Paolo Bettini est un coureur cycliste italien né le à Cecina en Toscane, professionnel de 1997 à 2008.
Il est devenu par la suite sélectionneur de l'équipe d'Italie de cyclisme sur route.
Considéré comme l'un des meilleurs spécialistes des classiques durant les années 2000, il a notamment remporté Milan-San Remo, deux fois Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie. Il est le seul coureur à avoir remporté trois fois la Coupe du monde, de 2002 à 2004, et a également été champion olympique à Athènes en 2004 et deux fois champion du monde sur route en 2006 et 2007.
Commençant sa carrière comme équipier de Michele Bartoli, un des principaux spécialistes des classiques de la fin des années 1990, il profite de la blessure de ce dernier, en 2000, pour remporter une première fois la doyenne des classiques, Liège-Bastogne-Liège. À partir de cette période, les relations entre l'élève et le maître s'enveniment, et leur rivalité culmine à la fin de la saison 2001, lorsque Bartoli refuse de servir Bettini lors des championnats du monde et quitte l'équipe Mapei.
Au cours des trois années suivantes, Bettini s'affirme comme le meilleur coureur de classiques au monde, remportant notamment une nouvelle fois Liège-Bastogne-Liège, puis Milan-San Remo. Il gagne les trois dernières éditions de la Coupe du monde, et devient en 2003 le seul coureur à en avoir remporté trois manches la même année. En 2004, il remporte le titre de champion olympique.
À partir de 2005, Bettini, plus souvent blessé, bénéficiant d'un moindre soutien de son équipe Quick Step dévouée à Tom Boonen, obtient des résultats moins réguliers, mais s'illustre par des exploits ponctuels et parfois spectaculaires, notamment en fin de saison. En trois ans, il remporte ainsi deux fois le championnat du monde et deux fois le Tour de Lombardie, avant d'annoncer sa retraite en 2008, à l'occasion des championnats du monde. Parmi les courses d'un jour majeures, ne manquent à son palmarès que les deux principales classiques flandriennes, Paris-Roubaix, auquel il n'a jamais participé, et le Tour des Flandres. À la suite du décès de Franco Ballerini, il lui succède au poste de sélectionneur de l'équipe sur route masculine d'Italie de mars 2010 à décembre 2013.
Repères biographiques
Né le à Cecina, en Toscane, Paolo Bettini grandit non loin de là, à La California, près de Livourne. Il commence le cyclisme à l'âge de sept ans, sur un vélo assemblé par son père, Giuliano, à partir de pièces détachées d'occasion. Poussé par son frère Procycling, novembre 2001, il commence rapidement la compétition et remporte 23 des 24 premières courses qu'il dispute Stephen Farrand dans Cycling Weekly, mai 2002. Bettini soutient alors Giuseppe Saronni, puis le champion du monde italien de l'époque, Gianni Bugno.
Avant de se consacrer au cyclisme professionnel, Bettini est moniteur de prévention routière. Il est marié depuis 2000 à Monica Orlandini, qui est professeur de lettres. Ils vivent à Riparbella, dans une ferme qui appartient à la famille de sa femme, qui produit des olives depuis quatre générations. Ils ont une fille, Veronica, née en 2003 . Son neveu Francesco Bettini, né en 1995, est passé professionnel en 2018 au sein de l'équipe D'Amico-Utensilnord.
Gravissant les échelons du cyclisme amateur, Bettini gagne le Grand Prix Chianti Castello Guicciardini de Poppiano en 1993, puis le Trofeo Città di Montevarchi l'année suivante . Au cours des deux années suivantes, il remporte encore de nombreuses victoires, et notamment deux fois la Coppa Giulio Burci. Il est sélectionné en 1996 dans l'équipe nationale pour les championnats du monde espoirs à Lugano. Il participe à la domination collective de son équipe, se classant quatrième, derrière trois de ses compatriotes, Giuliano Figueras, Roberto Sgambelluri et Luca Sironi.
Carrière sur route Au service de Bartoli (1997-2001) Les années d'apprentissage (1997-1999)
Bettini passe professionnel l'année suivante, en 1997 avec l'équipe MG-Technogym de Michele Bartoli, le grand coureur de classiques italien d'alors, toscan comme lui. Durant les premières années de sa carrière, il suit dans ses équipes successives Bartoli, dont il est un des principaux coéquipiers, et auprès de qui il apprend son métier. Dès sa première saison, il termine de son premier Tour d'Italie. L'année suivante, dans l'équipe Asics-CGA, il termine sur le podium du Trofeo Laigueglia, remporte une étape du Tour de Romandie, puis participe au Tour d'Italie. Lors de la entre Udine et Asiago, il profite d'une échappée pour gagner onze minutes, et occupe alors la troisième place du classement général. Il termine finalement septième. Sur le terrain des classiques, il obtient sa première place d'honneur au Championnat de Zurich (), où il contribue à la victoire de Bartoli, et participe pour la première fois aux championnats du monde, où il termine tandis que Bartoli prend la médaille de bronze. Bettini termine la saison à la au classement UCI, un gain de plus de deux cents places par rapport à l'année précédente.
Bettini rejoint en 1999 l'équipe Mapei de Patrick Lefevere. En début de saison, il remporte une étape de Tirreno-Adriatico devant Bartoli, qui remporte le classement général, et Davide Rebellin, son dauphin. Présent tout au long de la saison sur les classiques de la Coupe du monde, il termine cinquième de Liège-Bastogne-Liège et quatrième du Championnat de Zurich. En octobre, il gagne deux étapes et le classement général du Tour de la province de Lucques, avec trois secondes d'avance sur Rebellin, et termine deuxième de la semi-classique italienne Milan-Turin derrière Markus Zberg. Après un abandon au championnat du monde sur route remporté par Óscar Freire, il clôt sa saison par une neuvième place au Tour de Lombardie qui lui permet de terminer septième de la Coupe du monde et treizième du classement UCI.
Première victoire à Liège (2000)
En 2000, Bettini a l'occasion de faire ses preuves : en l'absence de Bartoli, victime d'une grave chute sur le Tour d'Allemagne l'année précédente, il voit ses responsabilités au sein de l'équipe accrues. Il remporte rapidement sa première victoire de la saison, le Trofeo Cala Rajada, en Espagne. Il poursuit sa préparation en Italie, où il participe à Tirreno-Adriatico et à Milan-San Remo, puis à la Semaine cycliste internationale, dont il remporte deux étapes et le classement final. Sur les classiques ardennaises, il profite de l'absence de Bartoli pour remporter la première victoire majeure de sa carrière sur Liège-Bastogne-Liège, devançant David Etxebarria et Davide Rebellin, qui deviendra un de ses principaux rivaux. À l'arrivée, il déclare : « J'ai toujours vécu dans l'ombre de Bartoli, maintenant j'aimerais bien faire ce qu'il a fait ». Entre les deux amis naît une rivalité qui ira croissant.
Cette victoire est suivie d'une autre à Dax sur la du Tour de France. Après avoir pensé abandonner en début d'étape, à bout de forces, il s'échappe finalement à de l'arrivée et bat au sprint ses compagnons d'échappée. Il remporte ainsi une étape sur le Tour, ce que Bartoli n'est jamais parvenu à faire. L'été, il se distingue sur plusieurs courses comptant pour la Coupe du monde, terminant notamment quatrième de la Classique de Saint-Sébastien et de Paris-Tours, remporté par son coéquipier Andrea Tafi, puis dixième du Tour de Lombardie, la dernière épreuve de la saison. Bettini termine ainsi quatrième du classement final de la Coupe du monde et dixième du classement UCI.
En fin de saison, Bettini est également sélectionné pour les Jeux olympiques à Sydney et pour le championnat du monde, où il termine chaque fois neuvième, sans que Bartoli, qui est aussi le leader de la sélection italienne, parvienne à remporter une médaille. Après les championnats du monde, Bartoli accuse Bettini de ne pas avoir emmené le sprint final, et menace de quitter la Mapei si Bettini ne s'en va pas. Cet épisode entame un peu plus l'amitié entre les deux hommes, et accroît leur rivalité.
La mésentente avec Bartoli (2001)
En 2001, Bettini doit cohabiter avec Bartoli, qui reste le leader désigné de la Mapei pour les classiques. Il commence sa saison en Malaisie, au Tour de Langkawi, où il remporte deux étapes et prend la deuxième place finale derrière son coéquipier Paolo Lanfranchi. De retour en Europe, il participe à Tirreno-Adriatico, puis obtient sa première place d'honneur sur Milan-San Remo, où il est cinquième après avoir tenté de s'échapper dans l'ascension de la Cipressa. Sur les autres classiques, il termine notamment quinzième de Liège-Bastogne-Liège, où il ne parvient pas à conserver son titre. Après une longue période sans victoire, marquée notamment par une participation au Tour de France, Bettini participe aux classiques estivales. Il termine treizième de la Classique de Saint-Sébastien, sixième de la HEW Cyclassics, s'échappant sans succès du peloton à chacune de ces deux courses, et enfin remporte sa deuxième victoire en Coupe du monde au Championnat de Zurich, où il devance au sprint Jan Ullrich, Fernando Escartín et Francesco Casagrande. En septembre, il remporte la Coppa Placci , puis est sélectionné pour le championnat du monde, où sa mésentente avec Michele Bartoli culmine : dans une situation comparable à celle de l'année précédente, Bartoli refuse d'emmener le sprint, permettant à Óscar Freire de remporter le titre une seconde fois devant Bettini.
Pour la deuxième année consécutive, Bettini termine quatrième de la Coupe du monde et neuvième du classement UCI.
L'apogée du grillon (2002-2004) Première Coupe du monde (2002)
thumb|upright|Johan Museeuw, deuxième de la Coupe du monde 2002 derrière Bettini
La saison 2002 constitue une rupture pour Paolo Bettini, avec les départs des leaders de l'équipe Mapei, Michele Bartoli et Johan Museeuw. Avec le champion du monde Óscar Freire, il doit assumer le rôle de leader de l'équipe pour les classiques. Il commence sa saison au Challenge de Majorque, où il termine entre autres deuxième du Trofeo Manacor, puis court en Italie, où il remporte les deux dernières étapes et le classement général du Giro Riviera Ligure Ponente'. Il se distingue également sur les premières semi-classiques belges, terminant cinquième du Circuit Het Volk, et sur Tirreno-Adriatico, dont il remporte la . Il termine quatrième du classement final de cette course, remportée par le vainqueur du contre-la-montre individuel, Erik Dekker.
Au cours des classiques printanières, il échoue sur son premier objectif, Milan-San Remo, repris par le peloton à de l'arrivée, puis au Tour des Flandres, qu'il termine seizième. Sur les classiques ardennaises, il finit en revanche huitième de l'Amstel Gold Race, remportée par Michele Bartoli, et remporte pour la deuxième fois Liège-Bastogne-Liège, son deuxième objectif de la saison, devançant au sprint son coéquipier Stefano Garzelli après une habile course tactique de la Mapei. Bettini rend hommage au soutien de son coéquipier et l'assure de son aide pour le Tour d'Italie, qu'il abandonne cependant après huit étapes.