La cathédrale Sainte-Croix d'Orléans est une cathédrale catholique romaine de type gothique située à Orléans dans le département du Loiret et la région Centre-Val de Loire. Elle est le siège épiscopal du diocèse d'Orléans. La cathédrale est dédiée à la Sainte CroixSi vous passez par Orléans, visitez la cathédrale Sainte-Croix : ces quatre particularités la rendent unique dans la région..., La République du Centre, 28 juillet 2020.
La cathédrale Sainte-Croix d'Orléans fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862..
Le , le pape Pie IX l'éleva au rang de basilique. thumb|230px|Le maître-autel et la grande nef. Histoire Les légendes hagiographiques La fondation de la cathédrale d’Orléans est l’objet de deux légendes hagiographiques longtemps vivaces à Orléans. Rédigées à des époques différentes, elles ne mettent pas les mêmes personnages en scène et, par voie de conséquence, divergent aussi dans leur finalité.
La Vie de saint Euverte Le texte le plus ancien est la Vie de saint Euverte, écrite au .. Il fait du futur évêque du un sous-diacre de Rome venu en Gaule pour rechercher des membres de sa fratrie enlevés quarante ans auparavant par des Barbares. Alors que, de passage à Orléans, il assistait, dans la cathédrale, à l’élection d’un nouvel évêque, une colombe, symbole du Saint-Esprit est miraculeusement venue désigner Euverte à l’épiscopat. Quelque temps plus tard, il sauvait la ville d’une destruction totale par un incendie et initiait la construction d’une nouvelle cathédrale.
Au cours des travaux, il trouvait un trésor et décidait de le faire porter à Rome, à l’empereur Constantin de qui il a, en retour, reçu, aussi bien des subsides pour édifier la cathédrale, qu’un fragment de la Vraie Croix pour en garnir l’autel central. La messe de dédicace du nouvel édifice, dédié à la sainte Croix, était le cadre d’une consécration miraculeuse par une main divine émergeant d’une nuée. À la fin de sa vie, Euverte a fait élire saint Aignan pour lui succéder à l’épiscopat.
La Grande Passion d’Auxerre Le second texte, la Grande Passion d’Auxerre est à la fois plus récent (il ne date que du ) et est plus ambitieux : il fait remonter la fondation de l’Église d’Orléans et de sa cathédrale aux temps apostoliques. On y lit que saint Pierre en personne aurait confié à dix-sept des soixante-douze disciples la mission d’évangéliser la Gaule. Parmi eux, les saints Savinien, Potentien et Altin étaient chargés de la Lyonnaise La Lyonnaise quatrième ou Sénonaise comprenait l’Orléanais, le sud de l'Île-de-France, le Sénonais. Sa capitale était Sens. à laquelle appartenait Orléans, et dont est issue l’ancienne province ecclésiastique de SensOrléans a appartenu à la province ecclésiastique de Sens jusqu’en 1622, date du transfert de l’archevêché à Paris.. À Orléans, Altin, institué évêque de la cité, aurait dédié une première cathédrale au saint Étienne ; ..
Ce dernier récit reposait sur un anachronisme : il plaquait sur la Gaule du une organisation administrative en 17 provinces, qui n’a été mise en place qu’à la fin du ou au début du .. Cette légende se situe dans le cadre de la propagande destinée à rappeler les prérogatives du siège métropolitain, Sens, sur celui d’Orléans..
Avant l’an mil Jusqu’au , on ne sait rien de précis, ni sur les édifices qui se sont succédé, ni sur leur localisation.
Le premier évêque d’Orléans dont le nom a été transmis est Diclopetus ou Diclopitus, attesté selon les auteurs, en 343., 346. ou 350. La mention de cet évêque signifie que selon toute vraisemblance, Orléans possédait une ecclesia (une cathédrale) à l’intérieur de son enceinte., mais ni la titulature ni l’emplacement de cette église ne sont connus.
Un texte hagiographique rédigé entre 474 et 530., la Vita Ia Aniani (première Vie de saint Aignan) est le témoignage le plus ancien attribuant la construction d’une cathédrale à saint Euverte d'Orléans, évêque du Liste des évêques d'Orléans.. Sur l’édifice lui-même, le texte apprend uniquement que saint Aignan y a entrepris des travaux, occasion pour l’évêque d’accomplir un miracle lorsqu’il guérit l’architecte tombé du toit.
Au encore, Grégoire de Tours relate qu’en 585, le roi Gontran a assisté à la messe dans la cathédrale d'OrléansHistoire des Francs, livre VIII, ch. 7.. Mais il la nomme simplement ecclesia, et ainsi ne fait part que de la fonction épiscopale de l'église, mais ne donne aucune information complémentaire quant à une titulature, alors qu’au même livre, il prenait la peine de préciser le vocable de la basilique orléanaise dédiée à saint AvitHistoire des Francs, Liv. VIII, ch. 2..
Les plus anciennes mentions du titre Sainte-Croix se trouvent sur des monnaies datées du . Elles sont légendées Sancta Crux Aurelianis et Ratio Sancte Cruce Aurelianis...
C’est dans la cathédrale Sainte-Croix que Charles II le Chauve est couronné roi de Francie occidentale le ..
Les chroniques rapportent qu’entre 840 et 870 environ, Orléans subit à plusieurs reprises des incursions de Vikings, montrant que la ville est pillée et incendiée à plusieurs reprises. La cathédrale elle-même aurait été incendiée entre 877 et 879..
Le roi capétien Robert le Pieux a toutes les chances d’avoir vu le jour à Orléans, certains auteurs le font baptiser dans la cathédrale Sainte-Croix, situant l’événement en 970.
En 987, Hugues Capet fait associer son fils au trône. La cérémonie a lieu dans la cathédrale d’Orléans où l’archevêque de Reims, Adalbéron couronne Robert le Pieux et le sacre le de cette année.
Les vestiges les plus anciens appartenant incontestablement à un groupe cathédral sont des fragments de mosaïque communément datés du ., mais qui pourraient en fait remonter au ... L’un d’eux porte en arc de cercle une légende dont seule est encore lisible la portion de texte itecogn. L’inscription est aujourd’hui interprétée comme une citation d’Isaïe 43, (Ne crains rien, car je t’ai racheté et je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi)..
La cathédrale romane En 989, la ville est détruite par un grand incendie qui, selon Raoul Glaber, aurait également ravagé la cathédraleRaoul Glaber, Histoires, lib. II, ch. 8 et 9.. Bénéficiant de l’aide du roi Hugues Capet, l’évêque Arnoul (Arnoul selon certaines sources... ou Arnoul II selon d’autresMazuy 2012, ; Liste des évêques d'Orléans.) l’a fait reconstruire. Un nouveau trésor aurait été découvert au cours des travauxRaoul Glaber, Histoires, lib. II, ch. 9..
La cathédrale d'Arnoul comprenait une nef de sept travées, un transept, un chœur que certains dotent d’un chevet plat., d’autres d’absidioles échelonnées.. La croisée était marquée par quatre massifs piliers carrés dont on pense qu'ils supportaient un clocher central ou une tour-lanterne, les autres piliers étaient cruciformes.
En même temps que le roi Robert le Pieux faisait reconstruire la collégiale Saint-Aignan dont il était abbé laïc, la cathédrale s’enrichissait, vers l'est, d’un nouveau chœur dans le même style du premier art roman. Bien que publiée en 1942 et reprise dans Le manuscrit posthume (), cette information est restée confidentielle, si bien qu’ en 1983 () et 1984 (), des auteurs continuaient à dater le chevet d’une campagne de 1088 comme l’avait lui-même écrit en 1938 ()., présentant un déambulatoire et trois chapelles rayonnantes. Ce nouveau chœur était la seule partie voûtée de la cathédrale romane. Un fragment de la voûte en a été identifié lors de la fouille de 1937, à la date du vendredi 10 septembre..
Dernière adjonction à la cathédrale romane, une façade harmonique à deux tours vient terminer la cathédrale à l’ouest. Ces tours, détruites au pour permettre l'allongement de la nef gothique, sont connues par une abondante iconographie. L’architecte Jacques Gabriel en a relevé le plan en 1723, au moment de leur démolition., le dessin de leurs portails illustre une thèse du . et leur silhouette est connue grâce à deux dessins de l'architecte jésuite Étienne Martellangehttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6937435f/f1.zoom ; ..
Quelques historiens locaux mentionnent un effondrement qui, en 1227, aurait grièvement affecté les voûtes de la cathédrale romane au point d’y empêcher toute célébration du culte... Il s’agit en fait d’une erreur de lecture (1277 devenu 1227) qui s’est répétée de texte en texte depuis le . Elle est également devenue 1223 dans un travail plus récent.
Parmi les aménagements d'époque romane, certains sont connus :
Le maître-autel, dont il subsiste le massif de maçonnerie, se dressait dans la deuxième travée du chœur. Une mosaïque en opus sectile située à son voisinage a été presque entièrement détruite lorsque, à la suite de tassements du terrain, a été édifié un arc destiné à soutenir l'autel.. Dans l'abside se trouvait un autel secondaire, encore dit matutinal. Certains auteurs avancent qu'il aurait été dédié à saint Mamert, évêque de Vienne., d'autres estiment qu'y était exposé un reliquaire contenant un fragment de la Croix..
La cathédrale romane est assez bien connue ; néanmoins sa restitution laisse sur certains points la place à des controverses ou du moins des incertitudes :
E. Lefèvre-Pontalis avait doté la nef romane de bas-côtés doubles.. Cette idée a été reprise en 1987 et en 1988.. Il est maintenant établi que la nef romane ne possédait que des bas-côtés simples.. Le chevet de l’an mil reste l’objet de questions. Certains auteurs proposent trois absides, éventuellement parallèles ou échelonnées, d’autres un chevet platMazuy 2012, .. Les façades des bras du transept comportaient des tribunes à leurs revers.. On ignore s’il y en avait d’autres, particulièrement dans la nef. Dans sa restitution du plan de la cathédrale romane, E. Lefèvre-Pontalis fait ouvrir chaque bras du transept par un seul portail central., il se conforme aux dessins d’É. Martellange... Certains auteurs préfèrent suivre l’opinion de et présenter deux portails séparés par un pilier central..
La cathédrale romane a été le théâtre de quelques événements remarquables :
L’hérésie d'Orléans décrite par plusieurs textes et chroniques médiévales est une hérésie savante qui touche en 1022 une douzaine des plus érudits parmi les chanoines de la cathédrale Sainte-Croix, liés notamment à l'entourage de la reine Constance d'Arles. Ces derniers sont brûlés comme hérétiques sur ordre du roi capétien Robert le Pieux. Il s'agit du premier bûcher de la chrétienté médiévale. À la mort de , son fils Louis VI craint les manœuvres de son demi-frère Philippe de Montlhéry. Après l’inhumation de son père à Saint-Benoît-sur-Loire le , Louis VI se rend en hâte à Orléans où Daimbert, l’archevêque de Sens, le sacre le de la même année dans la cathédrale Sainte-Croix.
La première cathédrale gothique (1278-1568) Vers 1277, la cathédrale romane aurait connu un effondrement et ce qui subsistait, aurait menacé de s’écrouler à son tour.. Dans un acte donné le , l’évêque Robert de Courtenay offre, en vue de l’agrandissement de la cathédrale le terrain sur lequel se dressait son palais épiscopal.. Toutefois, la première pierre du nouvel édifice n’est posée que neuf ans plus tard, le , sous l’épiscopat de Gilles Pastai. et le chantier commence par le chevet.
Le plan s’inspire de celui de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, mais présente neuf chapelles absidiales au lieu des sept de la cathédrale picarde..
Au , le chevet est complété par un nouveau chœur. Les deux campagnes du chantier au chœur de Sainte-Croix sont bien connues grâce à un plan sur parchemin conservé à l’œuvre Notre-Dame de Strasbourg. Pour une transcription graphique en ligne : https://www.bildindex.de/document/obj20793634/fr00406f03/?part=0.