thumb|Cartographie du bruit autour de l'Aéroport de Francfort. Une carte de bruit (ou carte d'exposition au bruit) est une carte (2D ou 3D) représentant, généralement par des codes de couleur, l'exposition (moyenne) au bruit ambiant.

Les cartes de bruit peuvent être : mono-exposition : ex : cartographie du bruit des voies ferrées ; multi-expositions : ex: carte générale de synthèse ou carte d'exposition au bruit routier et au bruit aérien… ; associée à un segment temporaire (matin, journée, nuit…) ; faite avant ou après un projet particulier, ou à l'échelle d'un quartier, d'une ville, d'une conurbation ; réalisée sur la base d'un modèle et/ou de campagnes de mesures de terrain.

Pourquoi cartographier le bruit thumb|250px|Les zones différentiellement touchées par le bruit des avions sont parmi les plus difficiles à cartographier en raison de la complexité des interrelations entre le trafic aérien, la météo et la rugosité du sol et des constructions thumb|250px|écran anti-bruit, de terre (à Prague)

Le bruit subi est une source de stress et de dégradation de la santé. Il est en zone urbaine ou industrielle une des premières sources de plaintes des habitants. Pour lutter contre cette nuisance, il faut connaître : les sources (mobiles ou fixes) ; l'intensité et la nature du bruit, et ; l'exposition (qui, quand, où et comment y est exposé ?).

Pour élaborer des stratégies plus efficaces, divers systèmes et modèles de cartographies du bruit sont apparus. Dès la fin des années 1990, et de plus en plus souvent, ce sont d'abord les grandes conurbations, puis les constructeurs de grandes infrastructures qui ont cartographié le bruit pour : mieux le maitriser afin d'améliorer la qualité de vie, voire la sécurité et la santé ; pour communiquer sur des bases communes et spatialisées avec les habitants et les acteurs sources de bruit ; parfois aussi pour des raisons écologiques, afin de limiter le dérangement pour la faune. C'est un des éléments à prendre en compte dans la cartographie des corridors biologiques ; pour les Études d'environnement d'un projet routier préalables aux études d'impact et enquêtes publiques ; pour des observatoires de l'environnement (observatoire du bruit, observatoire des impacts de ces infrastructures… quand ils existent) ; pour dimensionner et bien positionner les écrans acoustiques

La cartographie stratégique du bruit Telle que définie par l'Europe, elle doit comprendre : une représentation des niveaux de bruit, un outil de dénombrement de la population exposée, et de quantification des nuisances les éléments permettant d'élaborer des plans d'action (y compris pour restaurer ou préserver des zones calmes).

Le bruit étant souvent géographiquement associé aux transports et à l'industrie lourde, les cartes de bruit sont aussi une source d'indices de pollution ou de problèmes en matière de santé environnementale.

Pluridisciplinarité Ce travail nécessite la coopération d'acousticiens, cartographes, ingénieurs en santé-environnement, urbanistes, spécialistes de la métrologie (mesure du bruit), de l'isolation phonique, modélisateurs et informaticiens, mais aussi de pédagogues et d'évaluateurs…

En Europe Environ 20 % des Européens seraient particulièrement gênés par un bruit ambiant excessif et surtout par le bruit des transports terrestres.

En , l'Union européenne a adopté une directive La directive européenne 2002/49/CE sur l'évaluation et la gestion du bruit dans l'environnement ,transposée en droit françaisDirective transposée en droit français par ordonnance, ratifiée par la loi du 26 octobre 2005, et figure désormais dans le Code de l’Environnement. Le décret d'application 2006-361 relatif à l'établissement des cartes de bruits et des plans de prévention du bruit dans l'environnement a été publié au journal officiel du 26 mars 2006, offrant un cadre harmonisé et obligatoire pour les 25 États-membres afin qu'ils puissent mieux lutter contre les nuisances sonores induites par les infrastructures de transports terrestres et aérien, ainsi que par certaines industries, au moins dans les grandes agglomérations.

Les cartes de bruit stratégiques, obligatoires, auraient dû toutes être publiées avant fin 2007 et mises mises à disposition du public avant cette date, pour ensuite être actualisées tous les cinq ans, afin de ; Produire ou améliorer de plans de prévention ; Produire ou améliorer de plans de réduction du bruit ambiant ; Préserver un réseau de zones de calme.

Chaque agglomération européenne de plus de devait disposer de cartes de bruit pour son territoire avant le ; ceci pour l'exposition aux bruits émis par les infrastructures terrestres (aéroports, voies ferrées, réseaux routiers) et les sources industrielles (généralement des ICPE en France). Les « plans de prévention de l'exposition au bruit » (PPEB) devaient théoriquement être finis avant le . Pour les agglomérations de plus de , l'échéance était fixée au pour les cartes et au pour les plans de prévention (...de même pour les autres infrastructures de transport concernées). Les communes plus petites ou d'autres types de territoires (parcs naturels ou autres types d'aires protégées) peuvent faire ce travail volontairement.

La directive européenne 2002/49/CE sur l'évaluation et la gestion du bruit dans l'environnement vise, au moyen de cartes de bruit stratégiques à évaluer de façon harmonisée l'exposition au bruit dans les 25 États-membres Ces cartes doivent pouvoir contribuer à prévenir et corriger (réduire) les effets du bruit.

En France La directive européenne sur le bruit a été transposée par un décretdécret du 24 mars 2006 ; ) du modifiant le code de l’environnement et le code de l’urbanisme. Un Conseil national du bruit existe Arrêté du 16 septembre 2003 , ainsi que le bureau d'étude de l'EAR (Étude sur l'Accousité Réglementaire), qui peuvent s'appuyer sur des programmes de recherches tels que le PREDIT (programme national de recherche et d'innovation dans les transports terrestres, doit encadrer les "Plans de prévention du bruit dans l'environnement" (PPBE) Au sein du PREDIT, les 21 sujets de recherche portant sur le bruit ont représenté 3 % des de fonds publics du programme).

Le groupe du Grenelle de l'environnement dédié au bruit (COMOPComité Opérationnel ) a dans son rapport (finalisé par le Centre d'information et de documentation sur le bruit) en , mais publié en (25/07/2008) estimé qu'il y avait noirs à traiter autour des 10 grands centres aéroportuaires, près des routes nationales et dix fois plus pour le réseau routier.

27 millions d'habitants sont en France concernés par la Directive Bruit, dans 58 agglomérations (de plus de ), dont 24 de plus de .

Le COMOP Bruit a proposé : des observatoires du bruit des grandes agglomérations ; des réseaux de mesures du bruit ; l'information la formation des pouvoirs publics, élus, professionnels et du public ; développer la recherche en cartographie du bruit, la définition d'indicateurs plus pertinents ; évaluer les informations et effets sur les territoires ; … en complément du travail des comités départementaux de suivi des cartes de bruit et des plans de prévention du bruit dans l'environnement (présidés par le préfet, devant suivre l’élaboration des CBS et des PPBE et "veiller à ce que l’information soit largement diffusée auprès du publicpage de la préfecture de l'Ain, consacrée au Bruit ").

Les PPBE et doivent s'appuyer sur les cartes d'exposition au bruit pour définir : leurs objectifs de réduction du bruit (notamment là où les valeurs limites sont dépassées) ; leurs mesures préventives ou de réduction du bruit ambiant (à revoir tous les cinq ans) ; les budgets et calendriers de mise en œuvre des mesures ; évaluer ex-ante la diminution du nombre de personnes exposées.

Le travail de cartographie a pris un retard important, avec une mise en ligne de la liste des cartes déjà réalisées et le moyen de les consulter (dont via l'Internet lorsque c'est possible) en (au lieu de 2007).

Mi 2009, une vingtaine de communautés de communes avaient finalisé leurs premières cartes. plus d'un soixantaine de cartes sur le bruit des lignes TGV et "conventionnelles, dont une seule (Aix-les-Bains - Montmélian via Chambery) était en ligne mi 2009" (782 km de ligne, alors que auraient déjà dû être cartographiées pour le bruit). hormis pour Le Bourget, les cartes de bruit des grands aéroports étaient finies et consultables sur Internet (Aéroports de Bâle-Mulhouse, Bordeaux, Lyon, Marseille, Nice, Paris-Charles-de-Gaulle, Paris-Orly et Toulouse), restent à réaliser, valider et mettre à jour les Plans d'exposition au bruit au voisinage des aéroportsPlans d'exposition au bruit au voisinage des aéroports (Ministère chargé de l'écologie), pour environ 250 aéroports pour les routes, 22 départements seulement avaient mi-2009 fini et publié leurs cartes.

Éléments de méthode Divers indicateurs sont retenus pour la cartographie de bruit Ce sont principalement des niveaux de bruit (moyennes exprimées en dB, à partir de séries longues de données, couvrant au moins les différentes heures de la journée et de la nuit, mais aussi les 4 saisons d'une année). Le bruit est donc mesuré ou estimé le matin, le jour et la nuit (car la nuit le bruit est moins supportable et le niveau sonore du bruit de fond aussi appelé niveau résiduel diminue).

Les cartes de bruit sont de plus en plus faites à partir de modèles mathématiques et informatiques, à caler sur le terrain par des campagnes de mesures (au moyen de sonomètres). De telles campagnes sont utiles car la nature réfléchissante ou au contraire absorbante de certains matériaux, les effets de turbulence et de l'hygrométrie peuvent être source de différences significative entre l'exposition calculée par un modèle et la réalité.

Une grille de points de calcul est choisie comme base du modèle, puis une exposition pour tous les points du territoire est calculée à partir d'outils d'interpolation, et généralement dessinée par un outil cartographique de type SIG. Ce dernier présente graphiquement, pour un territoire donné, les continuums (estimés) de niveaux de bruit. Des outils plus sophistiqués permettent de produire : des cartes animées qui peuvent mettre en évidence les différences horaires ou saisonnières ; des cartes affinées, plus précises ou tenant compte de la hauteur et profondeur des éléments du paysage, pour par exemple tenir compte des différences d'exposition des habitants selon l'altitude des étages qu'ils habitent ; des cartes en faux relief, éventuellement animées peuvent mettre en valeur certains éléments utiles pour l'aide à la décision. par exemple, sur une telle carte animée, les zones de bruit intense peuvent être figurées par des montagnes, une autoroute apparaissant alors comme un mur dans le paysage, L'altitude de ce "mur" décrit l'intensité du bruit et elle peut varier selon les heures de la journée. Ce type de carte peut aussi être utilisé en écologie du paysage pour l'étude du bruit comme facteur de fragmentation écopaysagère).

Certains modèles utilisés pour les cartes de bruit sont empiriques (ex : INM pour la cartographie de l'exposition au bruit de certains aéroports), mais on utilise plus souvent des modèles fondés sur les théories de la physique de la propagation des sons dans l'espace (définies par ISO 9613). L'utilisation de ces logiciels est devenue facile, mais la précision des résultats dépend beaucoup de la qualité des données entrées dans les modèles. Pour s'assurer de la qualité du rendu, des mesures de terrain doivent être faites d'abord pour caler le modèle, puis pour valider la carte finale. S'il n'y a pas accord avec les prévisions et que ce désaccord ne peut être expliqué par une source anormale ou inhabituelle de bruit, le calcul est à reprendre.