (1871) Catégorie:Sous-secrétaire d'État français Catégorie:Décès à 73 ans Catégorie:Lauréat du prix Marcelin-Guérin