Études françaisesPlus tôt au , une revue de sinologie, dirigée par André d'Hormon et éditée à Pékin, a porté le même titre. Cf She Xiebin, « La littérature française traduite en Chine », Meta : journal des traducteurs / Meta: Translators' Journal, , , 1999, (lire en ligne). est une revue québécoise qui se consacre à la critique, à l'histoire et à la théorie des littératures de langue française. Elle est publiée depuis 1965 à raison de trois numéros par an, qui se composent d’un dossier thématique construit autour d’une problématique précise et d’une rubrique d’articles libres intitulée « Exercices de lecture » qui rend compte des travaux de la recherche en train de se faire.
Historique Études françaises est créée en 1965 sous l’égide du département d’Études françaises (devenu en 2003 le département des Littératures de langue française) de l’Université de Montréal, lui-même créé en 1962. Elle est, depuis l’origine, publiée par les Presses de l’Université de Montréal.
Son premier numéro paraît en avec un sous-titre, « Revue des lettres françaises et canadiennes-françaises », qu’elle conserve jusqu’en 1974. Son premier directeur est René de Chantal, son premier comité de rédaction est composé de Bernard Beugnot, Nicole Deschamps, Albert Le Grand et Michel Mansuy. Ces fondateurs « souhaitent contribuer au resserrement des liens, déjà étroits, qui unissent les universités d’Europe à celles du Canada français » et « voir s’amorcer un courant d’échanges entre Montréal et les universités américaines« Avant-propos », Études françaises, , , février 1965, , signé « La Rédaction » (lire en ligne). ». Georges-André Vachon succède en 1966 à René de Chantal entré dans la carrière diplomatique. Sous son impulsion, le prix de la revue Études françaises est créé en 1968.
Première revue universitaire québécoise à se consacrer à la recherche littéraire, elle étudie toutes les littératures de langue française, à travers le monde et à travers le temps, du Moyen Âge aux productions contemporaines. Ainsi déclare-t-elle, par la voix de son second directeur, en 1968 : « Parce qu’elle est publiée au Québec, dans un pays qui se cherche, notre revue est particulièrement attentive au renouvellement de la langue et des formes littéraires qui se poursuit, dans tous les pays francophonesGeorges-André Vachon, « Critique, création, recherche », Études françaises, , , février 1968, (lire en ligne).. » Témoignent de cet intérêt précoce pour la francophonie, la conférence de Léopold Sedar Senghor, « Qu’est-ce que la négritude ? », qu’elle publie en « Qu'est-ce que la négritude ? », , , (lire en ligne)., ou le premier chapitre, inédit, des Soleils des indépendances d’Ahmadou Kourouma qu’elle offre à ses lecteurs en « Les funérailles du septième jour », , , mai 1968, (lire en ligne)., précédé d’une étude par Jean Cléo Godin« Les Soleils des indépendances », , , mai 1968, (lire en ligne). de ce roman qu’elle couronne en lui remettant son premier prix.
Pendant les deux premières années de son existence, Études françaises paraît trois fois par année, en février, en juin et en octobre. En 1967, un numéro thématique s’ajoute au calendrier de ses publications (février, mai, août et novembre), instaurant un rythme de parution trimestriel que la revue soutient jusqu’en 1981. Au cours de cette période, elle publie des articles scientifiques, des instruments de travail et de recherche, des « Notes et documents », une « Bibliographie des lettres canadiennes-françaises », des comptes rendus (de 1965 à 1970)Cent vingt-trois comptes rendus sont recensés dans Études françaises. Index 1965-1984, préparé par Raymond-Louis Laquerre, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1986, ., des chroniques de la littérature québécoise (de 1970 à 1972) devenues numéros annuels en 1973 et en 1974« L’année littéraire québécoise 1973 », , , mai 1974 (lire en ligne) ; « L’année littéraire québécoise 1974 », , , mai 1975 (lire en ligne)., des témoignages et des textes de création signés par Michel Beaulieu« Poèmes », , , novembre 1968, (lire en ligne) ; « Sang et eau des os », , , février 1973, (lire en ligne)., Nicole Brossard« L’avenir de la littérature québécoise. Aux prises avec la réalité du dedans surgie », , , (lire en ligne)., Roch Carrier« La noce », , , février 1969, (lire en ligne) ; « Ceci n’est pas un conte », , , avril 1976, (lire en ligne)., Réjean Ducharme« Fragment inédit de L’océantume », , , octobre 1975, (lire en ligne)., Jacques Ferron« Propos d’écrivain », , , avril 1976, (lire en ligne)., Claude Gauvreau« Lettres à Jean-Isidore Cleuffeu », vol. 7, , novembre 1971, (lire en ligne)., Paul-Marie Lapointe« Écritures (fragments) », , , avril 1980, (lire en ligne)., Antonine Maillet« Mon pays c’est un conte », , , avril 1976, (lire en ligne)., Gaston Miron« Poèmes », , , mai 1970, (lire en ligne)., Pierre Nepveu« Pièces minimales », vol. 8, , novembre 1972, (lire en ligne). ; des interventions d’Alfred Desrochers, Jacques Godbout, Gilbert Langevin, André Major, Claude Péloquin, Jacques RenaudSur Émile Nelligan, « Témoignages d’écrivains », , , août 1967, (lire en ligne)..
Entre 1967 et 1970, elle publie plus d’une centaine de textes de toutes natures dans des numéros qui contribuent à la défense et à l’illustration de la littérature québécoise, de la Nouvelle-France au , et à l’invention de sa tradition tandis que se développe son enseignement collégial et universitaire« La poésie québécoise : Émile Nelligan », , , août 1967 (lire en ligne) ; « Chateaubriand et ses précurseurs français d’Amérique », , , août 1968 (lire en ligne) ; « Une littérature de combat 1778-1810. Les débuts du journalisme canadien-français », , , août 1969 (lire en ligne) ; « L’invention du pays : chroniques et notices d’Arthur Buies », , , août 1970 (lire en ligne) ; « Les démocrates canadiens 1845-1875 », , , août 1973 (lire en ligne)..
Études françaises adopte en 1974 la formule des numéros entièrement thématiques qui lui permet de susciter des recherches autour d’auteurs ou de théoriciens, d’approches ou de genres, de questions jugées importantes. À partir de la fin de l’année 1975, elle paraît, sauf une exception en 1980, sous la forme de deux numéros doubles annuels, en avril et en octobre. Selon Jacques Michon, à la date de 1979, 48 % du contenu d’Études françaises est québécoisJacques Michon, « Les revues d’avant-garde au Québec de 1940 à 1979 », dans Lise Gauvin et Jean-Marie Klinkenberg (dir.), Trajectoires. Littérature et institutions au Québec et en Belgique francophone, Bruxelles, Labor, 1985, ..
Revenue, en 1982, à la publication de trois numéros par année (printemps, automne, hiver), elle continue à travailler entre les frontières et les disciplines« Le texte scientifique », , , automne 1983 (lire en ligne) ; « Cartographies », , , automne 1985 (lire en ligne)., en dialoguant avec les autres arts« Musique et texte », , , , (lire en ligne) ; « Écrire l’image », , , printemps 1985, (lire en ligne) ; « L’automatisme en mouvement », , , automne-hiver 1998 (lire en ligne) ; « Hergé reporter. Tintin en contexte », , , 2010 (lire en ligne) ; « Écrire après le cinéma », , , 2019 (lire en ligne).. Elle n’a pas cessé de publier des témoignages ou des inédits, d’auteurs québécois : Victor-Lévy Beaulieu« Ébauche abandonnée du Discours de Samm. “C’est-à-dire du bien mauvais journal dans l’à peine de son déguisement” », , , printemps 1983, (lire en ligne)., Jacques Godbout« Le dernier mot », , , printemps 1997, (lire en ligne)., Jacques Poulin« Le Journal de la Grande Sauterelle », , , hiver 1985, (lire en ligne)., Stefan Psenak« La beauté (extraits) », , , 2001, (lire en ligne)., Yolande Villemaire« La rose des temps s’ouvre, matérielle », , , 2001, (lire en ligne)., Paul-Marie Lapointe et Claude Gauvreau« Paul-Marie Lapointe et Claude Gauvreau. Inédits », , , 2012 (lire en ligne). ; belges : Éric Clémens« Les langues dans la langue », , , printemps 1997, (lire en ligne)., Marc Quaghebeur« Les Grandes Eaux », , , 2001, (lire en ligne). ; français : Maylis de Kerangal« Placard Grundig », , , 2021, (lire en ligne)., Hervé Guibert« Derniers textes sur la photographie », , , printemps 1985, (lire en ligne)., Pascal Quignard« La métayère de Rodez », , , 2004, (lire en ligne)., Francis Ponge« La Table (-) », , , avril 1981, (lire en ligne). ; de la francophonie : Abdelkébir Khatibi« Un étranger professionnel », , , printemps 1997, (lire en ligne)., Ahmadou Kourouma« Comment le guide suprême débarrassa le pays des quatre monstres qui le terrorisaient », vol. 31, , été 1995, p. 7-11 (lire en ligne) ; « Écrire en français, penser dans sa langue maternelle », , , printemps 1997, (lire en ligne)., Boubacar Boris Diop« La Bibliothèque de mon père », , , 2019 (lire en ligne)., Tierno Monénembo« De vent, de salive et d’encre », , , 2024 ..
Créée en 1987 sous le titre « Chroniques » afin de renouveler sa politique d’ouverture en accueillant tous les types de travaux, notamment ceux de jeunes chercheurs, quels que soient leurs objets, leurs perspectives et leurs approches théoriques ou méthodologiques, devenue « Exercices de lecture » en 1992-1993, la rubrique de ses articles libres s’étend parfois à l'ensemble d'un numéro« Lectures », , , 1988 (lire en ligne) ; « Variétés », , , 1991 (lire en ligne) ; « Lectures singulières », , , 1993 (lire en ligne) ; « De Proust aux écritures numériques : lectures », , , 2007 (lire en ligne) ; « De Charles Baudelaire à Kamel Daoud : lectures », , , 2020 (lire en ligne)..
En 2022, Études françaises a refondé et agrandi sur une base paritaire son conseil scientifique international fondé en 1984. Ce conseil se compose aujourd’hui de quatorze spécialistes de premier plan internationalement reconnus dans leurs domaines propres de recherche, qui font carrière dans sept pays différentserudit.org/fr/revues/etudfr/2022-v58-n2-etudfr07315/1092520ar/.