Georges Pachymère ou plus exactement Pachymérès (grec : ; né en , mort vers ) est un homme d’Église, juge et professeur de droit, ainsi qu’un écrivain et historien byzantin. Né à Nicée en Asie Mineure mais s’étant installé à Constantinople après la reconquête (1261), il laisse un nombre impressionnant d’œuvres dans des domaines fort divers ; son ouvrage le plus connu est les Relations historiques, qui demeure une source importante d’information sur les règnes de et d’.

Biographie

Né à Nicée en Bythinie (actuelle Turquie) où sa famille avait trouvé refuge après la prise de Constantinople par les croisés en 1204, Georges Pachymérès retourna à Constantinople après sa reconquête par en 1261 ; il y étudia le droit sous la direction de Georges Akropolite. Entré dans les ordres, il fut reçu diacre et enseigna à partir de 1277 en qualité de (« enseignant des Épitres »Son titulaire interprétait les Épitres et les Actes des Apôtres sous l’autorité de l’évêque.). Il fut promu par la suite à la fonction ecclésiastique de Protecteur et défenseur des droits de l’Église et de ses intérêts. Le titulaire était également responsable du bien-être des prisonniers, des esclaves et des personnes demandant asile dans une église. Dans ce dernier cas, il était chargé d’évaluer l’innocence ou la culpabilité du demandeur. et civile de Juge subalterne. Pour les titres et fonctions, voir l’article « Glossaire des titres et fonctions dans l’Empire byzantin »...

Grâce à ses fonctions officielles, il eut accès à de nombreuses sources qui lui permirent d’écrire l’histoire de l’empire depuis la naissance d’ en 1259 jusqu’à la retraite du dernier aventurier catalan en 1308. En plus d’écrire l’histoire politique d’un empire en pleine mutation, Pachymérès se passionna pour les questions religieuses qui secouaient la société. « Il semblait que ces hommes, se détournant avec horreur des évènements catastrophiques qui caractérisaient la vie politique de l’empire trouvaient leur consolation et leur soulagement dans des recherches abstraites sur les problèmes de dogme religieux qui agitaient alors tous les esprits.. ». Très attaché à la tradition grecque, il s’opposa fermement à l’Union avec l’Église de RomeSur le retour de l’Église orthodoxe comme signe de prospérité de l’empire, voir Pachymérès, II, ..

On ignore la date de sa mort. Mais la fin des Relations historiques en 1308, alors qu’il était âgé de soixante-six ans, semble indiquer qu’il serait mort peu après cette date, soit vers 1310..

Œuvre

Même s’il est surtout connu comme historien, Pachymérès rédigea des traités de rhétorique et de théologie, ainsi qu’un résumé de la philosophie d’Aristote et un manuel des quatre sciences qui formaient le quadrivium.

Les Relations historiques

Son œuvre la plus importante, les Relations historiques () en treize volumes, prolonge celle de Georges Acropolite et couvre les règnes de (six premiers volumes) et d’ (sept volumes suivants), dont il fut témoin.

Rapportant l’entrée de à Constantinople, Pachymère insiste surtout sur le caractère accidentel de cette victoire qu’il semble presque déplorer. Il rapporte que l’empereur lui-même ne prit pas part aux célébrations. Presque anéanti par l’ampleur de la tâche à accomplir, il se retira au Grand Palais, plutôt qu’à celui des Blachernes, ce dernier étant « encore rempli d’une épaisse fumée et des feux italiens que les serviteurs du fruste Beaudoin avaient laissé imprégner les murs ».. Cette attitude surprenante de la part de l’historien vient peut-être du fait que la reconquête de Constantinople allait infléchir la politique impériale et lui faire délaisser l’Asie Mineure au profit de la partie européenne de l’empire.. Né en Asie Mineure, Pachymérès semble avoir conservé une grande affection pour la région de sa naissance. L’abandon de cette région par joint à son usurpation du trône de l’héritier légitime , à la famille duquel la population d’Asie Mineure était très attachée, explique peut-être l’antipathie de Pachymérès à l’endroit de . Ce sont les thèmes que l’on retrouve, avec l’avancée des Turcs, dans le passage suivant :

L’allusion au patriarche Arsène est ici liée au destin du jeune . Au moment de leur couronnement comme coempereurs, le patriarche Arsène avait fait jurer fidélité mutuelle à et à et avait exigé qu’advenant un complot d’un des deux coempereurs contre l’autre, la population se révoltât contre l’usurpateur. Lorsque fit aveugler encore enfant, il fut excommunié par le patriarche qui fut à son tour déposé, provoquant d’une part un schisme dans l’Église et une rébellion dans la populationPachymérès, IV, 27, .Pour un résumé du schisme arsénite, voir , et ..

Hostile à , Pachymérès l’est moins à l’égard de son successeur, , peut-être parce que celui-ci, réalisant l’erreur faite en laissant l’Asie Mineure sans défense face au péril turc, corrigea la situation et tenta de se réconcilier avec à qui il alla rendre visite dans sa prison de Dakibyze... Sur le plan religieux, opposé à l’Union de Lyon, fit des efforts pour apaiser les Arsénites et ramener la paix dans une Église déchirée.. Celle-ci revenue, selon Pachymérès, d’aucuns crurent que Dieu avait frappé d’impuissance tous les ennemis de l’empirePachymérès, II, ..

Malgré ce sursaut d’optimisme, Pachymérès était bien au courant des dangers que faisait courir à l’empire les tribus turques, « Amourioi, Atmanes, Atinai, Alisurai, Mantachiai, Slampaxides, (…) et autres viles créatures aux noms exécrables » dont il décrit les dévastations en Bithynie, Phrygie, Lydie et Asie. Il est du reste le premier historien à mentionner le nom d’Otman, qu’il appelle Atman, dans sa description de la bataille près du Sangarios en Pachymérès, II, ....

La même année, recevait une offre de services venant de Roger de Flor, capitaine de la Grande Compagnie catalane. Malgré la réputation douteuse du mercenaire, Andronic, le dos au mur, accepta et en septembre, Roger de Flor arriva à Constantinople avec et de troupe.. Pachymérès les décrit comme des hommes « qui vendaient chèrement leur vie dans la bataille et qui n’hésitaient pas à la risquerPachymérès, II, .. L’historien consacre de nombreuses pages à leurs exactions le long des côtes de Thrace et de la péninsule de Gallipoli dont la ville fut transformée en marché d’esclaves pour la vente de leurs prisonniersPachymérès, II, .. Rapidement, leur statut passa de celui de protecteurs à celui d’envahisseurs, si bien que le fils d’, le coempereur , reçut l’ordre de marcher contre eux. L’assassinat de Roger de Flor provoqua la fureur des Catalans, lesquels se mirent à piller la Thrace. Ayant épuisé les ressources du pays, ils décidèrent de le quitter par la Macédoine. C’est à ce point que se termine le récit de Pachymérès :

Le style des Relations historiques est archaïsant : les phrases imitant Homère se mêlent à des discours théologiques dans lesquels se retrouvent mots étrangers et expressions populaires. De plus, Pachymérès insiste pour utiliser des noms de mois grecs antiques là où les autres auteurs utilisent ceux de l’ère chrétienne. À cette absence de clarté se joint le fait que sa chronologie pose certains problèmes...

Pachymérès sert ultérieurement de source à Nicéphore Grégoras pour les règnes de et d’ dans son Histoire romaine en ..

Autres œuvres

Le (titre grec : ) appartient au genre des compilations et encyclopédies, lequel était en vogue depuis l’époque de l’empereur . Contrairement aux ouvrages du même genre écrits aux , elles rassemblaient un corpus intégral des œuvres écrites dans un domaine, y ajoutant les commentaires postérieurs qui s’y rattachaient. Le Quadrivium réunissait quatre sciences (arithmétique, musique, géométrie et astronomie) qui étaient enseignées dans l’Antiquité après le Trivium (grammaire, logique, rhétorique). Conjointement, ces deux cycles complétaient l’étude des arts libéraux (c’est-à-dire basés sur la pensée) par opposition aux arts pratiques comme la médecine et l’architecture..

Écrit dans un style moins alambiqué que les Relations historiques, le Quadrivium de Pachymérès est une synthèse des études de deuxième cycle en quatre volumes dont chacun correspond à l’une des quatre sciences mentionnées..

Auteur prolifique, s'intéressant à de nombreux sujets y compris la philosophie, la rhétorique, les mathématiques et le droit, Pachymérès est aussi l’auteur de () ou Exercices préliminaires de composition destinés à préparer l’étudiant aux ou discours complets déclamés en public. Il écrivit treize (déclamations) sur la rhétorique, un abrégé d'Aristote, ainsi qu'une paraphrase des œuvres du Pseudo-Denys l'Aréopagite''.

Notes et références Notes

Références

Annexes

Bibliographie

Sources primaires

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Sources secondaires

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Articles connexes

Littérature byzantine Renaissance Paléologue Georges Acropolite Nicéphore Grégoras Michel VIII Paléologue Andronic II Paléologue

Liens externes

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