Jaan Kirsipuu est un coureur cycliste estonien né le à Tartu, spécialisé dans le sprint. Professionnel de 1992 à 2006 et de 2009 à 2012, il s'est imposé à 125 reprises durant sa carrière. Parmi celles-ci, on compte notamment quatre étapes du Tour de France, dont il a porté le maillot jaune lors de l'édition 1999, et une étape sur le Tour d'Espagne. Il est également champion d'Estonie à 6 reprises sur la course en ligne, et à 7 reprises sur l'épreuve chronométrée. Il est le recordman de victoires d'étape sur l'Etoile de Bessèges avec 13 succès, sur les 4 jours de Dunkerque et le Tour du Poitou-Charentes avec 10 succès. En revanche, du fait de ses lacunes en montagne, il n'a terminé aucun des 15 grands tours auquel il a participé.
Biographie Jan Kirsipuu commence sa carrière professionnelle en 1993 dans l'équipe Chazal-Vetta-MBK, après y avoir effectué un stage l'année précédente. Il reste longtemps fidèle à la même équipe qui change toutefois de nom : « Casino » (1996-1999), « AG2R Prévoyance » (2000-2004). À partir de 2005, il rejoint la formation du « Crédit agricole » . Kirsipuu faisait partie des sprinters régulièrement vainqueur dans le cyclisme comme Erik Zabel ou Mario Cipollini qu'il a côtoyé. Son palmarès s'est construit en bonne partie dans les courses françaises et belges.
Début chez les amateurs (1987-1992) Jaan Kirsipuu commence le cyclisme à Tartu en Estonie, sous la houlette de son père, alors entraineur.
Il se fait remarquer dès 1987 en prenant la place d'une étape du Tour de Pologne (à l'époque seulement ouverte aux amateurs) alors qu'il vient seulement d'avoir 18 ans.
L'année suivante il devient pour la première fois de sa carrière champion d'Estonie sur route.
En 1989, il remporte la étape du Tour de Wallonie.
En 1990, il prend une licence en France, au club de Dijon. Il s'impose lors de la étape du Tour de Suède.
Après une année 1991 sans succès, il change d'équipe et s'engage avec l'AC Boulogne-Billancourt pour 1992. Cette année-là, il remporte le Tro Bro Leon et Paris-Mantes. Ses résultats lui permettent de décrocher un contrat de stagiaire en fin d'année dans l'équipe Chazal. Il remporte sous ses couleurs la première étape de Paris-Bourges. Grâce à ces succès il passe professionnel dans la formation française l'année suivante.
Passage chez les professionnels au sein de l'équipe Chazal (1993-1995)
1993: Première année et premier succès chez les professionnels Kirsipuu passe donc professionnel au début de l'année 1993. Il se met en évidence en prenant dès le mois d'avril la place du Grand prix de l'Escaut. Il faudra attendre quelques jours de plus pour le voir lever les bras pour la première fois de la saison, à l'occasion des Quatre jours de l'Aisne, dont il remporte 3 étapes. Il s'impose ensuite sur la étape des Quatre jours de Dunkerque. Fin mai, il accroche un nouveau podium sur A travers le Morbihan. En vue de préparer le Tour de France, il s'aligne sur la Route du Sud, où il prend la seconde place de la dernière étape.
Il prend ensuite le départ de la Grande Boucle. Ses débuts sont plutôt réussis: il finit de la étape et le lendemain. Il n'obtient plus de performances notables par la suite, et fini dernier et hors délai lors de la première étape de montagne. Il est par conséquent éliminé et mis hors-course.
Il reprend la compétition à l'occasion du Tour de l'Avenir où il remporte une étape (devant des coureurs prestigieux comme Erik Zabel ou Fréderic Moncassin) et le maillot vert du classement par point. Deux jours plus tard, il remporte son succès le plus prestigieux de la saison sur le Grand Prix d'Isbergues. Son année se termine par une place sur Paris-Tours, son compteur restant bloqué à 6 succès.
1994: Nouveaux succès Lors de cette année 1994, il court pour la première fois sur un monument, à l'occasion de Paris-Roubaix, mais il finit hors délai. Il accroche son premier podium de la saison à l'occasion de la Côte picarde. Son mois de mai est beaucoup plus fructueux, car il remporte une étape sur les Quatre Jours de Dunkerque, les 4 jours de l'Aisne, et le Tour d'Armorique.
Sur le Tour de France, il se glisse à deux reprises dans le top 10, mais abandonne lors de la étape.
Sa fin de saison est moins réussie que l'année précédente: s'il remporte une étape du Tour du Poitou-Charentes, il ne gagne pas sur le Tour de l'avenir, et ne peut faire mieux que sur le Grand Prix d'Isbergues, dont il est tenant du titre. Son année se termine par une anonyme place sur Paris-Tours, lui permettant de boucler sa saison avec 4 victoires.
1995: Difficultés à confirmer Cette année, Kirsipuu n'obtient pas de résultat significatif avant mai, et sa seconde place au Grand Prix de Plumelec. Il s'impose ensuite sur une étape des 4 jours de l'Aisne. En revanche, il ne peut faire mieux que d'étape sur la Route du Sud.
En juillet, il est au départ du Tour de France. Il parvient à accrocher une place au sprint lors de la cinquième étape, mais il finira hors délai 2 jours plus tard.
Reprenant la compétition fin août sur le Tour du Poitou-Charentes, il y remporte 2 étapes. Il finit sa saison en terminant du Grand Prix de Fourmies, du Grand Prix d'Isbergues et de Paris Tours. Il finit donc l'année avec trois victoires.
Affirmation comme l'un des meilleurs sprinteurs du monde chez Casino (1996-1999)
1996: Nouvelle année décevante En début de saison, Kirsipuu cumule les places d'honneur, notamment sur l'Étoile de Bessèges, le Grand Prix de la ville de Rennes et Paris Nice. Après une seconde place d'étape sur le Circuit de la Sarthe, il se classe de Paris Roubaix. Comme l'année précédente, il se classe second du Grand Prix de Plumelec. Il glane ensuite trois nouveaux top 10 sur le Grand Prix de Denain et les Quatre Jours de Dunkerque. Il faudra attendre le mois de juillet pour le voir lever les bras, à l'occasion du Grand Prix du Nord-Pas-de-Calais.
Il est sélectionné par l'équipe d'Estonie pour la course en ligne des Jeux Olympiques d'Atlanta, qu'il termine en position.
Un mois plus tard, il est sur le Tour du Poitou-Charentes en vue de préparer le Tour d'Espagne. Malgré cinq top 5, dont deux podium, il ne parvient pas à accrocher la gagne, la faute aux échappés qui ont tous les jours devancés le peloton. Sur la Vuelta, il se classe de la étape puis, comme à l'accoutumée, il abandonne lors de la première étape de montagne.
Il conclut sa saison par une anonyme place sur Paris-Tours. Il n'a donc remporté qu'un seul succès cette année-là.
1997: Augmentation du nombre de victoires Son début de saison 1997 est marqué par de nombreuses places d'honneur: deux podium sur l'Étoile de Bessèges, une seconde place d'étape sur le Tour Méditerranéen et sur la Classic Haribo, du Omloop Het Nieuwsblad, ou encore deux top 5 sur Paris Nice. Il faudra attendre fin mars pour le voir remporter une victoire, à l'occasion du Grand Prix de Cholet-Pays de Loire. C'est même une réussite totale car c'est à la fois un doublé pour l'équipe Casino et l'Estonie, son coéquipier et compatriote Lauri Aus terminant .
À la mi-avril, il obtient le meilleur résultat de sa carrière sur Paris-Roubaix en terminant , dans un groupe pointé à 25 secondes du vainqueur, Fréderic Guesdon. Il enchaine avec une place sur le Grand Prix de l'Escaut, et une place sur le Grand Prix de Denain. Il s'impose à nouveau quelques jours plus tard, à l'occasion du Tour de Vendée.
Il en revanche moins en réussite sur les 4 jours de Dunkerque où il finit sur différentes étapes , et , sans jamais parvenir à s'imposer. Il prendra sa revanche une semaine plus tard en remportant Paris-Mantes devant son coéquipier Stéphane Barthe. Il gagne quelques semaines plus tard une étape sur le Tour du Luxembourg. Il boucle sa préparation pour le Tour de France comme à son habitude, par la Route du Sud, dont il deux fois d'étape.
Sur la Grande Boucle, il finit de la étape, mais surtout second de la 7ème étape, seulement battu par Erik Zabel. Comme à son habitude il abandonne lors de la première étape de montagne, qui a lieu au 9ème jour de course.
Sa fin de saison est en revanche une grande réussite. En effet, en l'espace d'un mois, il remporte 2 étapes du Tour du Poitou Charentes, 2 étapes du Tour de Pologne (désormais couru au niveau professionnel), et une étape du Tour des Pouilles. Même s'il ne termine que de Paris-Tours, ses performances lui valent d'être sélectionné pour les Championnats du monde sur lesquels il sera contraint à l'abandon.
Cet exercice 1997 sera néanmoins une réussite puisqu'il cumule cette année-là un total de 9 victoires.
1998: Première victoire sur un grand tour Kirsipuu s'impose dès le début de la saison 1998, à l'occasion de la étape de l'Étoile de Bessèges. Sur le Tour Méditerranéen, Casino passe très près de la victoire lors du Contre la montre par équipe, seulement devancé de 1 seconde par la Festina. Cette performance contribue néanmoins à permettre à ses coéquipiers Rodolfo Massi et Bo Hamburger de finir respectivement et second du classement général final. A titre personnel, Kirsipuu finit sur le podium de étape.
Il devient le premier Estonien à remporter une étape du Tour d'Espagne.
1999: Victoire et maillot jaune sur le Tour de France Début juillet, il est au départ du Tour de France au Puy du Fou en Vendée. Après un prologue terminé à 40 secondes du vainqueur, l'Américain Lance Armstrong (US Postal Service), il remporte la en ligne le lendemain à Challans en devançant le Belge Tom Steels (Mapei-Quick Step) et l'Allemand Erik Zabel (Deutsche Telekom). C'est sa première victoire sur la course, et c'est également la première victoire d'étape d'un Estonien sur la Grande Boucle. A cette occasion, il s'empare du maillot vert de leader du classement par points et remonte à la sixième place du classement général. Lors de la qui arrive à Saint-Nazaire marquée par le vent et les bordures, il termine cette fois-là deuxième de l'étape derrière Steels mais s'empare au jeu des bonifications du maillot jaune de leader du classement général au détriment de Lance Armstrong. Il est encore une fois le premier Estonien a réaliser cette performance. Ensuite, grâce notamment à des troisièmes places d'étapes sur les et de cette édition, il conserve le maillot jaune jusqu'à la nouvelle victoire d'Armstrong lors du contre-la-montre de la dessiné autour de Metz. Il porte toujours le maillot vert lors de son abandon au cours de la première étape de montagne le lendemain.
Nouveaux succès chez AG2R (2000-2004)
Saison 2000 Lors de la saison 2000, il commence sa saison en Australie lors du Tour Down Under où il termine deuxième de la dernière étape derrière Robbie McEwen (Farm Frites) et voit son coéquipier Gilles Maignan remporter le classement général. Il est ensuite au départ de l'Étoile de Bessèges en France où il remporte trois étapes au sprint, porte le maillot de leader durant trois jours et termine deuxième du classement général derrière le Belge Jo Planckaert (Cofidis). Il continue ensuite son début de saison dans le sud de la France avec le Tour méditerranéen où il gagne lors de l'étape inaugural. Il s'ensuit ensuite une victoire de la Classic Haribo lors d'un petit sprint à trois devant Laurent Brochard (Jean Delatour) et le Letton Romāns Vainšteins (Vini Caldirola-Sidermec), puis il est au départ de la première grande course par étapes de la saison, Paris-Nice. Après un bon prologue terminé sixième, il remporte ensuite la disputée entre les villes de Sens et de Nevers devant l'Allemand Danilo Hondo (Deutsche Telekom) et Stuart O'Grady (Crédit agricole). A cette occasion, il s'empare du maillot blanc de leader du classement général au détriment de Brochard, mais ce dernier le récupère dès le lendemain. Quelques jours plus tard, il participe pour la première et dernière fois à la première grande classique de la saison, Milan-San Remo qu'il termine à la place, à près de dix minutes du vainqueur, l'Allemand Erik Zabel (Deutsche Telekom).