Cet article retrace l'historique détaillé des confrontations entre les deux clubs français de rugby à XV du Stade français et du Stade toulousain, ainsi qu'une liste non exhaustiveNe sont comptabilisés que les matchs disputés dans le cadre de compétitions officielles. de chacune de ces rencontres.
La première confrontation entre ces deux clubs historiques commence en 1907, et met en jeu les deux clubs français les plus titrés du championnat de France.
Histoire La rivalité Toulouse-Paris en rugby à XV se caractérise par deux clubs : le Stade toulousain et le Stade français. Il s'agit des deux clubs français les plus titrés de France, c'est-à-dire, le et le des classements des vainqueurs de la première division.
Présentation des deux écuries Le Stade toulousain, fondé le , est champions d'Europe (1995, 2003, 2005, 2010, 2021 et 2024), champions de France (1912, 1922, 1923, 1924, 1926, 1927, 1947, 1985, 1986, 1989, 1994, 1995, 1996, 1997, 1999, 2001, 2008, 2011, 2012, 2019, 2021, 2023, 2024, 2025 et 2026), vainqueur de la Coupe de France (1946, 1947, 1984 et 1998) et vainqueur du Challenge Yves-du-Manoir (1934, 1988, 1993 et 1995).
Le Stade français Paris, fondé en 1883, est vainqueur du Challenge européen (2017), champion de France (1893, 1894, 1895, 1897, 1898, 1901, 1903, 1908, 1998, 2000, 2003, 2004, 2007 et 2015), champion de France Groupe B ( échelon) (1996) et vainqueur de la Coupe de France (1999).
Les Paris-Toulouse avant 1907 Depuis le , Toulouse et Paris se sont déjà affrontés en championnat de France. Il s'agissait alors de l'ancêtre du Stade Toulousain : le Stade olympien des étudiants de Toulouse (SOET). Fondé vers 1896, il participe à la finale du au terrain de la Prairie des Filtres de Toulouse perdue face au Stade français (16-8).
Il faut attendre 1907, après la fusion du Stade olympien et du Véto-sport, actant la naissance du Stade olympien véto-sport toulousain (abrégé en SOVST) pour que Toulouse puisse retrouver Paris. Jugé trop confus, de nombreux journalistes raccourciront le nom du club en Stade toulousain et reconnu officiellement par l'USFSA le .
Les premiers matchs (1907-1918) C'est dès la première saison du SOVST que les deux équipes se rencontrent en match amical le au vélodrome du Parc des Princes de Paris. Les parisiens remportent la toute première confrontation d'un point (11-10) avec les essais de Perrens, Mayssonnié et un drop-goal de Pujol pour Toulouse et Marescal, Pharamond et Lesieur marquent et Beaurin transforme. Notons que le même jour à Toulouse, les équipes 2 des deux formations se sont aussi rencontrés en amical pour un nul (3-3).
Un match retour est prévu au stade des Ponts-Jumeaux le et les rouges et noirs en ressortent vainqueur sur un score de 21-0. On note que les spectateurs (entre 4.000 et 5.000) sont déçus que Paris n'ait pas ramené ses meilleurs joueurs et ils n'étaient seulement que afin de disputer ce match.
Le premier match officiel : demi-finale du Championnat de France Le , toulousains et parisiens disputent leur premier match en compétition officielle pour le compte des demi-finales du championnat de France. Le Stade français se qualifie en finale sur le score de 15 (2 essais de Maclos et 1 de Lesieur transformés par Maclos) à 5 (1 essai de Léry transformé par Séverat).
Après plusieurs autres matchs amicaux, les deux entités se retrouvent pendant le premier conflit mondial dans une compétition substituant le championnat de France : la Coupe de l'Espérance.
La première finale : la Coupe de l'Espérance 1916 gauche|vignette|Finale de la Coupe de l'Espérance, Gabriel Bernon récupère la balle, après une touche, et file à l'attaque. Pendant la Première guerre mondiale, les hommes sont au front. L'État-major, voyant dans le sport une bonne préparation physique pour les futurs soldats, souhaite une compétition sportive. Ainsi, cette nouvelle compétition voit évoluer les jeunes joueurs qui n'ont pas encore été appelé sous les drapeaux. Dès lors, l'USFSA organise, lors de la saison 1915-1916, la première édition de la Coupe de l'Espérance.
Toulouse et Paris se retrouvent en finale le au vélodrome du Parc des Princes. Les toulousains triomphent des parisiens sur le score de 8-0 après 2 essais, un transformé et l'autre non de Lestel et Salinié.
Le , à quelques jours de la fin de la guerre, Toulouse s'offre les franciliens au Parc des Princes sur le score de 6 à 0 en amical.
Les premiers classiques en rencontres officielles (1922-1944) Avec la restructuration du championnat de France, désormais organisé par la FFR, les deux clubs vont se croiser de plus en plus en compétition officielle. De plus, après la guerre, le Stade toulousain commence à se tailler une réputation de grand club. Ainsi, le match amical du est présenté comme le champion de France contre le champion de Paris par La Dépêche. La présence du sous-secrétaire d'État Gaston Vidal au Parc des Princes est mentionnée. Sur le score de 14 à 9 les toulousains terminent l'année 1922 avec brio.
La rencontre en Division d'Excellence du voit les deux clubs se neutraliser sur un score vierge, lors de la journée des poules de Cinq.
Première finale en Championnat de France vignette|Touche de la finale 1927 au Ponts-Jumeaux. Le match le plus important de cette décennie, entre les deux rivaux, se déroule le . En effet, c'est lors de la édition du Championnat que Toulouse est sacré pour la fois champion de France face à des parisiens qui compte dans leur effectif, Adolphe Jauréguy, ancien toulousain et champion en 1922 et 1923. Sur le score de 19 à 9, Toulouse inscrit 5 essais de Dulaurens (2), Borde, Bergès et Camel pour 2 transformations de Salinié et un essai de Daudignon transformé par Herzowitch et une pénalité de Verger pour Paris. Pour l'anecdote, les toulousains, depuis leur demi-finale contre les sabistes, jouaient avec un maillot de couleur jaune.
Les tournois de l'UFRA (1930-1931) Début année 30, la FFR connaît une crise avec plusieurs clubs de son championnat. En , dix clubs adressent une lettre à la fédération afin d'exprimer leurs requêtes sur les différents problèmes qu'ont les grands clubs face aux recettes et aux mutations des joueurs. Ils souhaitaient être plus protégés. Or, la situation stagnant et le ton montant, ces dix puis douze clubs vont faire scission avec la FFR et créé leur propre organisme : l'Union française de rugby amateur (UFRA).
Ainsi, lors de la saison 1930-1931, ces clubs participent au tournoi des douze et l'année suivante au tournoi des quatorze. Parmi ces clubs, ont y retrouve Paris et Toulouse qui s'affrontent en aller-retour lors du premier tournoi et seulement qu'à une seule reprise pour la suivante. vignette|Match amical du 16 avril 1933 au vélodrome du parc des Princes.|gauche
Les et , Toulouse et Paris n'arrivent pas à se départager et se quittent sur deux matchs nuls (11-11) et (6-6). Lors du tournoi suivant, Toulouse prend l'avantage (8-10) au stade Buffalo de Paris. Le Stade toulousain remportent les deux tournois de l'UFRA 1930 et 1931.
Lors du match du Challenge Besset-Pottier ou appelé « tournoi des sept » du , le Stade français évolue en tunique jaune « canari » pour ce match sans réelle explication.
Néanmoins, les clubs « dissidents » réintègrent la FFR et le championnat dès la saison 1932-1933. Le , ils se retrouvent pour la première fois en Challenge Yves-du-Manoir et se solde par une victoire de Toulouse au Parc des Princes sur le score de 5-10. Il s'agit de la première participation des deux clubs et Toulouse sera co-champion avec le RC Toulon lors de cette édition. Durant la même saison, le , Toulouse bat le Stade français au Stade municipal de Lyon pour le compte de la journée de la seconde phase du championnat.
Au Stade municipal de Vichy, le , se déroule le huitième de finale de la Coupe de France de rugby. Le Stade français surpasse le Stade toulousain d'un point (12-11). Après une première mi-temps dominé par les parisiens, Toulouse n'arrive qu'à inscrire que deux buts en seconde période et est éliminé.
Bien que le Stade français reste en première division, ils ne se recroisent pas avec Toulouse. Lors de la saison 1953-1954, ils sont relégués en D2 et n'y resteront qu'une saison puisqu'ils descendent l'année suivante en D3 soit de 1955 jusqu'en 1992.
Naissance et apogée de la rivalité : la Capitale contre le Capitole (1998-2010)
La renaissance du Stade français (1992-1997) En 1992, le vice-président d'NRJ, Max Guazzini reprend le club parisien et souhaite faire retrouver l'élite à ce club historique. Le Stade français monte rapidement en Championnat de France Groupe B dès la saison 1992-1993. Le 15 mai 1995 Guazzini acte la fusion avec le CASG Paris pour fonder le Stade français CASG. Ainsi, Paris évolue désormais au stade Jean-Bouin.
Très influant, il ramène des grands noms du rugby à Paris, Bernard Laporte (comme entraineur), Serge Simon, Vincent Moscato, Philippe Gimbert, Hervé Chaffardon, Christophe Dominici, Christophe Juillet, etc.
Dès la saison 1995-1996, ils sont champions de Groupe B et monte en Groupe A2 (ancêtre de la Pro D2) et monte en Groupe A1 l'année suivante.
Les premiers actes de la rivalité (1998-2000) Dès son retour dans l'élite, le Stade français CASG se qualifie en demi-finale et retrouve, depuis 1944, le Stade toulousain ( champion de France et champion en titre depuis 1994). Les parisiens vainquent Toulouse, le , au Stadium municipal de Brive-la-Gaillarde 39 à 3 par quatre essais de Pool-Jones, Moscato, Laussucq et Comba. Le Midi olympique écrivit « La démonstration de force du Stade français impressionne pour ce qui reste comme la plus lourde défaite toulousaine dans le dernier carré de la compétition».
Moins d'un mois après, le , le Stade toulousain prend sa revanche lors de la finale de la Coupe de France « Yves-du-Manoir » sur le score de 22-15. Diego Dominguez est l'auteur des 5 pénalités pour Paris et un essai de Pierre Bondouy transformé par Deylaud et lui-même auteur de 4 des pénalités et une de Stéphane Ougier pour les toulousains.
La saison suivante, les deux écuries se retrouve lors des quarts de finale d'Élite 1. Le , pour la première au Stadium de Toulouse entre les deux et sous les yeux du premier ministre et maire de Cintegabelle, Lionel Jospin et du maire de Toulouse, Dominique Baudis, les toulousains battent les franciliens 51 à 19. 7 essais inscrits pour Toulouse, après un essai de pénalité (), Marfaing (), Labit (), Ntamack ( et ) et Desbrosses ( et ), 6 transformation et une pénalité pour Marfaing (). Côté parisien, c'est 3 d'essais inscrits par Viars (), Dominici () et Marconnet () dont 2 transformés par Dominguez ( et ).
En Élite 1 1999-2000, les deux équipes se retrouvent en phase de poule (Groupe A) et en demi-finale le , ou le Stade français CASG élimine les toulousains sur le score de 30 à 13 au stade de la Méditerranée de Béziers. Le match est resté dans les mémoires de par la manchette de Christian Labit sur Christophe Dominici.
Une rivalité entretenue à l'écran Tout comme au football avec la rivalité Paris et Marseille, Guazzini a bien compris l'intérêt d'entretenir l'équivalent en rugby entre son club et celui de Toulouse. Le diffuseur Canal+, afin de dynamiser son produit et de trouver un nouvel audimat, mettait en avant la guerre des Stades.
Ce côté « bling-bling », « rugby champagne », « rugby paillettes » et « showbiz » que proposait le Stade français lui valut de nombreuses critiques. Sa gestion moderne perturbait aussi cet esprit traditionnel. Ces mêmes critiques se feront sur la gestion toulousaine de René Bouscatel (président de 1992-2017) des années plus tard.
En réalité, c'est l'arrivée du professionnalisme qui secoua grandement les habitudes traditionnelles et le côté spectacle, que proposait le SF et encouragé par le diffuseur du championnat, n'étaient que le témoin de l'évolution du rugby professionnel.
Au sommet du Top 16 et de l'Europe (2000-2005)