Mark Webber, né le à Queanbeyan (Australie), est un pilote automobile australien qui a disputé le championnat du monde de Formule 1 de 2002 à 2013, totalisant neuf victoires avec Red Bull, terminant à trois reprises troisième du championnat (2010, 2011 et 2013) et contribuant sur la même période à l'obtention de quatre titres constructeurs de son écurie, tandis que son coéquipier Sebastian Vettel remporte quatre titres des pilotes. Il se consacre ensuite à l'endurance avec Porsche de 2014 à 2016 et est sacré champion du monde en 2015.
Après avoir débuté dans des championnats locaux de Formule Ford et Formule Holden en Australie, Webber poursuit sa carrière au Royaume-Uni en 1995. Troisième du championnat international de Formule 3000 en 2000 puis vice-champion 2001, où il bat le futur champion du monde Fernando Alonso, Webber fait ses débuts en Formule 1 en 2002 au sein de l'écurie Minardi, alors rachetée par son compatriote Paul Stoddart. Il parvient à marquer des points dès sa première course, à domicile. L'année suivante, il est recruté par Jaguar pour deux saisons en tant que premier pilote. Au sein d'une équipe instable, Webber parvient à terminer régulièrement dans les points en 2003 et à devancer ses équipiers. Après une saison 2004 plutôt terne, il rejoint l'écurie Williams en 2005 et décroche son premier podium dans les rues de la principauté monégasque. À l'issue d'une saison 2006 extrêmement difficile, Webber quitte Williams et signe pour l'équipe Red Bull, où il reste jusqu'à la fin de sa carrière en F1.
Après deux saisons en demi-teintes, Webber connait ses premiers succès en 2009 où il remporte sa première victoire au Grand Prix d'Allemagne. Il parvient à être dans la course au titre pendant un certain temps et décroche au total huit podiums lors de cette saison, dont une deuxième victoire au Brésil. Il réalise ensuite la meilleure saison de sa carrière en 2010, en montant dix fois sur le podium et en décrochant quatre victoires en Espagne, à Monaco, en Grande-Bretagne et en Hongrie. Il s'affiche comme l'un des principaux candidats au titre de champion du monde cette année-là mais échoue à décrocher la couronne mondiale lors de la dernière course et se classe finalement troisième du championnat après l'avoir longtemps mené et après une longue rivalité avec son équipier Sebastian Vettel. La saison suivante, il termine une nouvelle fois troisième du classement général et décroche également dix podiums dont une nouvelle victoire au Brésil, sans être toutefois en mesure de jouer le titre. En 2012, Webber parvient de nouveau à s'affirmer comme un prétendant au titre durant la première moitié de saison en faisant jeu égal avec son équipier Vettel et en remportant deux nouvelles victoires à Monte-Carlo et à Silverstone. Cependant, il ne parvient pas à rester dans la course au titre mondial durant la seconde moitié de saison en raison de plusieurs abandons et de l'absence de nouvelles victoires. Il termine finalement sixième du championnat. En parallèle, Mark Webber a également été pendant longtemps le directeur de l'association des pilotes de F1, le GPDA.
Le , il annonce qu'il se retire de la Formule 1 à la fin de la saison pour partir disputer le championnat du monde d'endurance au sein de l'écurie Porsche en LMP1. Au volant de la 919 Hybrid, il monte trois fois sur le podium pour sa première saison puis remporte le championnat du monde en 2015 avec quatre victoires. La saison 2016 est la dernière de sa carrière, il remporte à nouveau quatre succès et termine quatrième du championnat. En parallèle, il rejoint la BBC comme consultant et reporter occasionnel pour les saisons 2014 et 2015 de F1 puis rejoint Channel 4 à partir de 2016 pour couvrir le championnat du monde à temps plein. Le , il annonce mettre définitivement un terme à sa carrière de pilote et devient ambassadeur pour Porsche ainsi que consultant à la télévision pour la F1 et le WEC. Il est également, depuis 2020, le manager de son compatriote Oscar Piastri, qui débute en Formule 1 en 2023 avec McLaren.
Biographie Les débuts Après avoir débuté en moto, Mark Webber s'initie au karting en 1991. En 1994, à 18 ans, il dispute le championnat d'Australie de Formule Ford et ses bons résultats lui permettent de partir en Angleterre. En 1996, pour sa deuxième saison, il termine deuxième du championnat de Grande-Bretagne de Formule Ford et remporte le Formula Ford Festival de Brands Hatch, coupe du monde officieuse de la discipline. En 1997, Webber accède au championnat britannique de Formule 3 ; malgré de bons résultats, il se retrouve rapidement confronté au manque de budget. Au cours de l'été, il est sur le point de mettre un terme à sa carrière lorsqu'il reçoit une aide financière providentielle de David Campese, la légende du rugby australien, qui permet de finir quatrième du classement général et d'être repéré par Mercedes qui en fait l'un de ses pilotes officiels en championnat FIA GT pour la saison 1998 (victoire à Hockenheim, au Hungaroring et à Donington notamment).
Associé à Bernd Schneider, Webber remporte cinq courses mais s'incline au championnat derrière l'autre duo Mercedes, constitué de Klaus Ludwig et de Ricardo Zonta. En 1999, Mercedes se retire du championnat FIA GT pour concentrer ses efforts sur les 24 Heures du Mans. La participation de Webber au Mans manque de se conclure en drame : à cause d'un défaut aérodynamique, sa Mercedes-Benz CLR part dans une série de loopings lors des essais puis lors du du samedi matin ; durant la course, le pilote écossais Peter Dumbreck connaît la même mésaventure sur une autre voiture de la marque. Webber s'en sort à chaque fois sans la moindre blessure.
Refroidi par son expérience au Mans, Webber décide de retrouver la monoplace. En 2000, il est recruté par l'écurie de Formule 3000 Eurobet Arrows, considérée comme l'équipe junior de l'écurie de Formule 1 Arrows, dirigée par son compatriote Paul Stoddart. Compte-tenu des liens entre Eurobet Arrows et Arrows, il effectue ses premiers tours en Formule 1 en tant que pilote-essayeur. Troisième du championnat pour sa première saison, Mark Webber devient pilote-essayeur pour Benetton Formula à la fin de l'année. Cette position n'est pas remise en cause lorsque, quelques mois plus tard, Renault rachète Benetton. Flavio Briatore le prend sous son aile en lui faisant signer un contrat de management à long terme. Parallèlement, il dispute une deuxième saison de F3000 pour le compte de l'écurie Super Nova Racing. Bien que favori du championnat, Webber commet plusieurs erreurs de pilotage qui lui coutent le titre, au bénéfice du Britannique Justin Wilson.
La Formule 1 2002 : débuts chez Minardi thumb|Mark Webber sur Minardi PS02 à Magny-Cours en 2002. En 2002, Flavio Briatore finance l'accession de Webber en Formule 1 en le plaçant au sein de la Scuderia Minardi dirigée par Paul Stoddart. À 26 ans, il est le premier Australien en Formule 1 depuis David Brabham en 1994. Dès sa première course, à domicile à Melbourne, il marque les deux points de la cinquième place en profitant notamment du violent carambolage du départ qui a éliminé près de la moitié du peloton. Dans les derniers tours de la course il résiste à la Toyota de Mika Salo qui part finalement à la faute. Pour saluer cet exploit, les organisateurs de l'épreuve font une entorse au protocole en permettant à Webber et Stoddart de célébrer leur performance sur le podium après la cérémonie officielle.
Le reste de la saison le voit évoluer en fond de grille, niveau habituel d'une Minardi. Il obtient quelques résultats honorables, comme une huitième place en France. Dans la fournaise hongroise, il termine la course privé de tout ravitaillement en boisson. S'il n'est pas en mesure de renouveler sa performance réalisée à domicile, Webber s'affirme comme la révélation de l'année et termine cette première saison seizième, Minardi terminant devant Toyota et Arrows au classement des constructeurs.
2003-2004 : les années Jaguar 2003 thumb|Mark Webber au Grand Prix de Grande-Bretagne 2003. L'Australie pense avoir trouvé son nouveau prodige et, en 2003, Webber est recruté par Jaguar. Malgré un début de championnat difficile avec quatre abandons (dont un violent accident au Brésil) lors des quatre premières courses, sa régularité lui permet ensuite de marquer dix-sept des dix-huit points de Jaguar cette saison et de mener le Grand Prix des États-Unis durant deux tours à la faveur des ravitaillements. Toutefois, il ne parvient pas à faire mieux que sixième, au Nürburgring, à Magny-Cours et à Budapest, et son meilleur résultat reste celui obtenu avec Minardi en 2002. Il prend l'ascendant sur ses deux coéquipiers, Antônio Pizzonia dans un premier temps puis son ancien rival de F3000 Justin Wilson et finit le championnat dixième, le meilleur résultat d'un pilote Jaguar.
2004 thumb|left|Mark Webber au volant de la Jaguar R5 à Indianapolis en 2004. 2004 est beaucoup moins bonne, bien qu'il commence la saison en se qualifiant en première ligne aux côtés de Michael Schumacher en Malaisie ; il rate son départ et abandonne peu après sur tête-à-queue. La Jaguar R5 est une monoplace médiocre qui ne peut lui permettre d'atteindre la zone des points à la régulière. Il en inscrit sept, son meilleur résultat étant une sixième place à Hockenheim. Il aurait pu faire mieux s'il n'avait été pris dans des incidents, notamment avec son équipier Christian Klien avec lequel il s'accroche à deux reprises, au départ du Grand Prix du Canada et au Brésil. Treizième du championnat, Mark Webber est déçu de cette seconde saison avec Jaguar.
2005-2006 : les années Williams 2005 thumb|Mark Webber au Grand Prix du Canada 2005. Frank Williams recrute le pilote australien chez Williams mais, en début d'année, les performances de Webber sont en décalages entre les essais et les courses : très rapide lors des qualifications et toujours qualifié parmi les cinq premiers, il rate souvent ses départs et se retrouve impliqué dans plusieurs accrochages comme avec Giancarlo Fisichella à Sepang ou Juan Pablo Montoya au Nürburgring. Malgré ces incidents, il se montre très régulier puisqu'il termine six fois dans les points lors des huit premières courses et obtient son premier podium à Monaco en terminant troisième après une longue lutte avec Fernando Alonso dans les derniers tours.
En deuxième partie de saison, Webber rapporte à l'équipe quelques places d'honneur mais sa Williams n'est alors plus à la hauteur, après que BMW annonce quitter Williams en tant que motoriste pour racheter Sauber, stoppant ainsi tout développement de la monoplace. Les Williams se retrouvent plus proche du milieu de peloton que des Renault et des McLaren en début de saison. Webber termine quatrième à Spa et Suzuka. À Interlagos, comme l'année précédente avec Christian Klien, sa course est ruinée après un accrochage avec son équipier Antônio Pizzonia qu'il a déjà côtoyé chez Jaguar. Il finit le championnat dixième avec trente-six points, son meilleur résultat avec la saison 2003 et son plus gros score depuis ses débuts dans la discipline. Le bilan est donc plutôt satisfaisant pour Webber mais aussi légèrement décevant pour un pilote qui était placé en début de saison parmi les outsiders pour le titre de champion du monde.
2006 thumb|Mark Webber au Grand Prix de France 2006.