Le Prinz Eugen est un croiseur lourd de l'Allemagne, de la , ayant combattu dans la durant la Seconde Guerre mondiale. Il porte le nom du prince Eugène de Savoie-Carignan (1663-1736), célèbre général des armées impériales germaniques.

Conception vignette|gauche|Lancement du Prinz Eugen 1938 vignette|gauche|Profil du croiseur Admiral Hipper Le Prinz Eugen est, avec l’Admiral Hipper et le Blücher, l'un des trois croiseurs lourds de la Cette classe devait comprendre deux autres navires, le Seydlitz et le Lützow, qui n'ont pas servi dans la Kriegsmarine.. Sa construction débute en 1936, il est lancé le et entre en service le .

Caractéristiques techniques Le Prinz Eugen était long de et large de avec un tirant d'eau maximal de . Le bâtiment avait un déplacement normal de et un déplacement à pleine charge de . Il était propulsé par trois ensembles de turbines à vapeur alimentées par douze chaudières au mazout à haute-pression. La vitesse maximum atteignait , à la puissance de ().

À son lancement, son équipage consistait au départ en et .

Blindages La ceinture blindée du Prinz Eugen était épaisse de ; son pont supérieur était épais de tandis que le pont blindé principal était épais de . La face avant des tourelles principales avait une épaisseur de et d'épaisseur sur les côtés.

Artillerie L'artillerie principale du Prinz Eugen était composée de huit canons de SK C/34 en quatre tourelles doubles, superposées par paires, deux à l'avant et deux à l'arrière. Son artillerie secondaire et anti-aérienne consistait en douze canons de en six tourelles doubles.

À la construction, l'artillerie légère se composait de douze canons de en six affuts doubles, et huit en affut simple. Plus tard furent rajoutés cinq affuts quadruples de , portant ainsi leur nombre total à 28.

Le navire était aussi doté de quatre plateformes lance-torpilles triples de (torpilles G7a T1), deux sur chaque bord.

Il était équipé d'une catapulte et pouvait mettre en œuvre trois hydravions Arado Ar 196.

Service actif Bataille du détroit de Danemark et opération Rheinübung

Le navire a subi des dommages répétés durant le conflit et n'a participé qu'à deux actions majeures en mer, dont la célèbre odyssée du cuirassé Bismarck qu'il accompagna au début de son périple. Le , il est touché par une bombe de la Royal Air Force et le , il heurte une mine magnétique dans le détroit de Fehmarn.

Réparé, il quitte Gotenhafen le , et se dirige vers l'Atlantique en compagnie du Bismarck, dans le cadre de l'opération Rheinübung. Le , les deux navires ravitaillent dans le , au sud de Bergen. Repérés par l'aviation britannique, ils lèvent l'ancre en soirée. Le à , le Prinz Eugen et le Bismarck sont aperçus au nord-ouest de l'Islande dans la partie nord du détroit de Danemark par les croiseurs lourds britanniques et . S'ensuit une canonnade entre les navires, sans effet. Le à , le Suffolk établit un nouveau contact radar avec l'ennemi. De à , les deux navires allemands ouvrent le feu sur le et le . À le Hood explose et coule. Le feu allemand se concentre alors sur le Prince of Wales, qui reçoit quatre coups du Bismarck et trois du Prinz Eugen. Touché, le Prince of Wales rompt l'engagement, mais avec le Norfolk et le Suffolk, il maintient le contact avec les navires allemands.

Ayant reçu l'ordre de l'amiral Lütjens de prendre une route indépendante par rapport au Bismarck, le Prinz Eugen finit par atteindre le port français de Brest, le .

Opération Cerberus

Du 11 au , avec les croiseurs de bataille Scharnhorst et Gneisenau, escorté par plusieurs destroyers, torpilleurs et vedettes lance-torpilles, il quitte le port de Brest pour un repli en mer du Nord, en passant par la Manche et cela au plus près des côtes britanniques. Pour ce faire, la Luftwaffe étendra un véritable « parapluie » de protection au-dessus d'eux à l'aide des escadres de chasse (JagdGeschwader) du Front Ouest.

Le au matin, alors qu'il navigue en compagnie de lAdmiral Scheer (escortés par les destroyers Z 7 Hermann Schoemann et Z 25), il est localisé par le sous-marin britannique au large de la Norvège. Sept torpilles sont tirées dont une touche le Prinz Eugen à l'arrière, bloquant son gouvernail et endommageant sa propulsion. L'Admiral Scheer parvient quant à lui à s'échapper.

Le , l'équipage se rend aux Alliés dans le port de Copenhague au Danemark.

Opération Crossroads

vignette|gauche|Le Prinz Eugen à l'ancre lors de l'Operation Crossroads, Bikini, . À la fin de la guerre, le , le Prinz Eugen et le croiseur léger Nürnberg — les seuls gros navires allemands survivants — sont escortés par les croiseurs de la Royal Navy, les et au port de Wilhelmshaven.

Le , le Prinz Eugen est affecté comme prise de guerre aux États-Unis, qui envoient le navire à Wesermünde. Les États-Unis ne souhaitaient pas particulièrement avoir le navire, mais plutôt empêcher celui-ci d'être acquis par l'Union soviétique. Le croiseur fut donc intégré à l'US Navy dans une classe « navire divers » comme USS Prinz Eugen avec le numéro de coque IX-300.

Il est présent lors de deux essais nucléaires de l'opération Crossroads – les tirs Able de par bombe larguée le et Baker de par explosion sous-marine le –, à l'atoll de Bikini aux îles Marshall, en 1946 où il sert de navire cible parmi 90 autres bâtiments. Légèrement endommagé par les deux explosions nucléaires (il est situé à environ un kilomètre du point 0), il est transféré vers l'atoll Kwajalein, où ses avaries ne sont pas réparées à cause de la contamination nucléaire. Le , l'US Navy réforme le Prinz EugenVincent Groizeleau, « Iles Marshall : L’épave du croiseur allemand Prinz Eugen vidée de son combustible », Mer et Marine, ..

Fin vignette|Son hélice au Marineehrenmal à Laboe Fin , le navire est dans un très mauvais état. Le , il commence à giter sévèrement. Une équipe de réparation n'a pas le temps d'arriver, et l'US Navy décide de faire échouer le navire pour prévenir un naufrage. Mais le , le Prinz Eugen chavire et coule avec ses cuves contenant environ de combustible.

Outre l'épave qui est devenue un site d'attraction pour la plongée sous-marine, plusieurs éléments du navire ont pu être conservés. Une de ses hélices est aujourd'hui visible au Mémorial naval de Laboe près de Kiel en Allemagne. Sa cloche est exposée au National Museum of the United States Navy. Enfin, deux Arado Ar 196A-5 qui se trouvaient sur le croiseur à la fin de la guerre sont conservés dans des collections américaines. Le 623167 fait partie de la Paul Garber Collection et le 623183 de la Willow Grove Collection. vignette|Pompage du carburant de l'épave en septembre 2018. En , des opérations de pompage des hydrocarbures toujours présents dans les cuves du navire après , et désormais de plus en plus corrodées, sont entreprises afin de prévenir une éventuelle pollution de l'atoll en cas de typhon. La marine américaine, l'armée américaine et les États fédérés de Micronésie mènent une opération conjointe pour retirer le carburant encore présent. Le navire de sauvetage USNS Salvor est utilisé, de même que le bâtiment civil Humber. Plus de d’hydrocarbures sont ainsi extraits de accessibles sur les pour ensuite être retraités. Cela représente du carburant encore présent dans le navire. Le carburant résiduel se trouve dans des cuves internes étanches qui sont recouvertes d'une couche protectrice.

Liste des commandants successifs Helmuth Brinkmann - - , [Wilhelm Beck] - - Hans-Erich Voss - - , Werner Ehrhardt - - , - - , A. H. Graubart, USN - - .

Notes et références

Voir aussi

Article connexe Liste des croiseurs allemands

Liens externes

Catégorie:Croiseur lourd Catégorie:Nom de bateau Catégorie:Bateau lancé en 1938 Catégorie:Bateau de guerre allemand de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Croiseur de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Navire de la Kriegsmarine Catégorie:Navire construit à Kiel Catégorie:Navire démoli en 1946 Catégorie:Épave de l'océan Pacifique Catégorie:Eugène de Savoie-Carignan