Armand Léon Annet ( - AfBA I 25, p.71) est un administrateur colonial français. Gouverneur de plusieurs territoires, il termine sa carrière comme gouverneur général de Madagascar sous le régime de Vichy. Condamné à la dégradation nationale en 1947, il a été amnistié en 1954.

Biographie Armand Annet est né à Paris le , rue de Babylone dans le . Il effectue ses études secondaires au Lycée Chaptal et obtient le baccalauréat en 1907.

Il s'engage alors dans le 39e régiment d'infanterie à Rouen le , et est libéré le .

Carrière coloniale

Après avoir sollicité un emploi en Afrique-Équatoriale française, il est nommé commis de des services civils. Il embarque à Bordeaux le , arrive le et est envoyé en Oubangui-Chari. Le , il devient commis de première classe. Il est affecté le au cabinet du gouverneur général, et nommé adjoint de deuxième classe le .

Mobilisé le , comme sous-lieutenant d'infanterie métropolitaine mis à la disposition des troupes coloniales, il prend part à la campagne du Cameroun. Blessé à la jambe droite lors de la prise de la factorerie de Moopa, il est promu lieutenant le , puis capitaine. Mis à la disposition du général de division Aymerich, alors commissaire de la République au Cameroun, à partir du , il travaille dans le cadre du corps d'occupation du Cameroun, puis comme chef de section dans le bataillon indigène du Moyen-Congo.

À partir du , il remplit les fonctions de chef de cabinet du lieutenant-gouverneur du Moyen-Congo. Le , il est nommé chef du bureau militaire et chef du service des affaires politiques, puis chef de cabinet à partir du du commissaire de la République au Cameroun.

Détaché en France à l'Agence économique du Cameroun, il devient chef adjoint du cabinet du gouverneur général de l'AOF, puis directeur par intérim à partir du et enfin directeur de cabinet le . Sous l'égide du gouverneur général Jules Carde, il gravit tous les échelons administratifs. Le , il est nommé gouverneur de troisième classe et mis en service détaché à la disposition du gouverneur général de l'Algérie ; il participe aux conférences nord-africaines d'Alger (1930) et de Tunis (1931).

Le , Armand Annet est nommé gouverneur de la Côte française des Somalis. Il est promu gouverneur de le . C'est lui qui accueille à Djibouti le négus Haïlé Sélassié qui quitte l'Abyssinie devant les troupes italiennes pour rejoindre l'Europe en .

Il quitte la CFS en et rentre en France, où il est nommé au Comité d'études des coutumes indigènes africaines puis au Comité colonial des économies.

Le , il est nommé par Albert Lebrun gouverneur du Dahomey. En , , il se rallie au maréchal Pétain et est nommé commissaire de la République au Cameroun le . Bloqué à Libreville lors du ralliement de l'A.E.F. à la France libre, Annet rentre à Dakar lorsque les premières troupes des Forces françaises libres pénètrent dans Libreville.

Gouverneur de Madagascar Le , il est nommé gouverneur général de Madagascar par le gouvernement de Vichy, à la place de Léon Cayla. Il arrive dans l'île le et prend ses fonctions le 15. Il poursuit la politique de son prédécesseur : la mise en œuvre de la Révolution nationale prônée par Pétain.

En 1942, il s'oppose au débarquement britannique lors de l'opération Ironclad. Tous les bateaux français mouillant à Diego-Suarez sont coulésJean-Baptiste Duroselle, L'abîme, 1939-1944, 1982 ; rééd coll. « Points-histoire », 1990, 441.. Annet organise la bataille de Madagascar qui durera plusieurs mois. Replié à Ihosy, le , il signe un armistice avec les Britanniques et .

Il est remplacé par Robert Sturges.

Dernières années Armand Annet est envoyé en résidence surveillée à Zefonstein, petite ville située à une cinquantaine de kilomètres de Johannesburg (Afrique du Sud). Le , il embarque au Cap pour Casablanca. Le , il est écroué à la maison d'arrêt de Casablanca puis transféré le à la prison de Fresnes où il effectue 21 mois de détention préventive.

Le , la Haute Cour de justice le condamne à la dégradation nationale à vieChristian Roche, 50 ans d'indépendance dans les anciennes possessions françaises d'Afrique noire, Paris, l'Harmattan, 2011, p. 243. En , Annet bénéficie d'un recours en grâce qui ramène la durée de la dégradation nationale à cinq ans. Il bénéficie ensuite, par décret du président de la République du , d'une mesure gracieuse lui accordant la remise du reste de la dégradation nationale qui le touche. Enfin, la loi du lui permet de solliciter une amnistie par décret. Celui-ci est promulgué le .

Il meurt le , au 21 bis, avenue de La Motte-Picquet à Paris, en ayant publié au préalable plusieurs romans et articles qui célèbrent . Il publie également une œuvre de mémoires et d'autojustification en 1952Annet (Armand), Aux heures troublées de l'Afrique Française, 1939-1943,Le Mans, éd. du Conquistador, 1952, 251 p..

Décorations Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le , promu officier le , et finit commandeur en 1942. Il perd ses titres après sa condamnation, puis les récupère après avoir été amnistié.

Il est décoré de l'Ordre de l'Étoile noire du Dahomey le , de la croix de guerre (deux citations à l'ordre du régiment, une citation à l'ordre de la division, et une à l'ordre de l'armée), de la croix de guerre belge, officier du Nicham Iftikhar et titulaire de la médaille coloniale avec agrafe AEF.

Publications Annet (Armand), Je suis gouverneur d'outre-mer, Editions du Conquistador, Paris, 1957, 144 p. Annet (Armand), En colonne dans le Cameroun : notes d'un commandant de compagnie 1914-1916, Paris, éd. Debresse, 1949, 127p. Annet (Armand), Aux heures troublées de l'Afrique Française, 1939-1943, Le Mans, éd. Du Conquistador, 1952, 251p. Annet (Armand), Le secret du Tengelin, Paris, éd. Du Scorpion, 1966, 217p. Annet (Armand), Le poste à bois, Roman de la grande forêt, Paris, éd Debresse, 1972, 157p. Annet (Armand), "En Forêt" dans Revue indépendante, Revue d'action nationale, sociale, littéraire, artistique, documentaire, , 8e anthologie, p.4. Annet (Armand), "Réflexions sur la politique coloniale française" dans Revue indépendante, Revue d'action nationale, sociale, littéraire, artistique, documentaire, Avril 1953, p.24 à 28.

Notes et références

Annexes Bibliographie Hommes et destins, Académie des Sciences d’Outre-mer, Paris, 3 tomes, 1975-1979, 4 vol. Eric Jennings, Vichy à Madagascar : conjoncture, mutations, et Révolution nationale dans la Grande Île, Université de Toronto Damien Meyer, Armand Annet, Entre vichysme et colonialisme, au service d'un idéal, Université Paris XII-Créteil, Créteil, 2007 Dominique Ranaivoson, Madagascar : dictionnaire des personnalités historiques, Sépia, Saint-Maur-des-Fossés ; Tsipika, Antananarivo, 2011 ( éd.), Philippe Valode, chap. « Les quatre 'coloniaux' tous sanctionnés par la volonté du général de Gaulle », in Le destin des hommes de Pétain de 1945 à nos jours, Nouveau Monde éditions, Paris, 2014

Articles connexes Armée de Vichy Bataille de Madagascar

Liens externes

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