La rue du Château-d'Eau est une voie du de Paris, en France.

Situation et accès La rue commence au 1, boulevard de Magenta et se termine 68, rue du Faubourg-Saint-Denis. Elle croise notamment le boulevard de Strasbourg où se trouve la station Château d’Eau à laquelle elle donne son nom.

La rue du Château-d'Eau est desservie notamment par les stations de métro République et Château d’Eau.

Origine du nom thumb|left|Une ancienne plaque de la rue. La rue porte son nom du fait qu'elle menait, à son extrémité est, au château d'eau qui se trouvait à l'emplacement de l'actuelle place de la République, qui s'appela d'ailleurs « place de Château-d'Eau » jusqu'en 1879..

Le Château-d'Eau était une fontaine construite d'après les dessins de Girard, formée d'un bassin circulaire au milieu duquel s'élevaient en gradins trois autres bassins, dans lesquels huit lions en bronze lançaient l'eau par la gueule. Inaugurée le , elle était placée au centre de la place du Château-d'Eau, sur la gauche du monument actuel de la République. Lors de la transformation de cette place en 1869, la fontaine aux lions, après avoir été enlevée, est transportée dans la cour d'entrée du marché-abattoir de La Villette (actuelle place de la Fontaine-aux-Lions), où elle sert d'abreuvoir pour le bétail., puis réédifiée en 1880 place Daumesnil.

Historique La partie comprise entre la rue Léon-Jouhaux et la rue du Faubourg-Saint-Martin était anciennement un chemin qui longeait, du côté de la ville, le Grand Égout découvert. Dans les années 1760, l'égout commence à être couvert pour des raisons de salubrité, créant de facto une rue, que le plan de Verniquet indique sous le nom de « rue Neuve-Saint-Nicolas », nom qu'elle devait à une enseigne. Une ordonnance du porte :

Cette importante amélioration a été complètement réalisée en 1841.

La partie, comprise entre la rue du Faubourg-Saint-Martin et celle du Faubourg-Saint-Denis était originairement, comme la précédente, le chemin qui longeait le grand égout. Sa dénomination de « rue Neuve-Saint-Jean » lui venait d'une enseigne. Une ordonnance royale du a déclaré d'utilité publique l'élargissement de cette rue au droit des maisons , 4 et 6 et de la propriété , sur la rue du Faubourg-Saint-Martin. Cet élargissement a été complètement exécuté en 1843.

En vertu d'une décision ministérielle, du , la « rue Neuve-Saint-Nicolas » et la « rue Neuve-Saint-Jean » sont réunies sous la seule et même dénomination de « rue du Château-d'Eau ».

Les aménagements du Second Empire transforment la physionomie de la rue : les boulevards de Magenta et de Strasbourg sont percés, la mairie du arrondissement, la caserne de pompiers et le marché Saint-Martin sont construits, etc.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire 3 : bourse du travail de Paris, construite de 1888 à 1896 par Joseph-Antoine Bouvard (1840-1920), alors architecte de la Ville de Paris. Sa façade imposante de cinq étages aux pilastres corinthiens monumentaux surmontés d'une horloge est de style « Renaissance classique ». 8 : immeuble de rapport construit par Jules Sédille et son fils Paul. 16 : immeuble construit en 1846 par Jules et Paul Sédille, architectes du « premier » magasin Printemps, à Paris avant son incendie. 16 : vers 1778, Charles-Henri Sanson, bourreau de Paris sous la Révolution française, s'installa à ce même numéro (rue Neuve-Saint-Jean à l'époque)Henri Sanson, Mémoires des Sanson, Dupray de la Mahérie éditeur, 1862, tome 3, chapitre XIII, .. 20 : emplacement de la salle de bal, la salle Barthélemy, du nom de l'architecte qui l'avait construite en 1847 ; elle sera démolie en 1866, Nouveau dictionnaire historique de Paris, Gustave Pessard préface de Charles Normand, 1904, 319.. 29 : Maison de la culture yiddish, inaugurée ici le en présence de David de Rothschild Maison de la culture yiddish, www.yiddishweb.com. ; on y trouve la bibliothèque Medem. 31-33 : marché Saint-Martin, édifié en 1854 et modernisé, à l'exception des portes d'entrée, en 1987. 34 : ancien petit bistrot Belle Époque Le Petit Château d’eau, qui a conservé sa décoration de 1904.

39 : la plus petite maison de Paris, avec seulement de large pour de hautLe Gaulois, mercredi 6 janvier 1897, , Échos de Paris.. 42-44-46 : ancien immeuble de rapport Louis-Philippe à trois portails, aujourd'hui séparés, donnant sur plusieurs cours traversantes typiques du quartier. Simone Faïf (1942-2023), artiste peintre, vécut au n°42. 45 : réalisé par l’architecte Rives, l’immeuble est primé au concours de façades de la ville de Paris de 1901.. À la hauteur de ce numéro se tenait l’ancienne barrière d’octroi, appelée « Fausse porte Saint-Martin ». Elle disparut lors de la construction du mur des Fermiers généraux, page 62.. 48 : anciens communs de l'hôtel Gouthière, devenus petits ateliers industriels au . Quartier général du candidat PS Benoît Hamon pour l'élection présidentielle de 2017Laure Bretton, « Dans le nouveau QG de Benoît Hamon, intellos, citoyens et socialistes de tout poil », liberation.fr, 12 février 2017.. 50 : caserne de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, construite en 1849 pour loger la de pompiers. 52 : tribunal d'instance dans la mairie du , construite à partir de 1892. sur l'emplacement de l'ancienne caserne du Château-d'Eau incendiée en 1848Félix de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Paris, 1910, 31.. Lors de la construction de la mairie, l’architecte Eugène Rouyer découvre, à cinq mètres en contrebas du trottoir, une arche de pont qui devait franchir le Grand Égout. 61 : ancien café-concert créé en 1876, qui prend le nom de Concert du en 1882, puis successivement ceux d'Éden-Comédie et Nouveau-Théâtre du Château d'EauÀ ne pas confondre avec l'ancien théâtre du Château-d'Eau qui était situé rue de Malte dans le de Paris., avant devenir le cinéma Le Château d'Eau.. Dans les années 1990, la salle est exploitée en tant que cabaret Les Étoiles, mais cesse son activité en 2007. Les locaux sont repris en 2011, les nouveaux propriétaires y entreprennent d'importants travaux tout en conservant l'esprit du lieu, préservant ainsi le dernier nom d'enseigne (cependant la façade néo-classique n'est pas conservée)Félix de Rochegude, Promenades dans toutes les rues de Paris, 1910, 38.. Depuis la réouverture en , Les Étoiles cumule des activités de salle de concert, club, espace événementiel et lieu de création. En , le groupe homosexuel Arcadie se dote d'un lieu d'accueil, pudiquement baptisé Club littéraire et scientifique des pays latins (Clespala)L, au 61, rue du Château-d'Eau, qui fut de fait longtemps le seul lieu de Paris et même de toute la France où deux personnes de même sexe pouvaient danser ensemble sans souci. Des banquets, des débats, des conférences et des après-midi dansantes (une fois par mois) se développent, accueillant chaque mois jusqu'à dix mille personnes.. Le groupe disparaît en 1982.. 68 : immeuble signalé comme « maison de tolérance » féminine et masculine en 1916Régis Revenin, « L'émergence d'un monde homosexuel moderne dans le Paris de la Belle Époque », Revue d'histoire moderne et contemporaine, 2006/4 (), .. 76 : ancien siège de l'éditeur Charles Levy, qui édita notamment des affiches pour le théâtre des Folies Bergère, les Affiches américaines Charles Levy.

Galerie

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie

Articles connexes Liste des voies du de Paris

Liens externes

Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris

Chateau d'eau