Gilles-Éric Séralini, né le à Bône en Algérie, est un biologiste français, professeur de biologie moléculaire à l'université de Caen. Il est cofondateur, administrateur et membre de l'association Criigen jusqu'en 2018.

Opposé à la culture de plantes génétiquement modifiées (OGM), il s'est fait notamment connaître du grand public pour ses études sur les OGM et les pesticides, et en particulier en 2012 pour une étude très médiatisée et controversée qui semblait démontrer l'effet toxique d'un OGM et du RoundUp sur des rats.

Biographie Jeunesse Gilles-Éric Séralini est né en Algérie en 1960. d'un père technicien dans les télécommunications et d'une mère institutrice. La famille s’installe à Thonon-les-Bains, puis à Nice où Gilles-Éric Séralini obtient son baccalauréat à . Il soutient sa thèse de doctorat en biochimie et biologie moléculaire à l'université de Montpellier-II en 1987.

Recherche sur les OGM En 1997, Gilles-Éric Séralini commence à s'intéresser aux Organismes génétiquement modifiés (OGM) et signe l'appel lancé par le botaniste Jean-Marie Pelt, qui demande, au nom du principe de précaution, un moratoire sur les cultures transgéniques, le temps d'en évaluer les risques.

Il fonde en 1999, avec Corinne Lepage, le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), que rejoignent quelques chercheurs reconnus, tel Pierre-Henri Gouyon, professeur au Muséum national d'histoire naturelle.

Il est membre de la Commission Borloo-Lepage au Grenelle de l’environnement entre 2007 et 2008 afin de contribuer à une réforme réglementaire visant à réévaluer les biotechnologies au sein de l’Union européenneGilles-Éric Séralini, Curriculum Vitae, CRIIGEN, 2011 pdf..

Il est principalement connu pour ses travaux sur la toxicité de l'herbicide Roundup sur des cellules en culture ainsi que sur celles des adjuvants dans les herbicides. Une de ses publications, très médiatisée, démontre en 2012 l'effet toxique d'un OGM et du RoundUp sur des rats captifs, cette publication est plus tard contredite par une expérimentation plus rigoureuse.

Il a, à de nombreuses reprises, exprimé son opposition à l'utilisation des plantes génétiquement modifiées en agriculture.

Engagement politique Le , lors d’un meeting des Verts à Caen, Gilles-Éric Séralini apporte son soutien à la candidature de Dominique Voynet pour la présidentielle de 2007..

En , Gilles-Éric Séralini copréside le comité de soutien de la liste « Caen, écologiste et citoyenne » présentée par Europe Écologie Les Verts pour les élections municipales de 2014..

En , Gilles-Éric Séralini apporte publiquement son soutien à la liste du Calvados pour Normandie Écologie présentée par Europe Écologie Les Verts pour les élections régionales de 2015.

Étude médiatisée sur la toxicité du Roundup et du maïs OGM NK 603

En , la revue américaine Food and Chemical Toxicology publie une étude dirigée par Gilles-Éric Séralini faisant état d'effets tumorigènes et toxiques du maïs génétiquement modifié NK 603 et de l'herbicide RoundUp sur des rats nourris pendant deux ans avec ce dernier. Cette étude a un grand retentissement médiatique et relance la controverse sur les OGMVoir par exemple le reportage « OGM : vers une alerte mondiale ? », diffusé le 16 octobre 2012 à 20h30 sur la chaine de télévision France 5 http://tvmag.lefigaro.fr/programme-tv/fiche/france-5/documentaire/86967842/ogm-vers-une-alerte-mondiale-.html haut-conseil des biotechnologies. réponse à la suite de l'article.

Saisi pour avis le par les autorités compétentes françaises (le ministère des Affaires sociales et de la Santé, le ministère délégué auprès du ministère de l’Économie et des Finances, chargé de l’économie sociale et solidaire et de la consommation, le Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, le ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt), le Haut Conseil des biotechnologies rend le un avis invalidant très largement la méthodologie scientifique suivie, juge que et concluant .

Pour Sylvestre Huet, président de l'Association des journalistes scientifiques de la presse d'information (AJSPI) Affaire Séralini : Une audition à l'Assemblée nationale, Sylvestre Huet, sciences.blogs.liberation.fr, 20 novembre 2012.

Les résultats de l'étude mobilisent la communauté scientifique qui les rejettent dans sa grande majorité., sur la base d'analyses statistiques menées à partir des éléments contenus dans l'article et qui ne permettent pas de conclure à un effet toxique des maïs OGM ou du Roundup.. Plusieurs commentateurs soupçonnent ce rejet d'être motivé par des conflits d'intérêts. Le Canard Enchainé du 26 septembre 2012.

Invité à se prononcer sur cette étude, Dominique Gombert, directeur de l'évaluation des risques de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) reconnaît que l'étude de M. Séralini a le mérite d'être « ambitieuse et originale », en traitant la question des effets à long terme des OGM et des résidus de produits phytopharmaceutiques. Mais elle comporte des « faiblesses d'ordre statistique et explicatif qui ne permettent pas de remettre en cause les évaluations précédentes ». L'Anses pointe néanmoins « la nécessité de s'attaquer à la question du risque chronique »..

En , A. Wallace Hayes, le rédacteur en chef de la revue américaine Food and Chemical Toxicology annonce le retrait de l'article en estimant que s'il n'avait « relevé ni fraude, ni mauvaise interprétation des données », « les données présentées, si elles n'étaient pas incorrectes, ne permettaient pas de conclure.. » L'équipe Séralini rejette cette décision et dénonce l'arrivée de Richard Goodman, ancien salarié de Monsanto, au Comité éditorial de la revue.

observe le journaliste scientifique Sylvestre Huet dans Libération en .

En , la revue scientifique Environmental Sciences Europe, republie l'étude dans une version légèrement remaniée, accompagnée des données brutes, ouvrant la voie à des contre-expertises. Selon Winfried Schröder, un des éditeurs de la revue : .

L'étude de Séralini engendre le lancement de plusieurs études européennes et françaises visant à explorer les effets à long-terme (au delà des 90 jours des protocoles standards). Avec les premières publications issues de ces travaux, il semble que ces protocoles contredisent les conclusions de l'étude de Séralini : avec six mois de recul (dans le cadre de l'expérience GMO90plus.), les rats alimentés en maïs génétiquement modifié (MON 810 ou NK 603) ne présenteraient aucune preuve d'effet biologique significatif.

Procès en diffamation

Procès contre Marc Fellous

Condamnation puis relaxe de Marc Fellous pour diffamation

Le , Gilles-Éric Séralini poursuit devant les tribunaux Marc Fellous, professeur de génétique à l'université Paris 7 pour diffamation à la suite de propos tenus dans le cadre d'une demande d'équivalence de temps d'antenne formulée auprès du CSA.. À l'époque, Marc Fellous est président de l'Association française des biotechnologies végétales (AFBV), association de promotion des biotechnologies végétales, dont les OGMQu’est-ce que l’AFBV ? Association française des biotechnologies végétales. La correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris condamne Marc Fellous, le , estimant que l'imputation faite à Gilles-Éric Séralini , est diffamatoire.Ogm : jugement favorable pour un lanceur d’alerte - Communiqué de presse de France Nature Environnement, 19 janvier 2011 . Elle précise : , ces propos . En revanche, elle n'a pas jugé diffamatoire le qualificatif de , pas plus que l'assimilation de M. Séralini à des . Marc Fellous est condamné à de remboursement de frais de justice, d’amende avec sursis et de dommages et intérêtsLe lanceur d’alerte G.-É. Séralini gagne son procès contre l’AFBV - Fondation Sciences Citoyennes, 18 janvier 2011.

Condamnation du journal Marianne et de Jean-Claude Jaillette pour diffamation Le tribunal de grande instance de Paris a condamné Jean-Claude Jaillette, et Maurice Szafran pour le journal Marianne, le ... : pour diffamation envers un fonctionnaire public, le professeur Séralini ; pour diffamation publique, envers les chercheurs de l'équipe du professeur Séralini, et envers le Criigen.

Le , Corinne Lepage annonce avoir, avec Gilles-Éric Séralini, porté plainte en diffamation contre .. Celui-ci se défend de n'avoir fait que citer un article de scientifiques publié dans la revue Forbes où il était question d'un https://www.forbes.com/sites/henrymiller/2012/09/25/scientists-smell-a-rat-in-fraudulent-genetic-engineering-study/, arguant que dans les milieux scientifiques anglo-saxons la fraude misconduct démarre dès qu'il y a omission volontaire de certaines données ou la création d'un protocole visant spécifiquement à obtenir des résultats conformant l’hypothèse de départ.

Jean-Claude Jaillette, et Maurice Szafran pour le journal Marianne, sont condamnés à verser de dommages et intérêts, ainsi que au titre des frais de justice. De plus : Jean-Claude Jaillette est condamné à une amende de avec sursis, et de à verser à la partie civile ; Maurice Szafran est condamné à une amende de sans sursis, ayant déjà été condamné, et de à verser à la partie civileOGM - Un journaliste de Marianne condamné pour diffamation Inf'OGM, 30 novembre 2015.

Ils doivent également publier, à leurs frais, un communiqué annonçant la condamnation, pour hors taxes.

Le , la cour d'appel de Paris confirme la condamnation pour diffamation, y ajoutant un total de supplémentaires au titre des frais de justice ; Arrêt de la cour d'appel de Paris, 7 septembre 2016..

Procès contre Patrick Cohen, Géraldine Woessner et Mac Lesggy

En 2019, Gilles-Éric Séralini porte plainte, pour diffamation, contre les journalistes Patrick Cohen, Géraldine Woessner, et l'animateur Mac Lesggy, qui réagissent à sa participation dans un numéro dEnvoyé spécial sur les dangers supposés du glyphosate. Patrick Cohen qualifie son étude de , Géraldine Woessner parle sur Facebook ; Mac Lesggy réagit dans un tweet sur X : ..

Le procès pour diffamation a lieu le , le tribunal prononce la relaxe des trois mis en examen le .

Controverses Livre Tous Cobayes ! et documentaire associé La publication de l'étude de 2012 sur le maïs génétiquement modifié NK 603 est très médiatisée et coïncide avec la publication du livre Tous Cobayes ! ainsi que d'un documentaire associé Tous cobayes ?. Ce mode opératoire est exceptionnel dans la publication de travaux scientifiques. Il fait l'objet de critiques suggérant une et également l'objet d'accusations de conflit d'intérêts.. Dans un communiqué communhttp://www.academie-sciences.fr/activite/rapport/avis1012.pdf, l'Académie d'agriculture de France, l'Académie nationale de médecine, l'Académie nationale de pharmacie, l'Académie des sciences, l'Académie des technologies et l'Académie vétérinaire de France écrivent : .

Après que l'étude de 2012 est republiée en 2014, certaines analyses statistiques menées sur les données brutes conduissent à une absence de démonstration de risque lié à la consommation des OGM utilisés dans l'étude.

À la suite de cette intervention des Académies, français publient dans la presse une tribune intitulée , selon laquelle .

Entreprise Sevene Pharma