Constituée en 1790 par scission de la paroisse Saint Nicolas de Saint-Maur-des-Fossés, la commune française de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur est rebaptisée en 1831 Joinville-le-PontVille de Joinville-le-Pont : Joinville-le-Pont a 150 ans, 1981. Elle est actuellement située dans le département du Val-de-Marne et la région Île-de-France.

: maires de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur 1790-1791 : Edme Lheureux Edme Lheureux est un marchand de bois fondateur et maire de La Branche-du-Pont-de-Saint-MaurAlmanach général du département de Paris pour l’année 1791, imprimerie Devaux, Paris, 1791. Son prénom est parfois orthographié Edmé ou Edmée et son nom parfois L'Heureux. Mais lui-même signe Edme LheureuxArchives départementales du Val-de-Marne, registres d’état-civil de Joinville-le-Pont.

En 1790, sous l'impulsion du vicomte Boniface de Mirabeau, les habitants d’un hameau rattaché à la paroisse de Saint-Maur-des-Fossés, baptisé « Branche du Pont de Saint-Maur » proclament leur commune indépendante de celle de Saint-Maur. Boniface de Mirabeau, dit Mirabeau-Tonneau, député de la noblesse de Limoges à l’Assemblée constituante, est le frère de l’écrivain et homme politique révolutionnaire Mirabeau. Il réside alors dans le château de Polangis, situé sur le territoire de la Branche-du-Pont de-Saint-Maur. Edme Lheureux conduit les habitants du hameau, qui sont 409 au recensement de 1793. Ils arguent de l'existence d'un lieu de culte, la chapelle Saint-Léonard pour justifier la création d’une commune indépendante. Le maire de Saint-Maur proteste et adresse une plainte à la municipalité de Paris le . Des démarches identiques seront renouvelées jusqu'en 1830.

En 1791, Edme Lheureux est maire de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Il est sans doute élu en 1790. La composition de la municipalité, avec 3 membres, est conforme aux règles pour les communes de moins de 500 habitants. Laurent Pinson et Jean Le Jeune (ou Lejeune) sont les officiers municipaux. Laurent-François Pinson deviendra maire après l’élection du conseil municipal en 1800. Edme Lheureux meurt le 12 Brumaire an VII () à La Branche du Pont de Saint Maur. Une voie de Joinville-le-Pont porte a été baptisée « allée Edmée Lheureux ». Elle est située dans le quartier des Canadiens.

Un autre Lheureux, Nicolas, est en 1791 trésorier de la commune et prudhomme assesseur du juge de paix à la résidence de La Branche du Pont de Saint Maur.

1791-1792 : Jean-Charles Contour Jean-Charles Contour (1752-1807), marchand de bois, notable du département de Paris et maire de la commune de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, devenue Joinville-le-Pont en 1831. Marchand et notable Jean-Charles Contour, né en 1752, est le fils cadet des neuf enfants de Charles Contour, laboureur et boulanger, et de Marie-Claude Milcent. Il épouse, le , Marie Jeanne Charlotte Thomé (ou Thoumé) à Saint-Maur-des-Fossés.

Jean-Charles Contour exerce la profession de marchand de boisEtienne Charavay Assemblée électorale de Paris, Procès-verbaux (2 septembre 1792 – 17 frimaire an II), Publié par Cerf, Maison Quantin, Charles Noblet, Paris, 1905 et celle de marchand de ferParis et Ile-de-France; mémoires de la Fédération des sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l’Île de France, Paris, 1953. Le village de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur est alors un port important pour le flottage du bois. Il est sans doute le Sieur Contour, fermier, auquel Clément, chanoine du cloître Saint Thomas du Louvre, réclame dans une lettre du , un arriéré de 308 livres pour 28 arpents de présGeorges Bousquié, Histoire de Joinville-le-Pont (XXIX) in Le Vieux Saint Maur, n° 31, , , 1964.

Jean-Charles Contour est l’oncle de Charles-Laurent Parvy, commerçant, né en 1762.

Membre de l’Assemblée électorale de Paris en 1791 Le , Jean-Charles Contour est élu membre l’Assemblée électorale de Paris, qui constitue le conseil général du département de Paris. Il figure en septième position parmi les onze délégués du canton de Vincennes, qui comprenait les communes de Vincennes, Fontenay-sous-Bois, la Branche du Pont de Saint-Maur, Saint-Mandé et le Petit-Bercy. Il fait partie des neuf nouveaux élus, s’ajoutant à deux réélus de l’assemblée cantonale. L’assemblée élue en 1791 tint sa dernière séance le .

Chaque assemblée cantonale (dite assemblée primaire) élit un électeur pour cent citoyens actifs, c'est-à-dire de ceux qui, jouissant de la qualité de Français, avaient vingt-cinq ans, étaient domiciliés depuis un an dans la ville, payaient une contribution directe de la valeur locale de trois journées de travail, n'étaient point serviteurs à gages, ni banqueroutiers, ni faillis, ni débiteurs insolvables, avaient fait leur contribution patriotique et prêté le serment civiqueLoi du 16 août 1790 sur l’organisation judiciaire de la France. En 1790, le canton de Vincennes n’avait eu que neuf délégués.

L’assemblée électorale de Paris est une assemblée secondaire qui a pour fonction d’élire les juges, les administrateurs du département, les curés ou l’évêque et les députés.

Contour est inscrit sur la liste des participants au Club de la Sainte Chapelle avec 8 autres électeurs du canton. L’assemblée électorale de Paris s’était divisée en deux factions après les élections municipales de : le club de l’Évêché (qui rassemblait tous les électeurs précédemment) regroupe les membres radicaux, tandis que le club de la Sainte Chapelle rassemble les électeurs modérésHaim Burstin, Une révolution à l'œuvre : Le Faubourg Saint-Marcel (1789-1794), Faubourg Saint-Marcel, Paris, 2005. Le seul fait d'avoir appartenu à ce club devint un motif d'exclusion de l'assemblée électorale de 1792. En 1791, 10 des 11 électeurs du canton de Vincennes sont membres du club de la Sainte Chapelle.

En 1790, une autre personne domiciliée dans la commune participait à l’Assemblée électorale de Paris : Jean Acher, procureur de la commune, 39 ans, marchand épicierEtienne Charavay Assemblée électorale de Paris, Procès-verbaux (26 août 1791 – 12 août 1792), Publié par Cerf, Maison Quantin, Charles Noblet, Paris, 1894.

La fonction sera occupée en 1792 par Charles-Laurent Parvy, marchand, 31 ans. Il sera élu maire de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur puis nommé adjoint municipal en l’an V de Nogent-sur-Marne et ensuite maire en l’an VIIIPierre-Dominique Cheynet et Antonin Debidour : Les procès-verbaux du Directoire exécutif, an V-an VIII: inventaire des registres des délibérations et des minutes des arrêtés, lettres et actes du Directoire, Centre historique des archives nationales, Paris, 2001.

Maire de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur compte 409 habitants au recensement de 1793. Arguant de l'existence d'un lieu de culte, la chapelle Saint Léonard, elle est devenue en 1790 une commune indépendante alors que le hameau dépendait antérieurement de la paroisse de Saint-Maur-des-Fossés.

En 1790, Jean-Charles Contour est élu au conseil général de la commune parmi les six notables qui s’ajoutent au maire Edme Lheureux, au procureur et aux deux officiers pour former la municipalité. Il est mentionné comme l’un des quatre prudhommes assesseurs du juge de paix à la résidence de la Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Les trois autres sont Jacques Roch Vingdlet, dit Vingdlet l’aîné, marchand carrier, Nicolas Lheureux, blanchisseur, et Laurent Pinson, marchand de bois scié.

En 1792, il est maire de La Branche-du-Pont-de-Saint-MaurConseil général de la Seine : État des communes à la fin du - Joinville-le-Pont, Montévrain, Paris, 1906, prenant la succession d’Edme Lheureux. Il a probablement été désigné après les élections municipales de . Il est remplacé après les élections municipales de par Nicolas Lheureux.

Le maire, les deux officiers municipaux et le procureur sont élus pour 2 ans par les citoyens actifs (payant des impôts) au scrutin individuel ; six notables sont élus au scrutin de liste et à la « simple pluralité relative des suffrages ». Les notables et le corps municipal forment le conseil général de la commune. Un secrétaire greffier est choisi à la pluralité des voix par le conseil général, qui peut désigner dans les mêmes conditions un trésorier si le conseil général le trouve nécessaire, ce qui fut le cas à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Le maire est rééligible une foisLoi du 14 décembre 1789.

Les notables et officiers municipaux sont réélus par moitié tous les ans le premier dimanche après la Saint-Martin ().

En 1792, des incidents éclatent entre des citoyens des communes de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur et de Saint Maur des Fossés. Une lettre du , signée de Gautier, maire de Saint Maur des Fossés au nom du conseil général de la commune assure que « les trois-quarts des habitants de ladite Branche-de-Saint-Maur, lassés d’être despotisés par la municipalité, se lèvent par un mouvement spontané, se présentent au milieu de nous et nous conjurent de les accepter pour désormais ne faire qu’un avec nous ». La lettre est cosignée de citoyens de La Branche, dont le nombre n’est pas mentionné. Parmi les signataires, Edme Lheureux est citéGeorges Bousquié, Histoire de Joinville-le-Pont (XXX) in Le Vieux Saint-Maur, n° 2, , , 1965. La « liste des citoyens de la Branche qui étaient partisans de l’union » comprend aussi les frères Antoine, Louis et Jean Destouches et Jacques Roch VingdletConseil général de la Seine : État des communes à la fin du - Saint Maur des Fossés, notice historique, Montévrain, Paris, 1905.

En l’an III (1795), Jean-Charles Contour est assesseur du juge de paix du canton de Vincennes, Le Grand.

En l’an VIII (1800), Jean-Charles Contour figure parmi les notables de la commune lorsqu’un conseil municipal est à nouveau constitué. Il exerce la fonction d’adjoint au maire. Laurent Pinson est devenu maire de la commune.

Jean-Charles Contour meurt le à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur.

Jean-Charles Contour ne figure pas sur la liste des maires de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur affichée en mairie de Joinville-le-Pont ni sur la liste publiée dans l’ouvrage commémoratif de la commune. Son nom figure par contre dans l’ouvrage édité par le département de la Seine au début du .

1792-1793 : Nicolas Lheureux Nicolas Lheureux (1731-1806) blanchisseur et maire de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, commune rebaptisée Joinville-le-Pont en 1831.

Maire de La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur Nicolas Lheureux est né en 1731 et exerce la profession de blanchisseur à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, commune du département de Paris. Il est d’abord marié à Marie Françoise Cloner puis à Geneviève Grinot.

Le village compte 409 habitants au recensement de 1793. Il s’est séparé de la paroisse de Saint-Maur-des-Fossés en 1790.

En 1791, Nicolas Lheureux est prudhomme assesseur du juge de paix à la résidence de La Branche du Pont de Saint Maur. Il est membre du conseil général de la commune et y exerce la fonction de trésorier. Edme Lheureux est maire. Laurent Pinson et Jean Le Jeune (ou Lejeune) sont les officiers municipaux. Jean Acher, épicier, est procureur de la commune.

Nicolas Lheureux est mentionné en tant que maire sur les registres d’état-civil de Joinville-le-Pont le . Il a sans doute été désigné après le renouvellement du conseil général de la commune en . Dans les mois suivants, il est remplacé par Charles-Laurent Parvy (1762-après 1827) qui est maire au moins depuis le 22 pluviôse an II ().

Le maire, les deux officiers municipaux et le procureur sont élus pour 2 ans par les citoyens actifs (payant des impôts) au scrutin individuel ; six notables sont élus au scrutin de liste et à la « simple pluralité relative des suffrages ». Les notables et le corps municipal forment le conseil général de la commune. Un secrétaire greffier est choisi à la pluralité des voix par le conseil général, qui peut désigner dans les mêmes conditions un trésorier si le conseil général le trouve nécessaire, ce qui fut le cas à La Branche-du-Pont-de-Saint-Maur. Le maire est rééligible une fois.