Philippe Gilbert, né le à Verviers, est un coureur cycliste belge professionnel pendant 20 ans de 2003 à 2022.
Coureur offensif, il a notamment remporté le championnat du monde sur route en 2012, le Tour de Lombardie en 2009 et 2010, Paris-Tours en 2008 et 2009, l'Amstel Gold Race en 2010, 2011, 2014 et 2017, le Tour des Flandres en 2017, Paris-Roubaix en 2019 ainsi que la Flèche wallonne, Liège-Bastogne-Liège et la Classique de Saint-Sébastien en 2011. Ses résultats en 2011 lui ont permis de terminer l'année à la première place de l'UCI World Tour.
Son palmarès en fait l'un des meilleurs coureurs belges et l'un des meilleurs coureurs de classiques de l'histoire. Outre le fait qu'il a remporté quatre des cinq classiques Monuments et un total de quinze classiques, il a aussi gagné onze étapes sur les trois grands tours auxquels il a participé à vingt-cinq reprises et en a terminé dix-sept. Il a remporté 80 victoires chez les professionnels dont 18 pour la seule année 2011.
Biographie Enfance et carrière amateur Originaire du village de Remouchamps faisant partie de la commune belge d'Aywaille (province de Liège), Philippe Gilbert commence à disputer des courses pendant son adolescence, d'abord en individuel en étant entraîné par son grand frère Christian et ses parents Jeannot et Anita. En , il remporte le championnat de la province de Liège en catégorie débutants, à Manaihant, et s'inscrit au VC Ourthe-Amblève. Il gagne sept courses durant cette année, puis 23 en 1998.
En 1999, il passe en catégorie junior, au club Woonbemiddeling à Alost. Il gagne douze fois cette année, dont les championnats de Liège du contre-la-montre et de la course en ligne et une étape du Tour de Basse-Saxe. Il rejoint l'année suivante l'équipe Go Pass, dirigée par l'ancien coureur Dirk De Wolf, vainqueur de Liège-Bastogne-Liège en 1992. À nouveau double champion de la province de Liège, il gagne 19 fois, dont le Tour de Cantabrie, le Tour de Haute-Autriche, et une étape du Tour de Toscane. Il obtient ainsi sa sélection pour les championnats du monde juniors à Plouay en France. Il y prend la de la course en ligne.
En 2001, Philippe Gilbert accède à la catégorie espoirs, toujours chez Go Pass. Il gagne six courses. Il participe à la course en ligne des moins de 23 ans aux championnats du monde sur route à Lisbonne au Portugal, et en prend la . Il termine l'année à la du classement UCI des moins de 23 ans, et y est le meilleur coureur de son âge. Il gagne douze courses en 2002, dont le Triptyque ardennais, le championnat de Wallonie, Romsée-Stavelot-Romsée. Il est également vice champion de Belgique espoirs, deuxième du Triptyque des Barrages, quatrième du Tour des Flandres espoirs. En fin de saison, il est une deuxième fois sélectionné en équipe nationale des moins de 23 ans aux championnats du monde. Il termine à la neuvième place de la course en ligne.
Début de carrière (2003-2007) thumb|En tête de peloton lors de la septième étape de l'Eneco Tour 2006. Philippe Gilbert passe professionnel en 2003 dans l'équipe Fdjeux.com après y avoir été stagiaire en 2002. Il signe sa première victoire sur le circuit professionnel la même année en remportant une étape du Tour de l'Avenir.
En 2005, il se révèle en gagnant la Coupe de France, notamment grâce à ses succès au Tour du Haut-Var, au Trophée des grimpeurs et à la Polynormande. Il termine sixième de Milan-San Remo à l'issue d'un sprint massif. En fin de saison, il passe près d'une victoire sur Paris-Tours : échappé avec Stijn Devolder dans les 25 derniers kilomètres, il est rattrapé à 200 mètres de l'arrivée après que Devolder a refusé de le relayer, suivant les instructions de son directeur sportif.
En 2006, après un début de saison en France avec notamment une deuxième place sur le Grand Prix d'ouverture La Marseillaise, il participe à l'ouverture de la saison en Belgique avec une victoire au Het Volk. Après plusieurs attaques dans le final, il s'échappe de façon définitive à moins de huit kilomètres de l'arrivée et s'impose en solitaire à Lokeren.
2008 : une dernière saison réussie à la Française des Jeux En 2008, il se distingue dès son début de saison, au Tour Down Under où il attaque à de nombreuses reprises. Onzième du général, quatrième de la cinquième étape, il remporte le classement de la montagne« Gilbert se voit déjà à Sanremo », La Dernière Heure/Les Sports, février 2008..
Il poursuit au Challenge de Majorque et s'impose au classement final ainsi qu'aux Trofeo Mallorca et Trofeo Soller« La belle et folle semaine de Gilbert », La Dernière Heure/Les Sports, 15 février 2008..
Une semaine plus tard, il s'aligne au Tour du Haut-Var avec l'ambition de briller, comme en 2005, où il avait levé les brasGilbert : « Avec ma forme... », La Dernière Heure/Les Sports, 23 février 2008., il y réussit une cinquième place, à neuf secondes du vainqueur, Davide Rebellin« Rebellin remporte le Tour du Haut-Var », La Dernière Heure/Les Sports, 24 février 2008..
Lors du Circuit Het Volk, favori avant la course« L'arme secrète de Gilbert », La Dernière Heure/Les Sports, 28 février 2008., il parvient à créer l'exploit, partant dans l'Eikenberg, à une cinquantaine de kilomètres de l'arrivée, il dépose ensuite, les uns après les autres, les échappés du jour, et arrive seul à Gand, comme lors de sa victoire en 2006« Gilbert triomphe au Circuit Het Volk », La Dernière Heure/Les Sports, 2 mars 2008.. Quelques jours plus tard, il remporte Le Samyn et, à la fin du mois, il monte sur le podium de Milan-San Remo et de la Flèche brabançonne. En juillet, il se classe deuxième de la première étape du Tour de France à Plumelec, derrière Alejandro Valverde. Ayant décliné la sélection en raison notamment d'un parcours ne correspondant pas à ses qualités, il ne participe pas aux Jeux olympiques de Pékin en août« Philippe Gilbert renonce aux JO », Le Soir, 27 mai 2008.
Début octobre, il se présente comme un outsider au départ de la classique Paris-Tours, où il s'est déjà illustré les années précédentes en attaquant dans le final, ne se faisant reprendre qu'à quelques centaines de mètres de la ligne. Une nouvelle fois, il est à l'attaque dans les derniers kilomètres, et grâce au travail de son coéquipier Mickaël Delage — sorti quelques kilomètres plus tôt en compagnie de trois coureurs — dans la dernière ligne droite, remporte la « classique aux feuilles mortes », pour sa dernière course sous le maillot de La Française des jeux. En effet, Gilbert a signé en juin un contrat de trois ans avec l'équipe Silence-Lotto. Il quitte ainsi en fin de saison l'équipe avec laquelle il a commencé sa carrière professionnelle« Avec Gilbert, Silence veut faire du bruit », Le Soir, 5 juin 2008.
2009-2011 : chez Omega Pharma-Lotto 2009 : Paris-Tours et le Tour de Lombardie thumb|Philippe Gilbert lors de Liège-Bastogne-Liège 2009 dans la côte de la Roche-aux-faucons La saison 2009 de Philippe Gilbert commence par un abandon au Grand Prix la Marseillaise. Lors de Paris-Nice, il est contraint à l'abandon au cours de la cinquième étape en raison de douleurs musculaires. Il mettra ces douleurs sur le compte d'une mauvaise adaptation au matériel de sa nouvelle équipe.
Lors de Milan-San Remo, le premier grand objectif de sa saison, il s'accroche dans la Cipressa et dans le Poggio pour basculer vers San Remo tout proche du groupe de tête. Il ne peut cependant pas disputer le sprint remporté par Mark Cavendish et se classe . La forme de Gilbert s'améliore alors progressivement en vue des classiques flandriennes. On le retrouve notamment à l'attaque lors de la Flèche brabançonne où il prend la neuvième place. Au Tour des Flandres, il se montre à son avantage dans le mur de Grammont et dans le Bosberg en accélérant en tête du groupe des favoris. Néanmoins, c'est Stijn Devolder, échappé à une vingtaine de kilomètres de l'arrivée qui remporte le Tour des Flandres, Philippe Gilbert terminant sur le podium en réglant ce qu'il restait du peloton. Il fait alors l'impasse sur Paris-Roubaix pour mieux se concentrer sur les classiques ardennaises. Il prend la quatrième place de l'Amstel Gold Race aux Pays-Bas. Il prend part dans la foulée à la Flèche wallonne où il termine loin du vainqueur Davide Rebellin. Arrive alors la « doyenne », Liège-Bastogne-Liège, la course qui fait rêver Gilbert, originaire de Remouchamps au pied de la célèbre côte de La Redoute. Il attaque à une trentaine de kilomètres de l'arrivée et aborde la côte de la Roche aux Faucons seul. Il ne peut rien faire face au retour d'Andy Schleck qui le dépasse et part seul vers la victoire à Liège. Gilbert termine quatrième, battu au sprint pour la troisième place par Rebellin, dont le contrôle positif aux Jeux olympiques de Pékin en 2008 est annoncé quelques jours plus tard.
Il décide alors de faire le Tour d'Italie plutôt que le Tour de France; Giro sur lequel il remporte l'avant-dernière étape sur les hauteurs d'Anagni après avoir attaqué peu avant la flamme rouge. S'ensuivent une victoire d'étape et du classement général au Ster Elektrotoer aux Pays-Bas et une deuxième place au championnat de Belgique derrière Tom Boonen. Après un stage d'entrainement à Livigno, il reprend la compétition fin juillet au Tour de Wallonie avant de prendre la direction d'Assen, aux Pays-Bas, pour le grand départ du Tour d'Espagne, tremplin en vue de peaufiner sa condition avant les Mondiaux.
Lors de la course en ligne des championnats du monde à Mendrisio, il ne parvient pas à prendre la bonne échappée au pied de la dernière difficulté et se classe sixième. Il concrétise sa forme en étant invaincu dans les quatre courses disputées ensuite : il remporte en dix jours la Coppa Sabatini, Paris-Tours en devançant Boonen au sprint, le Tour du Piémont et le Tour de Lombardie. Il reçoit le Trophée national du Mérite sportif 2009. Il est aussi élu Sportif de l'Année par la presse sportive belge.
2010 : l'Amstel Gold Race et le Tour de Lombardie En 2010, il termine neuvième de Milan-San Remo après avoir lancé la bagarre dans le Poggio. Trois semaines plus tard, il termine une nouvelle fois troisième du Tour des Flandres.
Lors de l'Amstel Gold Race aux Pays-Bas, il s'adjuge la victoire à l'issue d'une accélération dans la dernière ascension et apporte à son équipe sa première victoire de la saison. Le lendemain, il annonce qu'il prolonge son contrat avec Omega Pharma-Lotto de deux ans. Gilbert poursuit sa campagne ardennaise avec une sixième place sur la Flèche wallonne, à une dizaine de secondes du vainqueur Cadel Evans. Fort de ces bons résultats, le coureur belge est annoncé comme le principal favori de Liège-Bastogne-Liège en fin de semaine, une course qu'il avoue rêver de gagner. Il y termine quatrième comme lors de l'édition précédente, battu par Alejandro Valverde dans le sprint pour une place sur le podium. Ce dernier étant finalement suspendu, Gilbert récupère la troisième place. Il prend la tête du classement mondial. Il perd sa place de leader à la suite de la victoire de Valverde lors du Tour de Romandie. Après le déclassement de l'EspagnolCommuniqué de presse - Décision du TAS sur le cas d’Alejandro Valverde : réaction de l’UCI , il récupère sa place de numéro 1, mais il la cède à Cadel Evans fin mai.
Son objectif suivant est le Tour de Suisse 2010. Pour cela, il se prépare sur le Tour de Belgique. Il remporte la première étape et est longtemps à la lutte pour la victoire finale. Il termine finalement quatrième de son tour national. Il rate son Tour de Suisse qu'il abandonne lors de la septième étape. À la fin du mois, il termine une nouvelle fois deuxième du championnat de Belgique sur route, étant devancé cette fois-ci par Stijn Devolder qui s'impose en solitaire.