La de chars de la Garde (en russe : 5-я гвардейская танковая армия, parfois traduit « de tanks de la Garde ») est une grande unité blindée de la Garde soviétique qui combattit lors de nombreux affrontements militaires durant la Grande Guerre patriotique, ou Seconde Guerre mondiale.
Historique Formation
La de chars de la Garde est formée le sur ordre de la Stavka du , avec le de chars de la Garde, le de chars, le mécanisé de la Garde et le de bombardiers légers.. Son organisation militaire varia à travers son histoire, mais en général elle fut composée de deux corps blindés et d'un corps mécanisé. Le , le lieutenant-général Pavel Rotmistrov est nommé commandant de l'armée de chars..
Cette armée de chars était considérée comme une formation d'élite. Selon la doctrine militaire des opérations en profondeur prônée par l'Armée rouge (théorisée par Triandafillov et Toukhatchevski), une armée de chars (Танковая армия, abrégée en TA) est destinée à être engagée après une percée effectuée par une autre armée combinée (composée d'infanterie largement soutenue par des divisions d'artillerie et des brigades de tanks d'accompagnement) ; le rôle de l'armée de chars étaient de servir d'« échelon de frappe opérative » en s'enfonçant le plus loin possible en territoire adverse (jusqu'à 150 à ), si possible ses corps d'armée avançant en parallèle, pour déstructurer tout le système ennemi.. Les deux ( et dès mai-) puis six armées de chars furent les fers de lance des principales offensives soviétiques de la seconde partie de la Grande Guerre patriotique.
1943 : Koursk En 1943, la de chars joua un rôle significatif lors de la bataille de Koursk, étant l'une des formations engagées dans la contre-attaque de Prokhorovka. Initialement subordonnée au front de la steppe (qui sert de réserve en prévision de la contre-offensive soviétique), la est transférée au front de Voronej qui n'arrive pas à repousser les attaques allemandes ; en plus de ses trois corps d'armée (, de chars et de la Garde), l'armée est renforcées avec deux corps des réserves du front : les et de chars, lui donnant une force totale d'environ 850 blindés. Malgré cela, ses assauts frontaux le furent tous repoussés avec de très lourdes pertes : le 13, seuls 150 à 200 chars étaient encore opérationnels..
L'armée, partiellement remise sur pied, est engagée en août 1943 dans la quatrième bataille de Kharkov (opération Roumiantsev), s'y faisant de nouveau étriller et perdant 420 de ses chars.
1944 : Bagration En , l'armée prit part à l'offensive de Kirovograd, puis en février à la réduction de la poche de Korsoun-Tcherkassy. Au printemps 1944, elle est engagée dans l'offensive Ouman-Botoșani (Umansky-Botoshansky, du au , dans le cadre de l'offensive Dniepr-Carpates).
En préparation de la reconquête de la Biélorussie, la de chars de la Garde est retirée d'Ukraine le pour retourner dans la réserve de la Stavka. Début , elle est recomplétée en véhicules et en personnel dans les forêts au nord de Smolensk. Elle est alors composée du de la Garde (ex de chars avant la fin 1942, équipé de M4A2)., du de chars de la Garde et d'une brigade mécanisée, soit environ et . Elle est intégrée au troisième front biélorusse d'Ivan Tcherniakhovski, cachée à partir du à de la ligne de front, entre Liozno et Roudnia..
Le est déclenchée l'opération Bagration. Le troisième front biélorusse est chargé de l'offensive Vitebsk-Orcha, comprenant une attaque sur l'axe de la route Moscou-Minsk (défendue par la d’assaut allemande), sur de large (sur la rive droite du Dniepr) par la de la Garde, renforcée par des brigades d’artillerie, par le de chars de la Garde Tatinskaïa et par deux régiments d’IS-2. Le , le de chars de la Garde est engagé plus au nord, par Boguchevsk, dans le secteur de l'armée voisine, et perce jusqu’à Tolotchine, coupant la route à l'ouest d'Orcha ; l’armée de chars est enfin introduite, avec plusieurs jours de retard sur les prévisions ; mais seulement sont parcourus en trois jours, à la même vitesse que les armées voisines, subissant des attaques par Heinkel 177. Le 28, Rotmistrov reçoit la remontrance suivante : Le , le arrive à Studenka (où la Grande Armée a franchi la Bérézina en 1812), tandis que le est à Lochniza (à l’est de Borissov, sur la route). L'armée est alors arrêtée par le « groupe von Saucken » (la , le de Tigre et des détachements de police SS) ; Saucken, encerclé par le nord et le sud, repasse la Bérézina le 30, faisant sauter les ponts de Borissov, ville reprise par les Soviétiques le à l’aube.
Le , La de chars de la Garde passe au nord-est de Minsk, bouclant l'encerclement des restes de la allemande ; puis les 4 et 5, elle passe au nord de la forêt de Naliboki et est freinée dans des combats autour de Molodetchno. L'armée y perd en une semaine contre le (ex groupe von Saucken)...
La formation fut ensuite employée dans l'opération visant à libérer Vilnius. Le , l'armée est engagée au sud de Vilnius, mais dès le 8, elle doit encaisser des contre-attaques allemandes. Le 10, la percée est acquise, l’armée fonce sur Alytus sur le Niémen et établit une tête de pont. Le 15, l'armée est retirée du front : elle est trop diminuée, tandis que la logistique est déficiente. Le 19, l'armée est engagée une nouvelle fois près de Kaunas, avec peu d'efficacité. La lenteur et les lourdes pertes subies amènent à relever Rotmistrov de ses fonctions le , remplacé par le lieutenant-général (Михаил Дмитриевич Соломатин), puis dès le par le lieutenant-général (Василий Тимофеевич Вольский).
1944 : Baltique À la fin de l'année 1944, la de chars de la Garde fut engagée contre la dans le cadre de l'offensive de la Baltique, et repoussa les forces allemandes, les forçant à se replier dans une poche de résistance à Memel. Ensuite, elle se déplaça vers le sud et prit part à l'offensive de Prusse-Orientale en étant intégrée au biélorusse alors sous le commandement de Constantin Rokossovski ; elle continua son offensive à partir de la ville d'Elbing, ce qui isola avec succès les forces de la Wehrmacht du reste de son armée en province de Prusse-Orientale, dans une poche désormais connue sous le nom de poche d'Heiligenbeil.
Guerre froide Après la guerre, Pavel Rotmistrov écrivit ses mémoires et l'histoire de cette unité que fut la de chars de la Garde à travers l'ouvrage La Garde d'acier..
L'armée est renommée mécanisée le . Elle est composée de quatre divisions : la , la , la mécanisée et la . Le , l'armée est réduite à la taille d'une division et prend le nom de cadre de chars de la Garde. Ses quatre divisions deviennent des régiments.
La mécanisée de la Garde est recréée le , ainsi que ses quatre divisions constitutives. La mécanisée de la Garde quitte la division au début des années 1950 et est remplacée par le .
Elle reprend son nom de de chars de la Garde le . La mécanisée est renommée de chars et la mécanisée de chars lourds. Cette dernière est dissoute en 1960 et la de chars est renommée de chars en 1965.
Par décret du Præsidium du Soviet suprême de l'Union soviétique du , l'armée a reçu l'ordre de la Bannière rouge.. De la fin de la guerre à la dislocation de l'Union soviétique en 1991, la de chars de la Garde stationna au sein du district militaire biélorusse, avec son état-major à Bobrouisk (Babrouïsk en biélorusse).
La Biélorussie se proclamant indépendante le , les unités soviétiques présentes sur son territoire forment les forces armées biélorusses. En , la de la Bannière rouge de la Garde est réduite à la taille d'un corps d'armée, le d'armée de la Garde, intégré à la de la Garde (elle-même dissoute plus tard).
Références
Voir aussi Bibliographie . . .
Lien externe .
Articles connexes Pavel Rotmistrov Corps blindé Corps mécanisé 7e armée de chars Histoire militaire de l'Union soviétique
Catégorie:Unité de la Garde soviétique Catégorie:Armée soviétique de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Unité ou formation militaire créée en 1942 Catégorie:Unité ou formation militaire dissoute en 1991 Catégorie:Unité blindée russe