Un hotṛ, parfois orthographié hotar, est un brahmane c'est-à-dire un prêtre de l'hindouisme de l'époque védique exerçant la fonction de chanter des hymnes du texte sacré dénommé Rig-Véda , par B.M. Sullivan publié par , , ., notamment lors de l'exécution rituelle du yajña : le sacrifice du feu. Ces stances transmises par tradition orale au fil des générations furent compilées dans un recueil de stances, la Rigveda-samhitaSource principale : Jan Gonda, ..
Étymologie En sanskrit, la racine HU-Alexandre Langlois, Rig-Véda ou livre des hymnes, page 41 note 3 à gauche, hésite à tirer hotṛ de la racine HU- (sacrifier) ou de la racine HWÉ- (appeler, invoquer), le Véda est plein de ces ambivalences « magiques ». signifie . Cette racine intègre la forme verbale juhoti qui se traduit par « il sacrifie en versant dans le feu » (le Feu sacré manifeste le deva Agni) et le nom neutre hotra qui signale le .
Louis Renou traduit le nom masculin hotṛ de manière générale ou spéciale. Hotṛ signifie « prêtre ou sacrifiant en général », mais aussi « prêtre chargé spécialement de réciter les stances du Rigveda »Stchoupak & Nitti & Renou, , ..
La hotrâ (mot féminin) est la « fonction du sacrifiant », mais aussi « un appel, une invitation » lancée aux devas afin qu'ils participent activement au yajña, le sacrifice védique. La hotrâ est l'épouse de Agni dans son rôle de Homa-nish-pāda, .
Fonction liturgique Durant le sacrifice védique, le yajña, le brahmane exerçant la fonction de hotṛ et ses acolytes récitent des stances tirées de la tradition védique du RigvedaJan Gonda, , .. La Rigveda-samhita fourmille d'une multitude de noms donnés aux fonctions sacerdotales, le hotṛ offre l'holocauste dans le vase hotra, le potṛ purifie à l'aide du vase potra, le neshtṛ dirige le sacrifice en tenant dans la main le vase neshtraAlexandre Langlois, , , à gauche.. Entre les différents exécutants se détachent pourtant trois groupes, le hotṛ et les siens récitent et versent au feu les offrandes, le groupe des udgātṛ chante les louanges aux devas, les adhvaryu se chargent des autres manipulations rituellesJan Gonda, , ..
Le hotṛ proclame : , les Ritous sont les puissances de la régularité des saisons.
Le deva Agni, puissance numineuse qui se manifeste dans le Feu sacré, est le prototype du hotṛ. Ses flammes chantent avec poésie, il honore les devas, il les invite à boire les libations, à manger les offrandes, il leur rend agréables les dons rituels transformés par son feu, il les invite à combler les hommes de leurs bienfaits. Agni est le véritable exécuteur du sacrifice yajña, le hotṛ par excellence. Cet infatigable messager des hommes et des dieux est aussi un voyant qui scrute les mystères voilés, qui révèle les connexions cachées. Ce sage protège les chanteurs et les autres officiants, leur insuffle force et courage et satisfait leurs désirs secrets. Il règle le yajña dont il est le nombril et le centre, invente constamment de nouvelles poésies, des discours inédits. Telles sont les qualités de tout hotṛ qui se respecteJan Gonda, , ..
Le rôle du hotṛ comporte aussi des usages populaires largement utilisés pour contacter le monde supérieur et inviter les forces cachées à se manifester. Ces comportements s'intègrent à la liturgie, tel le dandinement rituel qui constitue le thème gesticulatoire des rites complexes du mahavrata. Ce yajña spécifique honore Indra, deva porteur de la pluie et fécondateur de toute végétationJan Gonda, , ..
Les Brahmanas dits et , relatifs au Rigveda, concernent le hotṛ qui y trouve une série de justifications, d'interprétations, de spéculations relatives à son rôle dans le sacrifice védique (yajña)Jan Gonda, , ..
Dans les qui datent du avant l'ère courante, les acolytes du hotṛ sont cités comme étant le maitrāvaruna, le acchāvāka, et le grāvastut qui honore les pierres servant à fouler les racines du Soma. Cette classification semble artificielle et parfois incorrecte.
Le titre de hotṛ correspond à celui de zaotar au sein du rite avestique iranienJan Gonda, , ..
Bibliographie Gerhard J. Bellinger, , 1986, traduction française préfacée par Pierre Chaunu sous le titre Encyclopédie des religions, , Librairie Générale Française, Paris 2000, Le Livre de Poche, Kreith Crim, , , , , San Francisco, 1981, . Jan Gonda, , 1960, traduction italienne de Carlo Danna sous le titre , , , Milano, 1980 . Jan Gonda, Védisme et hindouisme ancien. Traduit de l'allemand par L. Jospin, , Payot, Paris 1962, . Alexandre Langlois, Rig-Véda ou Livre des hymnes, , Maisonneuve et Cie, 1872, réédité par la Librairie d'Amérique et d'Orient Jean Maisonneuve, Paris 1984, .
Notes et références
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