thumb|right|"When the Saints Go Marching In", United States Air Force Band of the West (1992) (en français: «Quand les saints entreront en marchant»), souvent abrégée en , est une chanson de type negro spiritual partiellement inspirée de la musique folk. On a de nos jours plus de chance de l'entendre jouée par un groupe de jazz. Origine La première publication musicale écrite de cette chanson (dans la version moderne telle que nous la connaissons) est située en 1927, dans le recueil Spirituals Triumphant - Old and New, publié par .
Les musicologues s'accordent pour la considérer comme étant d'origine traditionnelle, c'est-à-dire sans auteur ni compositeur connus. D'ailleurs, elle était déjà largement répandue avant la diffusion de sa partition en 1927; les Elkins-Payne Jubilee Sisters l'avaient enregistré en 1924, ainsi que le Wheat Street Female Quartet d'Atlanta en 1925.
Cependant une méprise persiste concernant son origine. Quand en 2006, When the Saints Go Marching In reçoit le Towering Song Award du Songwriters Hall of Fame, la notice qui lui est consacrée colporte l'erreur selon laquelle cette chanson serait une adaptation de la chanson When the Saints are Marching In composée en 1896 par sur des paroles de . Une étude consacrée à Katharine Purvis conclut qu'elle n'est pas l'auteure des paroles de When the Saints Go Marching In et qu'aucun lien documenté ne l'associe à cette chanson. Or, il s'agit bien de deux œuvres distinctes puisque ni leurs mélodies ni leurs paroles ne se ressemblent.
Notoriété Les historiens de la musique s'accordent à dire que c’est Louis Armstrong qui, en enregistrant cette chanson en 1938 pour Decca Records, contribua véritablement à la populariser largement et à en faire un standard du jazz.
Paroles et musique Parole et son
Paroles thumb|350px|right|All-Saints, une peinture de Fra Angelico, Les variantes sont nombreuses ; une version communément utilisée est la suivante :
Oh, when the saints, go marching in (3x)Oh Lord, I want to be in that number Oh when the saints, go marching in.
Oh, when the drums begin to bang (bis)
Oh, when the stars fall from the sky (bis)
Oh, when the trumpet sounds its call (bis)
Oh, when the saints, go marching in (3x) Oh Lord, I want to be in that number Oh when the saints, go marching in!
Utilisation Une utilisation traditionnelle de la chanson est une marche funéraire. Dans la tradition de la musique funéraire de La Nouvelle-Orléans, souvent appelée , pendant que le cercueil est amené au cimetière, un groupe la joue comme un chant funèbre. De retour de l'enterrement, le groupe change de style pour adopter le plus habituel et joyeux hot ou Dixieland.
Interprétations et enregistrements L'un des premiers enregistrements connus est celui du label Paramount, intitulé When All the Saints Come Marching In par les Paramount Jubilee Singers et publié en .
L'une des interprétations les plus célèbres est celle du jazzman Louis Armstrong, qui l'a enregistré dès 1938, et chanté très souvent au cours de sa carrière, notamment avec Ella Fitzgerald.
Cette chanson fut notamment interprétée par Elvis Presley, Carl Perkins, Jerry Lee Lewis , Danny Kaye et Johnny Cash le à Memphis pour ce qu'on a coutume d'appeler The Million Dollar Quartet.
Parmi les nombreux artistes ayant repris cette chansonSecond Hand Songs, on peut citer également : The Jordanaires, paru en single (1955) Mahalia Jackson sur l'album The World's Greatest Gospel Singer (1955) Bill Haley (The Saint's Rock 'n' Roll), paru en single (1955) Rosetta Tharpe, en face B de Cain't No Grave Hold My Body Down (1956) Louis Prima sur l'album The Call of the Wildest (1957) Harry Belafonte, sur l'album (1957) Jerry Lee Lewis, sur son LP éponyme (1958) The Kingston Trio sur l'album (1959) Fats Domino, en face B de Telling Lies (1959) The Isley Brothers sur l'album (1959) Judy Garland et Liza Minnelli, sur l'album (1965) Tommy McCook en single, version reggae (1969) Little Richard sur l'album (1972) James Brown sur l'album (1974) Ike and Tina Turner sur l'album The Gospel According to Ike and Tina (1974) Tears For Fears sur l'album Live from Santa Barbara (1990) The Toy Dolls dans le film Our Last DVD? (2005) Dionysos et Arthur H sur La Mécanique du cœur (2007) Bruce Springsteen, , (2007) BB King dans le film Live (2008) Van Morrison sur l'album (titre bonus, 2008) et encore le Golden Gate Quartet, Sidney Bechet, Lightnin' Hopkins, Trini Lopez, Jean-Christian Michel, Liz McComb, Line Renaud, Jeane Manson, etc.
Version des Beatles
En , les Beatles l'ont aussi enregistrée, dans une version rock'n'roll, lorsqu'ils accompagnaient Tony Sheridan. Elle est placée en face B du single My Bonnie.
Historique Durant leurs séjours à Hambourg, le groupe britannique The Beatles, encore inconnu à cette époque, a côtoyé et joué avec leur compatriote, le chanteur et guitariste Tony Sheridan, qui devient rapidement un ami et un mentor (« the Teacher » comme le disait Paul McCartney). Le , le producteur Bert Kaempfert, qui a été impressionné par leur jeu, organise une séance d'enregistrement pendant laquelle ils mettent en boîte sept chansonsThe Saints, My Bonnie, Cry for a Shadow, Ain't She Sweet, Take Out Some Insurance on Me, Baby, Nobody's Child et Why. L'année suivante sera enregistrée Sweet Georgia Brown.. Cette version de The Saints est inspirée de celle de Jerry Lee Lewis The Beatles: All These Years, Volume 1 – Tune In, Mark Lewisohn, Harmony Books, 2013, pages 448 ..
Parution
Le 45 tours My Bonnie couplé à The Saints (When the Saints Go Marching In) est publié en Allemagne de l'Ouest le et crédité à Tony Sheridan and « The Beat Brothers » (Polydor – 24 673). On utilise ce pseudonyme car, en allemand, le nom « Beatles » ressemble trop à un mot argotique vulgaire. Pendant quelques années, Sheridan réutilisera ce nom pour tous les groupes qui l'accompagneront sur disque. Cette version de la chanson sera toujours notée comme étant « traditionnelle » sans la mention des auteurs. Publié en Allemagne de l'Ouest en juin 1962, les deux chansons de ce single seront incluses sur le 33 tours My Bonnie, le premier album du chanteur, dans lequel toutes les autres pistes sont effectuées par d'autres musiciens.
En France, en , on retrouve ces deux enregistrements sur Mister Twist, le E.P. de Tony Sheridan, complété de deux autres chansons enregistrés durant cette même séance, Why et Cry for a Shadow. Dans les éditions françaises Mister Twist et Les Beatles, un 33 tours publié en 1964 qui regroupe les huit enregistrements de Hambourg, la chanson prend le titre When the Saints et est placée en ouverture du E.P. et de la face 2 de l'album. Elle est aussi placée sur l'album « sampler » Moto party.
À sa sortie, la chanson My Bonnie atteint la cinquième position du palmarès en l'Allemagne de l'Ouest pour atteindre, en , la position lors de sa parution aux États-Unis durant la Beatlemania. La même année, The Saints sera placée, avec les autres chansons enregistrées à Hambourg, sur le 33 tours allemand The Beatles' First ! et subséquemment réédité dans plusieurs pays. On la retrouve aussi sur les albums compilations promotionnels d'artistes variés de Polydor Let's do the Twist, Hully Gully, Slop, Surf, Locomotion, Monkey, en février 1964, et en version éditée dite « Medley » sur Pop With Pep en 1968.
Contrairement à sa face A, cette chanson ne sera pas incluse dans la compilation Anthology 1 parue en .
Personnel Tony Sheridan : guitare solo, chant John Lennon : guitare, chœurs Paul McCartney : basse, chœurs George Harrison : guitare, chœurs Pete Best : batterie
Version en français Henri Salvador a adapté cette chanson en français, sous le titre Oh ! Quand les Saints, sur des paroles de Boris Vian, publié en face B du single Blouse du dentiste (1958).
Dans la culture
On entend la chanson, chantée par Fred, dans La Disparition (Hot Lips Hannigan), le deuxième épisode de la première saison du dessin animé Les Pierrafeu mis en onde pour la première fois aux États-Unis le . En 2006, dans Nos jours heureux d'Éric Toledano, Marilou Berry la chante en solo à la guitare. En 2024, l'Harmonie des Mineurs de Lallaing reprennent la chanson sous le titre When the Saints sing dans le film En fanfare (The marching Band). Assurancetourix en chante une version dérivée (Ô marcassins, ô marcassins, ô marcassins vous m'donnez faim…) dans la bande dessinée Astérix : Le Cadeau de César, publiée en 1974. Les Saints de La Nouvelle-Orléans, l'équipe de football américain de la NFL, tire son nom de la fête catholique de la Toussaint et cette chanson est souvent chantée par ses fans. La chanson Wir singen schwarz rot gold utilise la même mélodie. L’instrumentalisation de la chanson est utilisée tout au long du film de Kihachi Okamoto..
Notes et références Notes
Références
Liens externes
When the Saints Go Marching In, paroles de version de Louis Armstrong, sur lyrics007.com When the Saints Go Marching In interprété par Louis Armstrong, sur YouTube
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