thumb|Carte des taux nationaux de victimes de meurtre parmi , en 2019 :
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Les violences contre les femmes englobent l'ensemble des comportements violents, majoritairement perpétrés par des hommes, individuels ou collectifs, dirigés contre les femmes.. Ces violences incluent les mariages forcés, grossesses forcées ou avortements forcés, mutilations génitales, lapidations, défigurations à l'acide et autres crimes d'honneur, esclavages, agressions sexuelles et violences conjugales, violences médicales, viols d'épuration ethnique, trafic de femmes, esclavage sexuel, privations traditionnelles, socio-culturelles ou politiquement tolérées des droits et libertés humains fondamentaux dans la condition féminine ; et sont motivées par le sexisme ou la misogynie.
Outre les trafics criminels et les violences propres à certaines sociétés, l'alcoolisme, la toxicomanie sont des facteurs causaux importants des violences contre les femmes, en particulier de violences conjugales...
Ce sont surtout les associations caritatives et associations humanitaires qui se mobilisent aujourd’hui en faveur de la reconnaissance et de la protection des victimes de persécutions spécifiques aux femmesJane Freedman, Jérôme Valluy (dir.), Persécutions des femmes - Savoirs, mobilisations et protections, Editions Du Croquant, novembre 2007 résumé en ligne..
Introduction Définition vignette|Femme serbe de Toplica montrant les cicatrices de ses tortures par des soldats bulgares, en 1919. De nombreuses personnes, collectivités, organismes humanitaires ou politiques se sont attachés à dénoncer des sévices existant ou aggravés uniquement en raison de l'appartenance d'une personne à un genre. Généralement ce sont les femmes qui sont les victimes de ce qui est présenté comme une tendance collective ou culturelle à autoriser ou à inciter ce type d'agressions, agressions récurrentes.
Les diverses études et publications qui visent à exposer ce sujet au grand public s'attachent tout particulièrement à distinguer et à mettre en évidence le phénomène de discrimination sexiste, incompatible avec les principes des Droits de l'homme.
La Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique indique que le terme « violence à l'égard des femmes » doit être compris comme une violation des droits de l'homme et une forme de discrimination à l'égard des femmes, et désigne tous les actes de violence fondés sur le genre qui entraînent, ou sont susceptibles d'entraîner pour les femmes, des dommages ou souffrances de nature physique, sexuelle, psychologique ou économique, y compris la menace de se livrer à de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou privéeConvention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique, l'article 3..
ONU Femmes inclut les violences contre les femmes dans une notion plus générale de violence basée sur le genre (VBG), qui souligne néanmoins que .
Distinction entre violences et persécutions Les violences peuvent être ponctuelles, marginales et déviantes tandis que les persécutions sont récurrentes, induisant la persistance d'une menace, potentiellement ancrées dans les mécanismes sociaux.. La notion de persécution, plus que celle de violence, permet de relier le phénomène aux catégories juridiques existantes tant en ce qui concerne la défense des droits humains fondamentaux, le droit international humanitaire, le droit international pénal et le droit d'asile. Cependant, les violences et persécutions peuvent tout autant être sous-tendus par des rapports de forces. Un exemple récurrent est celui qui vise à établir une domination des hommes sur les femmes, que les études de genre visent à mettre à jour.
Typologie vignette|Photo prise pour une campagne contre les violences faites aux femmes au Brésil. vignette|L'adolescente Maravillas Lamberto, violée et assassinée en 1936 pendant la guerre d'Espagne. Voici les contextes pouvant sous-tendre une persécution liée au genre, et au genre féminin en particulier : Un crime d'honneur est un meurtre perpétré contre une personne dont le comportement est perçu comme ayant porté le déshonneur sur sa famille. La plupart des victimes sont des femmes. Ces crimes sont typiquement le fait de membres de la famille de la victime ou de la communauté et, contrairement aux crimes dits « passionnels », sont prémédités. Dans les sociétés où ils sont perpétrés, on les considère comme relevant de domaine « privé » et la justice poursuit rarement les meurtriers. Femmes de réconfort : les viols généralisés de femmes en situation de guerre sont également liés aux constructions genrées, et aussi racistes, qui sont généralement utilisées pour normaliser la fourniture de femmes comme prostituées aux arméesEnloe, C. (2000), Maneuvers: The International Politics of Militarizing Women's Lives, Berkeley: University of California Press.. Viol de guerre : Le viol est aujourd’hui reconnu non pas comme une conséquence inéluctable de la guerre, mais comme une arme utilisée délibérément. Les femmes sont spécifiquement visées dans le cadre de stratégies de nettoyage ethnique ou de génocide. Traite d'êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle : La traite touche de manière disproportionnée les femmes et les filles. En 2018, elles représentaient environ cinq femmes adultes et deux filles sur dix parmi les victimes identifiées à l’échelle mondiale. L’exploitation sexuelle demeure la forme de traite la plus répandue, affectant 50 % des victimes. Les mutilations génitales féminines (MGF) recouvrent des pratiques consistant à ôter, par des moyens chirurgicaux souvent rudimentaires, tout ou partie des organes génitaux externes féminins les plus sensibles. Il s'agit d'une pratique ancestrale qui est mise en œuvre dans de nombreux pays, essentiellement pour des raisons d'ordre coutumier ou religieux. La violence conjugale est la violence au sein du couple. C'est un processus évolutif au cours duquel un partenaire exerce, dans le cadre d’une relation privilégiée, une domination qui s’exprime par des agressions physiques, psychologiques, sexuelles, économiques ou spirituelles. Elle correspond à une violence continue ou réitérée et toujours menaçante, reflet d’une configuration sociétale dans laquelle les possibilités de résistance sont faibles et les échappatoires limitéesFALQUET France-Jules, « Guerre de basse intensité contre les femmes ? La violence domestique comme torture, réflexions sur la violence comme système à partir du cas salvadorien. », revue Asylon(s), , octobre 2006..
Amnesty International propose de distinguer les types de violences contre les femmes selon leurs localisations sociales et les agents de persécutions impliquésAMNESTY INTERNATIONAL – « Mettre fin à la violence contre les femmes : un combat pour aujourd’hui : résumé du rapport général », Index AI : ACT 77/003/2004, ÉFAI, Londres, mars 2004. : Au sein de la famille : sévices contre les partenaires intimes, violences sexuelles contre les femmes et fillettes au foyer, violences liées à la dot, viol conjugal, mutilations génitales féminines, sévices subis par les employées de maison (séquestration, brutalités physiques, conditions de quasi-esclavage et violences sexuelles). Dans le milieu social : viol, violences sexuelles, actes d’agression et de harcèlement sexuel sur le lieu de travail, dans les établissements d’enseignement et autres, traite des femmes, prostitution forcée et travail forcé et autres sévices par des groupes armés. Violence perpétrée par l'État : exactions commises ou tolérées par les policiers, gardiens de prison, soldats, gardes-frontières, agents de l'immigration et autres, viol par les forces gouvernementales durant les conflits armés, torture pendant la détention et les violences perpétrées par des fonctionnaires sur la personne de réfugiées. Caractéristiques vignette|Affiche de l'exposition Women’s Rights Are Human Rights: International Posters on Gender-‐based Inequality, Violence and Discrimination, dénonçant les violences faites aux femmes (particulièrement le viol) au Congo et en Afrique, en 2011.
Structures sociales pérennes Ce qui est identifié comme persécutions lié au genre ne résulte pas de comportements individuels isolés et atypiques voire « aberrants », mais reflète des structures et des normes sociales profondément inégalitaires. Elles peuvent se révéler à travers des pratiques coutumières ou de législations explicites. Coutumes : mutilations génitales féminines (excisions, infibulation) visant à contrôler la sexualitéOULAI Jean-Claude, « La pratique de l’excision chez les Dan de Logouqlé (Côte d’Ivoire) : Comment et pourquoi ? », revue Asylon(s), , octobre 2006.. De manière plus diffuse mais dans plus de sociétés, définition sociale du comportement « normal » attendu des femmes, qui crée des contraintes de vie quotidienne et de trajectoire biographique et entraîne la persécution des déviantes ou subversives ou leur suicide notamment l'expérience forcée de l'exil qui leur fait découvrir un autre mode de vieMANN Carol, « Les shahidé du monde traditionnel : le suicide des jeunes filles afghanes », revue Asylon(s), , octobre 2006.. ex. : maltraitances a priori liées à la tradition : les jeunes mariées sont fouettées par leur époux et ses amis pendant la semaine qui suit la noce, au point que certaines y perdent la vie.. Législations : lois imposant aux femmes certains modèles de comportements ou tenues vestimentaires. Exemple des ordonnances Hudood au Pakistan interdisent toute relation sexuelle hors mariage, imposent aux femmes violées de produire trois témoignages masculins à l'appui de leur plainte pour ne pas être accusées d'adultère.
Instrumentalisation politique de la sexualité
vignette|Taliban frappant des femmes dans la rue, Kaboul (Afghanistan), en 2001. Une grande partie des violences contre des femmes est liée à la sexualité et à la reproduction, dans les sociétés qui cherchent à contrôler à la fois leur sexualité, représentée comme « menaçante », et leur capacité à reproduire, représentée comme une fonction à disposition de la société ou de la nationJ.Des Forts, Violences et corps des femmes du Tiers-Monde – Le droit de vivre pour celles qui donnent la vie, Paris : L’Harmattan, 2001.. Ces contrôles peuvent relever d’une organisation sociale traditionnelle ou d'un projet nationaliste sur l'identité (ethnique, culturelle). Ils affectent différemment les femmes selon leurs classes sociales, leurs catégories d’âges ou leurs groupes ethniques, mais toutes sont tributaires du rapport de domination homme / femme qui prévaut dans la société. Sociétés traditionnelles - De l’interdit des relations prénuptiales aux mariages et grossesses forcées, dans les sociétés traditionnelles, la sexualité des femmes, essentiellement hétéronomes, dépend souvent à la fois d’une hiérarchie sociale (parentale puis maritale), et d’une économie d’échanges sociaux, (symboliques ou matériels), qui déterminent tout autant les conditions de la sexualité et de la maternitéBELLAS CABANE Christine, « Fondements sociaux de l’excision dans le Mali du », revue Asylon(s), , octobre 2006. que les déchaînements de violence (lapidations, défigurations à l’acide, crimes d’honneur...) et les persécutions de celles qui tentent de s’autonomiser.