Jean-Pierre Bechter, né le à Ussel (Corrèze), est un homme politique français.
Membre du RPR, de l’UMP puis de LR, il est à deux reprises député de la Corrèze entre 1978 et 1988 et maire de Corbeil-Essonnes de 2009 à 2020.
Il est condamné pour corruption électorale en 2022 pour avoir été l'un des bénéficiaires du système de fraude instauré par Serge Dassault.
Biographie
Jeunesse et études Jean-Pierre Bechter est un ancien élève de l'école militaire préparatoire d'Aix-en-Provence et de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence.
Parcours professionnel Il est sous-préfet de profession.
Parcours politique
Député et conseiller municipal Jean-Pierre Bechter élu député RPR de la première circonscription de la Corrèze lors des élections législatives de 1978. Battu en 1981 par le maire communiste de Tulle, Jean Combasteil, il revient à l'Assemblée nationale le , en remplacement de Jacques Chirac, nommé Premier ministre. Il doit à sa proximité avec ce dernier, qui l'entraîne dans ses cabinets aux ministères puis à la mairie de Paris, son ascension politique et son parachutage en région parisienne..
Élu conseiller municipal dans le de Paris à l'occasion des élections de 1983, Jean-Pierre Bechter est nommé adjoint au maire la même année. Constamment réélu au conseil de Paris, il a exercé la fonction de vice-président du groupe UMP au sein de cette assemblée. En 1997 et 2002, il est battu aux élections législatives avec 16,39 % puis 19,08 % dans la de Paris sans investiture UMP.
Maire de Corbeil-Essonnes Administrateur de la Socpresse et du Figaro« Avec qui pilote Dassault ? », Stratégies, 13 janvier 2005., directeur du Républicain de l'Essonne« Inéligible, Serge Dassault veut saisir la Cour européenne des droits de l'homme », Le Monde, 14 septembre 2009., il est candidat sur la liste de droite à l'élection municipale de 2008 à Corbeil-Essonnes.
Considéré comme le bras droit de Serge Dassault, il est investi par l'UMP pour conduire la liste « Ensemble, pour servir Corbeil-Essonnes », à la suite de l'annulation de l'élection de ce dernier« Municipales/Corbeil-Essonnes: 8 candidats », Le Figaro, 10 septembre 2009.. Le , Jean-Pierre Bechter arrive en tête du premier tour avec 30,75 % des voix, contre 24,33 % à la liste communiste ; entre les deux tours, sa liste fusionne avec la liste sans étiquette de Jean-Michel Fritz« Corbeil : deux listes de fusion à gauche et à droite pour le second tour des municipales », dépêche AFP, 29 septembre 2009.. Le , la droite l'emporte avec 50,13 % des suffrages exprimés, soit 27 voix d'avance. Le soir-même, il déclare que Serge Dassault continuera d'assurer un rôle prépondérant à la mairie, et ajoute que « cette élection a permis de laver l'honneur de Serge Dassault, injustement bafoué par le Conseil d'État« “Pour la quatrième fois, M. Dassault est élu maire de Corbeil-Essonnes” », Le Monde, 5 octobre 2009.. » Une semaine plus tard, le , Jean-Pierre Bechter est officiellement élu maire, à l'unanimité des présents (l'opposition ayant refusé de participer au vote), par le nouveau conseil municipal de Corbeil-Essonnes« Jean-Pierre Bechter (UMP) élu maire de Corbeil-Essonnes en conseil municipal », dépêche AFP, 11 octobre 2009..
Un recours déposé par l'opposition pour la mention « Secrétaire général de la fondation Serge Dassault » sur les bulletins de vote entraîne l'annulation de l'élection municipale de 2009 par le tribunal administratif de Versailles, décision confirmée par le Conseil d'État le « Le Conseil d'État annule encore les municipales de Corbeil-Essonnes », Nouvelobs interactif, 22 septembre 2010.. Le suivant, ses fonctions de maire prennent fin avec l'installation de la délégation spéciale nommée la veille par le préfet. En conséquence, un nouveau scrutin municipal se tient au mois de décembre. La liste UMP conduite par Jean-Pierre Bechter, sur laquelle figure Serge Dassault en dernière position, arrive en tête du premier tour, puis fusionne avec celle de Jean-François Bayle (divers droite). Le , au second tour, l'UMP remporte le scrutin avec 53,71 % des voix contre 46,29 % à la liste communiste menée par Bruno Piriou« Corbeil: Bechter (UMP) gagne le scrutin », Le Figaro, 13 décembre 2010.. Le conseil municipal élit de nouveau Jean-Pierre Bechter maire de Corbeil-Essonnes le , par 32 voix contre 10 à Bruno Piriou« Corbeil: Jean-Pierre Bechter (UMP) réélu maire par le conseil municipal », dépêche AFP, 19 décembre 2010..
À la suite d'une perquisition effectuée à la mairie, il est placé en garde à vue le dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de fraudes électorales, auxquelles pourraient être liées deux tentatives d'homicide.. Il est de nouveau placé en garde à vue le dans une enquête sur des achats de vote présumésAffaire Dassault : le maire de Corbeil-Essonnes en garde à vue, lemonde.fr, 15 janvier 2014.
La liste qu'il conduit à l'élection municipale de 2014 à Corbeil-Essonnes l'emporte au second tour avec 56,52 % des suffrages..
En , il est renvoyé en correctionnelle avec sept autres personnes pour « achat de votes » et « financement illégal de campagne électorale ». La justice soupçonne une « entreprise de corruption généralisée de l’électorat […] exercée à un degré sans doute jamais atteint lors des élections de 2009 et 2010, remportées par Jean-Pierre Bechter ».
En , au second tour des élections municipales, la liste qu'il mène est défaite par celle de son adversaire historique et ancien communiste Bruno Piriou..
Conseiller départemental de l'Essonne Le , Jean-Pierre Bechter est élu conseiller départemental de l’Essonne dans le canton de Corbeil-Essonnes, en binôme avec Caroline Varin. Mais le suivant, il annonce son intention de démissionner de cette fonction ; Serge Dassault, qui est son suppléant, le remplace ainsi au conseil départemental le .
À la suite de la mort de Serge Dassault, une élection cantonale partielle est organisée : le , Jean-Pierre Bechter l’emporte au second tour avec 55,4 % des suffrages exprimés, avec une très faible participation (12,0 %)..
Affaires judiciaires
Condamnation pour corruption électorale Poursuivi par la justice pour achat de votes et financement illégal de campagne électorale à l'occasion des élections municipales de 2009 et 2010, Jean-Pierre Bechter, qualifié de , est condamné en à deux ans de prison ferme et cinq ans d'inéligibilité.. La justice évoque une « entreprise de corruption généralisée de l’électorat (…) qui s’est exercée à un degré sans doute jamais atteint lors des élections de 2009 et 2010 remportées par Jean-Pierre Bechter ». Il fait appel de ce jugement de première instance.. Il est condamné en à deux ans de prison avec sursis et cinq ans d'inéligibilité par la cour d'appel de Paris..
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Liste des députés de la Corrèze Conseil de surveillance de l'Olympique de Marseille, dont il est membre
Liens externes
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