Pierre-Louis Brice né Louis Pierre Brice le à Paris ()Archives de Paris, acte de naissance dressé le 23/02/1900, vue 19 / 31 et mort le aux Essarts-le-Roi, dans les YvelinesFichiers des personnes décédées établi par l'INSEE, est un ingénieur spécialiste du béton, un dirigeant d'entreprise qui collabora à la construction du mur de l'Atlantique et qui fut jugé dans le cadre de l'épuration économique en 1948.

Biographie

Un brillant ingénieur

Son père, Alexis Brice, était ingénieur et s'était associé en 1901 à Irma Sainrapt, veuve du fondateur d'une entreprise du BTP, créée en 1852.

Pierre Brice est reçu second à l'École centrale, en 1924. Il est très proche d'Eugène Freyssinet, alors âgé de 45 ans.

Dès 1932, Pierre Brice devient professeur à cette même école : il y fait un cours remarqué sur le béton arméSelon le mémoire en défense du 29 décembre 1945, déposé par les avocats de Pierre Brice..

Le patron de Sainrapt et Brice

Succédant à son père, Pierre Brice est le patron de l'entreprise Sainrapt et Brice, cinquième entreprise du BTP en France dans les années 1930.

L'entreprise a une croissance rapide mais reste familiale. Le conseil d'administration est formé par les héritiers des familles Sainrapt et Brice, parmi lesquels Pierre Brice et sa sœur, BassotRenaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera, Les Patrons sous l'occupation, Odila Jacob, 1995, ...

Seconde Guerre mondiale Les débuts de la guerre En 1940, avant l'armistice, l'entreprise travaille aux fortifications des ports de Dunkerque et du Havre, à l'arsenal de Brest, aux réservoirs à essence de Bordeaux. L'essentiel de son activité est donc pour la défense nationaleRenaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera, Les Patrons sous l'occupation, Odila Jacob, 1995, ..

Travail pour les Allemands Dès , alors qu'il est replié dans les Pyrénées, Pierre Brice envoie à Paris Marcel de Jarny, secrétaire général de l'entreprise. Ce cadre qui parle l'allemand est chargé de voir comment l'occupant envisage la reprise de l'activité.

Le démarrage du travail pour l'occupant date véritablement du deuxième trimestre 1941. Après des travaux épars pour la Wehrmacht, les travaux de fortification et de construction des premières bases de sous-marins prennent de l'ampleur. Au printemps 1942, la construction du mur de l'Atlantique commence.

Le chiffre d'affaires de l'entreprise Sainrapt et Brice, entre 1940 et 1944, atteint 914,3 millions de francs. Sur cette somme, 378,3 millions, soit 41 %, seront reconnus comme "allemands" à la LibérationRenaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera, Les Patrons sous l'occupation, Odila Jacob, 1995, ..

Un brevet allemand

Cette collaboration économique n'a pas de bases idéologiques. Pierre Brice, qui fréquente très peu les occupants cherche à bénéficier d'avantages économiques et à éviter la réquisition du matériel de l'entreprise. Cependant, pour obtenir le prestige d'un "brevet allemand", il va jusqu'à faire travailler son entreprise en Allemagne et faire valoir une invention de la maison, la "paroi hydraulique". L'intitulé du brevet évoque un .

L'épuration Dès la Libération de Paris, une instruction contre X est ouverte (). Pierre Brice doit démissionner de la chambre syndicale des constructeurs en béton () et de la Fédération nationale des travaux publics (). Pendant l'été 1945, la CGT négocie avec le ministre de la Justice et celui de la Reconstruction et de l'Urbanisme l'exclusion de Pierre Brice de la direction de son entreprise, mais la possibilité pour la société Sainrapt et Brice de retrouver la possibilité de réaliser des chantiers publics.

Classement du dossier En , le classement du dossier provoque des remous. Le , le garde des sceaux, André Marie, est pris à partie à l'Assemblée et l'affaire Brice devient politique. Le député progressiste Emmanuel d'Astier de la Vigerie déclare : Affaibli par cette affaire, André Marie démissionne le .

En 1950, Pierre Brice reprend officiellement la direction de son entreprise. Sa société n'aura payé qu'une amende de dix millions de francs pour "profits illicites".

Notes et références Source bibliographique La source principale de cet article est le chapitre III, , de l'ouvrage de Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera, Les Patrons sous l'occupation, Odile Jacob, 1995, , et sq..

Références

Annexes Articles connexes Mur de l'Atlantique Collaboration dans l'Europe occupée par les nazis

Bibliographie Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera, Les Patrons sous l'occupation, Odila Jacob, 1995,

Liens externes

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