Jean Grémillon, né le à Bayeux (Calvados) et mort le à Paris, est un réalisateur et scénariste français.
Musicien, compositeur et auteur, Grémillon est réputé pour son œuvre singulière. Il fait partie des réalisateurs les plus importants de l'histoire du cinéma français, notamment selon Bertrand TavernierBertrand Tavernier, Voyage à travers le cinéma français, épisode 1/8 - Mes cinéastes de chevet : Max Ophüls, Jean Grémillon, Henri Decoin, série documentaire, 2017..
Biographie Issu d'un milieu modeste de Basse-Normandie, à Cerisy-la-Forêt, le jeune Grémillon doit d'abord imposer à son père, employé aux Chemins de fer de l'Ouest., son désir de faire des études musicales. En 1920, il vient à Paris suivre les cours de la Schola Cantorum, notamment ceux de Vincent d'Indy, où il devient ami avec le chef d'orchestre Roger Désormière. Il se lie à l'avant-garde musicale et théâtrale des années 1920, et découvre le cinéma comme violoniste de salle, en accompagnant des films muets. Il accepte des commandes de courts-métrages liés au monde du travail, puis réalise ses premiers courts-métrage personnels sur le thème maritime, avec Tour au large et La Croisière de l'Atalante.
Il tourne son premier long-métrage dès la fin du muet, Maldone, sous l'œil bienveillant de Charles Dullin, qui produit le film., tout en incarnant le premier rôle. Mais la version écourtée par le distributeur (sans accord de l'auteur) rencontre un succès médiocre. Gardiens de phare, produit par Jacques Feyder en 1929, est un succès., ce qui l'amène à rencontrer le scénariste Charles Spaak, avec lequel il réalise La Petite Lise. Le film provoque leur renvoi immédiat de Pathé-Natan. La sortie du film est délibérément sabotée.
En 1937, il co-réalise en Espagne Sentinelle, alerte ! avec Luis Buñuel, d'après une opérette de Carlos Arniches - film purement alimentaire pour lui. La même année, il fait tourner Jean Gabin dans Gueule d'amour et, l'année d'après, Raimu dans L'Étrange Monsieur Victor, deux films notables qui lui assurent la consécration artistique et populaire.
En 1939, il réalise Remorques, avec Jean Gabin, Michèle Morgan et Madeleine Renaud, et pendant l'Occupation, il tourne Lumière d'été avec Madeleine Robinson et Pierre Brasseur, et Le ciel est à vous, avec Madeleine Renaud et Charles Vanel, souvent considéré comme l'un de ses chefs-d'œuvre.
En 1944, il adhère au Parti communiste français.. La même années, le réalisateur est élu Président de la Cinémathèque Françaisehttp://cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr/index.php?pk=11888 Fiche BiFi du réalisateur, consultée le 17 mars 2025. En 1945, parti à la recherche de sa famille en Normandie, il y tourne le premier documentaire sur les lieux du Débarquement : Le 6 juin à l'aube.
Il se lance dans plusieurs projets de films historiques à visées révolutionnaires, notamment sur la Commune de Paris, la guerre d'Espagne, mais aucun ne voit le jour, en raison de l'abandon des projets par les producteurs - notamment le Ministère de la Culture commanditaire.
Il aime se retirer dans sa maison familiale de Normandie, à Cerisy-la-Forêt, et y travailler de longs mois à ses projets.
Il est élu président du Syndicat national des techniciens de la production cinématographique et de télévision le , fonction qu'il occupe jusqu'au . À ce titre il joue un rôle principal lors de l'action menée pour l'institution du Fonds de soutien automatique à la production cinématographique, après la signature des accords Blum-Byrnes en 1946.
Après quatre ans passés sans tourner, il réalise Pattes blanches sur un scénario de Jean Anouilh, qui déroute la critique et le public, puis L'Étrange Madame X et L'Amour d'une femme, avec Micheline Presle, autre chef-d'œuvre méconnu, féministe et trop en avance sur son temps, où il traite du déchirement d'une femme médecin entre sa vocation et son amour.
Ne parvenant plus à trouver de financement, il crée avec son épouse Christiane et des amis une petite société de production, Les Films du Dauphin, qui lui rend son indépendance pour tourner des courts-métrages sur l'acte de création : Basse-Lisse, André Masson
Atteint d'un cancer, Jean Grémillon meurt prématurément à 58 ans, le même jour que Gérard Philipe avec lequel il militait et avait un important projet de tournage.
Il est inhumé au cimetière de Saint-Sulpice-de-FavièresSection O, tombe n° 65., dans l'Essonne, avec son épouse décédée en 1992Cimetières de France et d'ailleurs..
Hommages Le collège de Saint-Clair-sur-l'Elle, dans la Manche, porte son nom, ainsi qu'une résidence universitaire du CROUS de Caen située à Hérouville-Saint-Clair, et une rue de Bayeux.
Au Mans, une rue située à proximité de l'université du Maine porte son nom, de même qu'à Port-Bail-sur-Mer.
Une esplanade lui est consacrée à Saint-Lô, à proximité immédiate du cinéma de la ville.
Filmographie Plusieurs des longs-métrages de Grémillon, parmi lesquels Gardiens de phare et La Petite Lise, ont longtemps été considérés comme perdus. Tous ont été finalement retrouvés et restaurés à partir du milieu des années 1970.
Courts métrages
Moyens métrages 1926 : Un tour au large 1926 ; La Croisière de l'Atalante 1933 : Gonzague ou l'accordeur 1945 : Le 6 juin à l'aube
Longs métrages
Récompenses 1949 : prix spécial (photographie et montage) au festival international du film de Locarno pour Pattes blanches 1950 : prix du court métrage international à la Mostra de Venise pour Les Charmes de l'existence
Publication Grémillon Jean, Le Cinéma ? Plus qu'un art !… Écrits et propos. 1925-1959, préface de Paul Vecchiali, textes rassemblés par Pierre Lherminier, L'Harmattan, 2010 Agel Henri, Jean Grémillon, Paris, Seghers, 1969. Billard Pierre, Jean Grémillon, Paris, L’Avant-Scène Cinéma / Anthologie du Cinéma, n° 20, 1966. Calvet Yann et Roger Philippe (sous la dir.), Jean Grémillon et les quatre Éléments, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2019. L’Étrange M. Grémillon, Paris, BnF, 2001. 1895. Revue d'histoire du cinéma, hors‐série Jean Grémillon, , p. 5‐14. Païni Dominique, « Les cinq vies de Jean Grémillon, I : Grémillon muet », Les Cahiers du cinéma, n° 693, , p. 88-89. Roger Philippe, Lumière d’été de Jean Grémillon, Crisnée, Yellow Now, 2015. Sellier Geneviève, Jean Grémillon. Le cinéma est à vous, Paris, Klincksieck, 2012. Tixier Nicolas et Warren Michel, Jean Grémillon. Cinéaste (1901-1959), Grenoble, Fédération des Cinémathèques et Archives de Films de France, 1997.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Ouvrages Henri Agel, Jean Grémillon, Seghers, 1969 ; rééd. Pierre Lherminier, 1984 . Geneviève Sellier, Jean Grémillon. Le cinéma est à vous, préface de Michel Marie, Méridiens Klincksieck, 1989. Philippe Roger, Lumière d'été de Jean Grémillon, Yellow Now, 2015.
Articles
Pierre Murat, « Hommage à Jean Grémillon, cinéaste au plus près des secrets », Télérama, .
Ressources audiovisuelles « Jean Grémillon filmé par Pierre Le Bris », archive conservée à la Cinémathèque de Bretagne.
Liens externes
Grémillon sur encinematheque.net.
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