Le festival de la Saint-Loup (Gouel Sant-Loup ha dañs Breizh en breton), est un festival de musique celtique qui se tient tous les ans à Guingamp dans les Côtes-d'Armor en Bretagne durant la deuxième quinzaine d'août. Créée au , la fête est depuis 1957 consacrée à la danse bretonne. Le week-end, la Saint-Loup accueille les cercles celtiques dans le cadre du concours national de danses bretonnes organisé par la confédération Kendalc'h, devenue Kenleur.
Les bagadoù et pipe bands animent chaque année la fête, mais aussi des groupes traditionnels de Galice et des Asturies. Les musiciens et danseurs irlandais compètent l'ambiance celtique. Le chant est également mis en avant chaque soir, qu'il soit breton, gallois, gaélique, français, anglais, corse... L'hymne breton, le Bro gozh ma zadoù est entonné à la fin de la fête, après avoir dansé la dérobée, une danse populaire guingampaise.
Histoire L'origine religieuse : pardon, bal et dérobée vignette|upright|gauche|La chapelle Saint-Loup à Pabu. Le pardon religieux dédié à saint Loup se tenait dans les prairies attenantes au château de Runevarec, en Pabu, appelé Saint-Loup car sa chapelle est dédiée à Loup de Sens. Selon le spécialiste de la danse bretonne, Jean-Michel Guilcher, qui se base sur des témoignages oraux :
vignette|L'arrivée en musique de la dérobée à Guingamp. En 1848, d'après un article du journal local, le Publicateur des Côtes-du-Nord, on y célèbre la fête le premier week-end de septembre par un pardon suivi d'un bal champêtre ; . Au , la danse « dérobée » se pratique en cortège depuis Pabu jusqu'à Guingamp suivant plusieurs itinéraires et les danses démarrent au centre-ville vers huit heures du soir d'après le règlement de 1853. En 1850, le prix d'entrée de la place du centre était modique, trente centimes et l'esprit reste bon enfant. Au fur et à mesure, la fête prend de l'ampleur et attire un public venu de plus en plus loin.
Les animations profanes : danse, culture et société bretonne vignette|gauche|La fête populaire accueille des tournois de gouren. La ville de Guingamp s'implique de plus en plus dans la fête, financièrement ou dans l'organisation : l'inauguration de la ligne de train Paris-Guingamp en 1863, en 1893 c'est l'inauguration de l'éclairage au gaz, la fête de l'alliance franco-ruse en 1897, la fête aéronautique en 1913, la visite du Président Poincaré en 1923Simone Toulet, « La Saint-Loup à Guingamp », Musique bretonne, septembre 1989, p. 14. D'autres animations se rajoutent au programme : dans les années 1870, la soirée du samedi est rajoutée en organisant une retraite aux flambeaux, en 1893 il y a une fête aéronautique et en 1899, des concours de tir aux pigeons et de tir à la carabine sont organisés le lundi matin. Très tôt aussi, la Saint-Loup s'associe à d'autres manifestations bretonnes. En 1900, les réjouissances du pardon s'étalent ainsi sur plus d'une semaine, lorsque l'Union régionaliste bretonne organise un congrès à Guingamp. L'année suivante, toujours en parallèle des fêtes, se tient la première réunion du Gorsedd de Bretagne, inspiré du collège bardique gallois. En 1909, les premiers tournois de gouren, la lutte bretonne, sont organisés le dimanche matin. Cette pratique reste par la suite ancrée dans la fête.
vignette|La danse mazurka dans la prairie. Dans les années 1920, la place importante laissée à la culture bretonne à Guingamp se confirme et la fête à Pabu garde son côté champêtre. Les gens continuent de descendre dans la soirée la rue de Montbareil en dansant la dérobée et en suivant les codes : les enfants en premier, chantant des comptines, puis les adolescents et enfin les adultes, tout le monde en cadence« La Saint-Loup, une fête locale devenue festival », Ouest-France, 15 août 2011. Jean-Michel Guilcher souligne que la Saint-Loup a conservé plus longtemps qu'ailleurs « le caractère de cortège dansant ouvert à tous, bourgeois, commerçants, employés et artisans. Les participants dansaient tout l'après-midi dans le champ de la Saint-Loup, distant de la ville de deux kilomètres environ. Le répertoire (scottishes, mazurkas, polkas, pas de quatre) était celui des salons, les costumes ceux de la mode parisienne ».
L'Entre-deux-guerres et le renouveau culturel Les deux guerres mondiales stoppent momentanément la fête. En 1925, le lundi de la Saint-Loup coïncide avec l'organisation de la fête du Bleun Brug à Guingamp. Elle intègre un défilé historique, avec une duchesse Anne guingampaise, une noce bretonne et de nombreux groupes en costume. Le succès reste mitigé : de tradition radicale et volontiers anticléricale, Guingamp se méfie de ce Bleun Brug jugé trop lié à l'Église. À partir de 1935, la Saint-Loup renforce la place des musiques et danses traditionnelles. Des sonneurs de bombarde et binioù sont conviés chaque année et pour la première fois, en 1937, un cercle celtique, celui de Bégard, intervient en renfort pour danser la dérobée, dont les pas semblent de plus en plus ignorés par la population locale.
vignette|Le cercle Kroaz Hent Gwengamp.|gauche Après 1945, la Saint-Loup peine à retrouver son audience populaire, la pluie rend impraticable le champ de Runvarec et la fête ressemble plus à une sorte de kermesse. Dès 1953, la Saint-Loup se cantonne au centre de Guingamp mais les organisateurs s’interrogent sur la manière de redorer l'attrait de la vieille fête. À partir de 1957, bagadoù et cercles celtiques intègrent la Saint-Loup. La confédération de cercles Kendalc'h et le comité des fêtes ont l'idée de créer une fête qui ressemble à la version contemporaine du festival et qui se déroule mi-août sur deux jours : défilé le samedi soir et danse le dimanche. Depuis 1957, le festival sert de cadre au concours national de danses bretonnes de la confédération Kendalc'hSaint-Loup, championnat de danse bretonne sur le site de la confédération Kendalc'h. La première édition de la « nouvelle formule » est un succès ; en présentant la richesse du patrimoine traditionnel, près de personnes assistent aux prestations des trente cercles et bagadoù.
Le revival de la tradition Dans les années 1970, la musique traditionnelle est en plein renouveau et le grand public découvre la musique bretonne sous un autre jour. Les costumes traditionnels sont revisités, les jupes des danseuses se raccourcissent et les cercles bretons innovent dans leurs chorégraphies, motivés par les créations proposées en concours. En 1985, le comité d'organisation élit un nouveau président, Jean-Pierre Ellien, fondateur du bagad Gwengamp, qui va accompagner une évolution notoire de la Saint-Loup. En effet, à partir des années 1980, le festival se déroule sur neuf jours et à partir de 1990, une journée destinée aux enfants membres de cercles, le Bugale Breizh, est fixée le premier dimanche de juillet.
vignette|Le rockeur breton-belge Julien Jaffrès sur scène en 2013. Chaque année, ce rendez-vous de la culture bretonne prend toujours un peu plus d'ampleur : près de sonneurs, artistes et danseurs venus de tout le monde celtique (gallois, écossais, irlandais, asturiens, galiciens...) fréquentent la ville du TrégorCollectif (Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette), « Côtes d'Armor 2013 », Petit Futé, 2013, p. 33. Un pipe band écossais défile lors de chaque édition. De nombreuses animations, expositions, fest-noz, concours folkloriques jalonnent la semaine et des concerts ont lieu tous les soirs. En 2007, la du festival programme du rock celtique avec Alan Stivell, EV, Red Cardell, Tri Yann ou encore la Galicienne Susana Seivane et la banda de gaitas Zuncurrundullo« La Saint-Loup fête ses cinquante ans », Ouest-France, 4 mai 2007.
En 2011, un livre écrit par Loïc Le Guillouzer retrace l'histoire du festival depuis les années 1930, accompagné des illustrations de Jeanic Le VoyerÉdition. « Les ponts de la Saint-Loup », Le Télégramme, 10 novembre 2011. Jean-Pierre Ellien, président du festival depuis 1984, décède le Mort de Jean-Pierre Ellien. La Saint-Loup orpheline, Le Télégramme, 19 octobre 2013. Hervé Rouault prend sa succession à la présidence du festivalHervé Rouault, président du festival de la Saint-Loup, lechodelargoat.fr, 7 novembre 2013. À partir de 2014, les éditions se déroulent sur six joursSterenn Duigou, Saint-Loup. Thomas Fersen et Renan Luce à l'affiche, Le Télégramme, 23 mars 2014. En 2018, Soldat Louis y chante une nouvelle chanson, L'eau des Bayous, dans laquelle est fait mention de la Saint-Loup..
À partir de 2019, le Bugale Breizh rejoint la partie week-end du Festival de la Saint-Loup, la journée destinée aux enfants a lieu le Samedi.
Marqué par la pandémie sanitaire, le Festival n’a pas lieu en 2020 et s’organise dans une version réduite sur un seul week-end les 21 et . Une édition exclusivement gratuite qui s’est déroulée sur 2 scènes : le jardin public et place du petit Vally.
Programmation Années 2010