Antoine Marie Joseph Mathieu Tenant de la Tour (1883-1917) est un aviateur français. As de la Première Guerre mondiale, il faisait partie de l'escadrille des Cigognes.
Biographie Mathieu Tenant de la Tour naît le à Paris, dans une famille du Limousin. Sa mère est Marie Costis-Lasserve. Son père Albert travaille à la Caisse des dépôts et consignations. Deux de ses trois frères, François (1881-1915) et Raymond (1885-1917) sont également tués durant la guerre. Engagé dans un premier temps dans les chasseurs alpins, au BCA, nommé sergent, une mauvaise blessure l'oblige à changer d'arme.
Cavalier accompli, il passe au de hussards, comme maréchal des logis, à Nancy, avant d'être nommé sous-lieutenant du même régiment en août 1914. Il se distingue rapidement dans une reconnaissance sur la Somme pendant la Course à la mer. À l'occasion d'une rencontre avec des uhlans, il engage un combat au sabre et blesse l'un d'eux - il est cité à l'ordre du régiment pour cette action et reçoit la croix de guerre avec étoile de bronze.
Il se porte alors volontaire pour l'aviation d'abord comme observateur, puis finalement comme pilote à l'École Voisin au camp d'Avord. Il est toujours sous-lieutenant au de hussards lorsqu'il obtient son brevet de pilote civil le (ACF 1919 en Blériot) suivi de son brevet militaire le .
Il est d'abord affecté à l'escadrille MS 15 en , puis à la N 67 à partir du mois d'août. Blessé dans un accident en , il rejoint pourtant le front dès le mois de décembre, affecté à la N 57. Doué d'un sens extraordinaire de l'équilibre, il est capable de marcher sur une corde tendue. Il abat son premier ballon en , avec l'aide de son observateur, le capitaine François, action pour laquelle il reçoit la Légion d'honneurJournal officiel du 21 février 1916.
Dirigé sur le front de Verdun, il obtient une nouvelle victoire officielle le , en abattant son premier avion. Il est blessé quatre jours plus tard pendant un bombardement aérien. De retour au front avant sa guérison complète, il est affecté à l'escadrille N3 où il fait la connaissance de Heurtaux, de Dorme, de Deullin et de Guynemer : il devient l'un des meilleurs amis de Guynemer et forme avec Deullin et Heurtaux la « bande noire ».
En Somme, il se distingue en abattant un avion le , près de Péronne (citation à l'ordre de l'armée), puis il obtient une homologuée le , suivie de trois victoires probables entre le 27 et le . Le , il abat son (Drachen) à Manoncourt (citation à l'ordre de l'armée).
Le , il abat un à Flacourt (citation à l'ordre de l'armée), obtient une victoire probable le et une nouvelle victoire aérienne homologuée sur un biplace, le à Pertain (citation à l'ordre de l'armée). En , il obtient deux victoires probables, avant d'abattre le , son (sa homologuée). Sa nouvelle citation à l'ordre de l'armée indique « a abattu un des plus redoutables pilotes ennemis » : il s'agit peut-être du lieutenant Gustav Leffers, titulaire de neuf victoires.
Nommé lieutenant en , puis de nouveau blessé en , il retourne au front pour prendre le commandement de la N. 26, une autre escadrille du Groupe de Combat des Cigognes. Le , il abat un biplace du côté de Berry-au-Bac. Il abat trois nouveaux avions entre le et le , qui tombent trop loin dans les lignes allemandes pour être homologués. le , il abat un nouvel avion entre Boesinghe et Bixchoote, victoire qui n'est pas homologuée. Son ami Deullin est grièvement blessé le même jour. Le , c'est au tour d'Heurtaux d'être grièvement blessé et le , Guynemer meurt en mission.
Promu capitaine le , Mathieu Tenant de La Tour se tue dans un accident d'avion le . Au-dessus du terrain d'aviation britannique d'Auchel (Pas-de-Calais), pendant une démonstration de voltige aérienne, une boîte se détache et bloque le palonnier de son avion..
Palmarès, décorations et citations
2 ballons homologués 7 avions homologués 11 victoires probables
Citation du à l’ordre du Hussards pour sa reconnaissance et sa blessure en ) : : « sous-lieutenant au Hussards, le , à Herbecourt s’est engagé crânement pour exécuter dans des conditions périlleuses, la reconnaissance des lignes ennemis et blessé a tenu à rendre compte lui-même de sa mission ». Chevalier de la Légion d’honneur et croix de guerre avec palme (J.O du ) sous-lieutenant à l’escadrille : « Le , pendant une chasse par une mer de brouillard, se décide à attaquer un Drachen allemand qui émergeait, l’approche et dans un duel à la mitrailleuse avec le passager de la nacelle, réussit à éteindre le feu de celui-ci. Continue le tir dans le ballon jusqu’à être lui-même à cent cinquante mètres du sol. Complètement perdu et son moteur ne donnant presque plus, parvient grâce à son sang-froid et à son énergie à atterrir dans les lignes anglaises ». Citation à l’ordre de la Armée (ordre général , du ) sous lieutenant à l’escadrille : « Blessé à Verdun au cours d’un combat aérien, est revenu sur le front avant sa guérison complète. Le a abattu son deuxième avion allemand près de Péronne ». Citation à l’ordre de la Armée (ordre général , du ) sous lieutenant à l’escadrille : « Brillant pilote de chasse. Le , a abattu un avion (troisième) et le un Drachen ennemis ». Citation à l’ordre de la Armée (ordre général , du ) sous lieutenant à l’escadrille : « Brillant pilote de chasse. Le , a abattu son quatrième avion ennemi ». Citation à l’ordre de la Armée (ordre général , du ) sous lieutenant à l’escadrille : « Pilote de chasse de premier ordre. Le , a abattu son cinquième avion ennemi, qui s’est écrasé dans les lignes allemandes ». Citation à l’ordre de la Armée (ordre général , du ) lieutenant à l’escadrille : « Brillant pilote de chasse. Le , a abattu un des plus redoutables pilotes ennemis. appareil abattu par ce pilote ». [Lieutenant Gustav Leffers] Citation à l’ordre de la Armée (ordre général , du ) lieutenant commandant l’escadrille : « Excellent chef d’escadrille. Brillant pilote de chasse. Le a abattu un avion ennemi qu s’est écrasé dans nos lignes ». chevalier de l'ordre de Léopold (Belgique) croix de guerre (Belgique) chevalier de l'ordre de Sainte Anne (Russie)
Notes
Annexes Sources et bibliographie CORNY (Christophe), « Mathieu de La Tour, le quatrième mousquetaire des Cigognes », dans la revue Avions, Outreau, , , TENANTde LA TOUR (Geoffroy), Un souvenir d'une cigogne, des feuilles, des ailes, du sang, préface du commandant Brocart, Limoges, imprimerie de Perrette, 1921, 87 p. JMO du Hussards (SHD 26 N 895/1)
http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/escadrille003_02htm
Article connexe Familles subsistantes de la noblesse française
Liens externes
Fiche du capitaine Tenant de la Tour sur le site Mémoire des Hommes. Fiche de Mathieu Tenant de la Tour Biographie détaillée, liste de ses victoires aériennes et profils couleurs de ses appareils
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