vignette|Grignotage de l'espace naturel par de nouvelles constructions (Yvelines, à l'ouest de Paris). vignette|La périurbanisation accélérée des capitales (ici Stockholm, banlieue de Viksjö) se fait au détriment des espaces naturels et agricoles périphériques (février 2007). vignette|La ville de Londres a connu un phénomène d'étalement urbain particulièrement important (la photo couvre ), qui explique l'empreinte écologique élevée de cette conurbation.

La périurbanisation est le processus d'extension des agglomérations, dans leur périphérie, entraînant une transformation des espaces ruraux.. Elle est liée à l'arrivée d'une part de nouveaux habitants, dont une partie quitte les centres des agglomérations pour s'installer en périphérie, et d'autre part d'activités consommatrices d'espace (grandes surfaces, infrastructures de transport). La périurbanisation peut prendre appui sur les noyaux habités préexistants (villages, bourgs) et sur les grands axes de communication qui relient ces espaces aux espaces urbains initiaux. La périurbanisation commence à la fin des années 1960, dans des espaces qualifiés de ruraux. Phénomène relatif, aléatoire et mouvantAnne Bossé et Marc Dumont, L’au-delà des villes contre l’entre-deux des villes, EspacesTemps.net, 17 mai 2006., la périurbanisation recouvre plusieurs réalités. La périurbanisation avant d'être une définition statistique. pouvait être une description de l'étalement urbain..

C'est la conséquence à la fois d'un « désir de campagne » et de la disponibilité de l'automobile conjuguée à l'amélioration des moyens et des voies de communication, c’est-à-dire des facteurs de localisation. La périurbanisation peut parfois être accompagnée d'une « dédensification » de la ville-centre (phénomène des villes en déclin ou « shrinking cities » en anglais.), quand il y a fuite des habitants du centre vers les communes périphériques (moindre coût du foncier et des locations, cadre de vie, ou sécurité jugée plus élevée parfois). La périurbanisation peut également être liée dans les pays du Sud à l'impossibilité d'accéder à la ville, et donc au report de l'exode rural aux périphéries des villes..

En définitive, c'est surtout un processus d'extension spatiale de la ville et donc de perte de milieux naturels et/ou ruraux. Par exemple, en France en 2011 selon le ministère de l'écologie, une moyenne de de milieux naturels et terrains agricoles sont détruits chaque jour ; remplacés par des routes, des habitations, des zones d'activité[Trame verte et bleue : ne pas réduire le projet à des crapauducs ; Paris - Le comité national Trame verte et bleue], Romandie News, 18 octobre 2011..

Éléments de définition thumb|Illustration des termes de « ville-centre », « banlieue », « couronne périurbaine », « unité urbaine » et « aire urbaine » d'après l’INSEE. En France, l'INSEE appréhende le processus de périurbanisation au travers de la notion statistique d’aire urbaine et de « couronne périurbaine » (somme des communes d'une aire urbaine, à l’exclusion de son pôle urbain).

La périurbanisation a pour conséquences : un apport très important de population active en milieu rural ; l'implantation d'un nouveau mode de vie en milieu initialement rural ; la modification des paysages ; mise en déséquilibre par imperméabilisation des solsRevêtement de voies, de parcelles bâties dans des bassins anciennement inondables (de friches et de prairies) provoquant l'effet chasse d'eau par drains puis canalisation des affluents. Voir Inondation des dispositifs régulateurs naturels d'intempéries pour la fonte rapide de neige, la pluie abondanteExemple : vallée de l'Orge. ; des conflits entre les activités agricoles et les urbains ; des conflits de type sociologique entre les anciens ruraux et les rurbains ; la dynamisation d'espaces ruraux accessibles en durée de trajet depuis les villes ; la redynamisation d'espaces ruraux très éloignés et restés campagnards traditionnels ; l'intensification du phénomène de déplacement pendulaire.

Elle peut par ailleurs contribuer à la paupérisation de certains quartiers urbains - départ des classes moyennes - et participer ainsi au renforcement des disparités spatiales et sociales au sein des agglomérations.

Le mot « périurbanisation » fait référence à l'expansion continue du bâti autour des villes, alors que « rurbanisation » fait davantage référence à l'importation en zone rurale des modes de vie et références culturelles des sociétés urbaines. Le géographe Gérard-François Dumont invente en 1996 le néologisme de « para-urbanisation » pour la distinguer de la périurbanisaton (processus de l'urbanisation sans discontinuité Gérard-François Dumont, Les spécificités démographiques des régions et l’aménagement du territoire, Éditions des Journaux officiels, 1996..

Périurbanisation en Europe L'Europe est un des continents les plus urbanisés au monde. Plus du quart de la surface de l'Union européenne est en 2007 affecté par l'expansion urbaineÉtalement urbain en Europe , EEA Briefing, .

Périurbanisation en France vignette|Une première vague de construction de pavillons de banlieue a été ici suivie d'une seconde vague de construction, cette fois de grands immeubles (Vanves non loin du Boulevard périphérique sud de Paris, ).

Histoire Dans les années 1970, le Premier ministre Raymond Barre rappelle le politologue Jérôme Fourquet. L'influence des séries américaines, qui promeut le pavillon individuel avec jardin, joue aussi. Les communes rurales allouent des terrains, ne souhaitant pas voir baisser les revenus liés à la taxe d'habitation ni connaître la fermeture d'établissements scolaires. , poursuit-il. En 2021, 56 % du parc français est constitué de maisons et 58 % des propriétaires le sont de maisons, constat qui concerne quasiment toutes les classes sociales, à la recherche de calme, d'espace et de verdure. Cette tendance s'accentue dans le contexte des confinements liés à la pandémie de Covid-19, malgré un discours gouvernemental tendant alors à privilégier l'habitat collectif et à relancer les centres-villes. La ministre du Logement Emmanuelle Wargon critique ainsi en 2021 le , qui participe à l'artificialisation des sols..

Éléments statistiques De 1960 à 2010 2,5 millions d'hectares ont été « mangés » par la périurbanisationBati-Actu (2017) L'urbanisation des territoires inquiète les aménageurs de l'espace rural, Avec AFP, publié 31/05/2017. Dans les années 1990, c'est en France l'espace périurbain (dans un foncier moins cher qu'en ville, mais plus cher qu'en milieu rural éloigné) qui accueille l'essentiel de la croissance démographiqueBrunet R., Ferras R. et Théry H., 1992, Les mots de la géographie. dictionnaire critique, Reclus - La Documentation Française, Paris, 518 p.. Et, selon le CREDOC le dynamisme migratoire périurbain (et des pôles ruraux) se fait au détriment des grands pôles urbainsBigot R., Hatchuel G. et Berard I., 2001, Les Français et l'espace rural, CREDOC, Paris, 139 p.. En moins de 10 ans, de 1990 à 1999, la population française a grandi de 2,5 % dans les villes, 8 % dans l’espace périurbain et de 0,6 % dans les espaces ruraux avec un fort impact sur le paysage périurbainAntoine de Boismenu, 2004, La fin des paysages, Livre blanc pour une gestion ménagère de nos espaces ruraux, Fédération nationale des SAFER, Paris, 49 p.. Vers 2006, selon l'IFEN, environ hectares de terres naturelles ou agricoles disparaissent chaque année en France sous l'effet de l'urbanisationAlexandra Schwartzbrod, « La France plutôt moyenne en environnement », dans Libération du 17/10/2006, . En 2007, il faut 507 logements pour loger , alors que 323 suffisaient en 1968IFEN, 2007, Ménages, la consommation d'espace par l'habitat. Environ 50 % des urbains sont concentrés dans les zones périurbainesDonadieu P., 1998, Campagnes urbaines, actes sud, Arles, 219 p., contribuant à l'artificialisation des sols. En 2017, après un ralentissement (qui semble plus lié à la crise de 2008 qu'aux incitations à moins urbaniser), les SAFER alertent sur le fait que l'urbanisation des terres . En 2016, le nombre de ventes des terrains vendus pour être artificialisés a bondi de 22 %, pour une surface correspondante de + 24 %, ce qui traduit une artificialisation probable de à comme au début des années 2000 soit selon la fédération des SAFER la perte d'une surface agricole ou boisée correspondant à la taille d'un département tous les 5 à 6 ans. De plus, parce que les villes se sont souvent installées au cœur de régions fertiles, la périurbanisation consomme souvent les terres les meilleures précise Robert Levesque (auteur du rapport qui montre que 2,5 millions d'hectares ont été mangés par la périurbanisation de 1960 à 2010 et qu'autant pourraient encore être perdus de 2016 à 2060, soit 8 à 9 % de surface agricole en moins… alors que la demande en biomasse agricole croît et que la montée des océans pourrait à moyen terme être source de pertes de sols cultivables).

Intensité de la périurbanisation L'intensité du phénomène varie selon la taille des agglomérations : la part des emplois occupés par un actif périurbain est plus importante dans les petites agglomérations que dans les grandes villes françaises. Ainsi, 12 % des emplois de l'agglomération parisienne sont occupés par des périurbains ; à Lyon, Lille, Toulouse, Bordeaux, Marseille ou Nantes ce chiffre se situe aux alentours de 25 % et même 40 % à Rennes ; enfin, l'intensité de la périurbanisation dépasse 65 % dans les petites agglomérations de Senlis, Sarreguemines ou Landerneau Matthieu Drevelle, Global modelisation and local characteristics of French periurban spatial organization, European Colloquium on Quantitative and Theoretical Geography, Athènes : Grèce (2011). Toutefois, malgré une intensité relative qui décroît avec la taille de l'agglomération, ce sont bien les grandes agglomérations qui attirent le plus grand nombre d'actifs périurbains : en 2007, travaillent dans l’agglomération parisienne et plus de dans les agglomérations de Lyon, Lille, Marseille ou Toulouse.

Particularités rurales Trois cas semblent se dessiner : les zones proches de grands centres urbains et de bassins d'emplois importants, facilement accessibles par des autoroutes ou voies rapides et en transports en commun sont les zones les plus concernées par la périurbanisation. Exemple : Saint-Gély-du-Fesc, Les Fourgs. Les villages sont alors privilégiés par les jeunes couples, qui y trouvent un coût du foncier plus accessible que dans le centre ; les zones rurales isolées ne sont pas concernées par la périurbanisation ; elles souffrent d'un isolement géographique ou topologique associé à une rentabilité économique des sols faible : dans les Baronnies, depuis la chute de l'activité agricole, les difficultés de communication ont empêché le renouveau des villages. Ces zones sont largement délaissées et gagnées par une importante déprise agricole et un vieillissement des infrastructures ; les zones rurales dynamiques et éloignées des grands centres urbains ne sont pas concernées par la périurbanisation, mais bénéficient cependant d'une croissance démographique propre : elles tirent leurs ressources du tourisme, des résidences secondaires, du retour des retraités, d'une agriculture dynamique et d'une présence de l'industrie agro-alimentaire. C'est par exemple le cas de la vallée de la Durance dans les Hautes-Alpes. L'arrivée de l'irrigation a permis de développer les cultures fruitières. La population des villages concernés (Lazer, Ventavon, Le Poët) a doublé en trente ans.

Densification