vignette|200px|Plan de la cathédrale d’Auch.
La cathédrale Sainte-Marie d’Auch est une cathédrale catholique romaine située dans la commune d'Auch, dans le département français du Gers. Vaste édifice composé d'une nef à trois vaisseaux, de de long sur de large, elle constitue le siège de l’archidiocèse d'Auch. Elle a les rangs par ailleurs de basilique mineure et de primatiale.
Sa construction débute en à l’instigation de l'archevêque François de Savoie, sur les ruines de la cathédrale romane de saint Austinde. Consacrée le , deux siècles furent toutefois nécessaires pour achever la construction.
De style gothique flamboyant fortement influencé par la Renaissance, elle est complétée à la fin du par une façade et un porche d’ordre corinthien. Elle comprend un ensemble de .
Elle est surtout remarquable pour sa série de , œuvres d’Arnaud de Moles, et pour les boiseries du chœur dont les , d’auteurs inconnus, qui font la continuité des scènes bibliques présentes sur les verrières.
La cathédrale Sainte-Marie fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis 1906. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998.
Histoire Origines de la cathédrale actuelle Vers la fin du , saint Sernin, se rendant à Eauze pour y prêcher la foi, se serait arrêté à Auch où il aurait fait bâtir une chapelle en l'honneur de saint Pierre sur la rive orientale du Gers. Le nombre de chrétiens n'étant pas assez important, il ordonne évêque son disciple, saint Paterne, à Eauze.
Vers 290, saint Taurin, évêque d'Eauze, est chassé de la ville par des Allemands. Il déplace son siège à Auch où il transporte diverses reliques, dont les corps de ses prédécesseurs ainsi qu'un autel consacré à Dieu. Les reliques sont inhumées dans l'église Saint-Jean, tandis que l'autel est placé dans un oratoire qu'il fait bâtir, à l'emplacement de l'actuelle cathédrale.
Les évêques d'Eauze retrouvent leur siège au début du . En 313, Critère devient le évêque d'Auch, siégeant dans l'église Saint-Jean. Au , saint Orens, élu évêque vers 395, . Quelques siècles plus tard, l'église Saint-Jean fut placée sous son vocable.
Au , le roi Clovis Ier se rend à Auch, où il . Il finance également la construction d'une église, dédiée à saint Martin, nouveau siège des évêques auscitains, et d'un monastère adjacent, situés en basse ville et aujourd'hui disparus.
Vers 724, les Sarrasins détruisent l'oratoire bâti par saint Taurin. En 845, l'évêque d'Auch Taurin II fait bâtir une église, dédiée à sainte Marie, pour en faire l'église métropolitaine. Il y place l'autel qui avait été transporté depuis Eauze par saint Taurin. Les chanoines, dirigés par des abbés, déménagent alors dans cette église tandis que les évêques restent dans l'église Saint-Martin.
À la fin du , Eauze étant ruinée et le siège du diocèse vacant, Taurin II réunit les deux diocèses, et fixe le siège à Auch . Dans une lettre du du pape Jean VIII, l'évêque Ayrard, successeur de Taurin II, reçoit le titre d'archevêque d'Auch.
Au , l'archevêque Raymond Ier fait bâtir un cloître contigu à l'église Sainte-Marie où se retirent les chanoines, qui adoptent la règle de saint Augustin. Son successeur, saint Austinde, fait rebâtir et agrandir l'église grâce aux dons de Guillaume Astanove, comte de Fezensac. L'église et l'autel principal sont consacrés et dédiés à sainte Marie par l'archevêque le .
Vers 1180, le comte d'Armagnac Bernard IV déclare la guerre à l'archevêque Géraud de La Barthe, alors présent à Rome. Bernard IV s'empare de la cathédrale Sainte-Marie et saccage les biens de l'archevêché. Au retour de l'archevêque, Bernard IV détruit une partie de l'édifice et du cloître, et fait incendier l'église Saint-Martin.
L'archevêque Arnaud Aubert entreprend la reconstruction de la cathédrale en 1371. Dans ses lettres du , le cardinal Philippe d'Alençon accorde des indulgences aux personnes qui participeraient à la restauration de la cathédrale.
L'archevêque Philippe I de Lévis reprend les travaux en 1429, alors abandonnés depuis longtemps. Afin que la cathédrale soit agrandie, les chanoines cèdent alors une partie du cloître adjacent. Cependant, la foudre touche l'édifice en 1469, puis en 1474 ; des indulgences sont à nouveau accordées à ceux qui contribueraient aux réparations.
Construction de la cathédrale L'archevêque François de Savoie relance la reconstruction de la cathédrale en 1483. En 1487, une requête est présentée au parlement de Toulouse, qui ordonne dans un arrêt du le prélèvement des revenus de l'archevêché pour financer les dépenses des travaux, soit : le tiers des revenus nets de l’archevêque ; les revenus d’une prébende canoniale ; le dixième des revenus de chaque dignité ou bénéfice ; le produit des aumônes.
Le , les fondations sont creusées. La première pierre est posée au bas de la chapelle de Montesquieu par l'abbé Pierre d’Armagnac.
Un nouvel arrêt, prononcé le par le parlement de Toulouse, enjoigne à l'archevêque Jean-François de La Trémoille et aux autres membres du clergé de participer au financement de la reconstruction de la cathédrale sous peine de saisie de leurs biens. En 1496, un troisième arrêt indique que les pierres utilisées pour les travaux proviennent de carrières situées à Duran, près d'Auch.
Sous l'archiépiscopat de François de Clermont-Lodève, une nouvelle impulsion est donnée aux travaux de reconstruction. Les vitraux sont achevés par le vitrailliste Arnaud de Moles le . En 1520, les stalles du chœur sont terminées, puis enfin, en 1524, l'autel Sainte-Catherine est réalisé.
La cathédrale est consacrée le par l'évêque Jean Dumas, grand-vicaire de l'archevêque François de Tournon. La cérémonie a lieu le même jour que la première consécration, qui a eu lieu en 1121 sous l'archiépiscopat de . Le , un bail de est passé avec Dominique Bertin, menuisier toulousain, pour l'achèvement des stalles du chœur. Le bail stipule que les travaux doivent être exécutés en 2 ans, à compter du . Seuls les trois panneaux au-dessus de la porte et les deux dernières stalles de chaque côté du chœur ont été réalisés.
En 1561, puis en 1562, deux inscriptions mentionnant l'architecte Jean de Beaujeu, qui a travaillé sur l'édifice, sont gravées des deux côtés du porche. Ce dernier meurt en 1568 et est enterré sous le porche. Par la suite, lui succèderont Antoine Labernye, en , Pierre Bouldoutre, en et enfin Jacques Carrière, en 1586.
En 1609, un procès-verbal rédigé à l'issue d'une visite de la cathédrale décrit précisément l'avancement des travaux de l'édifice. On y apprend notamment que le porche est inachevé et que la nef principale n’a pas encore de voûte, seul le déambulatoire étant alors couvert. Par ailleurs, l'autel du chœur, sur lequel travaille Pierre II Souffron, est lui aussi inachevé. En 1610, Guillaume Bauduer est désigné architecte. Pendant ce temps, des réparations sont effectuées sur la charpente de l'orgue.
thumb|upright 1.2|Le plafond du grand chœur. Le , un bail de est passé avec l'architecte Pierre Levesville pour la réalisation de la voûte du chœur. Ce dernier s'associe le avec Guillaume Bauduer. La première pierre de la voûte est posée le par le vicaire général Pierre Hue, en l'absence de l'archevêque.
Selon le , Pierre Levesville avait jusqu'au pour terminer les travaux. Un acte notarié daté du indique que deux architectes chargés de vérifier les travaux jugèrent que l'œuvre de Levesville était conforme à ce qui avait été requis.
Le , un bail est passé avec Azéma-Agesta, de Sarrancolin, et Bertrand Bobée, serrurier auscitain, pour la réalisation du fer et des grillages de treize vitres du chœur. Le , un second bail est passé, avec François Vierges, d'Auch, et Pierre Autipout, de Gimont, pour , moyennant .
L'autel du Saint-Sacrement est consacré le par l'archevêque Léonard de Trappes. Le , un bail est passé avec l'architecte Jean Cailhon pour bâtir . Le délai de réalisation prévu est de sept ans, pour une somme totale de .
Entre 1639 et 1670, les travaux battent leur plein. Le , un bail est passé avec Arnaud Vignau, serrurier auscitain, pour la fourniture de six portes en chêne destinées aux tours. Le , un autre bail de est passé avec Pierre Autipout pour trois rosaces et dix-huit croisées. Entre 1657 et 1659, plusieurs baux sont passés pour la construction d'un clocher provisoire.
Le , Pierre Miressou, architecte et tailleur, signe un bail de pour la construction des clochers définitifs (sic). Le , un bail de est passé avec François Auxion, sculpteur auscitain, pour la réalisation des bas-reliefs du premier ordre de la façade. Le , Auxion est chargé de réaliser les sculptures du second ordre de la façade et de la porte principale.
Le , un bail de est passé avec le facteur d'orgues Jean de Joyeuse pour la création d'un orgue. Une gratification de lui est accordée en 1693.
Chapitre de la cathédrale jusqu'à la Révolution Le chapitre de la cathédrale suivit pendant cinq siècles la règle de saint Augustin jusqu’à sa sécularisation en 1548.
Vingt-cinq chanoines le composèrent jusqu'en 1331, réduit à vingt à cette date, tous nobles, et quatre laïcs, dits chanoines honoraires : le comte d’Armagnac ou le roi de France, son successeur et héritier, les barons de Montaut, de Montesquiou et de l’Isle.
Restauration de la cathédrale Le Conseil départemental décide le la destruction des blasons se trouvant sur les murs et les voûtes de la cathédrale. L’évêque constitutionnel est mis en prison et l’entretien de la cathédrale n’est plus assuré.
Le siège de l’archevêché ayant été transféré à Agen par le Concordat du , le Conseil général refuse de verser des sommes importantes pour la restauration de la cathédrale d’Agen et demande dans sa séance du le rétablissement de l’archevêché à Auch.
En 1808, promet au cours d’un passage à Auch d’affecter des sommes pour la restauration de la cathédrale. Le décret du accorde à cette opérationMaurice Bordes, Quelques aspects du réveil catholique à Auch, après le Concordat de 1801 : la prédication, la restauration de la cathédrale, dans Bulletin de la Société archéologique, historique littéraire & scientifique du Gers, 1954-04, (lire en ligne).
Le concordat du 11 juin 1817, non appliqué puis modifié par la bulle du promulguée par le pape Pie VII, recrée 30 diocèses et 7 sièges archiépiscopaux - dont celui d’Auch - supprimés à la Révolution.
thumb|La cathédrale lors de la restauration de la tour nord (1894).
Les travaux d’entretien sont interrompus entre 1812 et 1816. En 1826, le préfet du Gers envoie au ministère des Affaires culturelles un rapport sur les travaux effectués satisfaisants. À partir de 1826, des achats de maisons situées à proximité vont permettre de dégager des places devant les façades ouest et nord. Le , l’architecte Jean-Baptiste Lodoyer. propose un devis de réfection totale de la nef, du chœur et du transept. Les travaux sont adjugés le . L’architecte s’intéresse ensuite au problème de l’écoulement des eaux pluviales et des dégâts qui en résultent. Il propose de disposer des canalisations en fonte.
En 1849, les travaux de restauration et d'entretien de la cathédrale sont confiés à Hippolyte Durand., architecte diocésain depuis 1834, qui venait d’être nommé à Auch en remplacement de Lodoyer. Hippolyte Durand s’installe à Auch en 1853. Il va alors faire le bilan de l’état de la cathédrale dont l’estimation du coût est considérable.
Le , Charles Laisné est nommé architecte diocésain du Gers. Il va rester à ce poste jusqu’en 1879 et réaliser le programme de travaux de restauration prévus par son prédécesseur.
À la fin du siècle vont se succéder les architectes Jean Camille Formigé, Charles Albert Potdevin. en 1883, puis en 1888 Adrien Chancel..
En 1903, c’est l’architecte Alexandre Marcel, successeur d’Adrien Chancel, qui poursuit les travaux commencés.