Le corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts (IPEF) est, en France, un corps technique d'encadrement supérieur de la haute fonction publique d’État (catégorie A+) à vocation interministérielle, régi par le décret du . Il fait partie des « grands corps techniques de l'État », avec notamment le corps des ingénieurs des mines, le corps des ingénieurs de l'armement et le corps des administrateurs de l'INSEE.

Il compte en 2021 et est l'un des principaux corps d'encadrement supérieur technique du ministère de la Transition écologique, du ministère des Transports et du ministère de l'Agriculture. Ces ingénieurs sont des acteurs majeurs des politiques d’aménagement du cadre de vie. Ils sont en particulier chargés de la mise en œuvre des politiques et de l'action publique pour le développement durable. De plus, de par le statut interministériel du corps, ses membres peuvent se voir confier toute mission pour le compte de tout ministère ou établissement public..

Histoire Les termes « eaux et forêts » apparaissent dans une ordonnance de Philippe-Auguste en 1219 et une ordonnance de Philippe le Bel de 1291 définissant le rôle des « maîtres des eaux et forêts » qui deviendront plus tard « ingénieurs »Unipef, un peu d'histoire..

Le métier de commissaire des ponts et chaussées est créé par Colbert en 1669. Le corps des ingénieurs des ponts et chaussées est fondé en 1716.

Le corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts est issu de fusions successives, entre 2002 et 2009, de six grands corps d'ingénieurs dans le cadre d'une réforme de l'État : en 2002, le corps des ingénieurs des ponts et chaussées, le corps des ingénieurs géographes, le corps des ingénieurs de l'aviation civile et le corps des ingénieurs de la météorologie sont rassemblés pour former un corps d'environ ; en 2002, le corps des ingénieurs du génie rural et des eaux et forêts et le corps des ingénieurs d'agronomie sont également rassemblés pour former un corps d'environ ; en 2009, il est procédé à la fusion des deux corps résultants précédents pour former un corps unique des « ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts » qui compte alors environCe nombre est appelé à descendre à , après la prise en compte de départs en retraite non remplacés..

La réforme de la haute fonction publique, initiée en 2021, a connu plusieurs rebondissements quant à son élargissement aux grands corps techniques. Mais c'est finalement en qu'est annoncée la préparation d'un décret pour les quatre grands corps techniques (IPEF, Mines, INSEE, Armement) qui entrerait en vigueur en https://www.aefinfo.fr/depeche/734044-la-reforme-des-grands-corps-techniques-sera-effective-au-1er-decembre-2025 . En substance, ce décret prévoit notamment l'alignement des grilles indiciaires des grands corps techniques avec celles des Administrateurs de l'État ainsi qu'une modification des logiques de promotion de grade.

Histoire du corps des ingénieurs des ponts et chaussées Dès 1669, Colbert crée un corps de commissaire des ponts et chaussées et fait construire nombre de ponts ainsi que des digues pour parer aux crues de la Loire et également de nombreuses jetées dans les ports. Pendant la période où il a réellement le pouvoir, il multiplie par trente le budget des ponts et chaussées, qui passe de en 1662 à en 1671.

Le corps des ingénieurs des ponts et chaussées est fondé en 1716, version française de . par le Régent Philippe d'Orléans — le premier ingénieur des ponts et chaussées est alors l'architecte Jacques V Gabriel — pour assurer la création d'un véritable réseau routier national en France. Le recrutement des ingénieurs est assuré par la création en 1747 de l'École qui prendra en 1760 le nom d'École des ponts et chaussées.

Au cours du , les missions sont élargies : régularisation des rivières, construction des canaux, travaux portuaires. Le corps devient le principal responsable des travaux publics.

Au cours du , le démarrage de l'industrialisation a un fort impact sur les modes de transport : routes, ouvrages hydrauliques et chemins de fer. L'École nationale des ponts et chaussées devient un établissement d'application de l'École polytechnique. La prééminence des ingénieurs des Ponts et Chaussées, traditionnellement favorable au béton, dans les structures administratives et techniques françaises depuis 1940, va conduire à la généralisation de l'usage du béton armé préfabriqué dans les logements de masse tel qu'il se profile à Libération de la France pour s'achever en 1953.

Au cours du , de nouveaux défis techniques apparaissent : développement de l'automobile (tracés routiers, revêtements), ouvrages d'art en béton armé ou précontraint. Le corps est responsable du domaine de l'urbanisme, au travers du ministère des Travaux publics, puis en 1966 du ministère de l'Équipement : aménagement du territoire, politique autoroutière, grandes infrastructures portuaires, équipements touristiques, etc.

Depuis 2001, les missions de maîtrise d'œuvre exercées par les services de l'État sont soumises aux mêmes règles de concurrence que celles des bureaux d'études privés. Par conséquent, les collectivités territoriales ont désormais beaucoup moins recours aux ingénieurs des services publics dont l'emprise était quelquefois ressentie comme une tutelle. En 2002, le corps des ponts et chaussées absorbe le corps des ingénieurs de l'aviation civile, ainsi que celui des ingénieurs géographes, et celui des ingénieurs de la météorologie. En 2009, il fusionne avec le corps des ingénieurs du génie rural, des eaux et des forêts pour donner naissance au corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts. En outre à la suite du décret du , le corps des ingénieurs des ponts et chaussées fusionne avec le corps des ingénieurs du génie rural et des eaux et des forêts pour former le corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts (ou IPEF).

Histoire du corps des ingénieurs du génie rural, des eaux et des forêts Les ingénieurs du génie rural, des eaux et des forêts (IGREF) sont des fonctionnaires formant, notamment avec le corps des mines et le corps des ponts et chaussées, un des grands corps techniques de la fonction publique française. Ils sont alors formés à l'École nationale du génie rural, des eaux et des forêts (ENGREF), école devenue membre d'AgroParisTech (depuis 2009). Environ sont en activité au moment de la fusion de leur corps avec celui des ponts et chaussées.

Le statut des IGREF est prévu par le décret du dont prévoit que

Par le décret du paru au Journal Officiel du est créé le corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts (IPEF) résultat de la fusion des corps des ingénieurs des ponts et chaussées et des ingénieurs du génie rural, des eaux et des forêts.

Recrutement et missions

Recrutement externe Chaque année, une cinquantaine d'ingénieurs-élèves sont recrutés, ainsi répartis en 2025https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051300232 :

pour les élèves de l'École polytechnique ; pour les élèves des Écoles normales supérieures (ENS Ulm, ENS Lyon, ENS Paris-Saclay, ENS Rennes) ; pour les élèves d'AgroParisTech ; pour les élèves d'autres grandes écoles scientifiques (École nationale des ponts et chaussées, Mines Paris, ENSTA, SUPAERO, CentraleSupélec, Arts et Métiers ParisTech, autres instituts agronomiques, etc.).

Les élèves de l'École polytechnique sont recrutés chaque année selon leur rang au classement de sortie de la promotion. Si le rang du dernier admis au corps des IPEF a évolué au cours du temps, il tend à se stabiliser aux alentours de la 60ème place (sur 450 élèves français éligibles environ), témoignant du prestige de ce corps et de la haute qualité de son recrutement, à l'instar du corps des mines.

Pour les autres recrutements, des concours spécifiques sont ouverts chaque année pour les élèves en dernière année de scolarité dans leur établissement d'appartenance. Ces concours, réservés aux élèves de prestigieux établissements, sont particulièrement sélectifs et soulignent également l'excellence du recrutement externe.

À partir de 2024, un "parcours talents" est mis en place, en collaboration avec les autres écoles de formation des grands corps techniques. Il s'agit d'une année sélective de préparation aux concours externes des corps techniques ouverts aux élèves qui terminent leurs études d'ingénieur dans une autre école partenaire. Pour le corps des IPEF, la préparation aura lieu à AgroParisTech ou à l'école des Ponts ParisTech. Un concours spécial "Talents" sera très probablement créé en 2025 en accord avec les recommandations de la mission Berger-Guillou-Lavenir.

Il existe également un concours externe sur titres et travaux réservé aux titulaires d'un doctorat dans un des domaines de compétences du corps. Les spécialités ouvertes au recrutement sont susceptibles de varier chaque année. En 2023, 4 postes étaient offerts, réparties dans les 4 spécialités suivantes : écotoxicologie, sylviculture & foresterie, géomatique & ingénierie des données, ingénierie de l'éolien en mer.

Recrutement interne Chaque année, entre 8 et sont issus d'un recrutement par concours interne dans les corps d’ingénieurs des ministères chargés de l'agriculture et de l'environnement, notamment : les ingénieurs de l'agriculture et de l'environnement (IAE), les ingénieurs de recherche (IR), les ingénieurs des travaux publics de l'État (ITPE), les ingénieurs des études et de l'exploitation de l'aviation civile (IEEAC), les ingénieurs des travaux de la météorologie (ITM), les ingénieurs des sciences géographiques et du numérique de l'IGN. L'accès au corps des IPEF depuis un autre corps de de la fonction publique peut aussi se faire par inscription sur liste d'aptitude ou par titularisation à la suite d'un détachement « entrant ».

Missions Les IPEF interviennent dans de nombreux secteurs définis par le décret du : climat ; demande énergétique ; aménagement et développement durable des territoires ; logement et ville ; transports ; mise en valeur agricole et forestière ; gestion et à la préservation des espaces et des ressources naturelles terrestres et maritimes ; alimentation et agro-industrie ; recherche, enseignement, à formation et développement dans les domaines mentionnés ci-dessus. Dans ces domaines, ils exercent au service de l’État des fonctions d'encadrement, d'administration ou d'expertise. Lorsqu'ils sont affectés dans des établissements d'enseignement supérieur, ils sont amenés à exercer des missions de recherche et d'enseignement, à l'instar des chercheurs et ingénieurs de recherche.

En 2016, un groupe de réflexion a été formé pour redéfinir les missions et les prospectives du corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts, il a été rendu public en .

Quelques exemples d'institutions, services, établissements publics et/ou entreprises publiques où les IPEF peuvent être employés : liés au ministère de la transition écologique (MTE) : aviation civile (DGAC, BEA, Aéroports de Paris…) ; météorologie et cartographie (Météo-France, IGN) ; services déconcentrés (DREAL, DDT) ; enseignement et recherche (CSTB, Université Gustave-Eiffel…) ; aménagement (ANRU, Établissement public d'aménagement, DGALN…) ; transports (DGITM, SNCF, RATP, Île-de-France Mobilités, ARA) ; énergie (EDF, ASN, DGEC) ; environnement (OFB, ADEME…) ; eau (Agences de l'eau, VNF) ; mer (grands ports maritimes) ;

liés au ministère de l'agriculture (MASA) : développement agricole (FranceAgriMer) ; services déconcentrés (DRAAF, DDT) ; enseignement et recherche (INRAE, AgroParisTech, Institut Agro Dijon, lycées agricoles...) ; environnement (Agence Bio) ; alimentation (DGAL) ; forêts (ONF, CNPF, parcs nationaux) ;

autres : autres ministères (Affaires étrangères, Économie, Intérieur, Armées) ; institutions européennes ou internationales (Banque mondiale, Commission européenne).

Personnalités liées

Personnages historiques Henri Becquerel (prix Nobel de physique en 1903)